DISPOSITION DES PARTICULES
Savoif/ &v ; (Comment donc ne mériterais-je point de mourir (1)?)
On voit que ces petits mots relèvent les termes près desquels ils sont placés, non par une signification qui leur soit particulière, mais par le seul effet du repos d'accent. Car toutes les particules, quelles que soient d'ailleurs leurs fonctions, qu'elles soient restrictives comme 7e, ou conditionnelles comme av, ou causatives comme yap, produisent le même effet. L'adjectif indéterminé ti, dont la signification ne renferme certes aucune nuance de gradation ni d'opposition, est employé absolument comme Se et 8f) le sont dans les passages de Platon cités ci-dessus. Il s'agit encore d'une énumération. Ei fiêv Ttç cypovpiov ti 7rpou&*»tev f) vaûv y (JTpaT07reJov ti. Ce ti répété, à quoi servirait-il, sinon à donner une accentuation plus forte au mot aTpaT07redov ? Mais laissons l'orateur (2) continuer sa phrase: êv <S pépoç tc Lwy/otvw twv 7toXitgI)v ov. Le mot pépoç se trouve séparé du génitif qui en dépend, par deux mots dépourvus d'importance et d'accent oratoire. Pourquoi? Il y a opposition entre une partie des citoyens et toute la ville, pépoç twv 7toXitwv et ôXy] y\ nHiç : la disposition des mots tient lieu du mot [làvov. Continuons: zoiïç èa-^axan; àv Çr^i'aiç IÇyîjxioOto. Voilà
(1) Voici répétée trois fois la particule xaf, laquelle porte non pas sur le mot qui précède, mais sur celui qui suit: 'Ivoc xa\ t'Srjç osa xal ei'Srj iyei ^xaxia, à* ys $}) xa\ ôlÇta ôéaç « pour que tu voies aussi tous les genres du vice, en tant du moins qu'ils méritent d'être vus. » C'est ainsi qu'il faut expliquer, ce me semble, les transpositions apparentes de cette particule. On la trouve quelquefois placée avant un mot auquel elle ne saurait se lier directement; c'est uniquement pour relever ce mot. Exemple : Ka\ toïïto f/iv ïyrTov xal 6 au [/.asTov (au lieu de : xa\ ïyrrov ôaujxacrov). « Quant à cela il y a moins lieu de s'en étonner. » Plat. Banqu. 177, B. Taïïxa yàp fxa>.Xov xal e^airarâv Suvoctoci toùç evavxiouç. « Aussi peut-on par là mieux tromper les ennemis. » Xenoph. Cyrop. I, 6. 38. (Je me suis servi des passages que Stallbaum cite dans son édition de Platon, L c, mais je ne saurais adopter l'explication de ce savant.)
(2) Lysias, Accus. Phil. % 26. « Si quelqu'un avait livré un fort, un vaisseau, un camp, où ne se serait trouvée qu'une partie des citoyens, on lui infligerait les peines les plus graves. »