‹ De l'ordre des mots dans les langues anciennes comparées aux langues modernes: question deChapitre 28 sur 36 · DISPOSITION DES PARENTHÈSES · texte numérisé non relu

DISPOSITION DES PARENTHÈSES

encore la particule au placée, non pas près du verbe auquel elle se rapporte, mais près de l'adjectif pathétique.

Le discours d'où Ton a tiré la dernière citation fournit quelques lignes plus bas un exemple d'une particule dont la prononciation est relevée par deux autres particules qui l'entourent. TYç yàp <xv 7rore pr,T(*>p eve9v/jir,6Y] . . . . (Quel orateur aurait pu concevoir, quel législateur aurait jamais pu présumer qu'un citoyen se rendit coupable d'un tel crime!) Lysias, pour exprimer l'impossibilité d'une telle supposition, appuie sur la particule conditionnelle qui correspond à peu près à l'expression aurait pu de la version française; et pour dégager cette particule de tout terme plus significatif qui pourrait frapper sur elle, il la place entre deux autres particules prononcées sans appui. Cet arrangement artificiel, qui est d'un effet agréable pour les mots pleins (signes d'idée), paraît être nécessaire pour attirer l'accent sur les particules qu'on a l'habitude de prononcer légèrement.

Cette interruption, qui donne plus d'énergie aux mots voisins, est souvent produite, et même avec plus d'effet, par certaines locutions qui forment une petite parenthèse au milieu de la phrase. De ce genre sont : oîjpuzi, ëjxor/e doxeFv, a> à'v^peç 'AGrivsabi, ecf*/) et beaucoup d'autres petites phrases, intercalées entre des mots dont ils rompent la continuité, mais dont ils font ressortir l'accent. Eîç Séye, oijuwct, xàc otWc/ic 7repuovTe<; 7roXeiç. . . . eiç TUpavv«Sa<; êXxovtfi zoiç, 7roXtTetizç. Les poètes tragiques, dit Platon {République, p. 568, C), seront exclus de notre république; qu'ils aillent séduire les autres villes. L'auteur, voulant mettre en relief l'adjectif autres, l'a fait précéder, sans compter l'article et la préposition, de deux particules et de cette petite parenthèse, et il l'a fait suivre d'un participe qui le détache de son substantif. IIoQev ouv, ecpyj, w ^otapaTSç, twv toioutwv dyaQov hz^bv Xrîvpop.e9a, instar, où, êcprî, ripàç «7roXewreiç ; <r Où trouverons-nous, Socrate, un enchanteur qui sache conjurer ces craintes, maintenant que tu nous quittes, toi?» (Plat. Phédon, p. 78, A). Il était inutile de répéter la locution ëcpri, à moins de vouloir donner une accentuation plus vive au pronom av.

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