DISPOSITION DES PARENTHÈSES
Parva, inquis, res est. A philosophis, inquis, ista sumis. Triumphabat, quid quceris, Hortensius (Cic. Paradox, c. III; Ad Attic. i, 16).
Les particules étant les éléments les plus légers de la phrase, on s'étonne peu que les anciens les aient transposées et même répétées à leur gré pour produire des effets d'accentuation ; il en est de même de ces locutions parenthétiques dont on vient de parler. Mais les anciens sont allés plus loin dans cette voie. Ils K ont remué toutes les parties de la phrase, ils ont disposé librement les verbes, les substantifs et tous les éléments du discours, uniquement pour produire ces effets. Il y a, dans tout ce que nous disons, des mots qui emportent avec eux la pensée, et d'autres mots, presque parasites, que nous ajoutons, forcés par la nature de la communication, parce qu'il faut, pour être clair, se conformer à un certain cadre établi par l'usage. Ces derniers mots sont ce que j'appellerais volontiers le remplissage de la phrase. L'énergie de la pensée s'en affaiblit; mais telle est la nécessité imposée par la différence essentielle qu'il y a entre la pensée et la parole, que les auteurs les plus concis n'ont pu s'y soustraire. Les termes secondaires offusquent les termes principaux, et pourtant on ne saurait les retrancher. Eh bien, cet inconvénient qui parait inévitable, les anciens ont su le convertir en un avantage; ils ont su profiter, pour renforcer l'énergie de la pensée, de ce qui semblait devoir atténuer cette énergie. Ils sont parvenus à cet admirable résultat en maniant tous les éléments de la phrase avec la plus heureuse facilité. C'est par là qu'ils se sont montrés les véritables artistes de la parole.
On raconte, par exemple, les faits d'armes d'un général. La clarté veut qu'on répète souvent le même nom propre, mais l'élégance veut qu'on le cache : on le place donc, pour ainsi dire, sous l'ombre d'autres mots plus accentués. C'est ce que Xénophon a fait d'abord pour Thimbron, puis pour Dercyllidas, au commencement du troisième livre des Helléniques. Kat avv (àsv nourri tyj arparia, opwv ©tjpiSpwv to HT7ri%oy, !çto7tcîiov ou zatsêaivsv. On glisse sur le nom propre, parce