‹ De l'ordre des mots dans les langues anciennes comparées aux langues modernes: question deChapitre 4 sur 36 · LES RHÉTEURS ANCIENS · texte numérisé non relu

LES RHÉTEURS ANCIENS

traité particulier à la erfyflwiç oyoporcw; Cicéron, dans l'Orator et dans ses autres écrits de rhétorique, et Quintilien, dans ses Institutiones oratoriœ, traitent assez longuement de la compositio verborum. Ils s'accordent tous les trois à reconnaître l'importance de ce sujet ; Denys surtout va jusqu'à prétendre que le choix même des termes n'est pas d'une conséquence aussi grande que l'ordre dans lequel on les arrange. Ce qui décide de cet ordre, ce serait, à entendre les rhéteurs anciens, le concours plus ou moins harmonieux des lettres placées à la fin et au commencement des mots qui se suivent {conglutinatio verborum), le mouvement rythmique produit par la succession de syllabes longues et brèves (numerus), des motifs enfin tirés de l'euphonie et dont l'oreille seule peut juger. Si cela était vrai, si en effet l'ordre des mots était entièrement ou presque entièrement du ressort de l'oreille (et les autorités les plus respectables l'affirment), on aurait mieux fait sans doute d'exclure de ces recherches le grec et le latin. Nous ne connaissons plus la prononciation exacte de ces langues, nous la reproduisons encore beaucoup moins que nous ne la connaissons ; de plus, l'euphonie varie avec les organes et les habitudes des peuples. II y a pour l'oreille française d'autres convenances que pour l'oreille anglaise ou allemande ; à plus forte raison un assemblage de mots réputé harmonieux de nos jours aurait bien pu ne pas l'être pour Cicéron ou pour Périclès. Nous sommes donc aussi mal placés qu'il est possible pour juger de l'euphonie d'une phrase grecque ou latine. Et pourtant, on ne saurait le nier, quiconque est un peu versé dans les langues anciennes., ressent le charme particulier qui résulte de l'arrangement de la phrase chez les prosateurs classiques, et, qui plus est, il essaie de les imiter et se pique d'écrire plus ou moins bien la langue de Cicéron ou celle de Démosthène. De deux choses l'une : ou il y a un aveuglement bien extraordinaire de la part

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