PREMIÈRE PARTIR
estant rendu petit enfant dans les entrailles tres-pufes de sa More i \ir-in îii'iniMit de son sein sacré avec une humble
rrlté meslée d'une céleste majesté.
CoaflM l'espout qui en maintien ro\jl I 'le son lit nuptial I
\ Mon, l 'heotime, f|ui combla lellemeni le cœur aimable du petit ird M aise, de jubîtation ei de délices spirHuelles, qu'il en eut tome ".i vie des réssentHtaents extresmes : el p irtant, combien que depuis, comme une abei le sacrée, il recueillit toujours, de tous livins mystères, le miefdè mille douces et divines consola-* que h solemnité de Noël lui apportoit une particusuavité de son matstre. Hélas ! mais de grâce, Theotinté, ri uni- vision tnysii |Ue et imaginaire de la naissance temporelle et humaine du Fils de Dieu, par laquelle il procédait homme de la femme, vierge d'une vierge, ravit et contente si fort le cœuf d'un enfant : bel qur - quand nos esprits, glorieusement illu-
mine/ de la clarté bienheureuse, verront c< lie éternelle naissance, par laquelle le Fils procède l>i< u de Dieu, lumière de lumière, Dieu d'un vrèrj Dieu, divinement ci éternellement ! Alors donc Maire esprit se joindra paf mie complaisance incompréhensible à ibjet si délicieux, el par une invariable attention luy demeurera éternellement uni.
> Le Fera éternel voyant l'infinie bonté el beauté de sdn cse, -i vivement, essentiellement el substantiellement exprimée >n Fils, et le Fils vdyani réciproquement que sa mesmt lestée, bonté el beauté est originairement en son Père comme en mi. .■ ci romaine : hé ! se pourroit-il faire que ce divin Père •i Fils ne entr'aimassent pas d'un amour Inflny, puisque irur volonté par laquelle ils s'aiment, ci leur bonté pour laquelle il- -'.liment, sont infinies en l'un et en l'auti
» L'amour ne nous trouvant | ux, il nous csgale, ne nous
irnii\.'ini pas unis, il nous unit. Or le l'ère et le Fils je trouvant iimii seulement esgaux el unis, nins un mesme Dieu, une mesme bonté, une mesme i ssence, et une mesme unité, quel amouf deflvent-llfl avoif l'un fe Paulrel Mais cet amour ne m- p < pas comme Pamoir que les créatures intellectuelles ont entr'elfc envers leur créateur. Car l'amour créé te tait par plusieui divers eslans, touspirs, unions (,i liaiaona qui -enuc-iment, et
l'ont la continuation de l'amour avec une douce vicissitude de mouvemens spirituels. Mais l'amour divin du Père éternel envers son Fils est practiquée en un seul souspir eslancé réciproquement par le Père et le Fils, qui en cette sorte demeurent unis et liés ensemble. Oui, mon Theolime : car la bonté du Père et du Fils n'estant qu'une très-uniquement unique bonté, commune à l'un et à l'autre, l'amour de celle bonté ne peut estre qu'un seul amour, parce qu'encore qu'il y ait deux amans, à sçavoir le Père et le Fils, neantmoins il n'y a que leur seule Ires-unique bonté qui leur est commune, laquelle est aimée, et leur ires-unique volonté qui aime ; et partant il n'y a aussi qu'un seul amour exercé par un seul souspir amoureux. Le Père souspire cet amour, et le Fils le souspire aussi ; mais parce que le Père ne souspire cet amour que par la mcsme volonté et pour la mesme bonté qui est esgalement et uniquement en luy et en son Fils, et le Fils mutuellement ne souspire ce souspir amoureux que pour cette mesme bonté et par celte mesme volonté ; partant ce souspir amoureux n'est qu'un seul souspir, ou un seul esprit eslancé par deux souspirans.
» Et d'aulant que le Père et le Fils qui souspirent, ont une essence et volonté infinie par laquelle ils souspirent, et que la bonté pour laquelle ils souspirent, est infinie, il est impossible que le souspir ne soit infiny. Et d'aulant qu'il ne peut estre infiny qu'il ne soit Dieu, partant cet esprit souspire du Père et du Fils est vray Dieu. El parce qn'il n'y a, ny peut avoir qu'un seul Dieu, il est un vray seul Dieu avec le Père et le Fils. Mais de plus, parce que cet amour est un acte qui procède réciproquement du Père et du Fils, il ne peut estre ny le Père ny le Fils desquels il est procédé, quoiqu'il ait la mesme bonté et substance du Père et du Fils : ains faut que ce soit une troisième personne divine, laquelle avec le Père et le Fils ne soit qu'un seul Dieu. Et d'autant que cet amour est produit par manière de souspir ou d'inspiration, il est appelle Sainct-Esprit,
» Or sus, Theolime, le roy David descrivant la suavité de l'amitié des serviteurs de Dieu, s'escrie :
0 voicy que c'est chose bonne
Qui mille suavittz donne,
(Juamt les frères ensemhlemenl
Habitent unanimement :
Car celle douceur aimable
Au tres-sainct onguent est semblable,