PREMIÈRE PARTIR
Qat .l^ï-u - l<* rWf on vers»
D' \.iron quand on )( ronsarra :
ni dont la leste sacrée ..il lotitc ir.
lot i -'.'scoulant,
Et tout son collel parfumant I
» Mais, ô Dieu, >i l'amitié humaine csi lant agréablement aimable, el respand une odeur si délicieuse sur ceux qui la eonlemplenl ; que sera-ce, mi a bien aimé Tbeotime, de voir l'exèré de l'amour réciproque du Père envers le Fils éternel? re de Nazianzene raconte que l'amitié incomparable (jtii esloil entre lui el son grand sainct Basile, estoit célébrée par toute la Grèce : el teriuHien lesmoigne que les payens admiroient tmour plus que fraternel, qui regnoit entre les premiers chrestiens. 0 quelle teste I quelle solemnilé ! de quelles louanges cl bénédictions doil estre célébrée, de quelles admirations doit estre honorée el aimée l'éternelle et souveraine amitié du Pore et du Fils ! Qu'j ;i-t-il d'aimable el d'amiable, si l'amitié ne l'est pas? El si ramiiié »->t amiable cl aimable, quelle amitié le peut i
omparaison de celle infinie amitié qui est entre I'- Père elle Fils, el qui un mesme Dieu très-unique avec eux .' Notre cœur, Iheolime, s'abysmera d'amour en l'admiration de la beauté et suavité de l'amour que ce t*ere éternel el ce Fils incompréhensible pracliquenl divinement el éternellement (2). »
3 DB I \ GRACE DIVINE DANS ! r CIEL EST LA PARFAITE DE L'ORDRE N VTI REL II 8! i.\ \i I
Il rut c nhrurruT mnnnimrn( parfaitement le»
n. mai$ non /"■/.* toutes.
i i vie éternelle consiste, dil le Sauveur, .< connaître le Père
l P$, s.' 2 ■ /• Imottr it /»>'",. ii« «i II
seul vrai Dieu, el Jésus-Christ qu'il a envoyé. Les saints connaissent donc tout ce qui tient à l'humanité de Jésus -Christ, le chefd'œuvre de Dieu.
Saint Grégoire-le-Grand nous dit : « Qu'y a-t-il que les saints ignorent, là où ils ont la science de celui qui sait tout (I)? »
Et saint Bernard : « O sagesse, par laquelle nous connaîtrons alors très-parfaitement tout ce qui est au ciel et sur la terre, puisant dans la source même de la sagesse la connaissance de toutes choses (2). »
Saint Augustin : « Les anges connaissent sans aucun doute toute la création, à la tête de laquelle ils ont été placés euxmêmes ; et cette science ils la puisent dans le Verbe de Dieu, dans lequel sont les raisons éternelles de tout ce qui a été fait dans le temps, comme dans celui par qui tout a été fait (3). » Or les saints jouissent dans le ciel du même bonheur que les anges.
Les autres Pères de l'Eglise ne parlent pas différemment. Selon eux, les bienheureux dans le ciel voient l'essence même de Dieu ; or, l'essence de Dieu contient les raisons de tout ce qui existe ; et quiconque connaît les raisons mêmes des créatures a la science, et la science parfaite de ces mêmes créatures. Donc les bienheureux ont la science parfaite des œuvres de Dieu.
11 nous paraît incontestable que les saints connaissent parfaitement tout ce qui les concerne directement, tout ce qui les constitue, autrement leur désir ne serait pas satisfait : quel est en effet celui qui n'a jamais désiré connaître l'essence même de son être et sous tous les rapports ? Donc les bienheureux doivent connaître ce qui constitue la vie physique, la vie intellectuelle et la vie de la grâce ; et par conséquent l'essence des corps, l'essence des esprits, l'essence de la grâce ; donc ils connaissent parfaitement tous les mystères de la grâce, 1 Incarnation, la Rédemption, ia maternité divine de Marie, la nature des sacrements, la spiritualité, la liberté, l'intelligence de l'âme, toutes ses propriétés et toutes ses facultés ; la nature même des corps, avec leurs propriétés et leurs lois. David le fait entendre pour les mystères de la grâce : « Comme nous avons entendu, ainsi nous avons vu dans la cité du Seigneur des vertus (4). » El saint Thomas l'en- .fiçrne pour tout ce qui concerne l'homme : * Chaque intelligence
(1, Lib. i, dialog., c. 35, — (2) Serin, de triplici génère bonorum, n. 7. —
'3) Lib. 4, de Oene$ . ml lin., ,;. U. — (i) Psal. Ï7.
imu \i;i M PAR
Verbe, non pas toui simplement, mais daut.mt plus de choses « |\i " <^ï 1 «* voit plus parfaitement le Verbe. Cepert-
iucune intelligence bienheureuse, qui ne conm dans le \ crbe tout ee qol la regarde c) »
tout dit que les bienheureux ne connaissent pas toutes Dieu. Il foui dire, ajoute saint Thomas, qu une m- . i n voyani la divine essence, ne \<ui \.\- en elle ce que Dieu f.iii ou peut faire. Car il est manifeste que eéri lines ' hoses son! vues en Dieu selon ce qu'elles sonl en lui. < m-. louti a «m en Dieu, comme les effets sonl virtuellement
,i,,n- |< m- i iuse. Mnsl donc louies choses sont vues en Dieu, eomrae les i (Tels dans leur cause. M lis il est manifeste que plus une i ' connue parfaitement, plus on peut \<>ir en elle de
ir celui qui a l'intelligence élevée, voit, d'un seul coup d'oeil, aussitôt qu'un principe de démonstration e>t | en découler une multitude de conséquences, ce « | ■• i i dépasse une intelligence plu- faible : car il Faut lui expliquer chaque chose l'une après l'autre. Donc l'intelligence qui comprend totalement l.i cause peu! connaître, dans cette cause, tous 1rs effets de la cause, et toutes les raisons des i ffets Or, nulle intelligence 1 1 ne comprend Dieu /"/ lemrnt; donc nulle mtell'uj en voyanl Dieu, ne peut connaître tout ce que Dieu fait ou peut lit comprendre toute sa puissance. Mais une mconnail d'autant plus de chose que Dieu f.iii ou peut faire, qu'il voit Dieu plus parfaitement. • Le ésir naturel de connaître de la créature raisonnable ne nd qu'à ce qui peut perfectionner l'intellij voir t les
nr< - des ch ises et leurs raisons que quiconque ni l'essence divine, verra en Dieu. » <>i\ connaître le< en particulier, leurs pensées et leurs actions, n'est j pour la perfection d'une intelligence créée ; et son désir naturel de connaître n<' s'étend pas jusque-là, ni à savoir les chos4 - qui ml pas encore et que Dieu peut l'aire. Car, si Dieu seul était mi. lui qui esl la source et le principe de tout être et de (ouïe vérité, le désir naturel de Bavoir serait rempli, et on ne cher< r.ui rien autre chose, et on serait heureux. Comme -.nui tuguslia |i d i au livre V de ses Confessions .- Malheureux l'homme qui ,u toutes les cri nun • ur, et qui vous ign >r< lieu
r» u\ .m contraire eelui qui vous connaît, quand il ignorerait tout celui qui vous conn ilt, vous et les ci i atui
pas plus heureux par celte connaissance qu'il a des créatures, mais c'est par vous seul qu'il est heureux (1).
Ainsi les hienheureux ne sauraient connaître tout ce que Dieu fait ou peut faire; et il n'est pas nécessaire, pour que leur honneur soit parfait, de connaître tous les êtres en particulier, mais seulement leur essence, leurs genres, leurs espèces, leurs propriétés, leurs lois : car Dieu lui-même n'est pas plus heureux après la création qu'avant la création; or, ce qui suffit pour rendre Dieu heureux, peut bien remplir tous les désirs de ses créatures.
Cependant, il est des choses particulières, dont la connaissance est nécessaire pour rendre heureux les saints ; ce sont les événements qui peuvent les intéresser d'une façon particulière, à cause des fonctions qu'ils ont remplies sur la terre : ainsi un pape, un évêque, un curé, un fondateur d'ordre, un prince, un roi, un père, une mère, un frère, une sœur, etc., doit vivement s'intéresser à tout ce qui concerne l'Eglise entière, son diocèse, sa paroisse, sa province, son peuple, sa famille, ses frères, ses sœurs, ses amis et ses parents. Dieu leur révèle donc toutes ces choses ; autrement, ils ne seraient pas heureux. Ainsi la religion ne détruit pas le sentiment patriotique ni les affections de famille ou d'amitié, mais elle les sanctifie, les épure, les agrandit et les conserve jusque dans l'éternité.
Saint Thomas, comme les autres docteurs, enseigne que les bienheureux connaissent les créatures non par elles-mêmes, ou par une image ou représentation quelconque, mais par la seule essence divine présente à leur intelligence, par laquelle ils voient Dieu : car les images ou types de tous les êtres sont en Dieu, et d'une manière infiniment plus parfaite que les êtres eux-mêmes : donc les saints en voyant l'essence de Dieu en elle-même, voient aussi, par une conséquence rigoureuse, les types éternels des choses, qui sont inséparables de l'essence divine.
Ce saint docteur conclut que les saints connaissent les créatures de la manière que nous venons de l'exposer, non successivement, de jour en jour, ou d'année en année, mais en même temps et aussitôt qu'ils voient l'essence divine, parce que ces images ou types des créatures ne forment qu'une seule et même chose avec l'essence divine. Et puisque la vision bienheureuse ne souffre ni variation ni succession, mais constitue l'homme dans un terme très-parfait, dans lequel il ne peut déchoir ni progresser, il faut qu'elle soit une participation à l'éternité même de Dieu (2).
(1) i. p. q. 12, a. 8.— (2) l.p.q. 12, a. lOetCont. Cent. lib. 3, c. 60.
PEEM1KBJ PARTIE
i mi aux objets ">i Faiu particuliers qui ne concernent pas le bonheur essentiel des saints, ils ne les connaissent, qu'autant que Dieu veut bien les leur manifester. Ils peuvent donc ijrnorer ei Ignorent très-probablement, les conseils secrets et libres de Dieu : m ûs cetie conna isance importe peu a leur bonheur. Celui qui connaîtrait parfaitement tous les principes <lr> sciences mathématiques t'inquiéterait peu de savoir que telle ou toile per- <.iti" (ail l'application: parce que ces faits particuliers
n'ajouteraient rien i\ ses connaissances, et ne perfectionneraient ! éelk ment p - ncc.
SI l'homme n'eût pas été élevé à l'ordre surnaturel el divin, m i'm aurait été néanmoins de connaître Dieu, de l'aimer <'i d'en ; . non immédiatement et tel qu'il est en lui-même, mais seulement par Ici créatures. Cette connaissance, cet amour, cette jouissance Muraient saii>f;tit loua ses désirs naturels; jamais il n'aurait pensé a connaître Dieu tel qu*il est en lui-même, puisque ulemenl qui lui fait connaître cet ordre ili\in : i.h nulla cupide.
Mais la déification de l'homme, loin il»* détruire sa Bn naturelle,
la perfectionne. Bn effet, l'homme n'aurait connu Dieu que pai
. et les créatures par elles-mêmes. Mais la connais-
[uise par une image, et par une image très-imparfaite,
nfiniment au-dessous de celle que donne l'être lui même,
principalement quand il s'agit de Dieu, liais les œuvres delà
ttion ne réaliseront jhikik. même à leur plus haut degré de
perfection, les idées de Dieu. La vision intuitive perfectionne
la lin naturelle de l homme, puisque !•• bienheureux connaît
; par lui-même ••( <'n lui-même, et les créatures par les idées
divines (jni sont les exemplaires «>u les types de tous les <
s, L'ordre divin ne détruit donc pas l'ordre naturel, mais il le suppose et le perfectionne dans sea ti'<>i> termes, la nature de l'homme, ses facultés < i sa fin.
i> avons 'In pourra peut-être non-; faire entrevoir
lues uns d< - iecr( ta du ciel. Les Pères ••! les Docteurs non-
•ii, d'un consentement unanime, que le bonheur des
saints consisl Dieu, ï posséder Dieu el à jouir de Dieu.
■ >r, i i propriétés du bonheur éternel i
>ndent, saint rhomaa nous l'a dit, aux trois vertus ihéolo-
r, par la fol nous voyons d'une manière obscure comme
iven les nuages, par l'espérance nous poi en droit
t, et la cb irité est un commencement de jouissance. I <
1 la perfection el 1 1 n compense de la fol : la
possession, de l'espérance; la jouissance, de la charité. La raison en est qu'il y a trois facultés principales dans l'homme, l'intelligence, l'imagination et la sensibilité ; et par conséquent voir, posséder, jouir, c'est tout l'homme.
S'agit-il de biens matériels? La première chose qui nous réjouit, c'est la vue même de ces biens. Quel plaisir ne procure pas la vue d'une grave et imposante cérémonie de l'Eglise, d'une armée rangée en bataille, d'une ville où tous les édifices sont élégants et bien disposés; la vue d'un ciel sans nuages, d'une nuit sereine, d'une belle campagne qu'on découvre du haut d'une montagne, dans une fraîche matinée de printemps ? Que ne faiton pas pour se procurer ce plaisir ?
Le bonheur est beaucoup plus grand si on possède ces objets si beaux, si propres à récréer l'œil. Avec quelle satisfaction un roi, un prince, un grand seigneur ne dit-il pas : ces vastes prairies, ces troupeaux, ces superbes forêts, ces hautes montagnes, ces champs bien cultivés, ce château, ce palais, ces meubles précieux, ces vêtements de pourpre, cet or, cet argent, ces bijoux, en un mot, tout ce que je vois et tout ce que vous voyez m'appartient?
Plus d'une fois néanmoins de riches et de puissants seigneurs, de grands rois n'ont eu que la vue et la possession de semblables biens : il ne leur a pas été donné d'en jouir. Mais si quelqu'un les voit, les possède et en jouit tout ensemble, celui-là est en possession du bonheur matériel.
Si nous supposons que ce monde physique soit aussi beau et aussi parfait qu'il est possible de l'imaginer, et qu'un seul homme réunisse en lui-même toutes les satisfactions que peuvent procurer la vue, la possession et la jouissance de tous les biens, celuilà serait parvenu au plus haut degré de la félicité matérielle.
Mais au dessus de la matière, il y a des biens plus nobles et plus dignes de l'homme, des biens qui l'emportent autant sur les premiers que lame est élevée au-dessus du corps. Or, la première chose qui réjouit l'àme, c'est la vue de la vérité ; car l'erreur ne lui plaît jamais que lorsqu'elle se présente à elle avec le manteau de la vérité, déguisée sous les couleurs ou les apparences de la vérité. De là le désir de la science si profondément enraciné dans le cœur de tous les hommes, même des plus grossiers. 11 n'en est aucun qui, entendant discourir un homme savant, ne dise en luimême : Je voudrais bien comprendre tout ce qu'il me dit, et savoir tout ce qu'il sait. Et que n'ont pas fait les hommes pour étancher celte soif de la science qui les dévore et les consume?
Cependant la simple vue de la vérité ne satisfait pas I homme : il vent encore la saisir, la retenir ei la posséder. Aussitôt qu'elle M monti inteHigenoe, il s'efforce '!«• I imprimer dans son
itnaginaiion ou sa mémoire, pour I identifier ensuite à lui-même et se l'assimiler. Que de tarvaui n'entreprend-on pas»qued'efforts ne fait-on pus pour apprendre et retenir les i hu-
maines ? Mais une fois Imprimées «luis l'imagination et la mémoire, elles deviennent la nourriture même «le l'ème
(Teai Ici que se termine la dernière opération intellectuelle ; eai i en se nourrissant des sciences humaines ou des vérités • l « l'ordre naturel, que lime entre en jouissance de ces mêmes vérités. Die les médite, elle les contemple pour mieuz s'en pénétrer. Parce qu'elle sent qu'elle > puise la vie, elle l«- lime, elle les affectionne, elle les Bavoure, elle les recherche avec tant d'ardeur qu'elle oublie parfois la nourriture corporelle; el sa jouissance esi ai grande, qu'elle est tentée d'adorer sa raison ou son intelligence. Elle n'éprouve pas moins de plaisir à les communiquer aui autres* Ainsi voir et montrer la vérité, s'en nourrir el on nourrir loi aueres, c'est la jouissai i la vie de L'Ame.
i pourquoi renseignement bien compris est une paternité qui eattse I l'âme dei jouissances plus douces et plus pures que celles ie la paternité corporelle.
Si MJtti supposions un homme dont l'intelligence sérail el. i sa plus haute puissance dans l'ordre naturel, et <pii posséderai! toutes Us sciences humaines au degré le plus élevé qu'il sable de concevoir, il aurait atteint le suprême bonheur dans le même ordre Cependant ce ne serait encore qu'une ombre et une e grossière de ce que hou a fail en le déifiant, en l'étahlissant dons l'ordre surnaturel et divin qui commence sur la terre pour continuer ei se consommer dans le oiel.
Paris foi, le chrétien entrevoit les vérités de l'ordre surnaturel:
par l'espérance, il comment e ;i las posséder, el par la charité, il
en jMiiil. in:iis i mparfaileuienl. la \hinn inluili\f sera la fat p' i
fedionnée ou ta vue pleine et entière de toutes les vérités divines et de Dieu même : l'espérance ne consistera plus dans 'les droits ou îles nu i, m. us dans la pos* ssion actuelle ii certaine de Dieu; ii jouissance sera la récompense el la consommation de la