I :le
Les bienheureux voient donc l'essence divine par celte même cs.cnrc mi substance qui s'unil immédiatement .1 leur inielli r-'iice. pour lui donner |f force .le l.i eoiisnlei er et de la contempler eu aile même, Or, telle union immédiate ne p<ui s'opérei
SEPTIÈME ENTRETIEN. tfl
que par une certaine identification de la nature divine et de la nature hnmaine. La nature divine pénètre la nature humaine, comme deux cires fondues se mêlent ensemble, selon l'expression d'un Père de l'Eglise, en sorte que les saints sont dans le Verbe divin ou le Fils de Dieu, comme le fils est en son Père, et qu'ils sont consommés en un ou en une même chose, comme le Père et le Fils sont un ou une même chose. Or, la possession la plus parfaite qu'on puisse concevoir, c'est la pénétration de l'objet possédé par celui qui possède ou une certaine identification. Donc la possession la plus parfaite de Dieu est une suite nécessaire de la vision intuitive. Enfin, la jouissance de Dieu procède de la vision intuitive et de la possession de Dieu ; car il est impossible d'être comme identifié au souverain bien, au bien infini, sans éprouver la jouissance la plus parfaite qu'il soit possible de concevoir, puisque c'est une participation à la jouissance même de Dieu.
En effet, le bonheur de Dieu consiste aussi à se voir, à se posséder et à jouir de lui-même. Car de même qu'une personne qui se considéré dans un miroir aperçoit son image, Dieu se contemplant en lui-même voit aussi son image. Mais parce que en Dieu tout est vivant, infini, parfait, celte image est vivante, infinie, parfaite : c'est son Fils. Mais la vue de cette image infiniment parfaite, expression vivante de lui-même, satisfait tout son désir de connaître, le réjouit infiniment, parce qu'elle est l'image réelle et substantielle de la beauté et de la bonté infinies : il aime donc infiniment celte image ou ce Fils, et le Fils aime aussi infiniment le principe qui l'a engendré ou produit, parce qu'il est infiniment parfait et n'est qu'une même chose avec lui. Mais de cette opération, ou acte d'une seule et unique volonté par lequel le Père et le Fils s'aiment, procède l'amour ou le Saint-Esprit. Or, ces deux processions sont des actes éternels, infinis, toujours subsistants, par lesquels une personne divine communique a l'autre tout ce qu'elle possède, sans qu'elle perde rien ; et c'est ainsi que Dieu jouit de lui-même. Donc le bonheur de Dieu consiste à se voir tel qu'il est, à se posséder, à s'aimer et à jouir de lui-même. Mais les bienheureux partagent ce bonheur; car ils voient Dieu comme Dieu se voit, ils le possèdent comme il se possède, ils l'aiment comme il s'aime, ils en jouissent comme il jouit de lui-même. Oui pourra jamais comprendre un tel bonheur, capable de satisfaire un êire infini et infiniment parfait ?
Nous aurions pu développer davantage ces idées et présenter une suite de tableaux, exprimant chacun fidèlement ces diverses
considérations ; mais, pour abréger, nous devons les laisser (ain .1 roi leetears intelligents. Peut-être icrons-nous trop long pour Iti bru, et urop souri pour les autres ? il faut pourtant m Borner.
I e P. Romain, à qui *;iint Thomas a\;ui cédé la chaire de lin
• de Paris, s'apparaissent ii lui. avant qu'il eût appris <a mort, lui du que, par la miséricorde du Seigneur, il j<>iiî — ;*îl déjà de la Félicité drs bienheuieui après avoir souffert, durant seize fours, les peines du purgatoire. S. uni Thomas loi iii plusieurs questions, »'t lui demaoua : l" s'il avait connaissance <|u'il fût en grâce el si son travail étaii agréable ii Dieu; S* si l'habitude des qu<
nous acquérons ici-bas persévère dasa les bienheureux; 3* si la vision béatifique était tulle qu'on la décrit dans les livres. Romain, sur la premién il» mande, répondit qu'il était forl cher à Dieu, et que ses travaux ne leraient point sans récompense. Il répon la seconde par ces paroles : « Frère I bornas, je vois I > eu, el doit vous suffire. » El à la troisième, il dil : « <>n voil Dieu d'une saanière pluanoble que toul ce que l'esprit de l'homme peut concevoir: ci vous le serres bientôt ■ Uesi inutile d'ajouter qu« saint Thomas n'a jamais passé pour un visionnaire.
Nos panthéistes modernes se sont particulièrement apouj pour soutenir leurs monstrueuses erreurs, sur les lém des écrivains «lu moyen-àge et des auteurs ascétiqui • que
eeux-ei répèteni soovenl que nous sommes participants ds la nature divine. Mais il est aisé de voir la différence infinie qui existe entre la déification de l'homme par la grâce et le panthéisme de nos philosophes. Eus soutiennent qu'il n'existe qu'une seule un nanti i. qu'un seul être, que tout ce que nous voyons el que bous appelons vulgairement des substances ou des êtres, ne sont que des parties, des émanations ou des modifications de Dieu, qui n'ont aucune individualité, qui changenl et varient sans finissent par disparaître totalera ni nu être abeorfa - ea Dieu, nomme le- flots de la mer se confondent avec ! i minerons de plus pn rreurs, lorsque nous parlerons de
Dieu. M nous suffira d'observer ici que, selon la doctrine catholique, Dieu esl loul-e bit distinct, par sa nature, de loua les .mires
i qu'il a créés, que c< bo< leur nature et leur indivi-
dualité. Dons les bienheureux, au moment de leur mort, au lieu de eesser d'exister et d'être i infondus avec Dieu, naissent pour
rnité. Ils deviennent, il est vrai, participants de la nai divine, OU plutôt leur déification esl consommée; mais leur n.uun point changée en la nature divine, ni la nature divine en leui
propre nature ; ils ne sont pas proprement dieux dans toute la rigueur du mot, mais seulement divinisés, déifiés.
EFFETS DE LA GRACE OU DE LA PARTICIPATION A LA NATURE DIVINE SUR LE CORPS DE L'HOMME DANS L'AUTRE VIE.
La résurrection des corps prouvée par l'autorité de VEglise, des témcignages de V 'Ecriture et des Pères, et des raisons théologiques.
Messieurs,
Nous établirons bientôt que la déification de l'homme, commencée dans Adam, embrassait l'homme tout entier, son âme et son corps. Le péché a rompu cette harmonie, et par le péché la mort est entrée dans le monde. Mais Jésus-Christ est venu tout réparer, et l'âme et le corps ; la mort subsiste, il est vrai, comme peine due au péché ; mais, au dernier des jours, l'âme et le corps se réuniront pour ne plus se séparer : c'est ce qu'on appelle la résurrection générale des corps.
Ce point de doctrine a été nié par les sadducéens, tourné en dérision par les philosophes païens, combattu par les anciens hérétiques, et il est rejeté par nos rationalistes modernes.
La résurrection des corps.doit être universelle : ce ne sont pas seulement ceux des justes qui ressuciteront, mais encore ceux des réprouvés. Et chacun ressuscitera avec le même corps qu'il aura eu sur la terre; mais, pour qu'il soit identiquement le même, il n'est pas nécessaire que Dieu lui rende toutes les molécules de matière qui lui auront appartenu, il suffit qu'il le reconstitue avec la partie essentielle qui est propre à chaque individu et qui le distingue des autres corps. De plus, les corps des élus seront doués de prérogatives particulières, de qualités ineffables dont l'esprit de l'homme peut à peine se faire une idée.
Conclusion. — Tous les hommes ressusciteront avec les cor /s
PR1 \m.r\i-: PARTIE.
<in'ili auront eus sur In (>-rrr. Cette conclusion est de foi catholique.
Chaque fidèle récite ces paroles dans le Symbole des apôtres:
• le crois la résurrection de la chair : » et ces autres du Concile lie Constaminople : « .l'attend- la résurrection des morts. » Nom h < n t i < en mure dans le symbole «le saint kthanase : « Tous les hommes ont ;i ressusciter avec leurs corps, et ils rendront compte Me leurs propres actions : ceux qui auront fait le bien iront à h nïc éternelle, mois ceux qui auront f.iii le mal iront bu feu éternel. » Enfin, tlans le quatrième Concile général de Latran, ehap. Firmit'T : « Tous (les réprouvés aussi bien que les élus) ressusciteront avec leurs propres eorps, qu'ils portent maintenant. • Ton* doivent donc ressusciter et reprendre les corps, qu'ils auront
• m sur la terre.
(Tétait cette espérance qui soutenait Job au milieu de afflictions : « Qui m'accordera que mes paroles Boient éci
riait-il? Qui me donnera qu'elles soient tracées dans un li\re. qu'elles soient gravées sur une lame de plomb avec une plume 'h fer, ou sur la pierre avec le ciseau) Car je sais que mon Bé< dempie'ir est vivant, et que je ressusciterai au dernier jour; et je
-••r;ii revêtu de nouveau de ma peau, et je verrai mon Dieu dam RM Chair : je le verrai moi-même et non un autre, et je le eniiicniplerai île mes propre- yeux. C'est là l'espérance que j'ai et qui
reposera tOUJOUfS dans mon BCia (1). » C'CSt aUSSi par elle que
Hachabées B'encourageaient au martyre (SI . Jésus-Chris) disait bus sadducéeos : « Bst-ce que \mi> ne lisez touchant la résurrection des mort»;, ce qui a été dit par Dieu, disant : -le - n i < le Dieu d'Abraham, le Dieu d'isaac et le Dieu de
Jacob. Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants, ear tous vivent pour lui (^ . »
Saint Paul déclare que ceux-là renversent la foi, qui disent que i.i résurrection est déjà opérée (V).
Mu- s'est surtout dans sa première Epitre aux Corinthiens, que cet apôtre des Gentils établit solidement ce dogme fondamental. \<>u- croyons devoir citer toute -nu argumentation : « H ne me reste plus maintenant, me- frères, qu'à vous faire souvenir de l'Evangile que je vous :ii prêché, que vous avei reçu, dans lequel vous demeura ferai ■-. et par lequel vous êtes sauvés, i our que le reteniez comme je vous l'ai annoncé, puisque autrement
I | 1! M ri,.. 7. '» ". M, •• -| i II
HUITIEME ENTRETIEN. <5>j
ee serait en vain que vous auriez embrassé la foi. Car premièrement je vous ai enseigné, et comme donné en dépôt ce que j'avais moi-même reçu, savoir : que Jésus-Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures; qu'il s'est fait voir à Céphas, puis aux onze apôtres; qu'après il a été vu en une seule fois de plus de cinq cents frères, dont il y a plusieurs qui vivent encore aujourd'hui, et quelques-uns sont déjà morts; qu'ensuite il s'est fait voir à Jacques, puis à tous les apôtres; et qu'enfin, après tous les autres, il s'est fait voir à moi-même qui ne suis qu'un avorton. Car je suis le moindre des apôtres, et même je ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Eglise de Dieu. Mais c'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce n'a point été stérile en moi ; mais j'ai travaillé plus que tous les autres, non pas moi, toutefois, mais la grâce de Dieu avec moi. Ainsi, soit que ce soit moi, soit que ce soient eux qui vous prêchent, voilà ce que nous vous prêchons tous, et voilà ce que vous avez cru.
» Puis donc qu'on vous a prêché que Jésus- Christ est ressuscité des morts, comment se trouve-t-il parmi vous des personnes qui osent dire que les morts ne ressuscitent point? Que si les morts ne ressuscitent point, Jésus-Christ n'est donc point ressuscité. Et si Jésus-Christ n'est point ressuscité, notre prédication est vaine, et votre foi est vaine aussi. Nous serons même convaincus d'avoir été de faux témoins à l'égard de Dieu, puisque nous avons rendu témoignage contre Dieu même, qu'il a ressuscité Jésus-Christ, qu'il n'aurait pas néanmoins ressuscité, si les morts ne ressuscitent pas. Car si les morts ne ressuscitent point, Jésus-Christ n'est point aussi ressuscité. Que si Jésus Christ n'est point ressuscité, votre foi est vaine, car vous êtes encore dans vos péchés. Ceux qui sont morts en Jésus-Christ ont donc péri sans ressource.
» Si nous n'avions d'espérance en Jésus-Christ que pour cette vie, nous serions les plus misérables de tous les hommes. Mais maintenant Jésus-Christ est ressuscité d'entre les morts; il est devenu les prémices de ceux qui dorment. Car comme la mort est venue par un homme, la résurrection des morts est venue, doit venir aussi par un homme. Et comme tous meurent en Adam, tous revivront aussi en Jésus-Christ, et chacun en son rang : Jésus-Christ d'abord comme les prémices, puis ceux qui sont à lui, qui ont cru en son avènemeni. Et alors viendra la consommation de toutes choses, lorsque Jésus-Christ aura remis son royaume à Dieu son Père, et qu'il aura détruit tout empire, toute domination et toute puissance. Car Jésus-Christ doit régner jusqu'à ce que son
PR1 Mil Kl PARTIE.
Père lui ;ui nw< nui- ses ennemis sous set pieds. Or. la mon. i« dernier ennemi, sera détruite nn-si ; e;\r l'Ecriture dit que Dieu lin ;■ iiib 1001 -.m- les pieds et loi s tout assujetti. Mais quand elle dit (pie loul lui i-t assujetti, il esl indubitable qu'A en tout excepter eelui qui lui .1 assujetti toutes choses. Loti donc que tontes choses auront été assujetties au Fils, alors l»' Fils sera nii-mdene assujetti s 1 1 lui qui lui aura assujetti toutes choses, afin que Dieu soil • "<«. autrement, quelle raison auraient eetn qui som
baptisés pour les morts, s*ll est \r.ii que les morts ne rossuanitcni point? pourquoi sont-ils baptisés pour les morts? et pourquoi nous-mêmes non-, exposons nous à ton e heure s tant de périls' il n \ .1 point de jour que Je ne inouïe, je vous en assure par \oiro gloire, mes frères, dont Je puis me glorifier en Jesus-CMat, Notre Seigneur. Si, pour parler selon l'homme, j'ai combattu i Bphèsi c »ntre des bétes farouches, qu '1 avantage en tirerai-je si morts no ressuscitent point? Ne pensons qu'à boire et à manpuisque nous mourrons demain. No \<nis laisses pas séduire; les mauvais entretiens eorrompeni les lionnes mœurs. KéveJMesvous, justes, et ne vous laissez point aller aux péchés ; car il y en 1 parmi roua quelques-uns qui ne connaissent point Dieu. Je V4MM le dis pour nous faire honte.
» Mais, dira quelqu'un, nomment les morts ressuscitent-ils? quel Sera le e.>rps dois lequel ils reviendront? Insensé que VOUS ,
■ c que Moi- semés ne reprend point de Nie, s'il ne meurt anp vaut. El quand \oib sen* 1, vous ne semés pas le corps de la plante qui doit naître, mais la graine seulement! comme du l»lé ou de quelque autre chose. Hais Dieu lui donne un corps tel qu'il lui niait, et il donne a chaque semence le corps qui est propre a 1
• pn- plante, route chair n'est pas la même chair: mais nuire u chair des h immes, aune est la chair, dos bétes, autre est oells sV iux, autre celle des poissons. Car il n a des corps célestes
■ le- eorps terrestres : mais les corps célestes ont un aune éclat
que les corps terrestres. Le SOleil a Bon éclat, la lune le sien et les
•'•toiles le leur; et même entre les étoiles l'une esl plus éclatante que l'autre. Il en arrivera de même a la résurrection des msjcts
arps, maintenant comme une semence, est semé plein de motion, ei \\ ressuscitera Incorruptible : il esl semé tout difforme. et il ressu rlorieux; ilesl semé dsns l'infirmité, fi il
plein de vigueur; il est semé eorps animal, et il 1
liriluel. S'il n a un eorps iimm.il, il \ i ni-si un
rituel, selon qu'il esl écrit : Idam, le premier borna*
une Ame vivante, el le second Adam I èlé rempli
d'un esprit vivifiant. Mais ce n'est pas le corps spirituel qui a été formé le premier, c'est le corps animal, et ensuite le spirituel; le premier homme est le terrestre formé de la terre, et le second homme est le céleste descendu du ciel. Comme le premier homme a été terrestre, ses enfants aussi sont terrestres; et comme le second homme est céleste, ses enfants aussi sont célestes. Comme donc nous avons porté l'image de l'homme terrestre, nous porterons aussi l'image de l'homme céleste. Or, je vous dis ceci, mes frères, parce que la chair et le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu, et que la corruption ne possédera point cet héritage incorruptible. Voici un mystère que je vais vous dire : nous ressusciterons tous, mais nous ne serons pas tous changés. En un moment, en un clin d'œil, au son de la dernière trompette (caria trompette sonnera), et les morts ressusciteront en un état incorruptible, et alors nous serons changés. Car il faut que ce corps corruptible soit revêtu de l'incorruptibilité, et que ce corps mortel soit revêtu de l'immortalité. Et quand ce corps mortel aura été revêtu de l'immortalité, alors cette parole de l'Ecriture sera accomplie : la mort a été absorbée par une victoire. O mort, où est ta victoire! ô mort, où est ton aiguillon? or, le péché est l'aiguillon de la mort, et la loi est la force du péché. Mais rendons grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi, mes chers frères, demeurez fermes et inébranlables, et travaillez sans cesse de plus en plus à l'œuvre de Dieu, sachant que votre travail ne sera pas sans récompense en Notre-Seigneur (1). »
Nous n'essaierons pas de faire ressortir toute la force des raisons que saint Paul apporte dans tout ce chapitre pour établir notre conclusion; il nous semblerait inutile de discuter avec celui qui n'en serait pas convaincu après les avoir lues avec une légère attention.
Aussi rencontre-t on peu de vérités que l'Eglise, dans tous les siècles, ait expliquées plus fréquemment; et il serait difficile de citer un seul Père de l'Eglise qui n'en ait pas parlé. Nous lisons dans les Constitutions apostoliques, liv. 5, chap. G : « Le Dieu tout-puissant nous ressuscitera lui-même d'entre les morts, par Notre-Seigneur Jésus-Christ, son Fils, selon sa promesse très-certaine : il nous ressuscitera, dis-je, nous et tous les autres qui sont morts depuis le commencement du siècle, tels que nous sommes maintenant, et dans celle forme que nous avons présentement, de
(1; I. Cor., 15.
torte que nmn n'ayons rien de mutilé, d'imparfait mi de corruptible; car nous restuseiterooi avec une intégrité el une incorruptibilité entières... Puisque nous confessons que le même qui ■ pu f.iirc que ce qui n'était pas fût, peut le ressusciter iprés la mon. El parce que nous regardons cette vérité eoaninc claire et évidente, nous en lurons les fouets, Il mort et les persécutions. ■
Tous les Pères grées et latins ne bc contentent pas d'enseignée que ii résurrection aura lieu, ils montrent encore qu'elle est trèsp asible, parce que Dieu e>t tout-puissant, parce qu'il <cr;iit absurde de prétendre que celui qui ;i créé toutes choses de rien ne pourra les reconstituer quand elles auront été détruites, et enfin parce que Dieu détruit chaque jour, dans la nature et sous nos veux, pour reproduire ensuite.
9s ni Jean Damascène, dans ton ouvrage de la foi orthodoxe, liv. ;. c. 28, expose nin<i cette vérité : « <»r, nous croyons encore la résurrection des morts. Bile aura lieu assurément; <>ni, di>-je, elle aura lieu Is résurrection des morts. Mii< en parlant dé la résurrection, nous entendons-la résurrection des corps; caris résurrection n'est nuire ehose qu'une seconde naissance on production de <t qui est tombé. Car enfin comment les âmes, puisqu'elles sont immortelles, ressusciteront-elles .' M.ns puisqu'on définit li mort une séparation de l'àme d'avec le corps, Un aucun doute que la résurrection ne soit une seconde union de l'ème ci du corps, et une seconde naissance d'un être tombé en
tolution. D'où il suit que ce même corps, qui est mon et <li>sous, retournera enfin à la vie pour ne plus mourir. Car il n pas tellement faible, celui qui l*;i tiré de la poussière la première qu'il ne puisse le rappeler à Is vie de nouveau, après que, selon la sentence de l'< luvrier, il a été dissous et qu'il est retourné i ii terre, d'où il avait été tiré. Car - il n'y s pas de résurrection, mangeons et buvons, et menons une vie toute de plaisirs ei de délices. S'il n \ s pas de résurrection, il n'\ a pas de Dieu ni de Providence; mais non se fait au hasard. En effet, non- voyons un imbre d'hommes Justes, souffrant la pauvretéei llnjua lice, et ne trouvant dans cette vie ni consolation ni soulagement, tandis que des pécheurs et des Bcélérats ntde riches»
le toutes sortes de plaisirs. Or, quel est l'homme sensé qui pense 1 1 de la • le la prudence, de la Justice I II > aura
donc une résurrection. Car, puisque Dieu est Juste, il accordera une récompense ;■ tous eeus qui l'attendent svee patience. SI lime seule avait combattu dana l'arène de II vertu, seule aussi elle
i -i elle l'était vautrée seule dans 1 1 boue des
voluptés, seule aussi elle serait justement punie : mais, puisque les hommes n'ont pas eu deux substances séparées, que lame n'a pas pratiqué la vertu ni le vice sans le corps, il est juste que l'un et l'autre soient récompensés ou punis ensemble. De plus, l'Ecriture divine atteste la résurrection des corps... Mais dira quelqu'un : Comment peut-il se faire que les morts revivent? ô infidélité insigne! ô étonnante folie ! Celui qui par sa seule volonté a changé la poussière en un corps, qui a fait croître dans le sein de la femme une petite portion de matière, et l'a ornée de tous les membres du corps, celui-là ne ressuscitera pas, lorsqu'il voudra, ce qu'il avait fait et qui est tombé? Homme insensé, si ton endurcissement est tel qu'il ne te permette pas d'ajouter foi à la parole de Dieu, crois au moins à ses œuvres. »
Saint Thomas prouve la même vérité avec sa précision ordinaire. « Le don de Jésus-Christ est plus grand que le péché d'Adam, dit-il, comme il parait par le chap. IV de l'Epiire aux Romains. Or, la mort a été introduite par le péché ; car si le péché n'eût pas eu lieu, la mort n'aurait pas été ; donc, par le don de Jésus-Christ, l'homme sera réparé de la mort à la vie.
» Les membres doivent être conformes au chef ; or, notre chef vit et il vivra éternellement en corps et en àme ; car Jésus-Christ, ressuscité des morts, ne meurt plus, comme on le voit, Epit. aux Romains, VI. Donc tous les hommes, qui sont ses membres, vivront en corps et en àme ; et ainsi il faut qu'ait lieu la résurrection de la chair (1). »
Ceci nous fait comprendre ce raisonnement de saint Paul : Jésus- Christ est ressuscité ; donc nous ressusciterons aussi ; parce que la grâce nous unit à Jésus -Christ aussi véritablement, aussi réellement que les muscles unissent les membres au corps, et le corps à la tête : la résurrection de la tète emporte donc la résurrection des membres.
Si nous ne ressuscitions pas, nous serions les plus malheureux des hommes, dit l'apôtre. Ce qui suppose que l'àme ne peut être récompensée seule : il y aurait en effet injustice, puisque l'homme, qui se compose d'un corps et d'une àme, doit être récompensé. Le corps d'ailleurs est l'instrument de toutes sortes de bonnes œuvres ; c'est par lui qu'on pleure ses péchés, qu'on pratique la virginité, les œuvres de la pénitence, le jeûne, l'aumône, les veilles, et les autres austérités ; qu'on souffre tous les genres de tourment, et même le martyre.
(î) Sopplem., q. 75, a. 1.
PREMÎKRE l'Ait III
De plus, .niriin être n'ai absolument heureux, s'il est privé d'une p.irt ir> de lui-même ; or, le corps est une partie de l'homme, <i le i onheor <!«• l'autre mi* doit eue complet
.- — ii» t » t Paul ajoute que la résurreclioa doit nvoir lieu, parée que tout ressuscite i! ">s la nature. Rien m bc perd dan le monde, la pHH petite graine tombe, mi peu de poussière la recouvre et la conserve, <i le soleil do printemps la fait germer, la fait eroitre
rrandir. Tout renaît, tout reprend la vie. c'est comme un nou- \c;ui monde. M;«i- b! m qui est au dernior degré dans la nature naolte chaque annt e, peut-on croire que ce qui est au premier périsse pour loujoun
De plus, loua les étrei montent dani la crèufioai ; c'est une osion continuelle ; la plante se nourrit des minéraux, les élève el les surnaturalise en quelque manière. Les plantes, à leur tour, en devenant la nourriture des animaux, s'élèvent encore aui> d'elles-mêmes ; et l'homme enfin, pour qui toute cette nature inférieure b été faite, la transforme en lui-même. Le corps de l'homme seul fera-t-il exception à cette loi universelle ? Et puisqu'il reste toujours le même tant qu'il est nor la terre, il faut donc qu'il subisse une transformation dans une autre vie. Il se nourrit d'un alîmeni surnaturel, de Dieu même ; il faut donc qu'il soit transformé en Dieu ou déifié. Nos cimetières sont donc le champ de Dieu, dans lequel il trace lui-même de larges ridons par les main- des fossoyeurs, pour y déposer les corps des fidèles comme aul mt de grains précieux, qui resteront enfouis cl pourriront pendant l'hiver du siècle présent : mais quand se lèvera le soleil du e futur, ils germeront, ils grandiront, ils seront transformés ei deviendront comme les astres tout resplendissants de lumière, et brilleront dans le- perpétuelles éternités, (.eue boue que nous foulons aux pieds, lorsqu'on \ b déposé une petite sernena change, aux premiers jours du printemps, en une fleur belle et magnifique, uni surpasse^ par l'éclat et la vivacité de ses couleurs, la richesse ci la splendeur de la pourpre royale : ainsi ce corps deniurt.ee cadavre, celte boue, b! vous voulez, dans laquelle a . l'Eucharistie, ce germe d'immortalité, le commencement de la substance divine, cette semence de Dieu, 1 1 transformé en une fleur vivante et parlante, pour
-ruer la maivui et le icuiple de Dieu.
LA RÉSURRECTION DES CORPS PROUVÉE PAR BOSSUET. SOLUTION DE QUELQUES DIFFICULTÉS.
« Je l'ai déjà dit, Messieurs, mais il faut le dire encore une fois, que, durant le temps de corruption, Dieu commence déjà dans nos corps l'ouvrage de leur bienheureuse immortalisé. Oui, pendant que ce corps mortel est accablé de langueurs et d'infirmités, Dieu y jette intérieurement les principes d'une consistance immuable ; pendant qu'il vieillit, Dieu le renouvelle ; pendant qu'il est tous les jours exposé en proie aux maladies les plus dangereuses et à une mort très-certaine, Dieu travaille par son Esprit- Saint à sa résurrection glorieuse. De quelle sorte s'accomplit un si grand mystère ? Saint Augustin, qui l'a appris du divin apôtre, vous l'aura bientôt expliqué par une excellente doctrine.
» Mortels, apprenez votre gloire : terre et cendre, écoutez attentivement les divines opérations qui se commencent en vous. II faut donc savoir, avant toutes choses, que le Saint-Esprit habite en nos âmes, et qu'il y préside par la charité qu'il y répand. Comment cette divine opération s'étend-elle sur le corps ? Ecoutez un mot de saint Augustin et vous l'entendrez : « Celui-là, dit le saint évéque, possède le tout qui tient la partie dominante : totum possidut, qui principale ten-t (1). Or en nous, poursuit ce grand homme, il est aisé de connaître que c'est l'àme qui tient la première place, et que c'est à elle qu'appartient l'empire. » De ces deux principes si clairs, si indubitables, saint Augustin tire aussitôt cette conséquence facile : « Dieu tenant celte partie principale, c'est-à-dire l'àme et l'esprit, par le moyen du meilleur, il se met en possession de la nature inférieure ; » par le moyen du prince, il s'acquiert aussi le sujet; et domine sur l'âme, qui est
I) S,»rm. ttil, d. G.
Il iirnlrt ISS r. il étend II iniuii Wf \t CorpS, PaSSUJCUil ;i son
ilunnni', et s'en met en possession. C'est ainsi que notre corps est renouvelé par la grâce du christianisme. Il change de maître reuscmeni, cl passe en de meilleurs mains : pur la nature, il était a l'Ame, par la corruption, il servait au vice, p;»r la graci el la religion, il es( a Mes. »
. il se fati comme on Bach! mariage entre notre esprit et l'Esprit de I'mmi ; ce qui fait que « celui qui s'attache au ditln Esprit, devient un même esprit avec Dieu (1). » Et comme on voit, "in Tertullien, dans les mariages que la femme rend son
époux maître d - biens, et lui en eède Pusage : ainsi renie en
s'unissant à l'Esprit de Dieu, et se soumettant i\ lui comme a ion époux, lui transporte aussi tout son bien comme éiani le chel et le maître de cette communauté bienheureuse. « La chair In suit, dit l <i iiili.cn. comme une partie de sa doi : et, au lieu qu'elle « util seulement servante de rame, elle devient servante de l'Esprit H'" Pieu. » 5 quitur animant nuèenlem Spirilui mro, ut dotale mtmeipium ; cl jam non anima; famula, sed Spifitût (-) ? Kn effet, ne voyes»-vons pas que le corps du chrétien change de nature, et qu'an lien d'être simplement l'Organe dé l'âmë, il dèi l'instrument Adèle de toutes les saintes volontés que Dieu nous Inspire ! Qu'est ee qui don rie l'anrndne, si ce n*esl la main i Qu'est-ce qui confesse ses pochés, si ce n'est la bouehe ? Q i*< (|ni les plèvre, si oe ri*ës( les yeux ' Qu'est-ce qui brûle du ïéfe de Dieu, si ce n'est le bceUr ! En un mot, dit le saint apôtre, • tous nu- membres sont consacres a Dieu, et doivent être ses hosties vivantes 5 • Qui lie voit donc que le Saint-Esprit se met en
m de nos corps, puisqu'ils sont les instruments ai grâce, les temples ad il se repose en sa majesté, ci enfin les I Sei vivantes de sa souveraine grandeur '
. Hais poussons encore plus loin oe raisonnement, et lirons la conséquence de ces beaux principes. SI Dieu, remplissant nos aines, - est mis en possession de nos corps, donc la mort, m aucune violence, ni l'effort de la corruption, ne peut plus les lui enlever, roi o'o lard Dieu rentrera! dans saa bien, et retirera mn domaine. 1 1 Fils de Dieu a prononcé que ■ nul ne peut rien ravit des rnaéM de mn Pèru. Mon Père, dit il, est plus grand que tonte
l.i n:ti i u i- . • .Vr»»o p'ttrxt repère dt m mu /'alris met. Et, en effet,
mains étant si puissantes, nulle force ne les peut vaincre ni leur faire lécher prise* Mnsi, Meu ayant mià sut nos eorpi a
t 17. — (1)1 UêÊ 'i ; > . i:. ■
main souveraine, s'en étant saisi par son Esprit-Saint, que l'Ecriture appelle son doigt, et en étant déjà en possession; ô chair, j'ai eu raison de le dire, qu'en quelque endroit de l'univers que la corruption te jette et te cache, tu demeures toujours sous la main Dieu. lit loi, terre, mère tout ensemble et sépulcre commun de tous les mortels, en quelques sombres retraites que lu aies englouti, dispersé, recelé nos corps, tu les rendras tout entiers ; et, plutôt, le ciel et la terre seront renversés, qu'un seul de nos cheveux périsse; parce que Dieu en étant le maître, nulle force ne peut l'empêcher d'achever en eux son ouvrage.
» Ne douiez pas, chrétiens, « que si l'Esprit immortel, qui a ressuscité le Seigneur Jésus, habite en vous, cet Esprit, qui a ressuscité Jésus-Christ, vivifiera aussi vos corps mortels, à cause de son esprit qui habite en vous (1). » Car cet Esprit tout-puissant, infiniment délecté de ce qu'il a fait en Jésus-Christ, agit toujours en conformité de ses divines opérations ; et, pourvu qu'on le laisse agir, il achèvera son ouvrage. Nulle puissance du monde ne peut empêcher son action, et. nous seuls pouvons lui être un obstacle, parce que les dons de Dieu demandent, ou une fidèle coopération, ou du moins une acceptation volontaire. Laissons-nous donc gouverner à l'Esprit de Dieu, laissons-lui dompter nos corps mortels. Si nous voulons qu'il déploie sur eux toute sa vertu, laissons-lui les assujettir à sa divine opération. Détachons-nous de nos corps pour nous attacher fortement à l'Esprit de Dieu. Car, que faisonsttous, chrétiens, lorsque nous flattons notre corps, que faisonsnous autre chose que d'accroître la proie de la mort, lui enrichir son butin, lui engraisser sa victime ? Pourquoi m'es-tu donné, ô corps mortel ! et quel traitement te ferai-je ? Si je t'affaiblis, je m'épuise ; si je te traite doucement, je ne puis éviter ta force qui me porte à terre, ou qui m'y relient. Que ferai-je donc avec toi, et de quel nom fappellerai-je, fardeau accablant, soutien nécessaire, ennemi flatteur, ami dangereux, avec lequel je ne puis avoir ni guerre ni paix, parce qu'à ebaque moment il faut s'accorder, et à ebaque moment il faut rompre ? O inconcevable union, et aliénation non moins étonnante! Puis-je me détacher de ce corps? Puis-je aussi m'y atlacher avec tant de force, et contracter avec ce mortel une amitié immortelle ? « Malheureux homme que je suis ! Hélas ! qui me délivrera de ce corps de mort (2) ? »
» C'est le commun sujet du gémissements de tous les véritables enfants de Dieu. Tous déplorent leur servitude, tous ressentent
: Rdtn., 7, li. — (2) Nom., 7, 'Ai.
1HKMII ni PARTIE.
douli ur <|nr t ce fardeau du corps opprime l'esprit, » Corpus
innfiihir. <;//r >v<it 0911 '• W I . lui ÔtC Sa liberté \<ri-
lable >urquoi le grand Baint Ambroise nous ens<
vcment que noire esprit n'étant dans le corps qu'eu passant, nous M devons pas lui permettre de s'attacher à cette nature blable ; mais que noua devons tous les jours rompre nos I afin que l'esprit, se renfermant en lui même, conserve sa nohl
Deux liens, ceux de la nalure el ceux de l'affection, pour le prem : a Dieu à rompre ; pour l'autre, mous
a prévenir. «Je meurs lous les jours, ■ dil l'apôtre: QuotMiê
Parla première union, l'aine esi en prison et en vitude, le corps la domine et s'enrendle maitre. Secovwu joug, lirons-nous de pelle indigne dépendance ; il i une
autre union par laquelle l'âme dominera. Etud jour, dil saint Ambroise, à mourir, afin que notre àme, par celle
iration, apprenne a, se retirer des - cor|
les inclinations terrestres ne | l'atteindre <i s'y coller : et q l'elle éprouve ainsi une mon. afin, de ne point encourir I de mort 5). « <
. dans la fonction qui est donnée à notre àme <1 animer il de mouvoir les organes corporels, le même saint Amb
se plonger pas tout à-fait it de ne se mêler
eux : mais plutôt q le no i I ne main
rc comme un instrument de musique.
» Un homme de bien n'a rien h perdre à la dernière heure lificaiion lui rend '? mort familière. ! e détachement du | outume du corps. Il a, dep is fort longtemps, ou dét
as les plus délicats qui nous 5 attachent, Une
loue pas <le quitter a >n corps : il sait q '"il ne le perd
pas. Il a appris de l'apôtre qu'il a un double voj tire :
, pendant q habitons ce corps, nous
du Seigneur... Nous aimons mici x sortir
■ corps pour aller habiter avec !
n ma m nés dans le corps, nous \ 1 de
; -, cl, quand non- sommes avec Dieu, no loin
: l'autre n'est q l'un n et a m une entière
po - : | le corps pour al
, » is allons a D eu dajis l'espérance de retour,!
dans cette cli iir, no
NEUVIEME ENTRETIEN. 7:j
devons pas nous y attacher comme si nous y devions demeurer toujours ; et, lorsqu'il faut en sortir, nous ne devons pas nous affliger comme si nous n'y devions jamais retourner. Par là, étant délivrés des soins inquiets de la vie et des appréhensions de la mort, lorsque notre dernière heure approche, nous nous endormons en paix et en espérance. Car que crains-tu, âme chrétienne, dans les approches de la mort? Crains-tu de perdre ton corps? Mais que ta foi ne chancelle pas ; pourvu que tu te soumettes à l'Esprit de Dieu, cet Esprit tout-puissant te le rendra meilleur, saura bien te le conserver pour l'éternité? Peut-être qu'en voyant tomber ta maison, tu appréhendes d'être sans retraite; mais écoute le divin apôtre : « Nous savons, dit-il aux Corinthiens, nous ne sommes pas induits à le croire par des conjectures douieuses, mais nous le savons très-assurément et avec une entière certitude, que si cette maison de terre et de boue, dans laquelle nous habitons, est détruite, nous avons une autre maison qui n'est pas bâtie de main d'homme, laquelle nous est préparée au ciel (1). » O conduite miséricordieuse de Celui qui pourvoit à tous nos besoins ! « Il a dessein, dit excellemment saint Jean Chrysoslôme, de réparer la maison qu'il nous a donnée; pendant qu'il la détruit et qu'il la renverse pour la rebâtir toute neuve, il est nécessaire que nous délogions (2). » Car, que ferions-nous dans ce tumulte et dans cette poudre? Et lui-même nous offre son palais, il nous y donne un appartement pour nous faire attendre en repos l'entière réparation de notre ancien édifice. Ne craignons donc rien ; songeons seulement à bien vivre ; car tout est en sûreté pour le chrétien (3). »
Nous concluons donc que la résurrection sera générale ; que tous ressusciteront, sains, entiers, incorruptibles , que la diversité des sexes subsistera; que tous les défauts de la nature étant corrigés, tous ressusciteront avec un corps parfait, et conséquemment îM'e celui qu'on a, ou qu'on peut avoir à l'âge mûr.
Saint Thomas se propose plusieurs difficultés louchant la résurrection, qu'il résout l'une après l'autre. Nous ne ferons que le iraduire.
Il parait que la résurrection ne doit pas être générale; car i° il est dit dans le Psaume I : L<s impies ne ressvscil<ront pas au jugement ; or, la résurrection n'aura lieu qu'au temps du jugement universel; donc les impies ne ressusciteront d'aucune manière.
(1) II. Cor , Y». — (2) Jlvm. in dict. aposlol. de Jormicnlibus. — (5) Bossuet. Sermon sur la Rhurrect. dern.