‹ De l'ordre surnaturel et divinChapitre 16 sur 49 · U PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

U PREMIERE PARTIE

pourvu qu'on le put r<;r;tr.i« r fixement, sans être ébloui ni oftapéf Je vous dirai uns ohose merveilleuse, et je la prouverai par rBcriture sainte. Le corps adorable de .b-u- esi mille fois, tin million rte fois el eut millions de fou plus éclatant que le i. iprès la résurrection, il y aura dans le ciel plus de cent Mille millions de eorps Baints, de prophètes, d'apôtres, de mari\r-. eTévéques, «I»1 religieux, de vierges et d'autres justes; le nombre i m grand que. comme «lit sainl Jean, personne ne

peut le coeapter, chacun de ces eorps glorieux sera aussi brillant que le soleil, c'est le Fils <b' Dieu qui !<• «lit : Tune fulgebuntjutfi sicut sol in régna Patn* eorut». Il parle de ce qui Be U ra après la rt-urn'i'iion, et par-conséquent il ne l'entend pas seulement de la gloire que les anges bienheureux onl déjà, mais <b' celle des eorps leatuscités. En ee temps, seini Paul nous apprend que, comme entre les étoiles, les unes s<mii plus brillantes que les autres, ainsi, entre les corps glorieeSt les uns auront plus de clarté qm autre-. Kl eonime le soleil est lui seul plu- éclatant que la lune et que mute- le- étoiles ensemble* ainsi il \ aura dan- le «ici un eorp- glorieux plus brillant et plu- étincelaol que. Les corps <li tous le- -aint- en-einble : sans doute que ee sera le corps adorable de Jésus. Aiu-i. quelle adorable splendeur, quelle i -ante beautés nue' cententeraeni et quelle félicité -cra-ee que de le \oir, particulièrement h nos yeux se trouvent fortifiés pour le remanier, sans .ire éblouis, eonuue ils le seront alors par leur irnpas-ibilile !

• L'agilité de ee corps pré* ieux n'est pas moindre que la clarté. ;; !.■ prouver, I'. Lejeune suppose que Jésus-Christ, quittant

la terre, moula au pjel empyrée, qui est élevé au-dessus île la terre de BQ millions de lieue-, et qu'il s'y transporta en inoins ib rien.)

• A eette grande vitesse 'le -un corps esi jointe une subtilité merveilleuse par laquelle il pénétra dans le- cieux, et il peut pas* i a iraivers toute sorte d'étendue corporelle, quelque ép i

et in.i--iv<- qu'elle soit. Outra le témoignage de saint Paul qui dit. au lieu sus-aliégué, que le corps glorieux est spirituel, c'est-à-dire avantagé de- qualité! de i esprit : mu peut aisément le pei suader a n»ut esprit laut ioil peu raisonnable qui reçoit les principe ii foi. l.n effet, h le corps de Jésus-Christ n'était doue de cette grande vitesse el subtilité donl nous parlons, l'Ame aurait sujet d< epentir de l'avoir pris, car il lui servirait d'obstacle et d'ema quand l'Ame voudrait venir promptemenl du cld sur la terre, el i ntrer dans la chambre fermée de quelqu'un de ses fa-

ONZIEME ENTRETIEN. m

voris pour converser avec lui, comme il arrive quelquefois, le corps la retarderait par sa pesanteur, et l'empêcherait d'entrer par sa solidité et son impénétrabilité.

» Enfin, ce corps adorable est doué d'une telle impassibilité et d'une telle immortalité, qu'il ne l'a pas seulement pour lui, mais pour la communiquer à tous ceux qu'il lui plait, et cela si aisément qu'il n'a qu'à dire une parole pourresssusciter tous les morts; car il est dit en saint Jean : L'heure viendra en laquelle tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fis de Dieu ; et ceux qui auront bien fait ressusciteront pour vivre éternellement ; ceux qui auront mal fait ressusciteront pour être condamnés.

» Ces quatre excellentes qualités conviennent au corps du Fils de Dieu, en tant que corps glorieux ; mais en tant que corps déifié, en tant que corps subsistant en la divinité, il a bien une autre gloire, il est en la gloire de son Père, gloire suréminente, gloire surcéleste, gloire ineffable et gloire incompréhensible.

» Cette doctrine se rendra encore plus évidente, si nous contemplons la fin par laquelle il a été à propos que Jésus-Christ fût ressuscité. Nous la pouvons considérer ou en nous ou en lui : Dilectus meus mihi. Il est en nous en tous les états de sa vie ; tous ses mystères nous sont rapportés, il s'est incarné pour nous, il a vécu pour nous, il est mort et ressuscité pour nous, j'oserai même bien dire, puisque de très-puissantes raisons le persuadent, que si Dieu ne se fût incarné, il n'y eût point eu de corps de Dieu dans le ciel, et les hommes n'eussent pas été parfaitement bienheureux, puisque la félicité de l'homme consistant en la vue et jouissance de Dieu, qui est l'unique objet de sa béatitude, rien autre que lui ne peut le contenter : Saliabor cum apparuerit gloria tua (Psal. 16, 13.). L'homme n'est pas l'àme seulement, c'est tout le composé; c'est le corps et l'àme tout ensemble ; il faut donc, pour le rendre parfaitement heureux, que la vue du corps soit contentée ; rien de fini ne la peut rassasier : Non saturalur oculus visu (Ecoles., 1, 8.). Il faut donc que sa vue corporelle même ait pour objet une beauté infinie, un corps déifié, et le corps d'un Dieu pour objet. Si mortui non resurgunt, inanis est spes nostra, dit saint Paul ; s'il n'y a point de résurrection, nous sommes déchus de notre espérance. Comment est-ce que cela s'entend, puisque, quand nous ne ressusciterions pas, notre âme ne laisserait pas de voir Dieu et de jouir de lui ; c'est que nous aspirons à une félicité parfaite, et que notre béatitude ne serait pas parfaite et accomplie, si nous ne voyions l'Homme-Dieu des yeux du corps, et si l'on ne nous pouvait dire : Beali oculi qui vident quœ vos videtis.

> Il Emu donc que le cerps du Seigneur soil avant eje* dune gloire el d'une beauté incompréhensibles, afin que la vue corporelle d( - b euheureus •') paisse arrêter i vas dé&oùl une éternité iniii ••mit -iv, y noiiN.int tanjsjufi de nouvelles perfections i contempler et ii admirer. El puis, Dieu récompense toujours ses élus

aii-(l<l.i de leurs ■évites Puisqu'il est ai libéral envers i< k

autre-, il oe ITeal pas noins entiers son propre Fils. Puisqu'il nenmpenseiles autre* autdelà de ce qu'il leur doit, il récémpense fila pour le moins leloa ses mérites; or, ses mérites setfl infinis ; la gloire donc qui est aa récompense doit être imment infinie. G'esl son corps qui reçoii cène gloire après sa résunreei tion, ear s<>n ame sainte a été bienheureuse 'ir> le commence* inent de sa \ ie : son corps s'esl disposé à cette gloire, il l'a mé faux, pur ses humiliations el par ses souffrances (I). » LEvaDgélisse ditsme iésui a la droite «lu Pére^idTesi-

ù-dire qu'il sel souverain comme I»- Père, tout-puissani comme le et infini comme le Père, égal, eoeseetitiei el coéterael nu !; oui, mais Jésus, en lanl qu'homme, n'est pas consubs nel ni coéternel à son Père, il es4 de même nature s, el néanmoins il est I la droite du Père, non-seulement en tanl Dieu, mais .en tant qu'homme. Car c'esl la sainte humanité ajaaj est dans la gloire du Père ei assise sur son trône, et non** me ni quant à l'àme, mais encore quant au corps. Saint ! : en paroles irès-olaii i rteepta •

cessu iUèma glorim tûeàttlur in throno cujus nnlurœ faits (Seras.*, l, d>- âMCenmonè) ; et un peu après : Ut non i. \d ttienttà tencalur iltam naturam in /' consrtimr tlirono quœjnr ■ pulcro. Vous 'liriez que I:i ll.i-

ture humains de Jésus sel >ur h- trorte de Di eu el i ii droite sli Père, parce qu'étant comme entée et insérée en l'être de Dieu, dans l.i substance da Verbej SI ne Faisant qu'un suppôl personne) avec lui, elle cal servie al rérér< o par les puissances el les prin-

romnie Du u. Vous dites vrai : mais cela n'é| peseta difficulté* car celte Bainte humanité est unie au lubsistanie par m»h liypoNti-e, dès le premier instant «le

M m .iniii.nn>. i proprement p. trier, ce n'< st que depuis

>ur de l'Ascension qu'elle est élevét luire <lu Péri

- i .I oiie ! Ktfliso le du .m canon de la Messe : Commu-

mlet n diem Sacratiuimum célébrantes, tfuo Dommus nostrr

>i'tiifiin fiai fragiiitatu nottrm suaslanfiesji, in

>Tm. \* li Rrsurrtrtion <ln ÏA» \r DiM.

gloriâ titœ dexterœ collocavit. Comment donc répondre à ces difficultés ?

» Pour les éclaircir, il faut se souvenir qu'au mystère de l'Incarnation, le Fils de Dieu, communiquant sa propre substance à l'humanité sainte, devait la rendre en même temps participante de toutes ses perfections et de tous les attributs dont une nature créée est capable et susceptible. Et, en effet, saint Paul nous enseigne (I. Cor., 15, 55.) qu'une âme bienheureuse reprenant son corps, et se réunissant à lui en la résurrection, lui communiquera toutes ses perfections; elle est agile, impassible, immortelle et lumineuse ; et elle le rendra léger, impassible, immortel et resplendissant ; il sera même spirituel, parce qu'elle est spirituelle, encore qu'il ne laisse pas d'être corps en son genre, en son espèce et en sa substance individuelle.

» Car comme, dans un mariage parfait, la femme n'épouse pas seulement la personne de son mari, mais sa noblesse, ses prérogatives et ses titres d'honneur ; s'il est comte, duc ou prince, elle est comtesse, duchesse ou princesse, mulieres coruscanl radiis maritorum ; l'impératrice jouit des privilèges de l'empereur. Ainsi, quand l'esprit de l'homme se réunira à sa chair, il lui communiquera toutes ses propriétés, et on dira en cet hyménée ce qu'on disait au mariage du premier homme : Donnons-lui un parti qui, lui étant semblable, lui soit en aide et non pas à charge: Faciamus et adjulorium simile sibi, et non pas omis. Le mariage du Verbe divin avec la sainte humanité, est beaucoup plus étroit et indissoluble, que le mariage de l'àme bienheureuse avec son corps ; ainsi le Verbe remplit cette humanité sainte, il la possède, il Yaclue et il la vivifie plus noblement, plus efficacement et plus absolument ; il la pénètre plus intimement que l'àme ne fait le corps ; il lui doit donc communiquer toutes ses propriétés. Une âme végétante pénétrant le tronc d'un petit arbrisseau, le fait vivre dune vie de plante ; une âme sensitive animant le corps d'un agneau, le fuit vivre d'une vie animale; une âme intellectuelle animant le corps d'un homme, le fait vivre d'une vie raisonnable ; et le Verbe divin actuant l'humanité sainte, ne la fera pas vivre d'une vie divine? Ne lui doit-il pas communiquer ses propriétés et ses attributs, puisqu'il est uni à elle plus étroitement, plus intimement et plus noblement qu'aucune âme n'est à son corps, ni aucune forme à sa matière ?

» Cependant le Verbe divin, pour l'économie de notre salut et pour l'accomplissement de l'œuvre de notre rédemption, suspendit dans l'Incarnation la communication d'une bonne partie

de -,>- perfections : il arrêts pour un temps le flux ei le cours de ittributs, qui devaient rouler en son à me et «mi son corps

de bonté et pour l'amour de nous, il opposa une »ii c : nié <i .1 l'amour qu'il avait DOUT Son humanité, m SC

retenant de répandre en elle plusieurs perfections divines qui lui r i r dues 1 'immortalité, l'impassibilité et la souveraineté soit des propriétés divine*? mais <i Jésus eût été immortel, comment i-il mori pour nous? S'il eùl été impassible, comment aurait- Il enduré pour nous? S'il eûi été indépendant et souverain, comment nous eût-Il donné un exemple d'obéissance, en se soumettant sainte Mère ' Mais, au jour de r tseensfort; le Verbe divin leva la digue, et lit une entière effusion et profusion de lui-même, de tout mdeurs, eicettenees et perfections dont son huma-

nité est capable.

• G'esl ce qu'il demandait à son Père h veille de sa mort, dans la dernière cène, quand il disait : Mon Père, jrlorifier-mni en von* de h gloire mie fsrvah eii vous avant tous les siècles. Sur quoi, >niut Cyrille d'Alexandrie dît : Le Sauveur demande d'être glorifié, non d'oUë gloire accidentelle, mais dé sa gloire propre et naturelle : et un pou plu» bas : La gloire qu'il a toujours eue. en tant que Pieu, il h demande maintenant en tant qu'homme. I

ut Paul vent hotlS apprendre, quand il dit que

toute la plénitude de h Dlvîrilté habite en lui corporellèmenl (P; en lui. c'est-à-dire en son humanité, dit le même salnl Cyrille.

« Pe«on< tonte- les parole- de l'anôtrc ; il dit que la Divinité ha-

bfte dan- la sainte humanité de Jésus, et non pas seulement la Divinité, mais la plénitude delà Divinité ; et non pas seulement

la plûViitude, uni- tOUte la plénitude de la Divinité, ou. <elr>n le

. de h Deité : et qu'elle v habite corpdrellement, e'est-b-dire comme 'Mi son propre corps, corporHlement, e*esi comme s'il tii- ut : Elle v habité selon mutes ses dimensions, selon toute

retendue et l'actualité de -es perfections.

• Or. -il était permis de faire quelque distinction mentale entre rttriblMS divin-, qui saint une même chose ltv--siniple. et \

iinaitie quelque priorité, non de durée on de nature, mais d'ordre, -•■ion notre faible et imparfaite façon de concevoir, nous

dirions que la dernière perfection que le Père Communique à SCKI

i en la m ration éternelle, c'est fa fécondité ou la puissance

de pi ivee lui, en nulle de principe, la personne adorable

Bspril ; CET, en h gi de noire petit raisonne-

ment, nous concevons que le Fils peut produire le Saint-Esprit, et, pour lui communiquer les attributs divins, il les doit avoir ; nous concevons donc qu'il les a reçus du Père avant que de les donner au Saint-Esprit et que de produire cette troisième personne très-adorable. C'est donc celte fécondité et cette, puissance de produire et d'envoyer le Saint-Esprit, que le Verbe divin a communiquée à son humanité sainte, autant qu'elle en était capable ; de produire, dis-je, le Saint-Esprit dans le cœur des fidèles, et de l'envoyer à son Eglise, et il lui a communiqué cette fécondité toute la dernière, parce que c'est la dernière perfection qu'il a reçue de son Père, selon notre basse et faible façon de concevoir, ainsi que nous l'avons dit. Et c'est en ce sens qu'il disait à ses apôtres: Nisi abicro, Paracletus non véniel ad vos. C'est ce que son bien-aimé disciple enseignait en disant : (Jonn, 7, 39. ) : Nondiim erat Spiritus datus, qiua nondùm erat Jésus glorificalus ; c'est ce que l'Eglise chante en la Pentecôte : Ascen dens super omnes cœlos, sedensque ad dexUram tuant, promissum Spirilum Sanctum, in Filios adoptionis effudit ; comme si l'un et l'autre voulaient dire : Jésus envoie le Saint-Esprit, mais c'est quand il est glorifié, quand il est au sein et dans la gloire de son Père, quand toute la plénitude de la divinité habite en lui, quand son humanité a reçu du Verbe la fécondité et les perfections divines, selon toute l'actualité dont elle était susceptible ; et c'est ce qui doit nous réjouir en ce jour ; c'est ce qui rend ce mystère cher et prégieux à Jésus, à la Vierge et à toute l'Eglise. » C'est aujourd'hui proprement que Jésus Homme-Dieu s'est assis à la droite du Tout-Puissant, c'est aujourd'hui qu'il a été reçu au trône de Dieu et qu'il est entré dans la gloire du Père. Il est assis, c'est-à-dire qu'il n'est plus sujet aux travaux, tributaire aux fatigues, assujetti aux misères et aux infirmités humaines. Il est à la droite du Tout-Puissant, c'est-à-dire qu'il a l'intendance et l'administration du ciel et de la terre, des hommes et des anges, du spirituel et du temporel. Quel honneur, quel bonheur pour nous de savoir et d'être assurés qu'un homme, de même que nous, gouverne à présent toutes les créatures, qu'il a un pouvoir souverain, absolu et indépendant de faire tout ce qui lui plaît ! C'est lui qui distribue les charges, les offices et les bénéfices, les partis avantageux et les bons succès à qui bon lui semble ; c'est lui qui convertit les pécheurs, qui pardonne les péchés et qui sanctifie les fidèles ; c'est lui qui donne les grâces gratuites, les grâces prévenantes et la grâce sanctifiante, les dons du Saint-Esprit, les vertus infuses et tous les trésors spirituels qui peuvent enrichir

10 i PREMIERE PARTIE.

une ame ; c'est lui qui envoie les apôtres, <i ni choisit les prélats

et qui fortifie les martyrs, lui qui anime les prédicateurs, qui

purifie Ii ilifie les prédestina el qui condamne

prouvés ; c'esl lui. enfin, qui a les clefs delà vie et de la

. du paradis et île l'ail, r.

» Il esi ;m trône de Dieu, c'est-à-dire qu'il est entré dans la

réelle, dana l'actuelle el l'éternelle jouissance de son empire et

dans l'exercice de sa souveraineté. Il est en I;» gloire du Père,

a-dire qu'il a été reçu en la pleine, entière et parfaite pos-

•n de toutes les grandeurs de Dieu, qui sont convenables à

les mérii qualité d Homme-Dijen.

» Ce mysjlère était encore avantageux à la sainte Vierge, car le sentimeni <\v l'Eglise ci la piété des fidèles tient pour indubitable qu'elle est au ciel en corps el en âme. Si Jésus lïn demeuré parmi nous sur la terre, jusqu'à la consommation fa$ siècles, .MarieYùt été privée pendant tout ce temps-là dune partie de sa f. licite, t-à-dire de la vue du corps adorable de son Fils, qui tel Le plus beau, le plus i gréable, le plus charmant el le plus ravissant de tous les corps, comme nous l'avons vu ci-dessus. Il disait donc ù lion droit ;'i la Vj rpe id vqbM ul njn vaiam. H nous él lit

aussi expédient à nous-mêmes, par il s'en \.i el ne >'en va p.is ; il ULnous quitte el ne imih quitte pas ; il se sépare de nous et demeure toujours parmi nous : il demeure non seulement parmi

non-, plais avec non-, mai- au milieu de nous. >i .le>us ne fui p i-

moplé au ciel» U " ^'t pas institué l'Eucharistie ; car il ne l'a instiiufe que pour suppléer au manquement de -a présence visible ; s'il fut demeuré parmi nous, il ne fui pas çnlré au -dedans du) non-, et. quand bien il aurait institué le Saint-Sacrement, il ne

DOUS i "t pas donné une. chair entièrement glorieuse, un corps doue de l.nit de gloire el de pei 'ferlions diutiCs que le Sien ; MiilS

ni maintenant au trône, il csl parfaitement glorieux quand il nous joint a lui el qu'il nous fait pari de sa gloi ce qu'il disait a son Père en insinuant l'I uebaristie, selon lc\pli-

m de sainl Cyrille d' Ucvmdrie : Çlarilalem quant tudtdùSi tu i,i. ,i, .ii tin. Je leur donne ru ce sacrement un»' participation «le

kâre que vous m'ave? donnée et que vous me donnent? eu me

ni I • I. Iiiiui.uiile de Jésus I lirUl i -I ilom toule rcnqdie de l.i 1 >i \ i-

nité, et, par i elle - mite humanité, elle va, dans une merveilltMM i.sion d amour, remplir et I .une et le corps dos fidèles, qui

I i . I '.fii.

deviennent ainsi participants tout entiers de la nature divine, divinœ consortes naturœ, dit le chef des apôtres.

Résumons. Il est de foi catholique que les bienheureux dans le ciel voient clairement et face à face Dieu un et trine, c'est-à-dire que, sans autre milieu que l'essence même divine, ils contemplent cette essence et les trois personnes divines, et ainsi toutes les perfections de Dieu.

Il est certain qu'ils voient aussi en Dieu toutes les lois, tous les secrets du monde physique, rationnel et surnaturel, et tous les événements qui les concernent spécialement. Mais ils ne connaissent pas tout ce que Dieu fait ou peut faire.

II est de foi catholique que le bienheureux, pour voir Dieu, a besoin d'un moyen surnaturel, ou d'un clément divin.

Il est de foi catholique que tous ressusciteront au dernier jour, avec les mêmes corps qu'il auront eus en cette vie.

Il est de foi divine que les corps glorieux auront les quatre qualités dont parle saint Paul. Mais toutes les explications, que les Docteurs mêmes de l'Eglise en donnent, n'ont pas cette certitude. Il en est même qui ne sont que plus ou moins probables.

Nous remarquerons en passant que, de même que la vision, la possession et la jouissance de Dieu, correspondent aux vertus théologales, la Foi, l'Espérance et la Charité, ainsi les quatre qualités des corps correspondent aux quatre vertus cardinales, en sont la perfection et la récompense. Celui qui. souffre pour la justice , devient comme insensible aux injures, et il mérite d'être exempt de toute peine, ou impassible. L'homme tempérant préfère les jouissance de l'àme à celles de la matière, il se spiritualise de plus en plus, jusqu'à ce qu'il le soit au plus haut degré. L'homme courageux est prompt et agile pour pratiquer toutes sortes de bonnes œuvres ; et l'homme prudent, qui ne se guide que par la lumière divine, en sera comme inondé dans le ciel. Quel ordre magnifique ! quelle divine harmonie !

Telle est donc la fin surnaturelle de l'homme ; son àme et son corps doivent devenir tellement participants de la nature divine, qu'ils en seront pénétrés et seront consommés en un. L'àme verra Dieu comme Dieu se voit, elle connaîtra Dieu comme Dieu se connaît, elle aimera Dieu comme Dieu s'aime, elle jouira de Dieu comme Dieu jouit de lui-même. Le corps sera immortel, impassible, agile, lumineux, parce que les perfections divines viendront se refléter en lui. Qui pourra jamais bien comprendre un tel bonheur? L'esprit de l'homme, même aidé de la grâce, loin de pouvoir s'élever plus haut, est comme écrasé et anéanti par cette

pensée, et il se demande souvent si Dieu peut fiiro qu'en effet un être créé Jouisse du bonheur qui lui est propre, qu'il devienne fort de -i puissance, riche de sa fortune, >;i\;mt de sa science, immortel de son immortalité, etc. Hais Dieu lui-même nous en adonné des preuves telles que, vouloir en douter, serait une extrême folie et le plus grand des crimes.

« Pourquoi donc pauvre homme, s'écrie ^nint Augustin, erret-

vous de tous côtés, cherchant des biens pour votre âme et pour

limez nu seul bien qui contient ions les autres, ei

tufDl : désirez ce bien simple, qui est mot bien, et c'est as

qu'aimes-tu, mon eOrps?que désires -tu, mon âme ? La est

mm ce que m simes, la est tout ce que m désires. Si la beauté te

fait plaisir, les justes resplendiront comme le soleil : -i ragilité ou la force, ou lu liberté du corps qui ne rencontre aucun obstacle, les bienheureux seront semblables aux anges «le Diett...

» Si une vie longue et une santé perpétuelle te plaît, là une s, m,,, éternité et une éternelle santé, puisque les justes vivront éternellement, et que leur salut vient du Seigneur. Si c'est le plaisir, ils seronl rassasiés, lorsqu'apparailra 1m gloire du Seigneur. Si c'est l'ivresse, ils seront enivrés de l'abondance de la maison

de Dieu. Si c'est In mélodie, lii les anucs chanteront >ans lin les louanges de Dieu. Si c'est une volupté pure et non immonde, là igneur les abreuvera du torrent de sa volupté. Si c'est la se même de Dieu se montrera a eux. devenue leur propre M e est l'amitié, ils aimeront Dieu plus

(pi eux mêmes, s'aimeront les uns les autres comme soi-même,

cl Dieu les aimera plus <pi euv-iuéines ne s'aimeront : parce

qu'eux l'aimeront et s'aimeront par lui. et que lui s'aime el les aime par lui-même. Si c'esi la concorde, tous n'auront qu'une volonté, parce qu'aucun n aura d ajujre volonté que la souveraine

Volonté de hicil.

• Si e est le pouvoir, ils seront lout-puissants de leur propre volonté, comme Dieu l'esl de la sienne: car, connue Pieu pour: qu'il voudra par lui-même, ainsi ils pourront eux-mêmes ce qu'ils voudront par im : parce que de même qu'ils ne voudront que ce qu'il voudra, ainsi il voudra tout ce qu'il voudront, et ce qu'ils voudront ne pourra ne pas éln i l'honneur et les riche:

i constitui boni el Qdèlei serviteurs sur beaucoup de

biens : de plus, ils seronl appelés les enfants de Dieu el dieux, et ils seront les héritiers de Dieu cl li itiers de Jésus-Christ,

est une s,-, unie certaine, ils seronl aussi certains qui

imais défaut, qu ils seront certains qu'ils

ne le perdront jamais par leur propre volonté, et qu un Dieu si aimant ne l'enlèvera jamais malgré eux à ceux qui l'aiment ; qu'il n'y a rien de plus puissant que Dieu, et qui puisse les séparer de Dieu. Mais quelle joie, quelle grande joie, là où est un si grand bien (1) !

» Je vous prie, mon Dieu, de m'accorder de vous connaître, de vous aimer, de jouir de vous. Et si je ne le puis parfaitement dans cette vie, que du moins je fasse des progrès, de jour en jour, jusqu'à ce que vienne cette perfection. Qu'ici donc s'augmente en moi votre connaissance, afin que là elle soit complète ; qu'ici votre amour croisse en moi, afin que là il soit parfait ; qu'ici ma joie en vous soit grande, afin que là elle soit pleine. Dieu de vérité, que je reçoive ce que vous avez promis, afin que mon bonheur soit entier. Qu'en attendant, mon esprit médite ce bonheur, que ma langue le parle, que mon cœur l'aime, que ma bouche en murmure, que mon àme en ait faim, que ma chair en ait soif, que toute ma substance le désire, jusqu'à ce que j'entre dans la joie de mon Seigneur, où je demeurerai pendant tous les siècles (2). » Amen.

' Si Ang., Mon., c. 34. — (2) Ihid., c. 56.

ni i niiMMi SURNATUREL ET DIVIN, ÉBAUCH1 M i; i t terre.

DE L'ÉTAT ÏMUMI1 II Dl L'HOMME.

Adam a Fordre surnaturel et divin. — /'

MtSSiBGftS,

I t lin surnaturelle de l'homme est une vraie et réelle participation ;i la vie divine, une déification qui s'étend -m- l'hoaÉme

imit entier, bot bod corps el but boo a liais la cloire est la

consommation * i « ■ la grâce, el l.i grâce le commencement ou uche «If l.i gloire. Quand donc la grâce esi répandue dans rame «!•• l'homme ici bas, c'eal la déification de l'homme eeoa* Eieneée sur la terre; question grave at importante, qui va d oi i uprr.

Nous la considérons dans deux états diffère m< : avant l«- pe< né ou dans l'état primitif, et après le péché ou dans l'étal de nature déchue.

In étal est un certain mode d'être, dit saint. Thomaa, osai renferme quelque chose de fixe el de permanent. C'eal pourquoi on m Hit pes l'étal des riehea, parce que les richeates É'ont rien ii»if .

i . lu peut être quelque chose d'ordonné, el quelque choaa da rdonné ; on dit l'étal de grâce, et l'état de péché, l'état des ihenreui, el rélai des réprouve I éiai d'innocence on da justice originelle est celui ou ttema voulu accorder h l'homme tous les dons de l'ordre naturel, et toutes lei | ives de l'ordre lurnaturel, savoir: i.» gi

sanctifiante, l'immortalité, l'exemption des peines de cette vie et un empire souverain sur lui-même.

L'état de nature entière serait celui dans lequel se fût trouvé Adam, si Dieu ne l'eût élevé à l'ordre divin. Dans cet état, l'homme est laissé avec sa nature, il n'a qu'une fin naturelle, et il trouve en lui assez de force pour atteindre cette fin.

L'état de pure nature serait celui où l'homme, laissé dans l'ordre naturel, serait soumis à toutes les misères de celte vie, à la concupiscence et à la mort, et n'aurait pas en lui assez de force pour atteindre sa fin ; il lui faudrait un secours de la part de Dieu, mais un secours naturel.

L'état de nature tomhée est celui dans lequel nous naissons actuellement.

L'état de nature tomhée et réparée est celui dans lequel Jésus- Christ nous a reconstitués par la rédemption.

L'état de nature tombée non réparée eût été celui où se fussent trouvés les hommes, si la rédemption n'eût pas eu lieu.

Ces notions sur les différents états, dans lesquels l'homme s'est trouvé ou a pu se trouver, méritent une attention spéciale, si l'on veut se garder de toute erreur touchant le dogme de la grâce.

Beaucoup d'hérétiques ont prétendu qu'Adam n'avait pas été constitué dans un ordre surnaturel et divin, mais seulement dans l'ordre naturel, entre autres les protestants, les baïanisics, les jansénistes et les quesnellistes.

Plusieurs chrétiens, qui n'ont pas des idées assez nettes sur ces graves questions, se sont imaginé pareillement qu'Adam, ayant reçu de très-grands dons, mais purement naturels, au moment de sa création, et les ayant perdus en grande partie pour lui et pour nous, la grâce ne nous était donnée que pour la restauration de la nature primitive. Nous pouvons citer comme exemple un ouvrage très-recommandable d'ailleurs, approuvé par Monseigneur l'archevêque de Bordeaux, et qui a pour titre : Eludes philosophiques aur le Christianisme.

Voici comment l'auteur s'exprime sur ce point : « La grâce de Dieu par Jésus-Christ est le renversement de cet état (de concupiscence) et le retour de la vie primitive. Aussi parait-elle surnaturelle, et elle I est en effet, mais par rapport à la nature corrompue seulement. Car, par rapport à la nature primitive, elle est naturelle, puisqu'elle est celle nalure même réintégrée en nous ([). » Si la grâce n'est que la restauration de la nature, il

(\> Cliap. XV.

t „ Dl I \II.MK PARTIS.

»*< i.Miii qu'Adam i été p -nli meut établi dans l'ordre naturel. \| , g , .i |e principe fondamental des erreurs de Luther, «ie H.iiu-, deJanséniua eid&Quesnel sur la grâce, et condaroni souvent par l'Eglise* Ce n'esl pas le sans «imii.- la pensée de Hauteur : il a ut» voulu iluf que, par la grâce, nous sommes rétablis dans l'étal primitif, et rien n'est plus Mai. Mais il aura coniu le sens du mat ci>tt avec celui de nature. Etablissons le dogme catholique.

i oaCfaCaiON. — i Atim. sinon au moment de sa création, du utntiK ni-iint xn chut', q été eonstitué dans C état de justice et de I*i4, e'esi-4-d ire dans l'ordre surnaturel et divin. Cette conclusion esl de foi catholique,

Les Pérès du second Concile d'( ►range, assemblé en 829, parient ainsi au canon !'•> : « La nature humaine, quand même elle serait g dans cette intégrité dans laquelle elle a été créée, n< iii nullement conservée sans le secours de son créateur. Ainsi, puisque l'homme ne peut, sans la grâce de Dieu, garder le salut qu'il a i' '.h. comment, sans la grâce de Dieu, pourra-t-h* W - 1 i i c qu'il ;i perdu 1 »

Les Pères du Concile supposent évidemment que le premier homme, ayant la même Qn que celle que nous avons aujourd'hui, tvait besoin, pour l'atteindre, des mêmes moyens que ceui qui H donnés, c'est-à-dire de la grâce; car ils concluent de iee nous esl d'auiant plus nécessaire, que déjà elle ['détail à Adam lui- même ayanji >,,u péchjè. I.r saint Concile de I renie, session, V*j ''-1M> son décret touchant ,ncl, h. l, définit ainsi celte vérité: « Si quelqu'un ru- confesse pas que le premier homme, Adam, en transgressant i pdemenl «le pieu dans le paradis, perdit aussitôt i.i sainteté ei la justice dans, lesquelles •' avail été établi, et qu'il . i ■ u • . par rriir prévarication, la colère ei l'indignation de Di.'H, .' .-u conséquence '•' mort dont Dieu l'avait menacé aupa- ,1. et avec la mort la captivité sous la puissance de celui qui ensuite l'empire de la mort, c'est-à-dire du diable, et que, offenb€ de prévarication, tout Vdani •> été changé et dans son corps et dans son àme ; qu'il soit anathèmi • or, par ces mots sa,ir»l</4, (e Concile cnieud une

iistice •■' m m' sainteté qui rendent l'homme digne de n<>h et de i Dieu, qui l'unissent parfaitement ■> Dieu, di que.

• il les eût conservées jusqu'à la Un de Bon i preuve il eùi obtenu nheur que Dieu réserve à tous les élus. En effet, dans la h \ l'. le même Concile expliquant, dans le chapitre \ II. les

causes de la justification, déclare que la justice, dont Dieu revêt le fidèle, l'unit parfaitement à Jésus-Christ, et que, s'il y persévère jusqu'à la mort, il sera sauvé. Il se fonde sur ces paroles de saint Paul aux Ephésiens, chapitre IV : « Renouvelez-vous par l'Esprit de votre âme, et revêtez l'homme nouveau, qui a été eréé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité. » Or, l'apôtre parle d'une sainteté et d'une justice qui conduisent l'homme au ciel.

De plus, le Concile dit que, par sa prévarication, Adam a perdu le privilège de l'immortalité ; et l'Eglise a condamné la proposition 9oe de Baïus, ainsi conçue : « L'immortalité du premier homme n'était pas un bienfait de la grâce, mais sa condition naturelle. » L'immortalité n'était donc pas la condition naturelle de l'homme, mais un bienfait de la grâce ; donc Dieu l'avait établi, avant son péché, dans l'état de grâce, ou dans l'ordre surnaturel et divin.

En effet, Dieu avait dit à Adam que, quelque jour qu'il touchât à l'arbre de la science du bien et du mal, il mourrait de mort; et, parce qu'il ne fut point fidèle à ce commandement, le châtiment suivit de près la faute (1). C'est pourquoi saint Paul nous enseigne que c'est par un seul homme que le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort (-2).

Mais il est un auteur sacré, qui nous dépeint, beaucoup mieux que tous les autres, les dons que Dieu accorda au premier homme lors de sa création. « Dieu a créé l'homme de la terre, dit-il, et il l'a fait à son image. Il l'a fait rentrer ensuite dans la terre, et il l'a revêtu de force selon la nature. Il lui a marqué le temps et le nombre de ses jours, et il lui a donné pouvoir sur tout ce qui est sur la terre. 11 l'a fait craindre de toute chair, et il lui a donné l'empire sur les bêtes et sur les oiseaux. Il lui a créé de sa substance un aide semblable à lui : il leur a donné le discernement, une langue, des yeux, des oreilles, et un cœur pour penser ; et il les a remplis de la lumière et de l'intelligence. Il a créé en eux la science de l'esprit; il a rempli leur cœur de sens; et il leur a fait voir les biens et les maux. Il a posé son œilsur leur cœur, pour leur faire voir la grandeur de ses œuvres, afin qu'ils relevassent par leurs louanges la sainteté de son nom ; qu'ils le glorifiassent dans ses merveilles, et qu'ils publiassent la magnificence de ses ouvrages.

» Il a ajouté la discipline et les a rendus héritiers de la loi de vie. Il a fait avec eux un testament éternel, et il leur a montré sa

fi Gènes., 2. — (2) Rom., K, \2.

Ml Ml Ml. PARTIE.

jusi jugements. Il» oui vu de l< m- yeui le- grandeurs < l «.

la gloire, «m il les a hortdrés jusqu'il leur faire entendre -a voix. n, leur a-t-il dit, 'le fuir toute sotte d'iniquité 1 . • . que peuveni signifier cette doctrine surajoutée, eette loi de vie dont on ïesrend héritiers, ce testament éternel qu'on établit avec eux, ces grandeurs do la gloire divine qui leursoni monti S'ils ne sont établis que dan- |\>rdre naturel, et que tous ces ] soient des apanages de leur condition, à quoi lion un titre d'héritage, un testament éternel, puisqu'ils avaient droit à tous avant r lour propre nature? Enfin, Dieu leur montn

gloire ou les merveilles de sa gloire, non plus les merveille- de mai- do -a propre gloire. Or, la propre gloire di Dion constitue essentiellement l'ordre surnaturel.

< Ce que non- avons perdu dans Adam, dit saint Trém à-dire d'être selon Pimage etïa ressemblance de Keu, no«y l'avons recouvré dans Jésus-Christ 2 . » Or, Jésus-Christ nous a établis dans l'ordre surnaturel : donc Adam était constitué dai même ordre et pour lui et pour nous.

« Dieu, dit saint Athanase, cet ouvrier du monde, a l'ait, pat son Verbe, le getirti humain à son image, lui accordant l'intelligence et la eonftaissanée de son éternité, atin que, pendant qu'il

regarderait celte ressemblance de la nature, il ne i mais

d'avoir Dieu présent à sa pensée et à son imagination, il ne déchût point de la société de- saints, mais que, conservant

de son hienfaileur, ei la loree propre lirée <le la NiSOfl du 1

il fnt dan< la joie, s'entretînt familièrement n\ ee Dieu, et menât

une vie innocente et heureuse, c'est-à-dire immortelle. \'.w\ n'étant reienii par aueun obstacle qui put retarder la eotmai- Dieu, il considère toujours, par -;i pureté, l'image du P< re, Dieu le Verbe, sur le modèle duquel il a été créé hiinmême, et soi prit est étonné en contemptatri sa providence dans les eh 'élevant att-dessus de tontes le- choses sehslbh de ton'.- les imaginations corporelles, il est transport perspicacité 1 1 les forces de son esprit aux choses divines et intelligible? qui sont dans le ciel, id conforme. Cartorsque l'ame hnmaint tfcs\ ; us mêlée aux commerces d l qu'elfe n'éprouve point d'attrall pour les choses du del s qu'eMe

r-t nmle :'i ellc-ini'me, eoimue elIC

u es sensibles et humaines, elle

les eieuv, et, contemplant le VerbCj elle voit aussi en lui l<

Père du Verbe, et ce spectacle la remplit de joie, et ce désir renouvelle sa jeunesse. Ainsi donc, le premier homme, Adam, d'après le témoignage de la sainte Ecriture, eut, dès le commencement, un esprit de confiance plus libre et plus familière envers Dieu, et conversa avec les saints dans cette contemplation qu'il eut dans ce lieu, que Moïse a nommé par figure le paradis. L'ouvrier du monde a voulu que le genre humain créé demeurât dans cet état, mais ils méprisèrent les choses meilleures, et recherchèrent celles qui étaient plus proches, les choses corporelles (1). • Ce grand Docteur suppose assez clairement qu'Adam avait reçu de Dieu la grâce sanctifiante, puisqu'il conversait familièrement avec lui et avec les saints, et qu'il contemplait même l'auguste et adorable Trinité.

« Quoi donc, s'écrie saint Augustin, Adam n'a pas eu la grâce de Dieu ? Bien plus, il a eu une grande grâce, une grâce distinguée, celui que Dieu a laissé dans son libre arbitre, il n'a pas voulu qu'il fût sans sa grâce (2).

» C'était assurément une grande grâce de Dieu, ajoute-t-il ailleurs, que d'avoir un corps terrestre et animal sans éprouver les passions de la bête. Celui donc qui, revêtu de la grâce, ne trouvait pas en son propre corps de quoi le faire rougir, sentit, quand il fut dépouillé, ce qu'il devait couvrir (o).

» Le premier homme, dit saint Léon-le-Grand, reçut de la terre la substance de sa chair, et son Créateur, en soufflant sur lui, l'anima d'un esprit raisonnable, afin que, vivant à l'image et à la ressemblance de son auteur, il conservât dans la splendeur de l'imitation, comme dans l'éclat d'un miroir, la forme du Dieu de la bonté et de la justice. S'il avait cultivé cette magnifique dignité de sa nature, en observant constamment la loi qui lui avait été donnée, un esprit incorruptible aurait conduit à la gloire céleste la qualité même de son corps terrestre (4). »

Saint Prosper d'Aquitaine : «Paisible, aucune sollicitude chagrine ne l'inquiétait (Adam) ; désœuvré, un travail difficile ne le fatiguait point; le sommeil ne l'abattait pas malgré lui; sûr de l'immortalité, la crainte de perdre la vie ne le tourmentait point. Il avait une nourriture facile, un corps sain dans tous ses membres, un mouvement tranquille, un cœur pur, ignorant la peine qui châtie, citoyen du paradis, exempt de péché, capable de posséder Dieu (lj). »

(1) S. Ath., Orat. cont. idola. — (2) De corrupt. et grat., cil.— (3) Lib. 4. Cont. Julianum, cap. 16. — (4) Serm. i, de Nativ. Domini, c. 2. — (5) De vita cunlcmplaliva, lib. 2, c. 18.

110 DF.I \ll M! PARTIE.

Etre revélu de ! se trouver en rapport direci avec Dieu.

être disposé pour arriver à la gloire céleste ou être capable di

!»■ • — • d< : i ' i m, rapax D< i, n'est ce pas ''in- constitué dans l'orire lurnaton

Dien fit ("homme ri son imngr -\ h sa rrs<: mhlatirr, c'est-à-dirç

que l'homme, considéré il. m- l'ordre naturel, porte en lui-même l'image de Dieu, caf il est un en nature, et trine dans ses facultés» et que. considéré dans l'ordre surnaturel, par la grâce il devient ifMiMfi ;i Dieu, il esl juste, il est saint, il est bon, il esi pieux, comme Hicu esl juste, saint, bon, pieux, lnen que dam une mesure différente. En péométrie, deux Qgures inégales peuvenl Heu\ figures semblables. Telle esl l'explication que donnent de paroles de la I îenèse plusieurs Baints Pères, entre autres, saint Basile, saint Jérôme, saint Ghrysostome, saint Augustin et saint Bernard

• \iu-i. dans le paradis, rtaomme vivait comme il v< niait, tant s qu'il voulu! ce que Dieu avait coromatidé. Il vivait jouissant dt » Dieu qui le rendait bon de sa propre bonté. Il vivait étranger a » toarlc privation, et maitre de vivre ainsi toujours. La nourriture » venait pour lui au-devant de la faim* le breuvage prévenait sa f, et IVbre de Nie défendait a la vieillesse «le miner ses for- » ces immortelles. Ri< n de corrompu, soit hors de son corps, soit » dans -un eorps même, ne pouvait affliger ses sens. Au dedans, » point de maladies : ao dehors, point d accidents à craindre.

• Pour le eorps, santé parfaite; pour l'âme, tranquilité entière Di

• nn'nn' que, dans le paradis, jamais l'air n'était enflammé par las > étés, m glacé par les hivers, de même dans son paisible habitant,

• aucune fougue de eùpidilé ou de crainte ne heurtait la droiture

• de la volonté. Il n'était point pour lui de tristesse, point de i d-

■ nés Joies . son conti nterrient, toujours vrai; s'éternisait en Dieu, , fers lequ< I s\ lançait brûlante sa charité née d'un cœur pur.

. ,1'une ! (W laChe et d'une |fol qui n'était pas feinte.

■ i i société conjugale était alors une union Adèle, formée par le » plus chaste amour. Mors le corps et Pâme veillaient d'accord » ensemble, et la loi i - peine. Uors la lassitode

» n'aee.ild ail pal l'Oisiveté de I lidiuiue, cl llll sommeil lUNolon-

re ne venait jamail l'engourdir.* [De civ, Dei, lib. 14, cap.

hapre;» I-- traditions de tous les peuples, le premier âge du monde, onmi sous le nom de i Age d'or, était un temps de fclù ité supr.'inr \i. i un pi in temps éternel ; In i< cul

turc, lessrnissaii d'elle-même les fruits les plus beaux à voir et les

plus agréables au goût. Aucune passion ne tyrannisait les hommes ; ils vivaient toujours heureux, toujours paisibles, et leur vie innocente plaisait tellement aux dieux, que souvent ils descendaient de l'Olympe pour venir s'entxetenir et converser familièrement avec eux. Il n'y a pas un seul poète qui n'ait chanté ce bonheur des premiers habitants de la terre, et il n'est personne qui ne reconnaisse là l'état primitif dans lequel Adam a été établi avant son péché.

Les philosophes n'avaient pas une doctrine différente de celle des poètes. Platon enseignait non seulement que l'homme est fait à la ressemblance de Dieu, mais que la forme humaine est déî farine. Les autres ne font que développer le même dogme, et, pour exprimer l'union intime qui existait alors entre Dieu et les hommes, ils se servent même du mot déification. Aussi, quand saint Paul parait devant l'assemblée des sages d'Athènes, leur ditil : « C'est en Dieu que nous avons la vie, le mouvement et l'être; et comme quelques-uns de vos poètes ont dit : Nous sommes la race de Dieu même. Etant donc la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la Divinité soit semblable à de l'or, à de l'argent ou à de la pierre, dont l'art et l'industrie des hommes a fait des figures. » Or, être la race de quelqu'un , c'est vivre de sa vie ; donc, selon les poètes de la gentilité, dont saint Paul confirme les témoignages, les hommes étaient la race de Dieu, vivaient par conséquent de la vie de Dieu, étaient déiformes ou déifiés.

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