‹ De l'ordre surnaturel et divinChapitre 2 sur 49 · AVERTISSEMENT. VU · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. VU

catholique qu'on appelle la grâce, vous ne serez jamais bon chrétien, bon philosophe, sage législateur, savant historien, habile artiste, poète distingué.

Plus d'un lecteur ne manquera pas non plus de nous faire, dès le commencement, une foule de difficultés que le sujet lui offrira de lui-même. Nous le prions.de continuer son étude avec courage et patience. La suite et l'ensemble de l'exposition les feront disparaître, nous en avons la confiance. Le voyageur ne monte pas en ligne directe sur les plus hautes montagnes : ce n'est ordinairement qu'après avoir fait un long circuit qu'il atteint leur sommet. Mais arrivé sur ce point culminant, il oublie bientôt les fatigues d'une pénible ascension par le plaisir que procure la vue d'un horizon sans bornes. Il ne se lasse pas d'admirer tant de merveilles qu'il a sous les yeux : il y retourne volontiers pour jouir du même spectacle, et chaque fois il goûte un nouveau bonheur.

Ce n'est pas, néanmoins, que nous ayons la prétention d'avoir éclairci tout ce qu'il y a d'obscur ou de mystérieux dans un sujet aussi ardu : loin de là ; nous ne l'avons même abordé qu'avec crainle. La matière est aussi délicate qu'importante ; elle en a effrayé de plus habiles que nous. Le sentier dans lequel nous marchons est étroit : des deux côtés s'offrent des précipices béants, et le moindre faux pas peut nous faire tomber dans l'un ou dans l'autre. Serons-nous assez heureux pour les éviter ? Nous en demandons à Dieu la grâce, et nous désavouons d'avance tout ce qui aura pu nous échapper de faux et d'inexact. Nous sommes soumis d'esprit et de cœur au jugement de nos juges dans la foi et surtout du Siège apostolique. Notre gloire comme nos efforts constants

5SEMBNT.

seront de défendre et de propager, dans notre petite mesure, toutes les doctrines de l'Eglise catholique, apostolique-romaine. Peur De pas nous égarer, nous ne marchons qu'appuyés sur lea autorités les plus respectables, que nous citons tirs souvent.' Nous avons mieux aimé qu'on regardât notre travail comme une compilation, que de nous exposer, eu voulant donner quelque chose de neuf, à enseigner des erreurs.

I i si le 1er mai 1846, fête de saint Jacques et de saint Philippe, que nous m'ettdnS fa main i l'oeuvre; et nous prions ces deux apôtres de nous obtenir de Dieu un rayon de cette vive lumière qui les remplit dans le cénacle BU jour de la Pentecôte. Nous ne distinguons les objets matériels et la lumière elle-même, que par la lumière : faible image de la lumière incréée, de la Sagesse vivante et éternelle, qui nous montre le monde invisible avec toutes ses merveilles : In lufnine tuo videbimus lumen. Ce8l auàsi le premier jour du mois consacre à .Marie, à la Mère de la grâce divine qu'on n'invoque jamais en vain, et dont la puissante médiation opère chaque jour parmi nous (lr> prodiges de salut. Si elle daiime bénir nos faiefforts, cet ouvrage, (pic nous lui offrons, tout impartait qu'il est. et que nous voudrions lui présenter comme

une guirlande de fleura, fera germer quelque part, dans

anetern bien préparée, d'autres Heurs plus suaves, plus

m s de Dieu ci d'elle-même, les vertus chrétiennes (1).

I I '., MM r .:•- rei «mrapf i pullic siirrcti,- m.'mo matiorf, '/- f finir* *ur»„t> n. \rn\\r-A*n\ iosttVtflioag • Mre ■ /*.,<

'loin tui l'tlrdrr m- n, ,/. /'/lOfn,

. rhfi Girvd, p||

CE QUE C'EST QUE L'ORDRE NATUREL — L'ORDRE SURNATUREL LA RÉVÉLATION — LA LOI NATURELLE — LA LOI SURNATURELLE,

Messieurs,

« Généralement on n'estime point assez la grâce : généralement on n'en a point une idée assez grande. Ce que l'on enseigne communément sur ce sujet, se réduit à quelques principes fort secs, exposés dans un langage peu agréable et hérissé d'interminables objections. De tous les traités de théologie, celui qu'on enseigne avec moins de grâce et qu'on étudie avec moins d'attrait, est précisément celui où devrait se trouver le plus de l'un et de l'autre (1). »

Ces paroles nous paraissent d'une vérité frappante. Communément l'on ne voit dans la grâce qu'un secours donné à l'homme pour combattre ses passions et guérir la nature corrompue par le péché originel, qu'un mystère où les plus. clairvoyants ne comprennent rien, où au contraire tout semble se contredire. L'on se trompe étrangement. La grâce est l'âme de la vie chrétienne, la lumière et la force du fidèle : s'il n'en a pas une idée claire, il ignore ce qu'il est lui-même, sa haute dignité et ses destinées sublimes ; il ignore la rédemption de Jésus-Christ et son immense charité pour les hommes; il ignore les sacrements, l'Eglise, le

(1) De la Grâce et de la Nature, page I .

Il s.

i ici ; il ignora l'histoire du genre humain et le» desseins de I*

Provideno sur le monde. Si, au contraire, il la connaît bien, il

imiM transporté dans un nouveau monde, il «Mitre

3 les profondeurs de Pieu, il entrevoit Les secrets de s m cœur

• rations les plus intimes : et, embrassant d'un coup «l'œil

toutes les vérités de la religion «m tous les événements de L'histoire),

il découvre leur liaison, leurs causes et Leurs cons< ; et

e vue, m faible Qu'elle >;>n. suffit <lej.'i pour le remplir ici-bas

«l'une joie ineffable. Que sera-ce lorsqu'il \» connaîtra «laus sa

l'K'i i « 1 1 1 il Ki verra - ins nuage ei sans mystèt

Mais, pour bien comprendre se que c'est que la grâce, il importe ivant tout de distinguer nettement l'ordre naturel de l'ordre surnaturel. Nous allons essayer de le raire avec le plus de clarté et de précision « | n' 1 1 nous sera possible , «•( nous prions nos lecteurs oies la plus sérieuse attention.

Ire est l'ensemble des rapports qui existent «Mitre les être*. Il comprend toujours trois termes, la nature, les moyens, la lin. Quand et - trois termes formen,! une exacte proportion, «m qu'on peut «lire : La nature de l'être est aux moyens, comme les moyens sont s ii tin. il > a ordre : si La proportion n'existe pas, il y a il- sordr . d< gradation.

On distingue communément dans un être trois sortes de propriétés : les propriétés constitutives ou essentielles, sans lesquelles un être ne peut exister ni être conçu : les propriéu quentes qui découlent des premières, comme les conséquet • l'un principe : enfle tes propri sidentelles les-

quelles l'essence ou la pâture d'ttuétre peut exister. Les pre-

mières constituent L'essence d' Ure; les secondes noies aux

premières, sa neuve* Ainsi le corps et l'àme constituent essea* lielleineni l'homme, car itni cela il ne peut être conçu ni exister.

de l'union de l'àme et du corps découlent plusieurs 1 1 :u somme L'imagination, la mémoire, la parole, etc. Si L'homme manque de l'une d'elles, H > a un défaut de la nature. Enfin l'homme peut être ignorant ou savant, bon ou mauvais, riche oa mi le des prenrii i I tutelles.

I • |ue Dieu crée un être, il lui donne une nature, lui .. une Bn conforme i sa nature, et le pourvoit de moyens propor* lionni i à sa n uut i Un, Mais Dieu est libre d i

l'ii i point par nécessité, m ds par amour : s'il donne

-i un bienfait qu I . même pour le Née ci l inseele

i ni .i nos pieds el que nous écrasons. Mais du premier iu plus élevé, il > a une distance Lnco nmeo

surable. Qui oserait dire à Dieu : Vous créerez jusqu'à telle perfection : voilà la borne de votre toute-puissance ? Aussi, dans ce monde dont nous faisons partie, apercevons-nous des êtres de divers degrés et supérieurs les uns aux autres. La plante est plus noble que la pierre, et l'animal plus noble que la plante : 1 homme est plus parfait que l'animal, et l'ange plus parfait que l'homme. Mais est-ce là tout ? Dieu n'est-il pas libre de créer des milliers de mondes plus parfaits les uns que les autres, de sorte que l'être le plus infime de l'un sera supérieur par l'excellence de sa nature au plus élevé du monde qui viendra immédiatement après? Qui pourra compter tous les degrés de cette échelle, dont le pied touche au néant, elle sommet va se perdre dans l'immensité de la puissance infinie ?

Cependant, il faudra toujours, pour que l'ordre subsiste, qu'à chaque degré, la nature des êtres, leurs moyens, leur fin, soient en proportion. Si donc la nature est au degré vingt, cent, mille, la fin et les moyens devront être pareillement au degré vingt, cent, mille. Et bien que le degré cent soit surnaturel comparativement au degré vingt, et le degré mille comparativement au degré cent, ni l'un ni l'autre ne constituent néanmoins l'ordre surnaturel proprement dit. Qu'on élève tant quon voudra la nature de l'homme ou la nature de l'ange, tant que la vie de l'homme ou la vie de l'ange sera une vie humaine ou une vie angélique, et non pas une vie divine, ce ne sera pas encore l'ordre surnaturel proprement dit.

En effet, l'ordre surnaturel est quelque chose d'incréé et de divin. Celui qui y est élevé n'a plus seulement une vie humaine ou une vie angélique, mais une vie divine, il vit de la vie même de Dieu. Ce n'est plus lui qui vit, mais Jésus-Christ qui vit en lui. Sa fin est de voir Dieu face à face, lel qu'il est en lui-même. Or, voir Dieu face à face tel qu'il est en lui-même, c'est le voir comme il se voit, le connaître comme il se connaît ; c'est devenir participant d'un attribut qui n'appartient qu'à la nature divine, c'est être déifié, divinisé. De même que le feu pénètre le fer et lui communique ses propriétés, et qu'alors le fer, sans perdre ce qui le constitue, éclaire comme le feu, échauffe comme le feu, brûle comme le feu ; ainsi l'âme ornée de la grâce sanctifiante, sans rien perdre de sa nature, n'a plus seulement une vie humaine ou une vie angélique, mais une vie divine ; elle voit comme Dieu, elle aime comme Dieu, elle agit comme Dieu, mais non pas autant que Dieu. Il y a entre elle et Dieu non plus seulement une union d'amitié ou de volonté, mais une union réelle ou substan-

4 ri;l -

lieUe. Elle devient comme une même chose avec Dieu; la nature ne li pénètre loul entière et lui communique de ses perfec^ ependant l'eu n'es! poinl absorbe par celte Irarts-

formalion ; il retienl née, son individualité, sa person-

ne détruit point la nature, dil saint rhomas, mais elle la présuppose <t la perfectionne. Cette simple explication nous fait déjà voir que le dogme catholique sur la grâce diffère licitement du panthéisme.

Mais l'ordre surnaturel doit avoir aussi ces trois termes, ta nature <K* l'être, les moyens, la fin. Celle Un, avons-nous «lit, n'est autre qUe la vue de Dieu I h vision intuitive ; tin

tellement sublime, qu'elle surpasse toutes les forces de la nature non -. ulemenl existante, mais possible, puisque c'est la part'uipati perfections qui ne sauraient être naturelles qu'à Dieu.

Pour atteindre rein- Un, il faut donc t que l'homme soit mis en rapport avec «'Ht* ou élevé à la mértie hauteur, c'est-à-dire déifié par !.i grâce : il faut -2 ' que, placé sur et tic ligne, il agisse et la parcoure, -;l veut arriver à son tonne. Il a donc besoin die moyens proportionni - tture transformée parla grâce et à

-a tiu surnaturelle. Alors seulement il y a ordre, il y a proportion, et l'on peut «lire : La nature de l'homme déifiée par lu p aux vertus in. tnents, comme les vertus infus<

le- sacrements sont à la vision intuitive. L'ordre surnaturel eompr< nd donc toul ee qui tient à la justification, les sacrements, la e et lous !«•:< autres moj en- par lesquels l'homme peut obtenir afin la vision intuitive. !>'• là, cette pensée h claire profonde «lu docteur angélique : La grâce est le commencement Me la gloire : 1 1 la gloire, ajoute le catéchisme du ConciU <lr h. iic, est la grà< i oonsommée et perfectionnée*, qui fait donc le c i jsenllel de

pas qu'< seulement un don gratuit de la part de Dieu :

car lo il « •■• que nous avons, même dans I ordre naturel, comme

•rps, l'àme, l'intel . la liberté, non. l'avons r

Utilement de Dieu. Mais c'est qu'elle a pour tin de nous élever au i- de toute nature créée 1 1 créable ou possible, et de nous mettre en rapport avec la vision béatifique, ou, en d'autres tenu, s, rendre participants delà nature divine. Vérité impori' jamais oublier. SI je disais donc : \h ssieurs, pandu lur vous des faveurs toute- spéciales, • pus

vous nous faites part de vos conn i vous parlci avec tant

auditeurs restent comme suspen lus à vos \è\ i i tis i e don, quel qu'en soit le pi ix, est m u

lemenl un bienfait de la nature. Si j'ajoutais : Vous avez l'intelligence élevée, l'àme grande et généreuse, un courage qui sait surmonter tous les obstacles, et ces dons, que vous lenez de la libéralité de Dieu, vous les consacrez à son service : je ne vous flatterais pas. Cependant, ces grâces sont encore des dons naturels. Enfin, s'il se présentait devant nous un homme doué d'une force de corps extraordinaire ou d'une capacité intellectuelle qui surpasserait évidemment toutes les forces de notre nature, nous devrions encore dire, si nous voulions parler juste, que cet homme a un esprit surhumain, une force surhumaine, .et non un esprit surnaturel ou une force surnaturelle. Guérir instantanément et par une parole des maladies incurables, rendre l'ouïe aux sourds, la vue aux aveugles, la vie aux morts, est un pouvoir que Dieu seul peut communiquer et que nul ne tient de sa nature ; mais, parce qu'il peut être accordé à quelqu'un qui demeurerait dans l'ordre naturel, ce n'est encore qu'un pouvoir surhumain, et non un pouvoir surnaturel, bien que souvent on lui donne cette dernière qualification.

D'après ces notions, il est facile de distinguer les vérités de l'ordre naturel des vérités de l'ordre surnaturel. Tout ce que l'homme possède, en vertu de sa création, constitue sa nature. Mais l'homme est intelligent et libre : il est donc fait pour connaître et aimer la vérité, pour connaître et aimer Dieu, source du vrai, du bon et du beau. Connaître et aimer Dieu, sans la vision intuitive, mais de manière à satisfaire sa capacité naturelle de connaître et d'aimer, telle est donc la fin naturelle de l'homme. Mais puisque l'homme est libre, ce bonheur ne devait lui être accordé qu'à litre de récompense. 11 devait donc le mériter par la pratique de la vertu. De là les devoirs qu'il a à remplir envers Dieu, envers le prochain, et envers lui-même : devoirs qui découlent nécessairement de sa nature et de sa fin. Ainsi l'existence de Dieu comme auteur de la nature et ses attributs, la nature de l'homme, sa liberté et la spiritualité de l'àme, l'existence d'une autre vie où l'homme devait jouir d'un bonheur naturel, telles sont les principales vérités dogmatiques de l'ordre naturel ; les préceptes du décalogue, moins la partie positive du troisième commandement, en sont les vérités morales. Toutes ensembles sont la religion naturelle.

Mais quand nous considérons Dieu, non plus seulement comme l'auteur de la nature, mais comme l'auteur de la grâce, il est essentiellement l'être surnaturel, parce que c'est par sa propre essence, et non par un don qu'il reçoit d'autrui, qu'il se voit et

PR1 \iii.i. i \ :

•nn.iii ni qu'il est wi lui même. Les mires i 1res ne sont surntMreis que p;»r perUeipatien, parce que la-vertu de voir Dieu toi qu'il esi en luÉrméme m saurait venir de leur nature, quelque

ite qu'on la suppose^ il faut qu'ils la reçoivent de Dieu. iiani, looi . e qui roei directement «mi mdirectemeni l'homme en rapport

la vision béatiflque, appartient h l'ordre surnaturel: dune,

I, b -iiIkui- «l.s élus, l'Bajtise, l'Incarnation, les Sacn iota, les

vertus infuses, les don- du Saim -Esprit, 1001 des vérités • 1 1 1 même ordre; Hais parce que la grâce ne détruit pas la nature, qu'eHc la présuppose et la perfectionne, la plupart des vérités de l'ordre

nat ui « I ->'iil au — i des Véfitéfl de l'ordre surnaturel ri font p;i ri i»-

de h révélation proprement dite, par eiempie : la liberté, là lapritualiié, l'immortalité de lame ci ions lai eominandecnoerei Pieu.

I es sciences bunaaioes et les beau-arts, les mathématique», la physique, le droit, la médecine, l'architecture, la peinture, la sculpture, la poésie, etc.. sont de l'ordre naturel. Mais comme l'homme doit constamment tendre vers sa tin sumatun lie, il doit rvir dea seieneea et* des beaux-arts dans ce but. Mors il les aurnaturaliae : ce nui explique la différence bien tranchée qui i ûste entre l'art profane ou humain ci l'art chrétien.

M lis, pure que l'homme est constitué actuellement dans l'un et l'antre ordre, on ne saurait les séparer, bien qu'on puisse les distinguer. Gardons*nous néanrnoias de les confondre : car il résulterait de cette confusion une foule de difficultés mental es et d effroyables erreurs^ Ce serait à peu près comme si l'on confondait l àoae et le cerna, par la raison qu'ils sont unis dans le même être, et que souvent il est ianpossible de détermines1 les opérations qui appartiennent a l'un et a l'autre».

défaut si p/rave d'une distinction nette et pn entre

l'ordre naturel et l'ordre surnaturel, a jeté plus d'un chrétien et in> nie plus d'un ecclésiastique dans des erreurs déplorables, dont ils nui peine .1 te dènarrasn 1 .

Tantôt d- ment lordre u;iiurei, en argumentant ainsi : La 1 latiou « -1 la manifestation de l'ordre surnaturel; car l'ordre naturel se tonnait parles lumières naturelles delà raison. Or, toutes les véritéi eut été révélées primitivement: oar l'honuse D'ayant pu Inventer le langage, comme l'a invinciblement démontré l'auteur dais U$i$l «/<"* primant*, il •• fallu que Dieu lui donnât V

h ., ,i,- n vé* ; "ii aat de 1 ordre surnatui 1

i . ennaViiéi d , Dûment erroné, c'est I.» den-

nition inexacte que donnent de la loi naturelle quelques auteurs modernes. La loi naturelle, disent-ils, est celle qui est imprimée en nous, et que nous connaissons par les seules lumières de la raison. Or, l'homme est un être essentiellement enseigné : il ne sait que ce qu'il a d'abord appris, encore que plus tard il puisse par lui-même découvrir quelque nouvelle face de la vérité. C'est la parole ou le langage qui nous instruit de ce que nous devons croire et de ce que nous devons pratiquer. Appellerons-nous lois naturelles toutes celles que nous connaissons par l'enseignement?.11 n'y a donc plus de lois surnaturelles. De plus, l'homme, tel qu'il est aujourd'hui, ne saurait connaître, à cause des ténèbres que le péché a répandues dans son intelligence, toutes les vérités de l'ordre naturel : nous le démontrerons plus loin. Donc il y a des vérités et des lois de l'ordre naturel que l'homme ne peut connaître aujourd'hui par les seules lumières de la raison. Enfin, puisque l'homme vit continuellement sous l'influence de la grâce, et qu'il est impossible de prouver que quelqu'un n'a jamais reçu de secours de Dieu, il suit de là que personne ne pourra jamais déterminer ce que l'homme peut ou ne peut pas connaître par les seules lumières de la raison : ce qui serait néanmoins nécessaire pour savoir quand une loi est naturelle, puisque c'est celle qu'on connaît par les seules lumières de la raison.

Tantôt, au contraire, ces auteurs rejettent, sans s'en douter, l'ordre surnaturel : car ils prétendent que tout ce qui perfectionne est naturel. La loi du célibat, par exemple, n'est point une loi contre nature, mais une loi très-naturelle, puisqu'elle perfectionne l'homme et la société. Le Christianisme lui-même est quelque chose de très-naturel, puisqu'il renferme tout ce qui peut rendre la société, heureuse et parfaite.

Répétons-le donc : l'ordre surnaturel est une participation à la nature divine, à des perfections qui ne peuvent être naturelles qu'à Dieu ; c'est quelque chose d'incréé, d'absolu, d'infini, communiqué à l'homme : il est donc au-dessus de toute nature créée et possible. L'ordre naturel est tout ce que l'homme possède comme être contingent, en vertu de sa création, tout ce qui constitue proprement la nature de l'être, quelque parfait qu'il soit, ce qui en fait partie, qui découle de ses propriétés, ou qui est exigé, pour que l'être soit dans l'ordre : c'est essentiellement quelque chose de contingent, de créé, de fini.

Tout ce qui concourt à mettre l'homme en rapport avec la vision béatifique, soit comme cause, soit comme moyen, appartient à l'ordre surnaturel. Tout ce qui constitue la nature d'un

< Mil R l.\li;i ,

bu qui «'ii île. nul.', toul ce qui esl exigé par elle, appartient irdre naturel. Donc la loi naturelle peut se définir : La loi qui

ndi c sur la nature <lf> êtres, qui en découle nécessairement on qui est exigé par elle, ei que l'homme peut connaître par les

s lumières de sa raison, totalement <>u en partie, selon qu'il

iin ou détérioré.

I i révélation proprement « 1 î t « - esl la manifestation de l'ordre lumaturel. Mais parce* que de fait l >i«-u ■ révélé primitivement les vérités de l'ordre naturel et les vérités de l'ordre surnaturel, il suit 1 que toul ce qui esl surnaturel esl nécessairement ré> puisque c'est quelque chose qui esl au-dessus <!«• toute nature que tout ce qui b i té i év< lé n\ st pu pour

surnaturel, puisque Dieu fi révélé au père du genre humain les vérités des deui ordres.

li parce «pn- la grâce ne détruit pas la nature, mais qu'elle la présuppose el II perfectionne : que l'ordre surnaturel pc détruit p.i> l'ordre naturel, mais qu'il i<' présuppose et !<■ perfectionne ;

suite i que toul ce qui p< riectionne la nature de l'homme ou hi société n'esj pas pour cela naturel, puisque l ordre surnaturel, ajoutant des perfections divines a L'ordre naturel, ou rentliini l'homme participant de la nature divine, doit nécessairement le perfectionner : 9 que tout ce qui perfectionne la nature n'est pas non i>lu- par cela même surnaturel, puisque Dieu peut i di - êtres naturels indéfiniment supérieurs les uns aux au

• h. indre l'ordre surnaturel proprement dit

iiiiuc il ae s'agit encore que desiroples explications, i n'avons apporté aucune preuve ;i l'appui «I»' loutcs nos asserti s viendront en Leur temps. Seulement, nous avons voulu qu'on

bien i e qu'il faut entendre au Juste par ces mots qui reviennent si souvent dans !»• discours, »i qu'on emploie dans des

■ iits : uature, naturel, Lo\ naturelle ; <jr- na-

ture/, rit è ai

NOTIONS HISTORIQUES - DEUX CLASSES D'HÉRÉTIQUES — 1* LES NATURALISTES — 2" LES FATALISTES.

Messieurs,

La grâce, que Dieu nous donne pour nous élever jusqu'à lui, pour nous rendre participants de sa nature, est 1° un secours, un germe divin, qui nous est indispensable pour nous mettre en rapport ou nous ordonner à notre fin surnaturelle ; 2° un secours qui, loin de détruire notre nature, l'embellit et la divinise. D'où l'on voit comment toutes les erreurs sur la grâce viennent se résumer dans ces deux grandes négations : non, l'homme n'a pas besoin d'un tel secours pour obtenir la béatitude des saints : non, ce secours n'embellit pas la nature, car il détruit une de ses facultés essentielles, la liberté. Nous appellerons naturalistes ceux qui ont défendu la première erreur, parce qu'ils ont enseigné que la nature est capable par elle-même d'atteindre sa fin surnaturelle ; et f'tt'ilialas ceux qui ont soutenu la seconde, parce qu'ils prétendent que l'action divine opère tout dans l'homme.

Qui de nous ne s'est senti plus d'une fois vivement impressionné au récit de ces combats sanglants, où deux peuples décident avec leur épée, sur le champ de bataille, lequel des deux sera vainqueur ou vaincu? Certes, la vie ou la mort d'une nation est de nature à exciter toujours un puissant intérêt, et à émouvoir les sympathies. Il est néanmoins quelque chose de plus grave encore, ce sont les combats que soutient sans cesse l'Eglise pour conserver la vérité dans le monde. En effet, la civilisation ou le perfectionnement de la société et de l'humanité tout entière en dépend ; le progrès même matériel, la paix, l'ordre, la liberté, n'étant qu'une suitenécessaire du développementintellecluel. C'est l'âme qui anime

!>! i Ml \i: I :i S.

- et lui communique le mouvement, ce sont les sciences

qui font vivre les beaux-arts , l'intelligence qui dirige la volonté,

l.) volonté qui pousse le bras, aucune amélioration, quelle qu'elle

ii -c répandre que sur les ailes <li- doctrines reli-

Que le soleil s'éloigne il»- nous, la nature reste morte et

ju'il se rapproche, qu'il répande ses flots de lumière et

haleùr, elle est pleine d< l de vit*, elle produit des

des fruits en abondance. La vérité, c'est le soleil: plus

l'humanité -'«mi éloigne, phw elle devient chétive el misérable.

L'histoire des hérésies n'esl donc que le récit des combats que

jlise a livrés à l'erreur et des victoires qu'elle a remportées -nr

-i l'cxpos lusea qui nnt amené les guerres, lés

troubles, les perturbations sociales, les révolutions des empires.

Il n\ ;i peut-être pn< une seule calamité, qui n'ait -on principe ou

déviation delà vérité, dans le schisme ou llié-

- sous ce point de vue, les quelques notions que non- donnons en passant, méritent une atten-

parliculière. De graves philosophes, de profonds politiques, rtiizot entre autres, dons son ffit n en

leur ont toujours donné une large pari dans lei re i lo 1 e mé '■••■in doit étudier les maladies dans leur- effets et dans leurs <-il veut les guérir radicalement.

•it Epiphane compte quatre-vingts \\< ' cont-

int du monde jusqu'à son temps : soi:

depni-. -on avènement. Cependant, malgré les nts qu'il non- fournit, il serait assez difficile d'indiquer l'époque précise où ont commencé les naturalistes On voit u'avanl le déluge il s'était formé comme deux

- : l'une, qu'elle nomme les enfants de Dieu : et ju'elle appelle les enfants des homm i. \ dénomination

kppliqu( terniers ne prouverait-elle pas qu'ils croyaient

pouvoir se passer de Dieu, et être heureux -ans lui? Vprès le

nstruclion de la tour de Babel pourrait être en

le li mén tin. un peu avant l'ère chrétienne,

er parmi les Juifs la secte des Pharisiens, de

rbes, qui avalent toute confiance en eux mêmes,

utres 1 1 prétendaient arriver h la plu- haute

i.re- .eii\

n- pas de mentionner ceux qui, chex les Gen l m- le naturalisme. C'était une doctrine cdiri-

philosophie i '

Iples, Hor icc la chantait au sortir des festi

Fais de moi, Jupiter, un homme riche, heureux, C'est assez : par moi seul je serai vertueux. Sed salis est orare Jovem quœ donat et aufert : Det vitam, det opes; œquum mi animum parabo.

A la voix de saint Pierre et de saint Paul, prêchant l'Evangile à Rome, un grand nombre de Juifs et de Gentils se convertirent à la foi et formèrent une Eglise naissante. Mais bientôt l'esprit d'orgueil sema la division parmi eux, les Juifs se préférant aux Gentils, et ceux-ci aux Juifs. Les premiers se glorifiaient d'avoir été appelés au Christianisme, à cause de leur fidélité à garder la loi mosaïque, et les seconds attribuaient leur vocation à la foi chrétienne, aux bonnes œuvres qu'ils avaient pratiquées sous la loi de nature. Les uns et les autres tombaient dans le naturalisme. Aussi saint Paul s'efforce-t-il, dans la lettre qu'il leur adresse, de prouver que la justification a son principe en Dieu, qu'elle est purement gratuite, et qu'on ne saurait la mériter par ses bonnes œuvres.

Vers la fin du IVe siècle et au commencement du Ve, le naturalisme trouva un zélé défenseur dans Pelage, originaire de la Grande-Bretagne. Sous les apparences d'une vie régulière et mortifiée, ce moine vagabond, qui ne manquait ni d'esprit ni de connaissances et maniait assez bien la parole, cachait une vie d'épicurien. Etant allé à Rome, et ayant pris des leçons d'un philosophe nommé Rufin, il commença bientôt à débiter les erreurs que celui-ci lui enseignait. 11 soutint que le péché d'Adam et d'Eve n'avait été nuisible qu'à eux-mêmes; que les enfants ne naissent point souillés du péché originel, mais ornés de la grâce sanctifiante comme Adam avant son péché; que, s'ils mouraient avant d'avoir reçu le baptême, ils n'entraient pas à la vérité dans le royaume des cieux, puisqu'il est écrit qu'on ne saurait y entrer sans renaître de l'eau et de l'Esprit, mais qu'ils obtenaient néanmoins la vie éternelle ; que le libre arbitre est aussi sain, aussi fort, aussi parfait en nous, que dans Adam avant sa chute, et que, par ses seules forces, l'homme peut arriver à un degré de perfection si éminent, qu'il lui est possible de vivre sans péché , et sans éprouver les mouvements déréglés d'aucune passion.

Pressé par la vigoureuse argumentation des docteurs catholiques, de saint Augustin surtout, Pelage admit enfin la nécessité de la grâce pour faire le bien : mais ce n'était qu'une feinte de sa

iî DEl XIEMB ENTRETIEN.

part : car par grâce il entendait, tantôt la connaissance de la loi ou II promulgation de l'Evangile, laniôl l'heureuse influence que devait exercer sur les nommes la conduite de .1 sus-Christ, qui, par u mort, ut efface le péché originel, c'est-à-dire détruîl l'effet du m.. mple qu'Adam nous avait donné par sa dé-

sobéissance; d'autres fois» enfin, il entendait là nature humaine ••lit même ou le libre arbitre.

Julien, évéque d'Eclane, fui le pin- célèbre partisan de In doctrine de Pelage, Il était doué d'un esprit si pénétrant et -i subtil, que saint Augustin, malgré la supériorité de son génie et île sa semble parfois embarrassé pour démêler tout ce qu'il > l de faux dam S opiniâtreté dans l'hérésie le fll

déposer «I»1 L'épiscopat, et il aima mieux se faire maître d'école dans un hameau, que d'abjurer ses erreurs et revenir à la foi catholique,

La doctrine pélagienne fut condamnée par plu iints

Pontife-, dans le concile général d'Ephèse et dan trois

,le- particulii

Quoique le pélagianisme, remanié par Julien d'Eclane, eut

lu beaucoup de sa grossièreté, il faisait encore horreur aux

. Charmés des victoires que saint Augustin rempojr-

lait -m ... hérésie, il< applaudissaient aux triomphes de la

lisaient avec empressement les ouvrages «le son défen-

ficullés que renfermaient le- questions agitées

-m une matière aussi délicate et qui n'avait pas encore été n

autant d'étendue, leur causaient des embarras dont ils ni peine a se tirer. Quelques-uns crurent donc «pie saint . en défendant la grâce, anéantissait le libre arbitre qui occasionna de nouvelles disputes. Pour calmer les esprits et ramener la paix, quelques hommes modérés de l'époque imaginèrent un système de conciliation on de concession réciproque,

nm . ~| - ce de juste-milieu entre la doctrine de Pelage et celle de

n. entre la grâce ci le libre arbitre. Il- reconnais- :.t doue que non- naissons avec le péché originel et que

l'infirmité de la nature, la faiblesse de la volonté i I ICS antres

nu-. i -ont le- suites malheureuses; que la grâce

ultérieure d'entendement et de volonté nous est nécessaire pour

le bien, mériter en le faisant c persévérer jusqu'à la Un

t dans la pratique des vertus; mai- ils prétendaient

.. me ii mp- que !•• commi nccun m de la foi, .pu comprend

u-. « t lei pi ières qu'op fait a Dieu pour obtenir 11

fttéril « I la -aille de la. ne, ain-i .pie la Volonté actuelle . I

particulière de faire certain bien déterminé, procédaient uniquement du libre arbitre.

Les principaux défenseurs de ce pélagianisme juste-milieu, ou semi-pélagianisme, furent Fauste, évêque de Riez, l'abbé Cassien, qui semble l'enseigner dans la treizième de ses conférences, et Gennade, prêtre de Marseille. D'où les semi-pélagiens sont souvent désignés sous le nom de Marseillais.

Saint Augustin et saint Fulgence, évêque de Ruspe en Afrique, tirent bien voir que la vérité ne peut en aucune façon pactiser avec l'erreur, qu'il faut ou l'embrasser tout entière, ou s'en déclarer l'ennemi, être pélagien ou vraiment catholique. Le second concile d'Orange, tenu en 529, et reçu ensuite dans toute l'Eglise, porta le dernier coup à ce christianisme bâtard.

Du YIle au XVIe siècle, les vérités catholiques s'étant plus profondément enracinées dans les cœurs, nous ne voyons plus reparaître le naturalisme. Mais, à l'époque de la Renaissance, il se glisse d'abord dans la littérature, puis dans tous les beaux-arts et dans les sciences. Du temps de Louis XIV, un grand nombre d'écrivains et des théologiens, même distingués, commencèrent à subir son influence, malgré les décisions dogmatiques du Concile de Trente et les sages règlements qu'il avait faits pour le maintien des bonnes études. Cependant, la réforme portait ses fruits : le principe était posé, on en tira les conséquences, et la sainte Ecriture, interprétée par la raison, ne renferma plus qu'une doctrine purement philosophique. Les rationalistes du siècle dernier, s'emparant de la découverte faite par un moine orgueilleux et apostat, soutinrent qu'il suffisait à l'homme, pour se sauver, d'observer la loi naturelle, et renvoyèrent avec dédain les pratiques du culte catholique aux enfants et aux bonnes femmes. Les plus arriérés en sont encore là de nos jours.

Les mêmes erreurs à peu près se sont propagées en Allemagne et s'y enseignent sous le nom de doctrine hcrmésienne. Ce n'est au fond que la suprématie de la raison sur toute croyance, ou le rationalisme substitué à l'Evangile, comme on le voit par la condamnation que le pape Grégoire XVI a faite, le 26 septembre 1835, des deux propositions suivantes, qui résument tout le système : « Le doute positif est comme la base de toute recherche Idéologique. — La raison est la règle principale et l'unique moyen par lequel l'homme puisse acquérir la connaissance des vérités surnaturelles. »

Telle est, en quelques mots, l'histoire du naturalisme : en voici les conséquences. De deux choses l'une : ou il suppose que

m m i \n ai

Phomme n'a qu'une On naturelle : alors il se met en contradiction Bâfrante avec toute la den'irine chrétienne el les traditions de loua les peuples ; c'est la négation totale «lu Christianisme. Mais hristianisme complet ou le Catholicisme i si la source de la vérité, de la justice, de la liberté, de la civilisation : donc le naturalisme doit entraîner loi ou tard la ruine de toute société. Ou bien, admettant que l'homme est destiné à la «le Dieu, il soutient, comme il le fait en effet, qu'il peut s'élever jusque là par les seules forces de sa nature ; alors il s'ensuit que la nature de l'homme est une nature divine, puisque, par elle, il peut atteindre une On qui nY-t oaiurelle qu'à Dieu : c'est le panthéisme.

Il s'est produit dans ces derniers temps une certaine doctrine, sous le nom d'on lotos/urne, ayant des rapports d'affinité ave< le pélajj uteur d'une brochure qui a pour titre : Essai sur

le surnnt a >■,<'. -oiuicut que l'idée de Dieu ne se distingue pa Dieu lui-même ; c'est Pieu dans les àm e immé-

diate. D'où il conclut que la tin naturelle de l'homme est la connaissance directe et immédiate de l'essence de In n. mais seulement ai i indis que la tin surnaturelle esl la connaissance direct) el immédiate de l'essence de Dieu ad inlra. N'est-on en droit de conclure que l'homme par les seules forces d nature peut obtenir la même tin que le chrétien, puisque la lin naturelle de I homme ne diffère que du pins au moins de la fin surnaturelle? <Hi du moins il le pourrait avec l'intégrité de sa nature.

P sons aux falalis l . l'a «lit plus «l'une fois, pour connaître le monde, il suffit

. i l'histoire de chacun de n >us esl comme un .«lu. ..-<■ il.' l'histoire du genre humain. Ce soni If- mêmes tend.iii lémes passions, les mêmes vices, puisque

èe que d'individus. Or, qu'apercevons-nous en i minant notre passé? Nous avons marché rarement «l'un pied ferme dan« If droit chemin; plus souvent nous m>u> i m sommes nmes tombés d'une extrémité dans l'autre extrémité. tantôt, enflés par l'orgueil, nous pensions que mut n«»u< était possible, el tantôt, fatigués par une lutte incessante, nous tommes livrés tu d sespoir. Mors, pour calmer les rem lr< conscience, nous cherchions s nous convaincre qu'une Btible fatalité nous poussait au mal. Ainsi, il n'est pas étonnant qui li - partisans du fatalisme soient plus nombreux qui ceux du naturalisme.

DEUXIÈME ENTRETIEN 1?i

La question de l'origine du mal semble lui avoir donné naissance. La plupart des philosophes de l'antiquité regardant le mal, non comme la privation d'un bien par suite d'actes mauvais de la part de la créature, mais comme quelque chose de positif, une entité ou être quelconque, et ne pouvant expliquer son existence sous un Dieu infiniment parfait, imaginèrent deux principes des choses, l'un bon, d'où le bien est sorti, et l'autre mauvais, source de tous les maux. Zoroasire, dit-on, enseigna le premier chez les Perses cette doctrine du dualisme. De là elle passsf'en Grèce, puis en Italie, et Plutarque nous apprend qu'elle était commune aux Chaldéens et aux Egyptiens. Quelques philosophes convertis à l'Evangile, notamment Valentin, Cerdon, Manès, la mêlèrent à ses dogmes. Elle prit le nom de ce dernier, et s'appela manichéisme. D'après ce système, l'homme est fatalement entraîné au bien ou au mal, selon la prédominance du bon ou du mauvais principe.

Au Ve siècle, quelques auteurs catholiques, en réfutant Pelage, tombèrent dans l'excès opposé : ils anéantirent le libre arbitre. Ils enseignaient que Dieu, par un décret absolu, nécessitant et antérieur à toute prévision de mérite ou de démérite, prédestine positivement, les uns à la béatitude, et les autres à la damnation éternelle et aux péchés qui y conduisent. Ils furent appelés pour cette raison prédestinatiens.

Ils concluaient que Dieu ne veut pas le salut de tous les hommes, mais seulement de ceux qu'il a prédestinés à la gloire; que Jésus-Christ n'est mort que pour les élus, et que c'est pour eux seuls qu'il a offert à son Père le prix de son sang ; que, depuis la chute du'premier homme, le libre arbitre est entièrement éteint; enfin, que les sacrements sont inutiles à ceux qui sont prédestinés à la mert éternelle , qu'ils n'opèrent point en eux la rémission des péchés et ne leur confèrent point la grâce.

Le fatalisme, tout le monde le sait, est un dogme fondamental du mahométisme. Dieu fait tout et opère tout par lui même : ce qu'il a décrété arrivera nécessairement, et ce serait manquer de soumission à sa -volonté que de vouloir se soustraire au malheur, même à la peste.

Au IXe siècle, Gotescalc, moine de l'abbaye d'Orbais, au diocèse de Soissons, renouvela l'hérésie des prédestinatiens. 11 parait que ni lui ni plusieurs de ceux qui le combattirent n'avaient une idée nette du dogme catholique de la prédestination. Néanmoins, les principaux points de sa doctrine, d'après des témoignages non

ni i \n vi

étaient évidemment erronés, d ils furent condamnéi i tenus .1 M h w is de na docteur d'j liford, > prof<

dans le XlV'siècle. Hardi el entreprenant, il se lii i principal H n eoll< : ma s il fui dépouillé de i

dignité p:ir ordre de sort archevêque, et par l«' j du suur

Ponlife, auquel il ;i\ait appelé. Le ressentiment qu'il eu i ut le précipita dans l<^ erreur! la plus exlravagante& - loti lui. (nui ee qui existe est d'une nécei mit par le destin. Dieu lui-même 5 »•«.( tellemen) assujéti, qu'il m* peut Faire autrement (ont ee qu'il fait, soit an ded

dehors de lui-même : il est pourtant libre dans

qu'il M- f.iit volontairement, ci qu'il !<• ferait autrement, > il le

\ mlait : mais il lui <,,;i impossible de If vouloir dire que

Dieu 1 si libre, comme l«- soleil on la lune. Cela posé II oonetaM

Dieu prédestine nécessairement, les uns au bien et a la

Ile, les autres au mal et à nne damnation inévitable. ux siècles plus fard, Luther et Calvin bâtissent leur système .u* la prédestination h peu près sur !••< mêmes principes que Wiclef. Ils prétendeni qu'en quelque étnt qu'on eonsidèn hommes, avant ou après lésus-Cbrist, ils ont toujours été dnni l'impossibilité d'obéir ;i la volonté de Dieu »i d'accomplie ses mandements. Le premier homme fut donc eréé jusie : la

el les dons qui raccompagnèrent éiaienl ei - 1 propre nature, <■! il était ;m^-i naturel à Idam de connaître 1. de croire en lui, «I»' l'aimer, et d'arriver ainsi h la vision lifique, qu'il est naturel ;i I'obII de recevoir i;i lumière. Il I > • > 1 1 % -. » î t faire le bien, mais non pas >;ui> le Becours de 1 1

|ue In frrâce n'était que cette 1' culte de faire le bien d l'intégrité il<* la nature. Dieu lui 11 1 un commandement, 01 lui refusa le secours nécessaire pour l'accomplir; voulant, pai terrible exemple, nous faire connaître la faiblesse du libre arbitre lui-même, tdam pécha : il m" put s'en empéeher. Dieu l'avait prévu, parce qu'il l'avait ordonné, »'i l'exécution

tire : li t'» ite-puissance, qui rèjrle mut . ne poui ulii'i- <\<' -'- ilrmN. l.u-is.T l'humour ;irbi(r

erver seulement la faculté de le traiter selon ses

Le l'Adam, nue le décret antérieur i la p

Dieu a> m ren lu re, fut, p.ir le même décret, transn

loute - 1 postôi lié. Dieu le voui un ainsi, >ir tirer de cetlr niasse de corruption îles vases

d'honneur et des vases de colère, et pour avoir des coupables auxquels il pût faire grâce par sa miséricorde, ou sur lesquels il pût faire éclater les rigueurs de sa justice.

Comme la disposition de tout l'univers est entre ses mains, arbitre souverain de la vie et de la mort, il lit naître une partie des hommes pour être damnés et pour glorifier son nom par leurs supplices. Leur perte est la suite nécessaire de la prédestination, qui fait que Dieu trouve en eux de quoi exercer sa justice.

Le péché d'Adam lui fit perdre la grâce ou la faculté de faire le bien. Il l'infecta donc tout entier et passa ainsi à ses descendants ; eh sorte que l'homme, par son origine, est intégralement vicié. Le libre arbitre a été complètement éteint : l'homme est inévitablement porté au bien par la grâce, ou au mal par la concupiscence : c'est Dieu qui opère tout en lui, positivement, le mal comme le bien; il n'est pas moins l'auteur de la trahison de Judas que de la conversion de saint Paul. Cependant, l'homme pèche toujours, lors même qu'il fait le bien ; parce que, étant essentiellement corrompu, toutes ses actions ne sauraient être que des manifestations de la corruption qui est en lui, comme un arbre mauvais en lui-même ne peut porter que de mauvais fruits. La grâce de Dieu ne justifie pas l'homme ; elle couvre seulement ses péchés d'un manteau et les dérobe aux regards de Dieu : l'homme est seulement réputé juste.

Cette doctrine exécrable fut condamnée dans le Concile de Trente.

Michel Baïus ou de Bay, né en Flandre en 1513, fit ses études à l'Université de Louvain, y fut principal d'un collège et y professa la philosophie. En loal, il fut nommé professeur royal d'Ecriture sainte, puis chancelier de l'Université et mourut en 1589. Sa doctrine touchant la grâce diffère peu de celles de Luther et de Calvin.

En effet, il établit en principe que la vision intuitive de Dieu est si essentielle à la nature intellectuelle, que Dieu n'a pu créer l'ange et l'homme pour une autre fin. Cette béatitude supposant en même temps l'assemblage de tous les biens et l'exclusion de tous les maux, il conclut que Dieu a dû créer l'homme juste, doué de la grâce sanctifiante, et qu'il n'a pu le créer sans cette grâce, tel qu'il riait à présent; que l'élévation de la nature humaine à la participation à la nature divine, la qualité d'enfant adoptif de Dieu, l'immortalité, les vertus infuses, étaient des dons naturels dus à l'intégrité de la nature innocente; que les mérites de l'ange et de l'homme, avant le péché, étant naturels

' ll;l III V

s li ur principe, neponvaieni raisonnablement être app< lue la gloire di g ei du premier homme, s'ils i

I ma l'étal d'innocence, n'eùl pas été pour eus

i, mais une récompense de leura mérites : qoe les souf-

feances des justes, le* tourments des martyrs, les afflictions et la

mort <!«• la -.unir Vierge, ont été la juste punition de leurs

luit crime de sa nature peut souiller -on auteur et bs postérité* Celui d'Adam n été transmis a loua les hommes : e*et1 la eoneupiseence, qui n'est p.. s moins péché que les autres hnl>iniili mouvements, même indéfibérés, sont toujours des

péchés mortels, parce qoe ce <nm des désobéissai pré-

cepte : lu ne convoiteras point Hais Dieu ne les impute pas aux jusit^. il \ ;i aussi des commandements impossibles à obserri

ii m t amour de la créature raisonnable est, ou la cupidité vicieuse, par laquelle on aime le monde, ou la charité louable, par laquelle on .unie Dieu. La distinction des deux amours, l'un naturel, par lequel <>n aime Dieu comme auteur de In nature. Pautre surnaturel, par lequel nous l'aimons comme notre I" Iode, est vaine cl contraire à l Berilure.

Le libre arbitre ne peut que pécher par lui-même, \u--i tontes les actions des infidèles iont*elles des péchés, et lesvertusdes philosophes sont des mit-. La conformité à la loi de Dieu fait le m, me de 1 œuvri . lu, de la personne qui agit, ni

même aux mérites de Jésus-I Shrist.

I • n 1 1 oe qui est volontaire est libre, quoiqu'il se fasse nécessairement; et "n pêche, même Jusqu'à mériter la damnation éternelle, dans ce qu'on fait par nécessité.

I i .'.m Pie v. Grégoire Mil et Urbain VIII condamnè-

rent eea erreurs de Balus. Ses partisans ne négligèrent rien pour échapper o celte condamnation, lu punirent la fourberie jusqu'à changer la ponctuation dam le dispositif du jugement : et Ha lalii dire aux Papes qu'ils condamnaient des propositions qui pouii être défendues dans le sens de leur auteur : contradiction

■il un fOU seul pOWVBil s,- rendre COUpabfe. Dt d0€-

levt devenus grammairiens, ils faisaient dépendre la fol catholique du pi icement d'une virgule : ici, elle sauvait le monde : là.

elle le perd ni.

us citonace taii pour faire npprécicr l'Intelligence et la benne f<»i des h< rétiques : c'est la même dans loua les temps, la foi pu> ■iqu

Jacques Innonn, professeur de tliéolopie h l'Université de L<

vain, fut un zélé partisan des doctrines de Baius. Il eut pour disciple Corneille Jansen, connu depuis sous le nom de Jansénius, qui ne profita que trop bien de ses leçons. Celui-ci devint ensuite docteur de cette célèbre Université, fut fait plus tard évêque dTpres et mourut l'an 1658. Pendant vingt ans, il travailla avec une ardeur infatigable à un ouvrage qu'il intitula Augmtmus, parce qu'il le regardait comme un commentaire exact et fidèle de la doctrine de saint Augustin. Il se glorifie d'avoir lu dix fois toutes les œuvres de ce grand docteur, et vingt fois ses écrits contre les pélagiens. C'est se donner bien de la peine pour être hérétique.

Cet ouvrage parut en 1640, au grand scandale de tous les catholiques. Urbain VIII, dans sa constitution In eminenti, le condamna comme renfermant les propositions condamnées de Baius. Cornet, syndic de la faculté de théologie de Paris, en tira cinq propositions qu'il déféra à la Sorbônne, et la faculté les condamna. Le docteur Saint- Amour et soixante-dix autres appelèrent de cette sentence au parlement, et la faculté porta l'affaire devant le clergé. Les prélats, voyant les esprits trop échauffés, craignirent de prononcer, et renvoyèrent la décision au pape Innocent X. Cinq cardinaux et treize consulteurs tinrent, dans l'espace de deux ans et quelques mois, trente-six congrégations ; le Pape présida en personne aux dix dernières. Les propositions tirées du livre de Jansénius y furent discutées ; le docteur Saint-Amour, l'abbé de Bourzeys, et quelques autres qui défendaient la doctrine de cet auteur, y furent entendus ; et l'on vit paraître, en 1655, le jugement de Rome qui condamna comme hérétiques les cinq propositions extraites du livre de Jansénius, et que nous citerons plus tard.

Tout le système de Jansénius se réduit à ce point capital, savoir : que, depuis la chute d'Adam, le plaisir est l'unique ressort qui re- ■mue le cœur de l'homme; que ce plaisir est inévitable quand il vient, et invincible quand il est venu. Si ce plaisir vient du ciel ou de la grâce, il porte l'homme à la vertu; s'il vient de la nature ou de la concupiscence, il détermine l'homme au vice, et la volonté se trouve nécessairement entrainée par<;elui des deux qui est actuellement le plus fort. Ces deux délectations, dit Jansénius, sont comme les deux bassins d'une balance : l'un ne peut monter, sans que l'autre ne descende. Ainsi l'homme fait invinciblement, quoique volontairement, le bien ou le mal, selon qu'il est dominé par la grâce ou par la cupidité : il ne résiste jamais ni à l'une ni à l'autre.

Il est vrai que Jansénius ne s'exprime pas aussi clairement : il dit que quand nous suivons les mouvements de la concupiscence,

>n NTRETIBN.

nous ne i tirvusde . suit que cette grâce,

porter - 1 » i bien dam une autre circonstance,

trop faible pour le moment actuel : ou, en d'autres termes,

qu'avec ' que nous avons, nous aurions pu faire le bien

hier, M"'!-; pourrions 1 »» faire demain, maie pas aujourd'hui.

Le doetcur trneuld et d'autres, qui avaient embrassé les opinion-: il»- Jansénius; et qui avaient fait les plus grands éloges de ni la condamnation, soutinrent «jik- Les propositions censoréei n'étaient pas dans VAuguiUmu», qu'elles a étaient point dans lesem>4eJauséniU8,maisdans un sens imxqu'on : donné mal a propos ;i si - paroli a : que, sur ce fait, I Eglise avait |>ii se tromper. C'était loul bonnemenl dire .i l'Eglise qu'elle ne savait p is lire, on qu'elle M comprenait pas ce qu'elle Usait. OTest ce que l'on nomma ls distinction du droit et du fait Getu qui s'y rntt ich tient disaient que l'on était obligé «le m1 soumettre ml un rirait, c'est -à-dire de croire que II s propositions, telles qu'elles étaient dans la bulle, étaient condamnables; mais qu'on n'était pas tenu d') acquiescer owanl nu fait, c'esi-atlir«' de croire que ees propositions él dent dans le livre d nius, et qu'il le< avail soutenues dans le -eus que le Pape les avait eondamn i ■ pen lanl les disputes continuaient : pour les assoupir, les Iressérenl à Home. En 1665, Meiandre Vil i imi 1 1 rign iiure d'un formulaire, par lequel on proteste que I on condamne les cinq propositions tirées du livre de Jansénius, drms /'• tans </'• l'iiuinir, comme le Saint-Siège I Quatre évéqu muoins, savoir: Pavillon, évêque d'Aleth,

Choart de Buzenval, évéq te d' Ioniens, Caulet, évéque de Pami et Arnuild. évéque d' tngers, donnèrent, dans leurs dioc< Mandements dans lesquels Ils faisaieni encore la distinction du fait et du droit, et autorisèrent ainsi le- réfractait

I | Pape irrité Voulut leur fuie leur procès, et nom >m-

i : il s'éleva une contestation -m- le nombre des ju Clément l\, trois prélats proposèrent un accommodement, dont les termes él dent que les quatre évéques donneraient et feraient donner, dans leurs diocèses, une nouvelle signature de formulaire, par i iquelle «m condamnerai) le- propositions de Jan- Hiietion, la première ayant été jug< e insuft î - » - ! évoques ) consentirent et manquèrent de pa-

role. < m ferma les yeui -m- celte infidélité, et c'est ce qu'on nomni . ii |».ii\ de Clément i\.

En t7o>. l'on Ml p iraid» le |' mieux e i> de eonseienee : soici en

quoi il consistait. On supposait un ecclésiastique qui condamnait les cinq propositions dans tous les sens dans lesquels l'Eglise les avait condamnées, même dans le sens de Jansénius, de la manière que Innocent XII l'avait entendu dans ses brefs aux évèques de Flandre, auquel cependant on avait refusé l'absolution, parce que, quant à la question de fait, il croyait que le silence respectueux suffisait. L'on demandait à la Sorbonne ce qu'elle pensait de ce refus d'absolution. Il parut une décision signée de quarante docteurs, dont l'avis était que le sentiment de l'ecclésiastique n'était ni nouveau ni singulier, qu'il n'avait jamais été condamné par l'Eglise, et qu'on ne devait point, pour ce sujet, lui refuser l'absolution.

L'incendie se ralluma. Le cas de conscience donna lieu à plusieurs mandements des évèques : le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, exigea et obtint des docteurs qui l'avaient signé une rétractation. Un seul, le docteur Petitpied, ujpt ferme et fut exclu de la Sorbonne.

Comme les disputes ne finissaient point, Clément XI, après plusieurs brefs, donna la bulle Vineam Domini Sabnoth, le 15 juillet 1705, dans laquelle il déclare que le silence respectueux sur le fait de Jansénius ne suffit pas pour rendre à l'Eglise la pleine et entière obéissance qu'elle a droit d'exiger des fidèles.

Voilà où la question du jansénisme en était venue, lorsque le Père Quesnel, de l'Oratoire, publia ses Réflexions morales sur le nouveau Testament, dans lesquelles il délaya tout le poison de la doctrine de Jansénius. Le pape Clément XI publia la bulle Unigenilus, le 8 septembre 1710, par laquelle il condamne cent une propositions extraites de son livre intitulé : Le Nouveau Testament traduit en français avec des réflexions morales, et défendit, sous peine d'excommunication encourue par le seul fait, de lire ou de retenir ce livre. Le cardinal de Noailles et huit autres évèques refusèrent d'accepter cette constitution. Quatre évèques, de la Broue de Mirepoix, Soanen de Senez, Colbert de Montpellier, de Langlc de Boulogne appelèrent en 1717, par acte passé par devant notaire, de la Constitution au futur concile œcuménique. Plusieurs prêtres suivirent ce mauvais exemple, et ce fut un grand scandale en France. On dit qu'il y reste encore quelques jansénistes, mais ils sont en très-petit nombre (1).

(1) Pour connaître plus en détail les hérésies sur la grâce, on pourra consulter le Cursus Complelui, Toumely, Les Conférences d'Angers, le Dictionnaire thèologique de Beryier, l'Histoire des Vuriations, etc., etc.

ni i \n ME BNTR1

Quelques rationalistes modernes continuent Renseigner le fatai en philosophie, soit en histoire. Il- prétendent «juc l'homme, par sa constitution physique «'t morale, est irrésistiblement porté .m l>ini on ;ui mal. La nécessité exeuse tout, autorise t. mi. surtout en politique : et il- disent qu'ils sont libi raux !

Nous n'avons rien dit «le- panthéistes, et pourtant il- méritent que nous i issions mention d'eux en passant. Il- ne détruisent pas, M . si vrai, la liberté de l'homme : il- font mieux : ils nient la n.>ture humaine t«>n i entière. Chaque être qui existe, est une p;iriie de la divinité, une émanation ou une modification de Dieu, qui il un instant »'i disparait ensuite pour se réunir au grand Tout. Dieu est tout ce qui existe^ et tout ce qui existe est Dieu.

Panthéistes <•( fatalistes, tous viennent aboutir à la négation de toute l"i morale, «!<■ toute société; Nous aurons lieu de nous i n convaincre plus d'une foi-. Qu'on le comprenne donc bien, ce de I testions indifférentes, puisque de leur solution i ml le bonheur de l'homme et dans le temps <m dans l'éternité. Pour mettre plus d'ordre dans notre exposition, nous traiter dans la première partie, de la déification de l'homme consommée dans le ciel ou de sa fin surnaturelle : il ins la second» . '!«■ la déiflu de l'homme commencée sur la terre; et dans la troisième, n- pour acquérir et conserver la ^i(, divine. Nous termims par quelques c ►rollaires qui suivront naturellement l'exposition de la doctrine catholique sur I

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