‹ De l'ordre surnaturel et divinChapitre 20 sur 49 · DEUXIEME PARTIS · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIS

vin qur lésus-Cbrisi ■ tpporté du ciel en terre, et qu'il ne désire rien tant que de voir s'allumer dans les cœurs : es feu qui ne brûle pas, maia qui éclaire, qui guérit, qui fortifie, qui perfec- Uonne. ' 'esi « ■ 1 1 * * qui guérit les infirmités, rend droit ce qui est oblique, tempère les passions, purifie les inclinations, aplanit les difficultés, et réhabilite toute la nature humaine. C'est une habitude céleste, qui anoblit Pâme; une sainte affection, qui réjouit la justice ; une passion pure, qui nous entraîne vers le del ; une racine sacrée, qui pousse des fruits de gloire et de pudeur ; l'arbre de la vie. qui noua restitue nos forces, nous fournit notre aliment et engraisse notre âme. l.t eomme le cœur humain est une source perpétuelle de vie, oTou la chaleur ei les esprits se répandent dans tous les membres, ainsi rBsprlt-Saint, que saint Thomas appelle h' cœur del Eglise, comme Jésus-Christ en est la léte, répand insamment un feu sacré et de pieui mouvements dans toutes les facultés de rame, comme les saintes pensées ai les déstri enflamroi

Dieu avait accordé cette grâce aui ai nos premiers pa-

ient-;, fondant en eux la nature, et leur octroyant en même temps la grâce, afin qu'ils aimassent «l'un amour chaste, pur et divin, lui qui seul mérite d'être aimé. L'ange était comme le sceau de la ressemblance divine, et l'homme avait été créé à l'image et I la «if Dieu. Mais cette ressemblance «le la divinité efla-

iar le péché, la grâce nous la rend et imprime la justice ta fond du e eur de l'homme renouvelé. C'est par elle que le* nations

iinu-nt naturellement, c'est-à-dire d'elles-mêmes et avec sua-

■ h sus Christ : car elle refait en nous tous cette image de

Dieu, selon laquelle noua créés, roui vice de l'âme est

quelque chos< de contraire a la nature, et la grâce l'arrache et le

t. Le péché a efface la loi de Im a «le nos cœurs, et l Reprit de hicu récrit «le nouveau, afin que nous fassions comme naturellement (mu ce qui est dé i i loi. C est par la grâce «pie Dieu nous forme et nous crée, non pas pour que noua soyoni hommes, il l'a

fait, mais pouf que noua soyona des hommes divins, et de nouvelle - i ri atui - I ht isi l est par elle qu

la bonne volonté, que personne ne peut avoir de soi même, ni obtenir par des a otécédents, mala qui noua est accordée

divinement. C'est elle qui fortifie «eue bonne volonté, et lui Ml éprendre les plus tes pour 1 1 gloire de Dieu et ht

lli iti lea âmes.

-t par la grâce que non. sommes rétablis dana notre premiei ir par la gn'iee, dit suint Vuguslin,

l'âme est guérie du vice du péché, et celte santé de l'àme produit la liberté du libre arbitre ; le libre arbitre, l'amour de la justice ; l'amour de la justice, l'exécution de la loi. Il y aura pleine justice, lorsque la santé sera entière ; la santé sera entière, lorsqu'il y aura une charité parfaite ; et la charité sera parfaite, quand nous verrons Dieu comme il est en lui-même.

C'est dans la grâce que l'àme, morte au péché, trouve sa vie. Lorsque l'esprit l'abandonne, le corps meurt ; l'abandon de Dieu est aussi la mort de l'âme ; par la grâce, Dieu la vivifie de nouveau, car il ressuscite un mort, lorsqu'il justifie le pécheur. Mais quand la vie, c'est-à-dire Dieu a abandonné l'âme, elle ne peut plus faire que des œuvres mortes, jusqu'à ce que la grâce la lui ait rendue. De même, dit saint Fulgence (1). que c'est l'âme qui fait vivre le corps, c'est la grâce qui fait vivre l'âme de la vie de la foi. Pour que le corps vive et agisse, il a besoin de la force vitale de l'âme toujours présente ; l'homme aussi, pour vouloir et faire le bien, doit être toujours soutenu par le secours de la grâce vivifiante.

La grâce donne la douce facilité de faire le bien, et le juste commence à sentir que les commandements de Dieu ne sont pas difficiles ; car la charité parfaite, chassant dehors la crainte, rend léger le poids du commandement, et fait que non seulement il n'accable point, mais encore qu'il soulève comme des ailes. Les ténèbres de l'ignorance sont alors dissipées, le joug de la torpeur est secoué, la peine des difficultés est tempérée. Alors le juste, se glorifiant dans l'espérance des enfants de Dieu, ne vit plus sous la loi, mais toute sa volonté est dans la loi du Seigneur ; aucune loi n'est imposée à celui qui aime la justice, enflammé par les attraits et séduit par les charmes de la seule équité. « Le juste vit plutôt dans la loi quesous la loi, dit saint Augustin dans son Commentaire sur l'Epitre aux Galates, parce qu'il ne vit pas de sa vie, celui à qui on a imposé une loi pour le contenir. Car, si je puis ainsi parlerai vit en quelque sorte de la loi, celui qui mène une vie juste par amour de la justice. C'est pourquoi il ne fallait point imposer de loi à saint Paul, quand il disait : Je vis, ce n'est pas moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. Qui donc aurait osé imposer une loi à Jésus-Christ, qui vivait en saint Paul ? »

De là cette désirable liberté d'esprit; car il n'y a de vraiment libre que celui qui, affranchi du péché, a commencé à devenir le serviteur de la justice. Par le mauvais usage qu'il a fait de son lift) Lil>. de Incarnat, et de Orot., c. 24.

Ml Ml M.i PARTIE.

arbitre, l'homme l'a affaibli tt il 9'est lui-même perdu ; auss ri spril de Dieu retourne vers lui pari la li-

rendue, parce que, où esl l'Esprit de Dieu, lîi est la ié. \ force d'actes pervers, l'espril est engourdi par la mai»' h habitude, et il se trouve tellement enchaîné, non pai » étrangers, mais par une volonté de fer, qu'il 9e précipite ement dans !<• mal, et qu'il lui esl impos romj que l'habitude du vice lui a i

après que lr I ils de l'Homme I a délivré pai Sauveur

devii ni aussi son libérateur^ il recouvre sa liberté ; la grâce ne le contraint pas, mais l'attiré vers Dieu avec la plus douce >u.r le don de l'Esprit-Sainl lui fait trouver son bonheur dans la pratique de la loi : ce qui est défendu a pour lui moins d'attraits que iv qui esl commandé. Poussé parce don divin, l'homme brûle de s'attacher a son créateur, el il commence à se réjouir dans la loi de Dieu selon l'homme intérieur, bien qu'il éprouve dans membres une loi contraire a la l<>i de son esprit. Heureuse liberté, gui consiste uniquement dans la douceur el la suavité, par laquelle les jeûnes, les veilles, el les pratiques de la mortification, changeant en autant de délices spiritui lies ! ■ Les travaux de qui aiment, <lii saint \u;ru>iin (I), ne sont pénibles en aucune manière, mais ils réjouissent, comme fonl ceux des hommes qui -(mi a la chasse, qui tendent des Olets aux discaux, qui vendanheot, qui >e livrenl au commerce, ou qui s'amusent a quelque jeu. Il importe donc de voir ce qu'on aime ; car le travail o'esi pas où esl l'amour : ou, s'il 5 a travail, le travail luimême esl aimé* »

' eu quelque sorte la seule vertu, ou au humus renferme toutes les vertus. La brûlante et lumin< u-r. charité l'accomr, on ne saurait mieux définir la vertu qu'en disant que c'esl l'ordre de l'amour, ou l'amour ordonné, el c esl pai que nous est donnée la vraie vertu. Loin de nous de penser que quelqu'un soil vraiment juste, -il u<- \i; de la foi : <»u plutôt, pour parler avec plus de précision, nous dirons avec saini rhomas, que les vertus sans la -1 ice sool des vertus humaines, el non des lus chrétiennes. De la grâce nail la force, qui supporte (oui pour « ••lui qu'on aime ; la tempérance, qui rend l'homme entier à lui qui est aiméj la justice, qui faif qu'on sert celui-là ><'ul qu'on aime, <•! qu'à cause de lui on rend à chacun ce qui lui est dû ; la prudence, qui nous fait choisir les moyens les plus» d'aï*

mer Dieu, et écarter les obstacles qui s'opposent à cet amour. Toutes ces vertus, ou, si vous aimez mieux, cette seule vertu, la charité, dont nous avons actuellement les prémices, et qui nous a faits enfants de Dieu, sera consommée, lorsque, contemplant face à face le Dieu des vertus, nous l'aimerons sans fin, et que nous ne pourrons plus déchoir de cette abondance d'amour que 1 Esprit- Saint aura versé dans nos cœurs. « Là, dit saint Augustin (!), la seule et unique vertu est d'aimer ce que vous verrez ; et la souveraine félicité de posséder ce que vous aimerez Car là on boit la vie bienheureuse dans sa source, de laquelle jaillissent sur la vie humaine quelques petits ruisseaux, qui font germer en nous la tempérance, la force, la justice et la prudence, et nous soutiennent au milieu des tentations de ce siècle. »

La grâce est encore le principe de la vigueur et de l'intrépidité de l'âme ; car, faible et pusillanime, elle devient par elle forte et courageuse, et regarde comme facile ce qu'elle croyait d'abord impossible. Voyez les apôtres ;'d'abord craintifs et timides, par la présence du Saint-Esprit qu'ils ont reçu, ils deviennent des hommes tout nouveaux, ils reçoivent de lui celte force, cette constance qui bannit la crainte de leur cœur, et leur fait mépriser la fureur des tyrans. C'est alors qu'ils commencent à vouloir avec plus d'ardeur et à agir plus efficacement ; ils passent de la théorie à la pratique ; aucune tempête ne les effraie ; la foi les élevant au-dessus d'eux mêmes, ils foulent aux pieds les flots du siècle et l'orgueil du monde ; ils bravent la mort, et portent, à travers mille dangers, l'Evangile de la vérité à toutes les nations. La grâce seule a opéré en eux ce changement subit. Fortifiés par la vertu d'en haut, ils se sont revêtus de Jésus-Christ et de la puissance même de Dieu ; c'est-à-dire que la grâce a déposé en eux toutes les vertus divines de Jésus-Christ, comme lui-même avait pris sur lui toutes les infirmités humaines, ainsi que l'expose si bien saint Thomas, commentant ces paroles de l'apôtre aux Galates : Vous avez revêtu Jésus- Christ. « Celui, dit-il, qui est enveloppé d'un manteau, est couvert et protégé par ce manteau ; et sa couleur propre étant voilée, il apparaît sous la couleur de ce manteau. Ainsi celui qui s'est revêtu de Jésus-Christ, est couvert et protégé par Jésus-Christ contre les attaques et le feu des passions ; on ne voit apparaître en lui que ce qui est de Jésus-Christ. Et comme un bois allumé est, pour ainsi dire, revêtu de feu et

(1) Lib. de ayone ChrUti, c. î).

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licipe .1 li vertu du feu, ainsi •■••lui qui reçoit k> vertus de J-l iin-i est révolu de leaus-Christ. »

I i vie spirituelle, si fortement recommandée p;«r les saints^ in effet de la grâce. Car lorsque l'apétre du : Nous savons la loi • -i spirituelle^ mai-, pour moi, je buis charnel, il montre / que la l>n ne -aurait être accomplie que par des nommes l'est la grade seule qui les fait spirituels. Or, ThoiMac spirituel qui juge tout, el n'est jugé par personne, se forme, lors- |ue la voix du Père instruit el se fait entendre au f«>ml de lame, ni'hiii vera le Ris, lui enlève son eeeur de pierre el lui donne de cbair, crée en •• 1 1 « • un esprfi nouveau, un coeur qui .m, h. m. el des on illes qui entendent, c'est-à-dire lui accorde le i m de l'obéissance^ la charité, el la grâce par laquelle il se met vrai raeol el deuceaaeni h Dieu. Murs le juste est circoncis, non à 4a lettre, mais. en e-prit, ayant une volonté pure de tout BJDour illicite ; il sent file la loi de Dieu est écrite dans son ecsur. Dans l Lncien résument, dit saint Augustin, la loi était éorisc »Uf bli - de pierre : dans le nouveau, elle esl écrite dans le eœur i i< les • Dieu, dit sainl Rro per, a écrit dans les cœurs le Nouveau IV-ument. de son propre doigt, efesi-à-dice par le Saint- Esprit, afin que les fidèles exécutent la plénitude de la loi, el bâtent comme naturellement toutes les oeuvres de la charité, la nature étant elle-même reformée et renouvelée. » C'est donc dans elle loi intérieure que consiste la vie spirituelle, savoir, lorsque [ui épouvantait < siérieuremeni procure de la joie au fond du osor, et que celui qui était devenu prévaricateur, parla lettre qui

est amant par l'esprit qui vivifie.

Me là vient cette du ciel, ennemie de la prudence de i •

hoir, que Dieu répand dans l'àine avec une ineffable suaviU qu'elle ne montre pas seulement la vérité, mais qu'elle donne >re la charité, el que le Qdéle sait ce qu'il doit faire, et qu'il fait et* qu'il stifc Car il n\ a pas d'outre sagesse, ni d'autre intelour la créature raisonnable, que l'amour de son ' icune connaissance de la grâce ne peut aider son libre arbi-

l'il ne reçoit auparavant I l lr uxuif. « .Non

nui \ m ■■ m - 1 1 1 1 ! un sens de l'homme intérieur, par lequel sentoni oc qui nsl juste et ce qui est injuste. Je mu- certain e j'ai <•» u." conna je l'aime et je -m-

iin que je l'aime. Car on n'appi un homme proboi

qui est, m lis colui «pu l'aime. Pourquoi donc

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