II
ne sentons-nous pas en nous-mêmes que nous aimons cet amour par lequel nous aimons tout ce que nous aimons de bon ? Car il y a un amour par lequel on aime ce qu'on ne doit pas aimer; et il hait en lui-même cet amour ; celui qui aime l'amour par lequel on aime ce qu'on doit aimer. Car ils peuvent exister tous deux dans le même homme, et il est utile à l'homme que, quand augmente l'amour, par lequel nous vivons bien, celui par lequel nous vivons mal diminue, jusqu'à ce qu'il soit entièrement extirpé, et que tout ce qui nous fait vivre soit changé en bien. »
C'est de là encore que nous vient ce poids si aimable qui nous entraine continuellement vers Dieu, et qu'enflammés par ce don céleste, nous sommes transportés vers les cieux, et nous brûlons d'un feu divin. Saint Augustin (I) ne cesse de nous dire : t Les poids des corps sont comme des amours qui les entraînent en bas par leur pesanteur, ou en haut par leur légèreté ; ainsi le corps est entrainé par son amour, de quelque côté qu'il se dirige. Tout est conduit par son poids, et cherche sa place. Hors de l'ordre, tout est dans l'inquiétude ; dans l'ordre, tout trouve son repos. Mon poids, c'est mon amour ; c'est par lui que je vais partout où je vais. » Et parce que par ce poids nous ne sommes point attirés vers les choses d'en bas, mais élevés vers les .choses célestes, plus d'une fois saint Augustin appelle ce poids des ailes, au moyen desquelles notre esprit prend son vol vers le Seigneur, pour s'attacher à lui et devenir un même esprit avec lui. Car notre unique bien consiste à nous attacher à celui dont l'embrassement spirituel peut seul féconder l'âme raisonnable et produire en elle les vraies vertus.
Méditons donc sans cesse cette grâce, c'est-à-dire cette participation à la nature divine, d'où découlent sur nous tant de biens et des biens infinis. Admirons commentDieu exalte tant une simple créature, comment il place son cœur près de l'homme. O Père des miséricordes ! s'écrie saint Bernard, pourquoi mettez-vous votre cœur près de nous ? Je le sais, je le sais ; où est votre trésor, là est votre cœur. Comment donc ne sommes-nous rien, si nous sommes votre trésor ? Le bienfait de notre régénération est si grand, que non seulement il dépasse nos mérites et nos vœux, mais que nous pourrions dire d'elle ce que le prophète dit de la génération éternelle du Fils de Dieu : Q>d racontrm .sa génération 1 Ne : rejetons cependant pas la foi d'une vérité si pleine de consolation. « Que votre esprit s'élève, s'écrie saint Chrysostôme,
(1} De Civil. Dei, lit». 11, c. 28, et lil>. 13. C'on/>.t., c. !>.
Il I S LE ME PARTI*.
« i qu'il m pente rien de bas) I e I ila du Dieu éternel a daigni tenir aussi le fils de David, afin de vous donner, à vous esclave, Dieu lui même pour Père. Que si voua avex quelque doute sur q< qui concerne votre bpnneur, apprenez ;i croire votre dignité par 1,1 issesse du Sauveur, Autant qu'il esl possible & la raison humaine de concevoir, il esl beaucoup plus difficile que Dieu se f.\v-c bomme, que L'homme ne soil consacré Fils de Dieu. Puis donc que voua avex appris que le Fila de Dieu esl aussi le lil- de David et d'Abraham, cessez de douter que vous, quiètes le Ole d'Adam, puisaiei devenir, le fils de Dieu Car il ne se serait pas ainsi humilié, s'il ne devait pas noua exalter. Il esl né en effet selon la chair, afia que voua russiei régénérés selon l'esprit; il est né de la femme, afin que voua cessiez d'être le Bis de la femme 0. »
0 dignité inouïe el inespérée du christianisme, par laquelle l'esclave ose appeler le Seigneur son père, le coupable appelle son juge celui qui l'a engendré I « < >-on> néanmoins, «lit saint Pierre Chrysologue, parce que, < > » i L'autorité commande, il n'y a pas présomption de la part < 1 «"* celui qui parle : car celui qui nous w appris à prier ainsi, a voulu nous faire parler de celte - irte. Et qu'y a-t-il d'étonnant qu'il ait consaeré les hommes el les .ut faits ses enfants, lorsqu'il s'est donné lui-même pour être fils de l'homme (2)? » Bêlas I quel crime pour l'insoucieux genre humain, qui iif f.iit nulle attention à cette haute dignité a laquelle il rat i levé, et qui ne pense paa que, dans la loi de grâce, cea, paroles de David /'W., $1 : Je Cai dit, vout lieux, si
trouvent accomplies a la lettre! Saint Augustin nous «lit à ce sujet; « Il esl manifeste qu'il appelle le- hommes des dieux, p qu'ils sont déifiés par ^i grâce, el non parce qu'ila -ont i substance : car celui-là justifie, qui est juste par Lui-même et non par un autre ; celui là déifie, qui esl Dieu par lui-même, et non par la participation d'un autre. Mais celui qui justifie, c'est luimême qui déifie, parce que, en justifiant, il tait enfanta de Dieu ; car il .i donné le pouvoir «le devenir enfanta de Dieu (3). » I
(t)Hnn,.. H 9tm.,70.
~. ,. Mamiftêtum /-.«/, «n'a Hamiim dicit ratiA «i/ii dtifetlot, Non >lr
tud nntot ; illt tnim jiish/ir,,!, m|| p, r <rmrttp<um, mon ir nia
î m» ê$t ; tt illê drifiçM, qui ptr ttiptum, non altêriu* participai ■« ttt .
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potimirnl » tuir .-urs uni dû l'aptretttir qui" iouj l'atoo* emploi* dan*
assurément un bienfait si grand, qu'il écrase la raison humaine, et qu'il n'est pas permis de penser autre chose, ni de parler autre chose.
Nous ne pouvons résister au désir de citer encore ces belles paroles de saint Thomas (Opusc. 57) : Uniy enitus tiquidem Dei Filius, suœ divinilalis volens nos esse participes, naturam noslram assumpsit, ut honiines deos faceret, factus homo.
Le Fils unique de Dieu, voulant nous rendre participants de sa divinité, a pris notre nature, s'est fait homme, pour faire les hommes dieux.
Puisqu'il en est ainsi, demandons et conservons en nous cette grâce, qui est une qualité inhérente à l'àme, une splendeur, une lumière qni efface toutes les taches de nos âmes, et qui rend celles-ci infiniment plus belles et plus resplendissantes. Ce bien si grand, si précieux, qui nous revêt de la beauté même de Dieu, préférons-le à toute chose. Répondons, par notre conduite, à la noblesse de notre race, qui est de Dieu ; vivons décorés du don céleste, et exprimons, dans nos mœurs, la ressemblance du Père,, à la nature duquel nous participons ; ne perdons jamais, par le péché, ce que nous avons acquis par la grâce. Lors donc que la chair vous sollicite, que le monde vous tente, que lt; démon vous presse, répondez-leur: Je suis le fils de Dieu, né pour un royaume éternel, candidat du ciel ; et ne dégénérez pas de ces hautes pensées et de cette sainte ambition des enfants de Dieu. Si vous avez reçu la grâce par la justification, conservez-la avec soin ; si vous l'avez perdue, efforcez-vous de la recouvrer par les larmes et la prière. « Car l'Esprit de Dieu est prodigue de lui-même ; il n'est limité dans aucun lieu ; il n'est renfermé par aucune muraille ; il se répand perpétuellement ; il se communique avec abondance ; que notre cœur s'ouvre seulement et se dilate ; plus la foi élargira ses dimensions, plus nous recevrons ses grâces qui viendront nous inonder (1). »
C'est ainsi que le célèbre Contenson exalte l'excellence de la grùce dans sa Théologie scolasduue : nous n'avons fait que le tra-
ia même acception ; el nous l'avons fait d'autant plus volontiers, que nous n'en trouvons pas qui soit aussi propre pour exprimer ce que nous dit l'Ecriture de- la transformation qui t'opéra dans l'homme par la grâce, d'après ces paroles : DU estis — divines voitsortes nalitrœ. Saint Thomas et quelques autres Pères de l'Eglise s'en sont également servis : nous l'avons même rencontré dans saint Denys l'Aréopagite. Ce n'est doac pas un mot NOUVEAU.
(1) S. Cyprian., Epist. 2.
(Ml Mi: PARTIS.
(luire Pour montrer ensuite que la oetinante est une pal -
ticipailon formelle à là nature divine, il f;iii ee raisonnemeni qui mérite une attention spéciale :
l'.ir h nature divine, non- entendons, selon notre manière d<
voir les choses divines, cette perfection primitive et priaaa*rdiale, qui est comme là racine des attributs de Dieu et le principe de ses opérations; car, par la nature des choses, les philosophes n'ont jamais entendu autre chose que ce degré de chaque êu>e,
féeoaleni ses propriéti pérauons; la nature est le prin-
cipe du mouvement de l'être dans lequel elle existe. < m-, la sji aanetiiante imite dans fème ci lie perfection primitive et primordiale «i ne nous concevons comme princij e en Dieu: car d même que Dieu, par >a nature, est la racine M»' ses attributs divins, et ■ une inclination (qui cependant en Dieu est Dieu lui-mén voir intuitivement oatnme il est en lui-même, à s'aimer d'un amour
Bque au dh ;u, el à faire loui hors de lui pour lui-même : ainsi l'homme spirituel, régénéré par la grâce sanctifiante, a une inclination à voir Dieu intuitivement, comme il est en luiiraême, a l'aimer d'un aumur divin» à faire toutes Bes actions pour Dieu
SClll; el celle irràce >ancliliante e-l enrôle hi racine <le la > liant»
ci dos vertu* infuses, «pu sont <le> images des perfections divines, et des conséquences mêmes de la grice, La grâce sanctifiant donc une participation a ta nature divine, par laquelle l'âme tend ;'i voir Dieu tel qu'il esi en lui-même.
Quelques d< lails expliqueront plus clairemenl et confirmeront cette preuve Ton- les l'ère- de l'Eglise et les thi cor-
dent a i >nst iter l< suivants de la grâce sanctifiante : 1° die
purifie du péché; elle rend l'iionmie agréable à Dieu et l'objet d'une diieclion spéciale; 1* elle reçu tic i nomnv intérii urement, le renouvelle, le restante, et réimprime dan- l'âme la n sscmbl divine effacée par le péché d'Adam : i" elle rend l'homme amant
ici!, Sinon par l'acte, du Moins par le pouvoir et l'inclination ;
e fait faire nu m -ni -naturel-. de
d'amour et <\>^ antres vertus infuses : ti* elle constitue l'homme enfant ade tif de Dieu ; 7* elle il on ne droits l'hérit même enfant adoptif; *° effe fait descendre et rend présente a rame, on e, l'auguste rrinité; enfin, elle élèv<
l'h mine an (j tonte naltll' i po-silde. I OU
F< •, résufieni des têm I i ture « t d< que nous
avotn effets sont comme des appendices et de
roi la ires de la participation h la nature divine ; car 1 1 procc purifie : i iioniui Dieu, le rectifie, parce qu'elle
est une participation et une ressemblance de la nature divine, qui ne saurait souffrir les taches du péché, et concilie l'amour de Dieu ; si la grâce incline l'homme à voir Dieu tel qu'il est, et opère en lui des œuvres surnaturelles, c'est encore parce qu'elle est une participation à la nature divine ; car des actes divins et des inclinations divines ne sauraient avoir d'autre principe que la nature divine possédée au moins par participation. Il faut que l'être soit du même genre que l'action, et que l'inclination soit conforme à la nature. Donc, l'essence de la grâce sanctifiante est une participation formelle à la nature divine.
DE LA NATURE DE LA GRACE SANCTIFIANTE D'APRÈS LA DOCTRINE DE SAINT THOMAS.
Messieurs,
Vous me demanderez peut-être ce que c'est que la participation à la nature divine ? Est-ce un être qui a son existence à soi et qui s'unit à l'àme? est-ce une nouvelle substance? Non, sans doute; car la nature divine n'est point un composé de divers êtres et de diverses substances : elle est simple et indivisible. Cette nature divine est-elle unie à la nature humaine de manière que chaque fidèle devienne une même personne avec la Divinité? C'est impossible : une union hypostatique ou personnelle ne saurait avoir lieu qu'entre une personne divine et une àme et un corps humains, comme elle s'est opérée en Jésus-Christ. Par la grâce sanctifiante, le fidèle conserve toujours sa personnalité humaine, et il n'est uni qu'à la nature divine. Mais cette union est la plus étroite qu'on puisse imaginer, c'est une union substantielle ; car la nature ou la substance divine pénètre l'àme comme le feu pénètre le fer, comme la lumière pénètre le crislal , et lui communique ses perfections divines, autant qu'elles peuvent être communiquées à un être créé. De cette union substantielle, résulte danp l'àme comme
160 DE1 K1KIIB PARI :
une qualité surnaturelle et *Ji\ inc <|ui lui eal inhérente, ainsi que
il i. i D •• leurs de l'Eglise.
« Comment serant-'ils participants de la nature divine, lelan las
paroles des saints, ceui .1 qui l'Esprit est communiqué, -1 cet Bs-*
prit est du nombre des ghof • 1 ne nous vient pas plutôt
1 nature divine elle-nnme. non pas de manière qu'il 1 d'elle en non» comme un étranger : mais, -1 je puis ainsi parler, de manière qu'il est inséré m nous, qu'il habite dans les j demeure perpétuellement comme une 1 qualité de la
Divin s purifient par t< >uit- probité l'œil de l'âme, « lt
^ « '/i 1 an eux-mêmes par la pratique incessante de loute>
• vertus? • A i i i>i parle saint Cyrille d'Alexandrie (I). 3 .m Thomas \a non- développer la même doctrine» « La lumière, dit-il, uni quelque chose dans celui qui est éclaire: oïl, b une certaine lumière de l'àme; d'où saint Augustin dit, - son livre de la Nutwre n aie ta Q . que la lumière de la* lé abandonne {e prévaricateur <le la loi divine, et qu'elowH devient aveugle; donc la gréce mel quelque chose dans llème 2 . • grand Docteur développe sa pensée et la démontre avec une force de logique remarquable. Il 5 a, dit-il, trois espèces d
première est l'amour qu'on a pour quelqu'un: ain>i, nous -tlfc*
• souvent que tel soldai a lea bonnes grècee1 du roi, c'e-i-à-dire
que |e f>i éprouve une certaine amitié, à son égards et l'a pour
.!<!<■. h seconde eal un don qu'on accorde gratuitement^;
. mi du quelquefois a quelqu'un : Je vous lais telle -
troisième est la reconnaissance qu'ion ■> pour un bienfait : ainséî
l'on rend - pour des bienfaits qu'on a reçus* 1. 1 Becoodi
dépend de la première ; car, c'ea,t a censé de l'uiunssr qu'on a, pour quelqu'un qu'on lui tocondt quelque grâce. De la
ode pi 01 1 de la troisième, parée que l'on m- 1 quelqu'un, que pour les bienfaits qu'on en a necua. I a seconcje et la troisième espèce d€ grâce met quelque chose, dans celui qui les mi- h- .Ion qu'on accorde gratuitement, et la reeoat • qu'on b poin ce don»
jjs-il laiu remarquer qu'il > ;> une grande différence entra ht e de Dieu et la grâce de l'homme. En effet, dToù viennent les biens qui possède la créature, sinon de la volonté divine et da divin, <l ■ lient, 1 onime de sa pi ci iree,
toutes k et tout les dont qui m répandent ^m
amour de l homme, au contraire, suppose, »n toui ou en
partie, de bonnes qualités qui préexistent dans l'objet qu'il aime, mais qu'il ne crée pas. Donc l'amour que Dieu a pour une créature, produit en elle quelque bien, ou un bien naturel et fini, ou un bien coéternel et infini comme son amour même. 11 y a donc en Dieu deux sortes d'amour pour les hommes : l'un ordinaire, par lequel il leur accorde leur être naturel avec toutes ses exigences ; l'autre spécial, par lequel il élève la créature raisonnable au-dessus de la condition de sa nature pour la faire participer aux perfections divines, à un bien éternel, qui est lui-même. Ainsi donc, quand on dit que l'homme a la grâce de Dieu, par grâce l'on entend quelque chose de surnaturel qui vient de Dieu, et qui est dans l'homme. Cet amour est l'éternelle dilection de Dieu, la grâce de la prédestination, parce que c'est par elle qu'il prédestine quelques hommes à la gloire, gratuitement et sans aucun mérite de leur part.
Le Psalmiste nous dit : « Pour répandre la gaîté sur son visage (1). » Et la glose ajoute que la grâce est la pureté de lame, qui lui concilie l'amour de Dieu. La pureté de l'âme est donc une certaine qualité semblable à la beauté du corps.
Dieu exerce son action sur la volonté de l'homme de deux manières : tantôt il l'excite à vouloir, à connaître et à faire quelque chose ; ce n'est là qu'un mouvement qui ne laisse aucune qualité dans l'àme; tantôt il verse dans l'âme un don habituel, qui y demeure persévéramment, qui affecte l'âme et lui donne une nouvelle forme ou une nouvelle qualité. En effet, la sagesse, la bonté et la générosité de Dieu doivent se montrer et se développer avec autant d'éclat et de magnificence dans l'ordre surnaturel que dans l'ordre naturel. Or la providence de Dieu n'excite pas et ne meut pas seulement les créatures naturelles pour leur faire faire des actes du môme genre, mais elle leur donne des formes et certaines puissances naturelles qui deviennent les principes de leurs actes et les disposent au mouvement et à l'action. Leurs mouvements alors sont faciles, leurs actions leur sont connaturelles, et ces paroles de la Sagesse se trouvent accomplies : Dieu a tout disposé avec suavité. A plus forte raison Dieu a-t-il donné, à ceux qu'il veut enrichir d'un bien surnaturel, éternel et divin, certaines formes, certaines puissances surnaturelles et divines, qui les mettent en mouvement avec suavité et promptitude, et leurs fournissent les moyens d'obtenir facilement le bien surnaturel. La grâce est donc une forme et une qualité de l'âme.
(1) Psal. 103.
m i \n ME PARTIE.
1 pion qu'elle est une qualité, n'agit pas sur rame pan
manière de cause efficiente, mais «l»' cause tonnelle, comme la
heur ut- produit pu la muraille, mais la rend blanche : ainsi
In Justice ne produit pu l'homme, puisque déjà il existe, mtii Hic
le rend |uste, lui donne une forme ou une qualité qu'il n'avait ans.
I i rHT n'est pas une substance que Dieu surajoute à l'âtte car. une substance en la nature elle-même de l'être ou me parti» i nature. Or, la gt tu-dessus de la nature humaine :
Hit* n'est donc pas la substance de l'anse, ni sa forme substantielle, mais seulement une Forme accidentelle, En effet, par la gn Dieu accorde a l'âme ee qui est en lui substantiellement : mais fâme nVjst pas la substance ni la bonté divine, elle participe seulement à la substance et i la bonté divine. Ce que Dieu possède
par SB nature, par son iulinio perfection, est intiniinent parfait:
m - 1 1 que l'ente possède par grâcej et comme être conthigtni et
hornr. est imparfait. Et puisque le mode d'être le plus parfait est «i exister en toi, et non dan- an autre, et que ta gréée n'existe pas dam l'homme en soi-même, mais dans l'àme, cette participât* la bonté divine, qui est Is grâce, a San être dan- l'àme ii'une manière plVS impartaite que daOS l'àme qui BUbSlSte en elle-même.
Cependant la grâce est beaucoup plus noble que l'àme, en tant qu'elle est l'e\pre--ion et la participation de la honte divine, niainon quant à -on mode d'être.
I.a grâce est quelque okase de crée, en ce sens que les aotuanes sont en es si I6n la gtàcsj on soat eenatitués dans an nouvel étr< tins! de rien, c'est-à-dire sans aucun mérite de leur part. comme H est écrit aux Bphésieni : ftnn < ' s rrt< \ < i J ^<v Christ
iln ri | I
l i ^réce n'est pas une vertu; autrement ce -cran sxnrtani bn< vertu théologale : mais la grâce n'est ai la Foi m II rance , puisqu'elles peuvent exister sans la grâce qui rend agréable i Dieu; ni la Charité, puisqu'elle la prévient, comme le du saint kugustin dans son livre <\c la prWdaatranJsan des tatnt.*. ace ii est dons pas une vertu.
la grâce ne peux pas êtte une vertu, car la vertu est ont
laine di-p.'-iiiMii d un idic qui < \t-tc. mie forme, une taculle OU une puissance qm a sa racine dans l'être, et le dispose h fana' des : ..i uiciiiiiii .1 -a nature. Que sont en effet les vamss nain i» lie- de i iiumnic. -mon des dispositions par lesquelles d peut faire <l< nforines à la nature humaine " < c- vertus suppo
DIX-HUITIEME ENTRETIEN. Km
sent nécessairement la nature, comme la tige suppose la plante, et le ruisseau sa source. Or, les vertus infuses sont des puissances surnaturelles qui disposent l'homme, par rapport à une fin plus haute, à une fin divine, suivant les paroles de saint Pierre : Dieu nous a donné les grands et précieux dons qu'il nous a promis, afin que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine. Donc ces vertus supposent comme préexistant la nature divine participée, qui est la lumière de grâce, et qui leur sert de fondement et d'appui. De même donc que la lumière naturelle est quelque chose de distinct des vertus naturelles, qui ordonnent l'homme par rapport à la lumière naturelle elle-même; ainsi la lumière de la grâce, qui est une participation à la nature divine, est quelque chose de distinct des vertus surnaturelles, qui dérivent de cette lumière, et qui sont ordonnées par rapport à cette lumière. D'où l'apôtre dit aux Ephésiens : Vous étiez autrefois ténèbres, vou* êtes maintenant lumière dans le Seigneur, marchez comme des enfants de lumière. Car, de même que les vertus naturelles perfectionnent l'homme pour le faire marcher selon qu'il convient à la lumière naturelle de la raison, ainsi les vertus surnaturelles perfectionnent l'homme pour le faire marcher selon qu'il convient à la lumière de la grâce.
'La grâce n'est donc pas une vertu, ni une suhstance, mais la nature divine participée qui produit dans l'âme du chrétien une qualité, une habitude, et comme un certain être surnaturel et divin, que présupposent les vertus surnaturelles et divines, dont elle est le principe et la racine.
Il suit de là que la grâce réside plutôt dans l'essence de l'âme que dans ses puissances ; car, par la grâce, nous sommes régénérés enfants de Dieu ; or, la génération se termine plutôt à l'essence qu'aux puissances.
En effet, la grâce sanctifiante est aux vertus surnaturelles et divines , comme l'âme humaine est aux vertus naturelles. Or, l'âme doit exister avant les vertus ou puissances naturelles, comme la racine est avant la plante et la source avant le ruisseau ; car ces puissances ou vertus ont dans l'âme leur principe et leur fondement ; donc la grâce sanctifiante existe avant les vertus surnaturelles et divines, puisqu'elles en dérivent; donc elle réside dans l'essence de l'âme et non dans ses puissances. Ainsi de même que l'homme participe à la connaissance divine par sa faculté de connaître, et acquiert une puissance surnaturelle et divine, qui est la foi, et qu'il participe à l'amour divin par sa volonté ou faculté d'agir, et acquiert une puissance surnaturelle et divine, qui est la
Ml i MEME PARTIE.
charité, ainsi il participe par l'essence «m la nature même de son une i i.i nature divine, el acquiert une certaine ressemblance avec Dieu par une espèce de r< génération ou de têeréatton (1).
ne doctrine de l'ange de l'école sur la nature de la irràce liflante nous en donne l'idée la plus nette et la plus précise. Elle n'est pas une substance^ mais une qualité qui réside dans a née même de l'une : elle esl quelque chose de réel, qui est l > 1 1 > • 1 1 1 î t dans lame pat II communication de la nature divine, ci qui constitue I nomme dans un être surnaturel et divin, pour l'ordonner à 8a dernière fin 'qui est aussi divine. C'est la déiDcadon i -hmiiihmii-. e bu» li terre pour être consommée dans le ciel. Klle têt donc dans son principe quelque chose d'incréé, d'infini, d'étemel, comme dans sou but ou sa fin, qui esl de voir Dieu immédiatement el tel qu'il est en lui-même ; mui>, dans la forme qu'elle donne à lame, c'est quelque chose de créé et de fini, puisque l'homme esl un être er< é el fini, ci que celte forme a commencé d'affecter l'âme au moment où Dieu lui ;i communiqué •-, -dite dans le temps el nota de toute éternité.
Voilà jUBqu'OU peni atteindre la rai^m éelairée par la foi, elle
- on-.iii qu'enire\oir le seerel de la grâce. Sainte Catherine de gènes nous le fait bien sentir dans Bes dialogues. Dans le troisième, lame demande à We«l pourquoi il aime tant l'homme, qui lui e-i sj eontraiiv. et ce que c'est que l'homme, duquel il a tant >in.
Notre s « ■ i in h ur lui répond : Tu me demandes une -i grande
-e que lu ne h pniii'ia- e imprendre : néanmoins, pour faire ;'i ton entendement , eu eela débile et pauvre, je l'en montrerai une étincelle : encore sj m i,i voyais clairement, tu ne pourrais
vi\re. à moins d'être -miienne par ma .
■■ lie premièrement, eomme jC'SUis Dieu iuuuualile et qUCje
ne ebange points que j'ai aime i homme avant de le créer, que le
I aime li'nn amour Infini, pur. simple et nei. 9 tOS causé aueune ;
el je né puis que je n'aime ce que j'ai créé el destiné pour ma
;'i,,in •. 1 iiieim dans son degré. Je l'ai encore pourvu amplement de tous les moyens convenables pour parvenir à sa tin. avec dons naturels 1 surnaturelles, lesquelles de rfra pan ne lui man-
queront jamais. M os, BVI C i'i->u ;mioiir int'mi. je l'en\ n mine p \] diverses voles el moyens, pour le rendre Boumis a ma , rovidenec,
el je ne ITOUVC n«-n qui me soit contraire. - ■m-n le franc arbitre
<l<ie |e ho ai donné, avec lequel sans cesse |e combats par amour, 1 /< 1 1,1 110
jusqu'à tant qu'il me le donne et m'en fasse un présent ; et depuis que je l'ai reçu et accepté, je le réforme petit à petit par une opération occulte et secrète et un soin amoureux ; et je ne l'abandonne jamais, que je ne l'aie conduit jusqu'à sa fin ordonnée.
Dieu, voyant l'àme enflammée d'un feu si extrême et la
voulant arrêter un peu, lui montra une petite étincelle de l'amour avec lequel il aime l'homme, amour si pur, si simple et si net, que, quand l'àme le vit, elle en demeura tout étonnée et comme abandonnée en soi-même.
A la lumière de cette étincelle divine, ii semblait à l'àme que 1» foi n'avait plus lieu, car elle voyait ; que l'espérance n'avait plus lieu, car elle possédait ; elle ne ressentait que l'amour. Le nom de Jésus, prononcé par elle ou par d'autres, la ravissait pour ainsi dire hors d'elle-même.
Mais en même temps, à la lumière de cette étincelle de l'amour divin, l'àme s'aperçut que dans l'amour qu'elle avait eu pour Dieu jusqu'alors, il y avait encore de l'amour-propre. Elle demanda au. Seigneur ce que c'est que cet amour pur dont il lui avait montré une petite étincelle. Le Seigneur lui répondit qu'elle ne pouvait le comprendre en ce monde, attendu que cet amour pur n'est autre que lui-même, qui est incompréhensible en son essence, et ne peut être compris que par les effets.
0 mon Seigneur ! lui demanda un jour cette àme, dites-moi, s'il vous plaît, comment vous opérez en l'homme avec votre secret amour, dans lequel l'homme demeure près de vous, sans savoir comment, ni comprendre la manière dont il se trouve emprisonné par l'amour, avec un si grand contentement d'esprit.
Notre Seigneur : J'émeus avec mon amour le cœur de l'homme, et, avec ce mouvement, je lui donne une lumière par laquelle il connaît que je l'inspire à bien faire ; et, avec cette lumière, il s'abstient de mal faire et combat les mauvaises inclinations.
L'àme : Qu'est-ce que ce mouvement, et comment vient-il à l'homme, qui ne le connaît et ne le demande pas ?
Notre-Seigneur : Mon pur, net et grand amour, que je porte à l'homme, me meut à lui faire cette grâce de frapper à son cœur, pour voir s'il me veut ouvrir et me laisser entrer au dedans de soi pour y faire ma demeure et jeter dehors toutes les autres choses.
L àme : Qu'est-ce que cette grâce ?
Notre-Seigneur : Vois et considère les rayons du soleil, qui sont si subtils et si pénétrants, que les yeux humains ne les peuvent regarder, parce qu'ils en seraient éblouis et en perdraient la vue.
I Sri Ml PARTIS.
relfl sont les rayons de mon :imour. que {renvoie aux cœurs humains : ils font perdre à l'homme le gOâl ei la tue de toute- MM choses m mi '
lr-. : Comment titrée que ns*là viennent aux ce
des ii'Mni!
imme des flèches, lantôl .:i eelut-ei, tantôt ;i celui-là : Ils louchent i le cœur, l'embrasent et lefonl -.>u-
pirer ; et l'homme m- — -» i t ce qu'il veut ; mais, se trouvant bl d'amour, il ne saii rendre compte de >« » i même et demeure igné» rant et étonné.