‹ De l'ordre surnaturel et divinChapitre 23 sur 49 · X8 DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

X8 DEUXIEME PARTIE

cantiques, pin»' qu'elles s'étendent plus loin, embrassent plu? d'objets, «m ont une dignité toute particulière : ainsi le baptême est appelé illumination, parce que, par su sainteté, il surpasse toutes les autres illuminations; De même que Jésus-Christ a plusieurs nom- et des noms différents, ainsi ce don est nommé diversement, soit que ttOtls le fassions i eause de la joie qu'il produit en nous, car il arrivé que ceux qui aiment une chose lui donnent une foule de nom-;: soit que la multitude de S( - effets nous ait obligés île lui donner tant d'appellation-;. Nous le nommons don. grâce, baptême, onction, illumination, vêtement de pureté, bain de la r< nérttion, sceau, et nous l'appelons de tout autre nom plus excellent encore. Il est appelé don, parce qu'il esl accordé sans qu'on l'ait mérité : trràce, parce qu'il est donné à des pécheur- : baptême parce que par lui le péché e<t en-eseli dans l'eau; onction, parée qu'il e<t sacré et royal ; rar tout ce qu'on oignait était tel : illumination, parce qu'il est splendeur et clarté ; vêtement, parée qu'il couvre notre ignemmie ; sceau, parce qu'il nous conserve et signifie notre empire. Les deux le congratulent, les anges le célèbrent, parce que par sa splendeur non-; leur devenons alliés. Il est limage de la béatitude; nous voudrions le célébrer par nos hymnes et nos louanges, mais sa dignité est si haute que nous ne saurions l'atteindre. »

Saint Jean Chry-o-iomc fait remarquer que quelques chrétiens ne voyaient dan- le haptéme que la seule rémission de- péchés, landis, ajoute-t-il, qu'il renferme dix magnifiques prérogatives, i aj il nous rend libres, {listes, saints, enfant- de Dieu, héritiers de Dieu, cohéritiers de Jésus-Chris^ membres de Jésus-Christ, temple- et organes du Saint-Esprit d).

c Entre les dons du Saint-Bsprit, dit saint Thomas, le premiej

parait être celui de sagesse, et le dernier celui de crainte ; or.

tou< deux goni nécessaires au salut, parce que dan- le livre de la Sagesse, ehap. Vil, il est dit du don de sag< sse : Personne n'aime

Dieu, excepté Celui qui habite avec la sa .1 an-IT'.cch -i i-le

eliap. 1, il est dit du don de crainte : Celui qui e-t san- la crainte ne peut être jUStiflé. Donc |e> autre- don- intermédiaire* -oui ne

eesMires aussi mi salut.

■ Les dons du Saint Esprit sont certaine- perfections par lesquelles l'homme est disposé i bien suivre l'inspiration divine. D'où dm- les choses <>u l'instinct fle la raison ne suffit pasi mais

où D faut l'in-piration du Saint K-pnt. le don e-i a< ,

tmltfk ad Srofhytot.

îa raison de l'homme est parfaite sous deux rapports, selon la lumière naturelle de la raison, et par les vertus théologales. Et quoique cette dernière perfection soit plus grande que Ja première, cependant l'homme possède la première d'une manière plus parfaite ; c§r il est en pleine possession de la première, et n'a qu'une possession imparfaite de la seconde, puisque nous aimons et nous connaissons Dieu imparfaitement. Or, il est manifeste qu'un élre quelconque, qui possède parfaitement une certaine nature ou forme, peut opérer par elle, selon celte naiure ou forme, non pas néanmoins à l'exclusion de l'opération divine, qui opère intérieurement dans toute nature et volonté. Mais l'être qui possède imparfaitement une certaine nature, forme ou vertu, ne peut opérer par soi-même, s'il n'est mis en mouvement par un autre. Ainsi le soleil, parce qu'il est parfaitement lumineux, peut êélairer par lui-même ; mais la lune, qui n'a qu'imparfaitement la nature de la lumière, n'éclaire qu'autant qu'elle est éclairée. Ainsi le médecin, qui connaît parfaitement l'art de la médecine, peut opérer par lui-même ; mais son disciple, qui n'est pas encore pleinement instruit, ne peut opérer par lui-même, s'il n'est instruit par son maitre. Donc, de même dans les choses qui sont soumises à la raison humaine, par rapport à sa fin connaturelle, l'homme peut opérer par le jugement de la raison ; si cependant il est aidé de Dieu, même en cela, par un instinct spécial, ce sera l'effet d'une bonté surabondante. D'où selon le philosophe, quiconque avait les vertus morales naturelles, n'avait pas les vertus héroïques et divines ; mais, par rapport à la fin dernière surnaturelle, vers laquelle la raison nous meut, lorsqu'elle est de quelque manière et imparfaitement formée par les vertus théologales, le mouvement de la raison ne suffit pas, s'il n'y a de plus l'instinct et la motion du Saint Esprit, selon ces paroles de saint Paul aux Romains, chap. VIII : Ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, sont les enfants et les héritiers de Dieu. Et dans le psaume 142, il est dit: Votre esprit de bonté me conduira dans la terre de droiture, parce que personne ne peut parvenir à l'héritage de cette terre de bienheureux, s'il n'est mu et conduit par le Sainl- Esprit. Et c'est pourquoi, pour atteindre cette fin, le don du Saint-Esprit est nécessaire à l'homme.

» Les dons l'emportent sur la perfection commune des vertus,

non par leur nature, comme les conseils sur les préceptes, mais

par le mode d'opérer, parce que 1 homme est mu par un principe

plus élevé.

» Par les vertus théologales et morales, l'homme n'est pas telle-

t«H) PErXIEME PARTIE.

meni perfectionné par rapport à sa fin dernière, qu'il n'ait tou- Jours besoin d'être mo par un certain Instinct Bopérieur du Suinta rit (I .

• Pan- saint Jean, cbap. XIV, le Seigneur, parlant du Saint- ■ it. dii à ses disciples : Il demeurera chez vous et il aéra en

r, le Saint-Esprit n'est pas dans le* hommes sant aes dons ; donc ees dons demeurent dana lai bonunes : il- ne sont donc pas seulement <l<- acte-, nais encore des habitudes permanentes.

• Les dons flu Sa'mt-V.-prit Boni de certaines perfection* d« l'homme par lesquelles il est disposé a bien suivre 1 inspiration du Saint-Esprit. Or, il est mnnifc-m que les vertus morales perfectionnent la puissance de l'appétit, selon qu'elle parlicipi quelqne manière ;'i la raison, en tant qu'elle <'-i dispi laisser mouvoir par l'empire de la raison. De cette manière, les dons du Saint-Esprit, dans lea nommes, sont au Saint-Esprit comme les vertus morales, dans la puissance de l'appétit, >ont à la raison ; or. les Vertus morale-; sont certaines halutudes, par lesquelles les forces de Tapp^tH sont dis] i obéir proanjrtement à la raison 'formée par les ver ti» théologales) ; d'où les dons ilu Saini-1'.-prii soni certaines habitudes par lesquelles l'hojnwar est perfectionné pour obéir promptemeni au Saint-Esprit (2), »

I •• saint Docteur prouve ensuite que la chant. • c>i le prim dona du Saint-Esprit, comme la prudence l'est des vertus

morales : d'OU il Conclut qèe celui qui a la charité a loua las dondu SaInt-EsprH ; mai- que COI»! qui a ptrdu la chante, n'en |iu*. sède plu- aucun.

Ii'- vertus ou puissances surnaturelles sont nécesaaira

l'homme, pouf le mettre en rapport ;i\ee -i lin surn uni elle :

les unes, I intelligence ou le raison participe a la raison divine :

et, pur les autres, les |uu--anee> inférieures île h nature hum

<om soumises à la raison surnaturalisée : or. tes vertus au pm-- - mecs n'éloignent pas loto les obstacles au bien ci ne perfet li

nent pas pai lancinent le- facultés naturelle- de Illumine : dmic rhommea besoin en outre de quelque- autre- ha lu tilde- qui II

ni à ob< ir pi -on ip ie me m aux Inspirations du "-.uni I -put ; mais h ibitu les -«'tit les «ions iin Saint-Esprit : donc cesdons -ont né irca à l'homme. \in>u raisonne le Docteur ang< lique - I, après avoir rapporté quelques lestes de l'Ecriture, il cite ce*

p irole I \i istole : « lr philosophe dit au--i qu'il n'<il pas c\pcsurn , \, 2, q. fis, t. 2. — I I, 3.

dient, à ceux qui sont mus par l'inspiration divine, de se laisser conseiller par la raison humaine, mais qu'ils doivent suivre l'inspiration intérieure ; parce que le principe qui les fait agir vaut mieux que la raison humaine. »

Mais comment les dons du Saint-Esprit correspondent-ils aux vertus ? Ni les Docteurs de l'Eglise, ni les écrivains catholiques ne s'accordent parfaitement sur ce point. Voici ce qui nous parait de plus probable.

Il y a dans l'homme trois facultés principales, l'intelligence, l'imagination et la sensibilité. De ces trois facultés dérivent quatre autres qui le mettent en rapport avec les créatures, le discernement, le jugement, l'activité et l'appétit. L'exercice légitime de ces facultés donne lieu à sept vertus principales, la foi, l'espérance, la charité, la prudence, la justice, la force, la tempérance. Mais la grâce ne détruit pas la nature ; elle la perfectionne ; ainsi Dieu répand dans l'àme sept puissances surnaturelles et divines avec la grâce sanctifiante, afin d'ordonner l'homme à sa fin surnaturelle. Ces puissances étant encore imparfaites, il surajoute sept dons qui correspondent à chacune de ces puissances, et les disposent à se traduire plus facilement en actes ; ce sont les dons du Saint-Esprit. Reprenons. La première faculté qui est en nous, c'est l'intelligence. Par elle, la raison conçoit les premiers principes des choses, les règles primordiales du vrai, du beau et du bon, et il y adhère naturellement ; c'est la foi naturelle. Dans l'ordre surnaturel, les premiers principes sont les articles du symbole, certaines propositions de foi, desquelles se déduisent ou auxquelles se rapportent toutes les autres. Ainsi, par notre intelligence, nous acquérons la certitude de la révélation, et par la foi surnaturelle nous adhérons à toutes les vérités que Dieu a révélées, mais plus particulièrement à certaines vérités fondamentales qui supposent ou renferment toutes les autres. Par le don dintelligence, Dieu donne à tous les fidèles, même à ceux qui sont sans lettres, une foi si ferme et une clarté si grande dans les mystères, qu'ils aimeraient mieux mourir que de eesser d'y croire, et qu'ils en parlent quelquefois avec plus de précision et de profondeur que les hommes les plus savants. Ceux-ci, au contraire, quoique très-versés dans les sciences humaines, ne comprennent rien aux vérités révélées, quand ils sont dépourvus de la faculté divine de les connaître, de la vertu de foi et du don d'intelligence, et qu'ils les étudient avec la seule raison naturelle.

L'imagination est celte faculté par laquelle l'homme n'aperçoil

Ml \ll Ml PARTIE.

leutemenl les premiers principes ou connaît les rires en cuxméniesj mais saisit les ttppoan qui existent entre I >iru et les rri'.iimiN, et entre la créatures elles-mêmes. D'où u conclut ce qu'il doit <t peul faire. A-t-ii bien comptas ion principe, m naturel

lt ii;i Alors il voit qu'il peul atteindre le bo r i h«*i ir qui est s;i lin,

ci il l'espère : clesl l'esejatanee dans l'ordre naturel. Pat ni puis-

MMMC divine qui lui est communiquée, le chrétien acquiert ta

oee des vérisês de l'ordre surnaturel, et il espère obtenir

la \imm. la peesessidn el la jowasaace 'le Dieu. Le don di

solenos le presse I rechercher avant mut le peyaume de Diea et

, i n'estimer les biens de la terre que comme moyens

pour gagner le ciel, quelquefois même h s'en dépouiller i « > u t - .'* -

fait el à les rejeter comme un fardeau incommode qui retarde sa

e ver< l'éternité.

Quand 1 1 raison s connu les preauiers principes, et que l'ima-

on a - dsi le> divers rapports qui existent entre les être*, gq

' ■■> 'N. le creur les aime ou les hait, les attire à lui ou les re-

pcuseciç' efesi la vena île charité, par laquelle l'homme sa rend

conforme ;'i l'objet qu'il aime, nu s'efforce de se l'identifier. 1 ne

faculté surnaturelle analogue le porte animer Dieu parade!

lOUU I, :i aimer el .1 gOÙtCT les choses divines. Enfin, par le

ilon de sagesse, il n'aime plus, il ne recherche plus, il ne ironie

plus que ce qui est de l'onlre surnaturel : là seulement il trouve

If repos el le bonheur. Quelquefois même il est comme transp

- le ciel, il éprouve comme l'avant-gOÙI île la felieilc 008 hien-

reux. «De temps à autre, dit s;iiut Augustin, s'adressaot ;i

Dieu, tous répaadiai au fond de mou àmc un sentiment «le hon-

lieur si nouveau, une je ne s;iis quelle douecur, qui. si elle s'était

perfectionnée en moi, n'aurait plus été cette \iei1). »

Des (rois facultés principales qui sont d.ms l'homme, et qui impriment en lui l'image île Dieu, I intelligence, l'imagination et h sensibilité, nous avons vu procéder la foi, l'espérance ci la rite dans l'ordre naturel el surnaturel, puis les dons d'intellige

e qui leur correspondent. Mus de I 1 latassent quatre autres facultés destinées 1 diriger rhomtne I Ira» ce monde, et à le mettre en état d'accomplir tons -,,-> devoirs - n\ers le procb:iin et BBVeri lui inrine.

; uni l'homme 1 coi mu m fin, il cherche quels sont les moyens les plus propres pour \ arriver: il les examine, les discute, les

pèSC les uns ;ipres le- autres, les compare ,i\ee ses dispositions CI 1 . !.. 10, r. {u

ses goûts, et se détermine enfin à embrasser tel état ou telle profession ; c'est l'effet du discernement et de la prudence. Une fois établi dans l'ordre surnaturel et divin, Dieu perfectionne en lui cette faculté et cette vertu, afin qu'il sache se conduire toujours d'après les principes révélés, qu'il se détermine sagement dans tout ce qu'il fait ou entreprend. Le don de conseil lui est surajouté, afin que la prudence ne fasse jamais défaut. C'est pourquoi l'Esprit de Dieu inspire souvent aux âmes fidèles des desseins hardis, bien au-dessus de la raison, et que la prudence humaine traite de folie. La croix de Jésus-Christ n'est elle pas un scandale pour les Juifs et une folie pour les Gentils, tandis qu'en réalité elle est pour les vrais croyants la sagesse et la vertu de Dieu, la plus haute puissance et la plus profonde philosophie ?

Après avoir tout examiné, tout pesé devant Dieu, l'homme prononce; il juge de ce qui convient et ne convient pas, de ce qui appartient à Dieu et aux hommes. C'est la justice qui le porte à rendre à chacun ce qui lui est dû ; l'honneur, l'obéissance, l'impôt, à qui est dû l'honneur, l'obéissance, l'impôt. Cette vertu réparait dans l'ordre surnaturel, à laquelle Dieu surajoute le don de piété, qui fait que l'homme se porte volontiers à rendre à Dieu, aux personnes et aux choses sacrées, aux supérieurs et aux inférieurs, tout ce qu'il leur doit. Quelquefois il va bien au-delà de ce que prescrit la justice rigoureuse ; il devient généreux et comme prodigue de ses biens, de ses soins et de lui-même.

L'homme trouve en lui une certaine activité ou force, par laquelle il écarte les obstacles qui s'opposent au succès de ses entreprises, et surmonte les difficultés qui le traversent dans ses desseins ; mais, seule, elle ne saurait s'exercer que dans l'ordre naturel. Comme chrétien, Dieu lui donne une nouvelle force pour le rendre ferme et courageux au milieu des périls, et le prémunir d'une part contre la crainte et la pusillanimité, et de l'autre contre la témérité et l'audace. Le don de force y est encore surajouté non-seulement pour le soutenir dans le danger, mais pour l'élever au-dessus de lui-même, et lui faire porter la vertu jusqu'à l'héroïsme. Que d'exemples de ce genre nous fournissent tous les saints et surtout les martyrs!

L'homme se sent incessamment poussé, surtout depuis sa chute, par ses appétits grossiers, vers les biens de ce monde. Mais la vertu de tempérance lui donne d'user avec modération, de toutes les choses sensibles, de la réputation, des richesses, des honneurs et des plaisirs, dans l'un et l'autre ordre. Par le don de la crainte qui lui est surajouté, non-seulement il réprime tous les mouvements

I<U DEUXIEME l'MtTlE.

. mais il méprise même les plaisirs, le> honneurs 81 le> richesses, afin de conserver Bon .une plus pure et plus agréajble u I1 i; sa vie esl toute spirituelle et antrclique, tant il 984 maître iclinntions de la chair.

BLQOBS EFFETS DB BB9 RUISSANGES -i RN \ 1 IKH ( ' - M DIVINES, — LEUR HMiM'Mi.. — L'AME Dl CHRETIEN ESI US tNSTKI MENT DE Ml SIC

Hbssieum,

I ,is effets que produisent dans le chrétien les vertus et les dons du Saint-Es-prit s'appellent fruits ou béatitudes; fruits, lorsqu'ils «ont médiocres; béatitudes, lorsqu'ils ^out grands et nombreux :

car ou ne dit p:i-. heureux l'ouvrier dont le travail ne lui procure

qu'un léger salaire ; mais bien le cultivateur, quand ses travaux

sont récompensés par une abondante moisson. Cependant les uni

et les autres ne laissent pas que de procurer à l'âme de dou-

ractions. « la crainte du Seigneur réjouit le coeur d<

l'homme i . I orsque vous serez parvenu ;i cette heureuse perree*

tiun. <lit -iiiit Augustin, vous regarderez comme de la houe tous

les désira de ce monde, et vus pourrez Hue avec le prophète : Il

m*6St bon de m'attacher à Dieu (2). • Semblable à l'enfant qu'on

ré: il dédaigne le lait de m nourrioc, quand une fbiftla

goûte la douceur et le prix d'une nourriture plus solide et plus

substantielle. La douleur même de ses péchés réjouit l'Ame «\\t

pénitent, les larmes ai tel exercices de la moriitleaiion tout

délices.

md ta fruits des donj du Sakit-dEsprit soi i abondants, on tppelle béatitudes; mus ces béatitudes sont toujours imparfaites ici h;m, seul parce qu'elles ne sont pas encore complètes on . s,,it parce qu'on peut toujours les perdre.

i. — (i) .«*»». m*, ao... mm

Les béatitudes correspondent aux dons du Saint-Esprit, ainsi qu'il suit, selon la doctrine de saint Augustin (1).

La première , heureux les pauvres en esprit , parce que le royaume des deux est à eux, est un effet de la crainte du Seigneur, par laquelle le juste s'humilie respectueusement devant Dieu, méprise tous les honneurs et les biens temporels. Par pauvres d'esprit, nous devons entendre des âmes humbles et craignant Dieu, n'ayant pas l'esprit enflé. II a fallu que la béatitude commençât ainsi, parce qu'elle doit arrivera la suprême sagesse ; or, la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, comme, au contraire, l'orgueil est le commencement de tout péché. Les orgueilleux n'aiment et ne convoitent que les royaumes de la terre; mais heureux les pauvres en esprit, parce que le royaume des cieux est à eux.

La seconde, heureux les doux, parce qu'ils posséderont la terre, est un effet du don de piété; car il s'agit ici de la terre, dont il est dit : Seigneur, vous êtes mon espérance, ma portion dans la terre des vivants. Ce qui signifie une certaine solidité et fermeté d'un perpétuel héritage, où l'âme trouve son repos, comme le corps sur la terre, et d'où elle tire sa nourriture, comme le corps de la terre. Or, ceux qui sont doux cèdent devant la méchanceté, ils ne résistent pas à ceux qui leur nuisent, mais ils les surpassent pour le bien. Ceux qui ne'sont pas doux se querellent, au contraire, et se battent pour les biens de ce monde. Heureux donc les doux, parce qu'ils posséderont la terre, d'où l'on ne pourra plus les chasser.

La troisième, heureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés, est produite par le don de science. On pleure, quand on perd ce qu'on aime ; mais ceux qui se convertissent à Dieu perdent volontiers ce qu'ils estimaient beaucoup dans ce monde. Ils ne se réjouissent plus des choses dont ils se réjouissaient auparavant. Mais, jusqu'à ce que naisse en eux un vif amour des biens éternels, ils éprouvent toujours quelque tristesse. Ils seront donc consoles par l'Espril-Saint, qui est surtout appelé l'Esprit consolateur, afin qu'en perdant les biens de la terre, ils obtiennent une joie éternelle.

La quatrième, heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'Us seront rassasiés, nait du don de force. Dieu les appelle déjà les amants du vrai et inébranlable bien. Ils seront donc rassasiés de la nourriture dont le Seigneur a dit : Ma nourriture est

(I) De Sei-m. Domini in monte, lib. 1, c. 1, et scq.

de faire la volonté de mon Père, qui est la justice : et de cette eau, dont il «lit aussi : Quiconqut en ;mr;i bu, il > aura en lui une source dVau qui jaillira pour la vie éternelle. <>r. pour arracher ,rui- aux objets de ce monde, » i l'attacher toui entier à la justice, il faut une grande force d'àme.

cinquième, heureux tes miséricordieux, parce qu'ils obtienorde, vienl du <)< >n de conseil ; car le moyen !<• plus facile et le plus efficace, pour expier ses fautes et gagner le ciel, est de faire des œuvres de charité et de miséricorde.

La sixième, heureux ceux qui ont le cour pur. parce qu'ils verront Dieu, répond au don a intelligence. Combien donc sont ineux qui cherchent à voir Dieu par les yeux du corps, puisque c'est par le cœur qu'on le voit, comme il esi écrit : Cherchez-le dans l.i simplicité de votre cœur; or, un cœur simple est un cour pur. l>e même que la lumière matérielle ne peut cire vue que par des yeux sains, Dieu pé peut être vu qu'autant que la faculté de voir, c'est-à-dire le >i pure.

La septième, heureux 1rs pacifiques, parce qu'ils seront appelés les enfants de Dieu, procède de la sagesse. La perfection est dans la paix, où il n'y a plus aucune contradiction ; c'esi pourquoi les enfants de Dieu sont appelés pacifiques, parce qu'il n'y a plus rien en eux qui résiste à Dieu ; et, assurément, des enfants bien nés doivent porter dans toute leur personne 1 1 ressemblance «le leur père. < >r. ceux-là ont la paix en eux-mêmes, qui règlent tous les mouvements de leur âme, el les subordonnent à l'intelligence i i a l'esprit; après avoir dompté les convoitises de la chair, ils -< <m eux-nii'nn - le royaume de Dieu. Tout est si bien ordonné qu< les lens sont soumis à la raison, el la raison esl soumise à la vérité même, au Fils unique de Dieu.

I i huitième béatitude comprend les sept dons du Saint Esprit; elle n'est pas un nouveau degré de perfection, mais la marque qu'on possède l< - sept premiers. En effet, il est <lit : Heureux ceusx qui souffrent persécution pour lu justice, parce que te royaume des deux est à eux. Or, tous ceux dont nous avons parfé, le> pauvres < n esprit, les doux, les miséricordieux, les pacifiques, etc., souffrent rce qu'ils pratiquent tes vertus il hu-

milité, de douceur, de miséricorde, «le chante.

I i béatitude commence donc par l'humilité ; mais le chrétien

humlile cède dans toutes le- contestations, et il i -t doux ; mais il

- m- mot 'i ' e, ses bi< réputation, èl il

pleure; mu- l'esprit de Dieu le console, en lui montrant des

biens plu- solides qu'il doit rechercher avant tout, alors il a faim

et soif de la justice ; mais il ne se contente pas seulement d'être juste, il est généreux et plein de miséricorde. Ne tenant plus à rien, il reporte tout son amour sur Dieu, qui habile dans son cœur, le purifie et le renouvelle de jour en jour. Par là, il conserve en lui une paix qui surpasse tout sentiment, il est un véritable enfant de Dieu ; c'est pour cela qu'il est persécuté.

Ces heureux effets sont produits par les dons du Saint-Esprit. La crainte des jugements de Dieu rend le chrétien humble et modeste. Le don de piété le porte à rendre à chacun ce qui lui est dû ; mais, sachant que, par ses péchés, il a contracté de grandes dettes envers Dieu, il souffre, pour les expier, toutes sortes d'injustices, et il se montre doux à l'égard de tout le monde. Le don de science lui fait connaître les maux qu'entraîne le péché, et il le pleure ; et il ne se console que dans l'espoir que, après en avoir fait une sincère pénitence, il entrera un jour dans la joie de son Seigneur. Le don de force l'excite et le provoque à la pratique de toutes les vertus, et il a faim et soif de la justice. Le don de conseil lui fait voir qu'un moyen facile et sûr d'obtenir miséricorde de Dieu, est d'exercer lui-même la miséricorde. Le don d'intelligence lui montre que tout est vanité, excepté aimer et servir Dieu ; mais l'amour de Dieu purifie le cœur. Le don de sagesse lui fait goûter combien le Seigneur est doux, et placer son bonheur en Dieu seul ; ce qui lui procure la paix la plus douce et la plus constante.

Ainsi les béatitudes correspondent aux dons du Saint-Esprit, les dons aux vertus, et les vertus aux facultés de l'homme.

Mais pourquoi toujours ce nombre sept : sept facultés, sept vertus, sept dons, sept degrés dans les béatitudes, sept jours dans la semaine, sept notes dans la musique, sept sacrements, etc., etc. ? Il renferme évidemment quelque mystère ; car on ne le verrait pas se reproduire si souvent, surtout dans les choses fondamentales de la religion et de la nature. Voici, selon nous, quelle en est la raison.

Tous les êtres spirituels naissent, se développent, se constituent et se perfectionnent par la loi ternaire ; il y a en Dieu trois attributs opératifs et trois personnes, trois ordres d'anges et trois chœurs dans chaque ordre, trois facultés dans l'homme, trois vertus théologales, trois personnes dans toute société. Il en est de même des êtres matériels considérés d'une manière abstraite : les trois dimensions d'un corps, les trois nombres de toute opération mathématique, les trois lignes et les trois angles du triangle, les trois termes de la proposition, les trois proposi-

[>FT\!KMF PVKÏIP..

lion»; du syllogisme, lés trois principes* ries eérps, les lois «lu mouvement.

Le nombre quatre, M contraires affecta» la Matière considérée comme metk 1 1- : les quatre pointi cardinaux, ta Quatre saison! il.- l'année, les quatre côtés d'un corps, les quatre membres do rhomme, 1rs quatre degrés d'êtres matériels (tes minéraux, les taux; Ifs animaux, l homme), les quatre éléments au les quatre espèces de corps î selon les anCtenfe, l;» terre, l'eau, l'air, le ta : ci. selon les mbdernes, les solides, les fluides, le- gaxeurf et les infyondérabf

Or, |)nisi|ue rhomme est composé «l'un corps* <1 d'une âme et qu'il résume en lui-même le monde spirituel et le monda matériel, il doii être affecté du nombre sept, Bomme du nofttbn Iraii et .in nombre quatre. Il n à donc en lui trois facultés at trois \<rtns- principales qui l'ordonnent par rapport a Dieu, qui retracent en lui l'image et la ressemblance de Dieui Nnn< Brans récolMM ensuite quatre Facultés et quatre \rrm> qui l'ordonnent par rapport aux créatures, ci qui procèdent des trois première», Lei sept dons <lu Saint-Esprit correspondent à aes facultés ci à ces

\eilils.

Le soleil, qui est l'o-il du monde sensible, l'agrément du jour, la beauté du cielj de la nature, la jfloirc de la création,

sept rayons de lumière) est la plu- belle et la pins parfaite Image du 3 liiU-Bspril et de ses dons.

I i lumière, inedmpréhensible dam -on essenoej inexplicable

dans -., vitesse, nOttS parait une, indn isjldoet d'une seule couleur.

Cependant, elle se multiplie et se divise en plusieurs couleurs différentes, pour varier a l'infini le tableau de la nature entière, h ois huv-rn-cirl. le nx'me rayon du soleil est divisé par une goutte d'eau en sept couleurs principales : le rouge, l'orot le jaune, le \ert, le bleu, l'indigo, le violet, qui -ont dans les même- rapports entre elles que les sept notes de la musique. Réunies loiiir- les Sept, elles forment le Idane ; toutes altsnrb'

le noir, qui n'est ainsi que l'absence de toute couleur. Vinsi, le même rayon de lumière, absorbé, réuni, dii s< ra voir ci le

noir et le blanc, ci i, mies les couleurs qui remplissent l'eni

deux : im C de l.i lumière inerece. qui est la Me, le bien,

et qui éel oie loin bomme venant en ce monde. Ses divins rayons, abse • 1 1 1 1 1 1 • • annulés par l'un, ne laissent votrentultyua

i absence de la lumière, l'absence du bien, l'absenee de la vie, lei ténèbres, [c mal, la mort, (jdèlement réunis dans un autre. Mi > font le i l'image retseuiManu detoutc la splendeur^ 4e tome

la vie, de toute la perfection divine. Dans les autres, conservés en partie suivant les dispositions de chacun, ils font reluire des traits plus ou moins éclatants de l'éternelle beauté. Cette division et infinie variété de couleurs, liarmoniée avec le blanc qui les rassemble toutes, et le noir 'qui en est la totale absence, fait de la nature entière un vivant tableau où l'on ne peut admirer assez l'éternel peintre. Cette division et infinie variété de grâces et de vertus, combinées avec la splendeur des parfaits qui lesréunissent toutes, et les ténèbres du réprouvé qui n'en a gardé aucune, fera, de tout l'ensemble des intelligences créées, une ineffable harmonie, dont l'éternité ne suffira pointa considérer toutes les merveilles (4). Dans la saison des neiges et des glaces, la nature ressemble à un cadavre qui tombe en pourriture. A mesure que le soleil se rapproche de nous et nous envoie plus directement ses rayons, tout change de face ; la glace et les neiges fondent et disparaissent; la boue devient peu à peu une terre ferme et solide; toute la nature se ranime; les arbres et les plantes reverdissent ; les fleurs s'épanouissent et charment les regards par la beauté, l'éclat et la variété de leurs couleurs; les fruits se montrent bientôt dans toute leur maturité. Y a-t-il un plus magnifique spectacle que celui de la nature dans un beau jour de printemps, d'été ou d'automne ? Qui croirait que c'est la même nature qui attristait si vivement l'âme, quelques mois auparavant, par son désolant aspect? Qui donc a opéré un changement si subit et si étonnant ? Le soleil et sa lumière. Or, l'âme souillée par le péché est encore plus laide, plus hideuse, plus morte que la nature en hiver; mais à peine le Saint-Esprit darde-t-il les rayons de sa lumière et de sa chaleur sur celte âme sans vie, les glaces du cœur fondent et disparaissent; elle devient, de boue qu'elle était, une terre bonne et fertile; les vertus y poussent des racines, fleurissent et offrent bientôt des fruits délicieux au divin jardinier qui l'a cultivée. C'est un magnifique parterre d'où s exhalentles plus suaves parfums, un superbe jardin où l'on rencontre des fleurs et des fruits d'une va» riété et d'une beauté ravissante. Ce que nous en disons n'est rien encore ; car quelle comparaison pouvons-nous établir entre l'excellence de l'àme créée à l'image de Dieu et le monde matériel, l'escabeau de ses pieds ? Mais, si une seule âme l'emporte infiniment sur tout l'univers sensible, que sera-ce lorsque cette même âme sera ornée de la grâce sanctifiante? Ce n'est plus une beauté matérielle, ni une beauté spirituelle, mais humaine, quelque par-

(i) Histoire universelle de l'Eglise catholique, liv. 1.

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que paisse la supposer l'imagination la plus exaltée; c'est une beauté divine, la beauté étemelle de Die* communiquée à l'homme. Qui pourra jamais B'en taire une juste idi

I es dons du Sainl-Eapril forment une progression ascendante, m partant «lu don de crainte, qui eal le commencement de la sae, ii en finissant au don de sagesse, qui eal la suprême perfection, ci répond à la charité parfaite : ainsi en est-il des r.iyons de la lumière; le violet, qui est .< côté du noir, Bymbole delà mort. est l'image de la mortification et de la pénitence, par on le pécheur commence a recouvrer la vie. Le rouge, expression de la charité, esi a l'autre extrémité, et il est trente fois phii chaud que les autres rayons. Il exprime, à son pins baut degré, l'amour de Dieu que IT.-ptii-Saint allume dans le cœur de l'ame fidèle. Entièrement embrasée par la concentration de louseci rayons divins, cciic aine est transportée an ciel comme Klie dans son char île feu.

Mais, si non- y prenons garde, le- rayons intermédiaires et les antres dons du Saint-Esprit ont les mêmes rapports entre eux raii-ce là un effet du hasard T N'est-ce pas plutôt que les est

créées et visibles sont l'expre-sion lidele, l'image \i\;mte des cho

n visibles? Pourquoi le- justes brilleront-ils comme des soleils dans le royaume tics eieux? Pourqu i Dieu est-il lumière 1 Pourquoi le- aoges,lorsqu'ils sont apparu- aux hommes, etaient-ils environne- de luniit ' re : Pourquoi les vêtement] du t'.hrisi étaient ils

planes comme U neige, et sou visage resplendissant comme le soleil, lorsqu'il a laissé s'échapper quelques rayons de sa gloire sur le Thabor .'

L'âme, ornée de la grâce sanctifiante, participée la nature divine ; elle est constituée dans on étal surnaturel et divin. Muta

celte nature di\ , participée, devient eu elle le principe et la

racine des -epi puissances surnaturelles et divines, des trois \ertus théologales ci des quatre vertus cardinales. L'fisprilrëaint, en (allant de cette ame |OH Iciuple cl -a d< ■meure, MlFBJOUte | , |f pfjjg

-,in< i - ses propres dons, qui deviennent comme les principes moteurs de ces puissances : lui même leur commun! que la ■m*b>

\emcni .1 ion gré. L'âme déifiée par la fjràee est donc un in-tru-

meni de musique avei sept corde- et sept touches, ci r.u-u-ie toujours présent qui en lire des ions d'une harmonie divine, tout est déifié, 1 àoae, les I u ultés et se- vertus ; l'artiste est 1 1 prit de Dieu. Ces sept cordes rendent des ions différents <pii forment l.i gamme musicale. Lame lidele chaule donc mee--.unih la gloin de Dieu : elle chante tantôt sur un ton, t.mtol sur un

autre ; tantôt sur une note, tantôt sur une autre ; elle chante sa profession de foi, son bonheur futur et l'objet de son amour.

0 Dieu ! s'écrie-t-elle, je crois que vous êtes, que vous êtes par vous-même et de toute éternité. Vous embrassez tous les temps ; vous étiez hier, vous êtes aujourd'hui, vous serez demain ; vous êtes toujours, votre aujourd'hui est l'éternité. Vous avez dit, et tout a été fait ; vous avez appelé les étoiles, et elles ont répondu : Nous voici. Vous avez posé les fondements de la terre, vous avez tendu sur elle le cordeau pour en tracer le dessin et la mettre de niveau, vous avez affermi ses bases et en avez posé la pierre angulaire, vous avez mis des digues à la mer pour la tenir enfermée lorsqu'elle se débordait ; en sortant de vos mains, comme du sein de sa mère, vous l'avez enveloppée d'obscurité, comme on emmaillote un petit enfant ; vous avez établi l'ordre et les mouvements du ciel, et vous en connaissez la raison ; vous commandez au tonnerre et aux éclairs, et ils sont les ministres de votre colère et de votre puissance ; vous avez suspendu à la voûte des cieux les astres elles étoiles ; vous avez tracé à toutes vos créatures la route qu'elles doivent parcourir.

Vous avez parlé en vous même de toute éternité, et votre Verbe vivant et éternel a été engendré; c'est votre Fils, votre caractère, votre splendeur, votre image parfaite, que vous aimez infiniment, parce qu'il est la beauté infinie, et lui vous aime d'un égal amour. D'où procède l'EspritSuint, Esprit du Père et du Fils, amour, centre, lien de l'un et de l'autre ; fleuve immense, sans fond et sans rive, de vie et de perfection, qui sort d'une seule et unique source, qui se communique sans rien perdre. Gloire à Dieu, gloire au Père, gloire au Fils, gloire au Saint-Esprit. Père éternel, Père des miséricordes, vous avez pris l'homme coupable en pitié ; vous avez envoyé votre Fils unique pour le racheter. Verbe éternel, Dieu de Dieu, lumière de lumière, sans quitter le sein de votre Père, vous vous êtes fait chair dans les chastes entrailles de Marie; vous avez épousé la nature humaine, vous avez habité parmi nous; vous vous êtes livré pour être notre compagnon, notre rançon, notre nourriture, notre récompense. Qui racontera vos combats ? qui chantera vos victoires ? Par votre mort, vous avez vaincu la mort ; vous êtes entré dans votre gloire par la honte et l'ignominie. Assis à la droite de votre Père, vous intercédez pour nous; vous lui montrez les plaies sacrées de votre corps, et il laisse tomber les foudres qu'il tenait en ses mains et qu'il allait lancer sur nos têtes. Esprit éternel, amour du Père et du Fils, vous avez inondé des flots de votre divine lumière l'intelligence de vos apôtres et

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