‹ De l'ordre surnaturel et divinChapitre 24 sur 49 · DEUXIEME PARTIS · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIS

I iur cœur d'une flamme divine; voua sanctifiez l'Eglise,, i 'ii- purifiez les cœurs, \<>u- répandez vos dons sur tous les ûdè- Mi- ornez leur àroe «l«< vertus célestes, \ us m'avez dit, Seigneur : Ne crains point, parce que je t'ai c l'ai appelé de ion nom, lu m'appartiens ; lorsque ni traverseras les eaux, je serai avec toi, et les fleuves ne te couvriront point. Lorsque tu passeras à travers le feu, tu ne seras pas brûlé, : que je suis Jéhova, ton Dieu, ton Sauveur. Ecoute, Jacob, mon serviteur, el Israël quej'ai choisi : \ ">iii ce que ilii le Seigneur qui l'a formé d< - le sein de la mère, et qui esi ton Ne

crains point, mon serviteur Jacob, toi qui marches dans la justice et quej'ai choisi. — Pourquoi craindrai-je 1 eur est

moi comme un guerrier courageux ; ceux qui me poursuivent tomberont, il- seront confondus. Si je marchais au milieu ombres de la mort, je ne craindrais point, parce que vous avec moi, Seigneur. Us disent a mon âme; Il n'y a pas de salut en Dieu pour loi. Levez-vous, Seigneur, et sauvez-moi ; j'ai mis mon espérance ep vous, et je ne serai pas confondu. Vous ma lumière et ma force, qui craindrai-je ! Tourne-toi vers ton repos, moq àme. parce que le Seigneur t'a de bienfaits, il l'a arrachée à la mort, il a essuyi les yeux, affermi tes pieds contre la chute. Je i aimerai, Seigneur, vous êtes ma force, mon soutien, mon refi mon libérateur ; qn\ ai-il pour moi au ciel et sur la terre sans us avez tant aimé le monde, que vous lui avez donné Fils unique. Que ji vous aime ! Sejgneur, que je meure d'amour! \li ! qui, me séparera de la charité de Jésus-Chi

i H iliiilalion OU I ! la faim, la Sûi(, la mnlile. le

r, la persécution, le glaive : Mais l'amour sera victorieux en nous par celui qui nous a tant aimés. Non, ni la vie ni la mort, rien ne nous séparera de la pbarilé «le I»

Que vous dirai-je déplus, Seigneur? Vous êtes bon, j< suis méchant ; vous êtes pieux, je suis impie; vous êtes saint, je suis péi beur ; vous êtes juste, J*' "llis injuste ; vous êtes riche, je suis : vous êtes la lumière, je suis aveugle ; vous êtes la i m- la mort ; vous, êtes le médecin, je >m- le malade ; \ la joie, je -m- la tristesse; vous êtesla vérité, je suis la de universelle, comme lout homme vivant,. nue -m- jr. S< igneur, pour vous parler ' l n cadavre pourri, la nourriture des rert, un vase fétide, l'aliment du feu. Que suis-Jet lénébres, une lerre de malheurs, un enfant de ise d'ignominie, un fils de l'iniquité, une pauvri

«xtrême, un être qui meurt dans l'angoisse. Que suis-je ? aveugle, pauvre, nu, sujet à toutes les misères, ignorant mon entrée et ma sortie, mon origine et ma fin ; mes jours passent comme l'ombre, ma vie s'évanouit comme la fumée, comme la fleur qui croît sur sa tige et se dessèche aussitôt, fleurit maintenant, et se fane l'instant d'après. Je tombe d'une extrémité à l'autre ; je me réjouis, je m'attriste; je suis fort, je suis infirme; je vis, je meurs ; je parais heureux, je suis misérable ; je ris, je pleure. 0 Dieu, qui êtes la lumière, la voie, la vérité et la vie ; parlez, Seigneur ; que la lumière soit, et que je marche à son flambeau ; que la voie s'ouvre devant moi, que j'évite la chute ; que la vérité parle, et que je l'entende ; soyez ma lumière, ma voie, ma vérité, ma vie. Dirigez mes pas dans le chemin de la paix, et que j'entre dans le lieu de votre admirable tabernacle jusque dans la maison de Dieu !

L'àme fidèle chante ainsi les perfections de Dieu, ses opérations intimes, la génération du Verbe, la procession du Saint-Esprit, la charité infinie de l'Homme-Dieu, ses souffrances, sa mort, sa résurrection et son ascension au ciel. Elle chante les combats et les victoires de l'Eglise, le courage des martyrs, les travaux des apôtres, les veilles, les jeûnes et les macérations des anachorètes. Elle chante ses peines et ses douleurs, ses craintes et ses espérances. Chaque chrétien est comme une lyre touchée par le doigt de Dieu. Mais, parce que les uns sont plus parfaits que les autres, ils forment dans l'Eglise comme un orgue immense, composé d'innombrables jeux, qui fait entendre un concert ravissant pour les anges et pour Dieu lui-même. L'Evangile ne nous dit-il pas qu'il y a une grande jubilation dans le ciel, quand un pécheur reprend sa lyre, qu'il avait quittée, pour chanter les miséricordes du Seigneur et pleurer les égarements de sa vie passée ?

Mais ce que le chrétien chante sur la terre, n'est que le prélude de ce qu il chantera dans l'éternité. En effet, s'il conserve toujours en lui la vie divine, ses facultés, ses vertus, et même les dons du Saint-Esprit ne périront point, mais se perfectionneront par la mort. La foi, qui est une participation à la science de Dieu, sera la vue claire , la vision intuitive de Dieu par sa propre essence ; l'espérance, qui consiste dans le droit de posséder, sera une pleine et entière possession du souverain bien ; la charité sera consommée ; l'âme ne jouissait qu'en partie sur la terre du véritable bonheur ; elle en jouira pleinement dans le ciel. Ainsi la vision, la possession et la jouissance de Dieu ne seront rien autre chose, saint Thomas nous l'a fait entendre, que la récom-

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d de II f"i. <i< l'espérant e el de la chariu 1> loctrine de saint Paul et l'explication qu'en donnent

ton- l< - D< i h m- el tous les théologiens, les corps gloriPn - auront [re principales qualités, la spiritualité, l'agilité, l'impassibilité et la clard ; qualités qui correspondent aux quatre vertus cardinales d<nt nous avons parié. I si l'homme qui se livi l'intempérance se matérialise, l homme mortifié se spiritu se. I l'uni par rendre l'hommi même ici-bas. Par la vomi ustice, il devieni comme impassible au milieu des peines, reculions ei des tourments. La prudence luirait ouvrir les yeux ;i la lumière divine et marcher ;'i la clarté de soo flambeau. Il est donc manifeste que les qualités des corps glorifiés, la spiritualité, l'agilité, l'impassibilité et la clarté ou la gloire, sont ■ i la consommation des vertus de tempérée, de justice et de prudence.] i grâce est donc me l'éb mche de la gloire, el la gloire est la grâce pei fectionnée nsommee. 1 e chrétien dans l'Eglise, sur la'terre, esi l'entant dans le sein de sa mèr< : quand il meurt, il nail pour le ciel ; mais l'homme fait esl essentiellement le même que lorsqu'il n'était re né, mais seulement formé.

I <• chrétien ne doit donc jamais cesser <!<• chanter. S après la résurrection, mis en accord parfait avec celui de Dieu, chantera s< - i ternelles miséricordes. < >h ! qui nous donnera d'entend divine harmonie? Chantons avec l'EspritSaint les peines et les - de r* xil, afin de chanter avec lui la joie et nheur dans la patrie.

i r l HRl ni N N'A PAS QNB CERTITUDI tt III LA VIE DIVINE. — IL PEU! EN AVOIR LA CERTITUDE

Mi nui u,

Après ;»\<>ir exposé la do< u ine catholique louchant la justifii i lion it ses propriétés, nous devons réfuter les erreurs il< ^ hcnn quei -m le même su i

Les I nt que la fol qui justifie esl cette

par laquelle le fidèle croit que ses péchés lui sont remis par Jésus- Christ, et qu'une qualité essentielle à la justification est que tous peuvent et doivent croire, de foi divine, qu'ils sont justifiés ; et ils ajoutent que ceux qui n'ont pas cette foi n'ont pas reçu la grâce de la justification. Cette doctrine a été condamnée par l'Eglise.

Conclusion. — Personne riest tenu, sans un? révèlaiioyi spéciale, de croire, de foi divine, qu'il est justifié. Celte conclusion est de foi catholique.

Le saint Concile de Trente, session VI, chapitre 9, l'a ainsi défini : c Quoiqu'il soit nécessaire de croire que les péchés ne se remettent jamais et n'ont jamais été remis que par la miséricorde divine, gratuitement à cause de Jésus-Christ, il ne faut pas dire cependant qu'ils sont remis ou qu'ils l'ont été à aucun de ceux qui se vantent de cette confiance et certitude de la rémission de leurs péchés, et se reposent sur elle seule, puisqu'elle peut se rencontrer dans des hérétiques et des schismatiques, et qu'elle y rencontre, même de nos jours, où l'on fait valoir avec tant de chaleur, contre l'Eglise catholique, cette confiance vaine et éloignée de toute piété. Il faut aussi hien se garder de soutenir qu'il soit nécessaire que ceux qui sont vraiment justifiés doivent être euxmêmes dans cette créance ferme et tout-à-fait indubitable qu'ils sont justifiés, ni que personne ne soit absous de ses péchés et ne soit justifié, s'il ne croit fermement être absous et justifié, ni enfin que ce soit par cette seule confiance que 1 absolution et la justification s'accomplissent, comme si celui qui n'a pas cette croyance doutait des promesses de Dieu et de l'efficace de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Carde même qu'aucun fidèle ne doit douter de la miséricorde de Dieu, du mérite de Jésus-Christ, de la vertu et de l'efficace des sacrements, de même chacun, jetant les yeux sur soi-même, sur ses propres faiblesses et son indisposition, peut craindre et appréhender pour sa grâce, nul ne pouvant savoir, de certitude de foi, qui n'est sujette à aucune erreur, qu'il ait reçu la grâce de Dieu. »

El dans le canon 45e : « Si quelqu'un dit qu'il est nécessaire à tout homme, pour obtenir la rémission de ses péchés, de croire eertainement, et sans hésiter sur sa propre faiblesse et son indisposition, que ses péchés lui sont remis ; qu'il soit analhème ! »

Nu! ne peut en effet savoir si son cœur est pur. « Qui peut dire : Mon cœur est pur ; je suis exempt de péché (I) ? Il y a

(1) Prov., 20, 9.

m l imi mi: partie.

des justes el des sages, el teurs œuvres sont dans ta main de l>î*-u et cependant l'homme ne sait >"i I est digne (Tamonr nu .!«• haine i ...Ma conscience ne me reproche rien, mais je ne suis

pour cela justifié 3 Qui connaît les péchés ? Purifiez-moi,

icur, de ceux qui me sont cachés, 1 1 pardonnez à \ u* ceux qu'il ne connaît pas 3 ... Si vous considérez !<•«; iniquit. eur, qui subsistera devant vous (4] •

Sain) Gr< goire-le-Grand, int< Bœur Grégoria si elle

pouvait être certaine <ie la rémission de ses péchés, lui répondit : « Vous me demandez une chose difficile et en même temps inutile : difficile, ;i la vérité, parce que je ne suis p;i> digne que Dieu me -•• une telle révélation : et inutile, p irce que \<>u< ne devez p.iêtre ci rtainé «le la rémission de vos pècl

S tint Augustin s'écrie, a propos de ces paroles de I Ma

conscience ne me reproche rien, mais fe ne suis pus pour a \n justifie ; « L'homme, quoique saint, quoique juste, quoique a> daps beaucoup de vertus, est un abîme G . » Déjà 9ur ces pnroles : Mon âme *.</ troublée >'" • l dit : « Je sais que

la justice de mon Dieu demeure, mais j'ignore si la mienne demeure : car l'apôtre m'épouvante lorsqu'il «lit : Que celui qui pense être ferme prenne ^r;inl< de tomber. » Ailleurs, il dit eni « Quelque parfaite que -mi Ea justice de l'homme, il doit toujours craindre qu'il u'\ ail en lui quelque chose de répréhensfbfe et qu'il ne voit pas lui-même (7). »

[1 n'est donc personne qui puisse Bavoir, de roi divine, s'I digne d'amour ou de haine. Saint Paul déclare qu'il n'est pas Justifié, par cela que sa conscience ne lui reproche ri< S ! \ugustin, épouvanté par affirme que I sont un

abime à eux-mém

David el sainte Madeleine eurent sans doute la certitude du pardon de leurs péchés, le premier, quand le prophète Nathan lui en donna, de la pari de Dieu, l'assurance positive; la seconde, lorsque Jésus-Chrisl lui «lii que s< - péchés lui étaieni remis, p qu'elle avail beaucoup aimé. Mais quels sont les autres h qui D ait f;m la même révélation : Dans quel livre, dans qui i v< rset di rEcritun est-il dit que Martin Luther el Calvin sont justifiés «ii vanl Dieu I Sans doute, il esi écrit que celui qui aura invoqua le nom du Seigneur wra sauvé, que celui qui croira et si ri hîp*

ii . •-. i. (| ;. -- | Pu . iv i /',./.. un.

i | m/., U, i. 15. 7 1. 1.. it pcr/Wf.

tisé obtiendra le ciel, que celui qui aura observé les commandements entrera dans la vie. Mais ces promesses sont conditionnelles. Qui oserait, qui pourrait assurer qu'il a rempli toutes les conditions voulues, comme Dieu le commande ? Où est-il révélé dans l'Ecriture que Martin Luther est justifié, parce qu'il a invoqué, comme il convenait, le nom du Seigneur, parce qu'il a cru comme il devait croire, parce qu'il a observé tous les commandements ? Mais si cela n'est dit nulle part, comment Martin Luther peut-il croire de foi divine qu'il est justifié, puisqu'il n'y a aucune vérité de foi divine, selon Martin Luther, que celles qui sont expressément révélées dans l'Ecriture ? Mais s'il n'est dit mot de Martin Luther ou de Calvin, est il fait mention de quelques autres réformateurs ou de leurs descendants ? Les protestants se taisent sur cette importante question.

La tradition ne nous donne pas des renseignements plus positifs sur ce même sujet. Au surplus, ils n'en seraient pas plus avancés, puisque nos adversaires rejettent toute tradition.

Saint Jean Chrysostôme et beaucoup d'autres Pérès nous enseignent, d'après la doctrine et les exemples de Jésus-Christ, que l'humilité est le fondement de la vie chrétienne. Mais cette certitude absolue de la rémission de ses péchés et de sa propre justification, que nos protestants s'efforcent d'inspirer aux fidèles, ne serait-elle pas une cause certaine et comme une occasion infaillible de s'enorgueillir ? Notre infirmité est telle, dit saint Augustin, qu'une sécurité entière produirait certainement des sentiments d'orgueil en nous. Pour leur éviter une aussi périlleuse tentation, tous les pasteurs éclairés et pieux ne cessent d'avertir les fidèles de travailler à leur salut avec crainte et tremblement, comme l'a recommandé l'apôtre des nations.

Enfin, il est impossible de savoir, sans une révélation spéciale, si nous sommes vraiment justifiés, parce que nous ne saurons jamais si nous avons rempli toutes les conditions requises pour obtenir la justification. Quel est l'homme qui peut assurer qu'il n'y a au fond de son cœur aucun sentiment humain, qu'il croit, qu'il espère, qu'il aime, qu'il se repent de ses péchés, comme Dieu le veut ? Saint Paul brûlait d'amour pour la gloire de Dieu, il pratiquait la vertu au plus haut degré de perfection, il connaissait parfaitement les promesses de la nouvelle alliance, et cependant il déclare qu'il ne se croit pas justifié ; il tremble sur son propre état, il réduit son corps en servitude, il le cbàlic rudement, de peur qu'après avoir prêché aux autres, il ne soit luimême réprouvé.

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