‹ De l'ordre surnaturel et divinChapitre 26 sur 49 · I MEME PARTIS · texte numérisé non relu

I MEME PARTIS

sièm< ment, on connaît une chose d'une manière conjecturale quelques ei quelqu'un peul connaître ainsi qu'il a la gi

■ ut en Dieu, - il mépriae les choses de ce monde, inscience ne lui reproche aucun péché mortel. D'après cela, on peut comprendre ee qui ,M dit ;iu ehap. I «le l'ÀfM rypse : Je donnerai au vainqueur une manne cachée, que personne ne Bail, excepté celui qui lu reçoit, parce que celui qui la ii la connaît par une certaine expérience de douceur, que ■'éprouve pas celui qui ne la reçoit pas. Cependant, cette coonaissaiiee est imparfaite. D'où l'apôtre dit,,Iw Bpitre aux Corinthiens, chap. IV : « Ha conscience ne. me reproche rien, mais j< nr -ii 3 i ifi pour cela justifié : parée que, comme il est «lit au

psaume Wlll : Qui comprend les pcohe - '.' l'iuitie/.-moi des faute»

(]"i me sont cachées i) ? »

Il \ .1 doue trois signes principaux par lesquels on peut avoir la certitude morale et non absolue qu'on esi en grâce avi

I e premier es! la joie qu'on goûte dans le service de Dieu. | il est impossible que le pécheur trouve Bon plaisir à servir Dieu ;

il -eut Pieu, au fond île sa COBSCienoe, que Dieu le repousse, qu'il \ .i un mur (le séparation entre lui et Dieu, qui s'offre .i sa p< eomrne juge plutôt que comme père. H est à présumer qu'il doit tare bien avec Dieu, celui qui aime tout ee qui tient à son service, qui iitiuse s,)n bonheur à observer ses commandements, ■• lf prier, a le bénir, à faire connaître ><>n nom.

pendant il en est beaucoup qui sont vraiment pieux, justes 1 1 Mêles, ei qui sont privés oV ces douceurs sensibles que Dieu verse quelquefois si abondamment dans lame de ses serviteurs.

Dieu |, g traite durement pour leur faire expier leur» li

on pour les rendre plu- détachés d'eux-mêmes, plu- humbles et plu» désintéressés dans son service. Mais, bu milieu <i<

it n'esl pas tellement enepe que le Bdéle ne puisse Le découvrir. Car la conduite du est bien différente de celle du pécheur. Le just< ne un malade qui a pi ut les aliment-; il déplore Bon

et.it. cherche 'le- remèdes, et -e montre docile a toute- h - ordonnanee- .|. son médecin spirituel. Dans cette pauvreté ei cetu eberessc Me cœur, H s'humilie de plus en plu- devant Dieu, force île purifier sa conscience, prolonge sa pri< re, toute froide ei insipide qu'elle im paraisse. Mo- qui donc opère en lui de m blables effet-, -mon le Saint-! sprit, dont il esl écrit : II ai. le nom

(I) i MJ. •. 5.

VINGT-TROISIEME ENTRETIEN". 2tt

faiblesse et il prie pour nous par des gémissements inénarrables ? Au contraire, dans une semblable tentation, le pécheur oublie Dieu, recherche des consolations humaines et terrestres, abandonne la prière et ses autres exercices de piété, omet ou n'accomplit qu'avec négligence les œuvres satisfactoires que son confesseur lui a imposées. 11 est donc probable qu'il n'est pas malade, mais qu'il est mort devant Dieu.

La seconde marque qui nous fait reconnaître la présence de la grâce dans une âme, est le mépris des biens de la terre. On ne peut pas servir Dieu et l'argent ; la charité et l'amour du monde sont deux choses aussi inconciliables que le chaud et le froid, la santé et la maladie. Comme le chaud chasse le froid, la charité bannit la cupidité, et l'âme qui la possède n'est plus travaillée par l'ambition, l'orgueil, le désir d'amasser des richesses. C'est ainsi, dit saint Augustin, qu'on reconnaît les enfants de Dieu et les enfants du siècle, les citoyens de la Jérusalem céleste, qui a pour chef Jésus-Christ, et pour loi la charité, et les citoyens de Babylone, dont le prince est le diable, et la loi la cupidité. Tous, ajoute-t-il, remplissent également nos temples, reçoivent le même Baptême et le même sacrement de Pénitence, mais d'une manière bien différente. De même qu'autrefois Dieu se servit de la même matière, de l'eau, pour produire les oiseaux et les poissons, mais -leur donna une forme et un caractère différents ; que les oiseaux s'envolèrent dans les régions élevées, et n'en descendirent que pour satisfaire les besoins de la faim et de la soif, tandis que les poissons descendirent dans les profondeurs des eaux pour s'y jouer et s'y reposer, au point qu'on ne saurait les en retirer qu'avec violence ; ainsi les justes, devenus, par le sacrement de Baptême ou de Pénitence, de nouvelles créatures en Jésus-Christ, ne recherchent plus, ne goûtent plus les choses d'en bas, mais les choses d'en haut; leur conversation comme leur bonheur est dans le ciel; ils usent de ce monde comme n'en usant pas. Les pécheurs, au contraire, ont tellement concentré leurs affections dans les biens de ce monde, qu'ils ne désirent qu'une seule chose, d'en jouir éternellement.

Le troisième moyen de reconnaître qu'on est justifié devant Dieu, est d'avoir une telle horreur pour le péché, qu'on ne reste jamais avec une conscience souillée d'une faute grave, et qu'on déteste sincèrement les fautes légères. De cette crainte et de cette douleur du péché, on peut conclure qu'il y a dans l'a me un principe de vie spirituelle, et que le témoignage de la conscience n'est pas l'effet de la stupidité, de l'ignorance, de l'aveuglement de l'es-

i X1EME l'VRTIE.

prit ou de l'endurcissement du cœur, mais de la droiture et de la Justice donl «-II»" esi ornée. Car la douleur, eomme le remarque Augustin, m" provienl que du combat que se livrent le bien mal. lanl qu'un médecin coupe ce qui es( pourri, le malade ne sent rien et n'éprouve aucune douleur ; mail dès qu'il tranche le vir, il jette de hauts cris el m* sauraii supporter la douloureuse opération qu'on lui fait subir. Don il suit que ce membre n'est pas entièrement e.'uô, mais seulement malade, et qu'il faut le r. Pourquoi le médecin spirituel ne porterait-il pas le m mont sur le chrétien qui a le ; éché i d horreur, qui fuit a\ec asions <lo chute, combat av< i i ourage et feim au moment des plus violentes tentations, et gémit sincèrement sur sa lâcheté, lorsqu'il bc sent blessé même légèremi

assurément, rien n'est plus Bage que celte doctrine eatholique, rien n'est plus propre à garantir k chrétien de deuz excès dans lesqui Is il si pn cipi e volontiers, la présomption el le désespoir; elle lui dit : Ne rompt- ir \^w*' justice éternelle ni mit

vos bonnes œuvres i toujours humble, et travaillez à votre

inte et sans relâche; vous ne pouvez avoir la ceru> tude que vous e sanctifiante, la vie divine. Cepen-

dant, nuance, car Dieu ne vous manquera pas, si vous ne

lui manquez le premier. Si nous trouvez votre bonheur a sertir Dieu, -i moi- méprisez !<• monde et ses faus Mens, si votre conscience ne vous reproche aueufl péché mortel, et si vous déu même vos fautes légères, demeurez en paix ; p< pieux si ntiments, et \<>u- Berez oertainemenl sauvé. Il % .1 I c incertitude du salut procure au chrétien l'oc-

k rir de plus i n rit* s devant Dieu :

confier totalement à quelqu'un, sans être certain de ce qu'il fera do nous c est faire •!«• lui l éloge le pius complet et le plus parfait qu'il soit possible d'imaginer ; c'est publier hautement qu'il est puissant, bon. g< néreux, et qu'il l'est a un degré que la parole ne lit exprimer ; c'est la plus grande gloin que nous puissions rcpdre à quelqu'un. C'est donc pour nous élever nous-m» i haut qu il nous est possible, que Dieu ne non-, lionne p lue de notre justification.

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