LES ACTES DE L'HOMME SURNATUREL ONT UNE CERTAINE VALEUR
Messieurs,
Nous avons démontré et d'une manière, ce nous semble, incontestable, que, par la justification, l'homme est complètement renouvelé et qu'il acquiert, par une vraie et réelle participation à la nature divine, une qualité qui le déifie. Cette nature participée est en lui le principe et la racine de puissances surnaturelles et divines, qu'on appelle vertus et dons infus, parce que Dieu les répand dans l'àme par une bonté toute gratuite. Cependant, l'homme étant régénéré, non pour la possession actuelle de la gloire, mais seulement pour l'espérance, il ne saurait avoir la certitude absolue de sa propre justification, mais bien une ferme confiance propre à tranquilliser sa conscience. Il peut perdre cette grâce, il est vrai ; mais cet inconvénient est compensé par un avantage beaucoup plus grand, car il peut aussi l'augmenter et progresser dans le bien. 11 nous reste une troisième question à examiner, la valeur des actes de l'homme surnaturel et divin.
L'homme juste, sanctifié par la grâce habituelle qui est inhérente à son âme, ne devient pas seulement héritier de la vie éternelle, dont il a en lui-même un gage très-certain, mais transplanté en Dieu, enté en Jésus-Christ, dont il est un membre réel, il porte pour Dieu des fruits qui sont ses œuvres. Saint Paul les appelle les fruits du Saint-Esprit, et il les énumère dans son Epître aux Calâtes ; ce sont : la charité, la joie, la paix, la patience, la bénignité, la bonté, la longanimité, la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté. La grâce sanctifiante est en effet comme une semence ou un germe que Dieu a déposé dans le cœur du juste, qui se développe ensuite, et produit des opérations saintes et divines, qui le font croître et grandir dans la jus-
Hl mx\u mf: parti*.
lire qu'il n reçue, . i perfectionnent <le jour en jour sa couroum d'immortalité, eo \ ajoutant des diamants, des rubis et toute sorts d'ornements précieux, Or, e'esi en quoi consiste proprement la valeur des actes ou le névite. Ceuie valeur i pour principe. la < habituelle et actuelle qui nous Bat conférée gratuitement par les mérites de Jésus-Christ, et pour terme la vis « temelle, moyennant une mieio coopération à toutes li ultérieures que le juste acquieri dans Péttrt de grâce. Bo un mot, la valeur des ai de l'homme surnaturel est telle, qu'elles peuvent lui mériter un bonheur infini.
Il n'eu ési pas de même dans le sysèème dea protestants.. Suivant leur doctrine* lajuatiee de Jésus-Chris^ qu'on appréhenda par la foi, est purement extérieure et seulement imputée ; » • I i pénètre pas la partie intérieure de rame et oc le traosp de Pétai du péché dans l'étal <le justico, mais elle laisse subsiste! le péehé au fond di ion oœus avec tomes ses suites. D'où il arrive que le péehé originel reste toujours dans l'âme du inme
une certaine substance totalement mauvaise, <pii le corrompt* lui et tontes ses opérations. Il se manifeste toujours, avanl el après la justification, par les péchés qu'il fait commetun les
aetions soni donc <l< - péohéa>; car ou ellea sont mauvaises par elles-mêmes et proviennent de la eoneupiseenee, et M SOJtJ è|S péchés ; se elles sont bonnes en elles-mêmes, parée qu'elles ont pour principe la grâce ou le âaint-Espril qui n^it n- ntenl
dan les justes : mais, esusme elles sont faites par un homme infeeté «lu péché, ai pcoinitea en quelque manière par une sujbsr tance mauvaise, elles sont ein.ue neeessairemeiii des pécto mui «le i.i i que le fidèle ne muraii mériter la vie éternelle ni une augmentation de gloire par la grues sanctifiante, puisqu'il n'a
lis intérieurement eer que les bonnes oii\i<
servent a rien pour la vie éternelle, si que tous se rapport sMsj seul parfaitemeni inutiles. Nous damna, sous es rapport, oar bas protestants prétendenl que les bonnes œuvres sont utâles an tant qu'.u. > manifestent extérieurement que la r«>i au la fustiea imputée au* justes el DUS élus V «mi il est impossible aux justes d'observer les commandements de Dieu; enr, puisque le péehé •Mirl demeure toujours en eux, se manifestant eoniinin lUineut, par des pé< lus actuels-, par les mouvements même indélihùrés >l« ncupiseenee el qu'il les |,,r«e nécessairement a commettre de nouvi iux péchés, le juste ne saurait s'abstenir ilu mal. m pu eons« i|u« «i oliscncr les commandements de Dieu : V île là vient aux | cite vive horreur qu'ils ont pour le nom même
de mérite. D'après leur doctrine, il n'y a pas d'autre mérite que celui de Jésus-Christ. Vouloir en admettre un autre, c'est anéantir la croix de Jésus-Christ, c'est tomber dans une présomption et un orgueil qui détruisent l'humilité chrétienne. C'est pourquoi ils se considèrent devant Dieu comme des hommes toujours souillés et immondes ; mais, appréhendant les mérites de Jésus-Christ par la foi, ils acquièrent la certitude absolue que leurs péchés ne leur sont pas imputés. Telle est l'origine de leur confiance ou de leur entière certitude d'obtenir la vie éternelle, nonobstant les plus grands crimes.
On distingue ordinairement dans le monde deux sortes de salaire ; l'un, qui est dû en toute justice ; l'autre, que réclame seulement une certaine convenance. Un propriétaire fait une convention avec un architecte ; celui-ci s'engage à bâtir une maison d'après un plan donné et pour une somme déterminée. L'architecte exécute son plan, et il a droit au prix convenu. Mais s'il a ajouté quelques embellissements, il ne peut légalement rien réclamer pour son salaire ; seulement il convient que le propriétaire lui fasse quelque gratification pour ce surplus, qui tourne à son profit.
Dans l'ordre surnaturel, on distingue pareillement deux sortes de mérite ou récompense ; l'un de justice, quand la récompense est due en vertu des lois mêmes de la justice; l'autre de convenance, lorsque la récompense n'est point fondée sur la justice et qu'elle n'est qu'une espèce de gratification.
Conclusion. — Les justes, par des bonnes œuvres faites avec les conditions voulues, méritent vraiment et par justice la vie éternelle, et même une augmentation de gloire. Cette conclusion est de foi catholique.
Le Concile de Trente a défini clairement cette importante vérité, session VI, canon 32e : « Si quelqu'un dit que les bonnes œuvres de l'homme justifié sont tellement les dons de Dieu qu'elles ne soient pas aussi les mérites de cet homme justifié ; ou que par ces bonnes œuvres, qu'il fait par la grâce de Dieu et par le mérite de Jésus-Christ, dont il est un membre vivant, il ne mérite pas véritablement une augmentation de la grâce, la vie éternelle et la possession de cette même vie, pourvu qu'il meure dans la grâce, et même l'augmentation de la gloire ; qu'il soit anailicine. »
Et au chapitre 1Ge : • Les hommes étant donc justifiés de cette manière, soit qu'ils aient toujours conservé la grâce qu'ils ont reçue, soit qu'après l'avoir perdue ils l'aient recouvrée, il faut leur proposer cette parole de l'apôtre: Appliquez-vous déplus en plus
DEUXIÈME PAÎ1 à (outra snrtrx dr bOQMt QMfVTfJ, sachant '/no tùttt îr IVail Ht sera
potMl mtii /"rm/ drrattt ir Seigneur ; ont /' paùil injuste
y nu/ilirr mm Donnai amorti et ru nues /"/'{ ;>a-
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mpentée d'un grnkdprix. C'est ni i»<i qu'il faut propose!
la vie éternelle A eeui «pii travailles! bien Jusqu'à ht Bu et «pii rem (mi Dieu, «i comme m» miséricordieusemeni pro-
■ hi\ enfanta de Dieu par Jésus-Ghvisi, ei eomme une réoeah-i l nse qui, selon la promesse de Dieu même, doii être fidèlement rendue à leurs bonnes oeuvres et ;< leurs mérites. C'esi cette couronne de [usUoe que l'apotre di>:iit lui être réservi e 6 la fin di
nrse et de son combat, pour lui être rendue par le juste Juge, ei
MMiltMiltMil ;i lui. unis ;'i Omis ceux ipii ;iimenl -un ;nénement.
Jésus*€hrist lui-même répandant continuellement dans le*
- le- influences «le sa venu, comme la tête dans ses metsJJrea et le cep dans ses branches, «i cette verve précédant et aceompa
ni toujours les bonnes œuvres, qui sans elle»; ne pourraient «mi a ne manière être agréables .1 Dieu ni méritoires, nu doit tenir
• certain qu'il ne manque plus rien ;i ceux qui ><uu justifiés, être censés avoir, pat oee bennes oeuvres faites eu la varie
Dieu, pleinement satisfait l\ la loi divine selon l'état de> la iia nte, 1 1 avoir véritablemeni mérité la vie éternelle pour l"ont uir -mi -nu temps pourvu toutefois qu'ils meurent dans la gt
■ .1 ce BUjef que Noire-Seigneur Jésus-Christ dit: Si qu-h/u'un
l ■ /■• I mu qU$J4 fui dminera-, il >•' Blltfd jumms soif . tendra en fui uns toutee d'eau oui jaillira ju^/n'à la
>us ne prétendons pas ainsi que notre justice non» soif pre comme de nous-mêmes : noua ne dissimulons ni n'excluons la justice de Dieu ; car h même qui esl appelée noire fus
• que< inhérente <mi nous, elle non- justifie, esl aussi celle de h eu, parce que Dieu la répand »mi nous par le mérite île Jésus- Christ. Mais H ne faut pas émettre ici, qu'encore que dans le*
étires les sonnes œuvres soient mises n un si haut prix. lésus'Chrisl lui-même promet que celui qui donnera seule» ni un verre d'eau froide a boire nu moindre des siens, ne de impense, et que I'ap6lre assure que les Bfflie-
- ^i courtes et -1 légères de la vie présente nous produisent le I tids éternel d'une sublime cl incnmpnralilc ploire ; tmitefn
1 ne plaise <p"' ''' chrétien se confie ou se glorifie en lui même,
m dans le Seigneur, doni la bonté 1 rende envers tous
. .put veuf que les doua qu'il leur fait soient l< urs
les 'lt. nmme m >us lu* meoup icun
doit avoir devant les yeux la sévérité et le jugement de Dieu, aussi bien que sa bonté et sa miséricorde ; et nul ne doit se juger, quand il ne se sentirait coupable de rien, parce que toute la vie des hommes ne sera point examinée ni jugée par le jugement des hommes, mais par celui de Dieu, qui produira dans la lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et découvrira les plus secrètes pensées des cœurs ; et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due, et Dieu, comme il est écrit, rendra à chacun selon ses œuvres.
Cet exposé de la foi catholique nous parait admirable de force, de clarté et de précision. Non seulement le Concile définit que les justes méritent véritablement, par leurs bonnes œuvres, la vie éternelle, mais il en donne encore la raison, savoir, leur union avec Jésus-Christ qui est pour eux la sève et la vie, comme la tête au corps et le cep aux branches, en sorte que le bonheur des élus est à la fois un don et une récompense, parce que la justice de Jésus-Christ devient nôtre ou nous devient personnelle , lorsqu'elle nous est appliquée. Les fidèles ne doivent donc pas se glorifier en eux-mêmes, mais en Dieu ; et, tout en bénissant sa miséricorde, ils doivent toujours craindre sa justice.
« J'ai combattu un bon combat, dit saint Paul, j'ai consommé ma course, j'ai gardé la foi. Il ne me reste plus qu'à recevoir la couronne de justice, que le juste juge, le Seigneur, me rendra en ce jour ; non seulement à moi, mais à tous ceux qui aiment son avènement (1)... Chacun recevra sa récompense selon son propre travail (2)... Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans la lice, tous courent à la vérité, mais un seul reçoit le prix (5) ?... » Par ces paroles, l'apôtre nous montre la vie éternelle comme une couronne de justice, comme un prix obtenu par le vainqueur, comme un salaire ou une récompense obtenue par le travail. Or, un salaire, une récompense, un prix, une couronne de justice ne doivent s'accorder qu'à ceux qui les méritent.
« Nous estimons précieuse, dit saint lrénée, la couronne qui nous est acquise par le combat (4)... L'homme, ajoute saint Basile, se sauve par des œuvres de justice (5)... Tous deux , nous dit -;iint Clirysoslôme, c'est-à-dire le juste et le méchant, reçoivent l;i selon leurs mérites ; l'un, les couronnes de sa patience et de sa résignation, l'autre, les supplices et les peines de sa méchan-
(i) II. Tim., 4, 7. — (2) I. Cor., 3, 8. — (3) Ihid., 9, 2i.— (i) Contru hœres., lib. 4, c. 37. — (5) Lib. de Sphït. SânctOj c. 24, n. 5<i.
M DE! XIKMK PARTIE.
(li .. Terfullien en donne la raison : ■ L'ordre n'est rieo autre chose que li justice rendue jeton i«* mérite : or. puiaque dm
nui -:i.-.h rp-, il faut doue qie toi -■uent
disposés selon l'ordre, afin qu'il puisse \ avoir mérite - . » Kt Cyprien : * Four que quelqu'un poisse mériter Dieu, ton
. il faut qu il pratique la justice : noua détona obéir a m |»rt*eeptei et I mi avertissements, pour que nos mérites reçoivent leur récompense 3 ... I.ntin sain) Augustin : « Est-ce que !<•> juste- n'ont point île mérites I assurément ils en ont . puisqu'ils août
s. Mais ce n'est point par leurs mérites qu'ils sont deventja fastes '«■>... La vie éternelle est tome récompense, el la prora qui non- en n été fuite non- réjouit. La récompense ne peut précéder If- mérites, ni être accordée à l'homme, avant qu'il en soit i' M'i \ .1-1 il de plUS inju-te .' et qu'v a-t-il de plu-
qne Dieu t Noua ne devons donc pas demander la récompense,
n que non- méritions de |f recevoir ffl). •
Ton- i< - Pères île lï.di-e, en commentant les parolt l'iinl, enseignent unanimeraenl que lu vie éternelle ton-
no qn';i ceux qui l'auront méritée par leurs bonnes
I c- justes ne -alliaient, disent les protestant-, mcrilcr la
éternelle, par leurs bonnes oeuvres, parce qu'ils demeurent ion*' jonrs viciés, même après avoir reçu la justification, et qu'ainsi
leur- action- BOIU tonjonr- de- péchés. Mai- ce principe est l'aiix.
noua l'avons prouve ; la conséquence Pest donc aussi. I 'Immbém est formellement ci personnellement juste ; donc ses actions | vent » ire méritoii - init Paul non- avertit qu'il faut «pie non- nous présentions
ion- devant le tribunal de JésUB-GhrtSt, nlin que « liacnn rende
compte de ce qu'il a lait pendant sa vie. Or, si l'homme ne peut
rien mériter, il ne -aurait non pins démériter. A quoi bon le juin ' S il n v a plus ni bien m mal, eonimcnl pouvoir en KSH
due compte 7 Ainsi lea protestants, en détruisant le mente.!
fondent le bien avec le mal, on plutôt nient l'existence du bien el
dn md. anéantissent la liberté ci h sanction de la loi chrétienne . partant, plu- de bu. C'est toujours le but final de la doctrine pro-
leslaule.
|i. n. tant il- non- objectent sur ce point plusieurs difth uli
1° Ils disent que, selon l'Ecriture et les Pères, la vie éternelle est un don et une grâce ; donc elle n'est pas une récompense.
Nous confessons volontiers que Dieu couronne les élus dans sa bonté et sa miséricorde, que la possession du cielest le donle plus précieux, la plus grande de toutes les grâces, puisque c'est la consommation même delà grâce; que, quand nous aurons accompli tous les commandements de Dieu, nous sommes encore des serviteurs inutiles. Mais la vie éternelle ne peut-elle pas être à la fois une grâce et une récompense, un don et un salaire? Si l'apôtre a dit que la vie éternelle est une grâce, il a dit aussi que Dieu rendra à chacun selon ses œuvres ; la vie éternelle à ceux qui cherchent la gloire, l'honneur, l'incorruption ; la colère et l'indignation à ceux qui aiment la contention.
11 est vrai qu'après avoir servi Dieu de notre mieux, nous serons encore des serviteurs inutiles, parce que, quand même nous aurions accompli toute la loi, nous n'aurons jamais fait pour Dieu autant qu'il a fait pour nous, nous n'aurons pas même payé nos dettes. Mais, en rigoureuse justice, celui qui ne fait que payer ses dettes ne mérite aucune récompense. Le bonheur du ciel est donc un don de Dieu, parce que ce don et toutes les grâces par lesquelles nous pouvons le mériter nous sont accordés gratuitement; mais il est aussi une récompense, parce que les justes ne l'obtiennent que par une coopération fidèle et constante à la grâce.
2° Prétendre qu'on peut mériter la vie éternelle, c'est déroger à la gloire et aux mérites de Jésus-Christ, et anéantir la vertu de la croix; car si, pour obtenir le ciel, il fallait des bonnes œuvres de notre part, nous accuserions d'insuffisance les mérites du Sauveur.
Les mérites de Jésus-Christ sont plus que suffisants pour nous sauver ; c'est lui seul qui nous a mérité le pardon de nos péchés, la justification, le ciel et toutes les grâces par lesquelles nous pouvons y arriver. Mais il nous a mérité tout cela sous la condition expresse que nous coopérions nous-mêmes à sa grâce, que nous accomplissions avec sa grâce tous ses commandements, afin d'obtenir le bonheur du ciel à la fois comme don et comme récompense.
3° Les justes ne pourraient mériter le ciel par leurs œuvres, qu'autant qu'il y aurait quelque proportion entre ces œuvres et la récompense ; or, saint Paul dit qu'il n'y a nulle proportion (1).
(1) Rom., 8, 18.
DEUXIÈME PARtlE.
D'ailleurs, la réc pense esl infinie, et les actions de l'homme
n'oni qu'une val< ur unie.
m. l même il n'y aurai) aucune proportion entre les œuvres
isle el ii récompensé éternelle, il ne B'ensuivrail oullemeol qu'on ne puisse la mériter; car il Buffil pour cela que Dieu ail
lié celte récompense à I accomplissemenl de telle ou telle obligation, Il n'y aurait pas ta proportion qu'exige la justice rommutative, mais bien «clic que veul la justice dislribulive. Qu'un
roi promette une grande réc pense à celui qui fera une action
ordinaire qu'il désigne, bien qu'il y ait de la disproportion entre l'œuvre et le prix, il Bera toujours vrai de dire que le citoyen, qui a rempli la condition posée par le prince, a mérité la récompense.
liais noua disons qu'il > a une certaine proportion entre la valeur <lt •> actes '!<• l'homme surnaturel et le bonheur du cul. Bien i)nr Dieu soil un être simple, un peut distinguer en lui sa nature,
llributs et opérations, el sa Un. La lin de Dieu esl de se eonnaitre, de s'aimer et de jouir «le lui parfaitement, c'est-à-dire de la manière qui esl propre à l'être infiniment parfait. Pour ceïa, il a une nature infiniment parfaite, et des perfections aussi infiniment pai l" i les. < >n peu! donc établir cette proportion : La nature divine
i\ perfections divines, comme les perfections divines sont à la fin de Dieu. C'est ce qui nous fait voir pourquoi Dieu esl l'ordre par excellence et le principe de tout ordre.
Nous pouvons en dur autant, proportion gardée de l'homme i par l.i . - tin surnaturelle esl une participation au
bonheur ou a la tin il.- Dieu : sa justification esl une participation réelle el véritable a la nature divine, et, avec la justification, il reçoit de puissances ou facultés divines. D'où cette proportion . La nature divine participée esl au\ puissances ou (acuités divines, comme c ;s facultés -oui a la nature diviue participée. El eu traermes de celle proportion el les exprimant selon le langage ordinaire, nous aurons : L'homme déifié par la . lilianle, ou le fidèle, esl aux vertus infuses, cl par conséquent de ces vertus, comme les actes 'I'' ces vertus aoni i la ■ lernelle. Il > a donc proportion, puisque les irais lermessont ippori ; el ii- -oui en rapport, parce que, dan- chacun, il \ a une participation à la nature divine.
pour mieux comprendre celle importante vérité, d faut l'approfondir davantage. Dieu pcul créer des êtres el les rendre Iiciii. u\, on les conduire a leut u.i de dcn\ manières, m
| i | f ( OUp d'oil, rien ne nOUS p uail
plus beau, plus grand, plus parfait que la nécessité d'être heureux, et rien ne nous parait triste et misérable comme le danger de se perdre et d'être condamné à des supplices éternels. Cependant, si l'on veut bien regarder de plus près, l'on se convaincra bientôt qu'un être est d'autant plus parfait, qu'il se rapproche davantage de la grandeur et de la perfection de Dieu. Or, quel est l'attribut qui nous donne la plus haute idée de Dieu ? Est-ce l'intelligence, l'amour, la puissance, l'unité, la simplicité ? Mais des êtres créés peuvent aussi être intelligents, aimants, puissants, uns, simples. La plus grande perfection de Dieu est, selon nous, son aséité, c'est-à-dire cet attribut qui fait qu'il existe, qu'il vit, qu'il est heureux par lui-même, qu'il a en lui-même la raison de son existence. Le chef-d'œuvre de Dieu sera donc de produire un être qui participera, autant que le peut un être créé, à cet attribut principal. Or, tel est le chrétien ; recevant tout de Dieu, sa nature, sa fin et les moyens d'y arriver, il est parfaitement libre de choisir le bien et le mal ; il peut, par une coopération fidèle et constante, mériter vraiment le bonheur. Ainsi, par le bon usage qu'il fera de sa liberté, il participera à cet attribut de Dieu qui nous parait incommunicable. Une fois en possession du bonheur, il pourra dire comme Dieu, mais dans un sens relatif : Je suis heureux, parce que je l'ai voulu ; si la félicité dont je jouis est un don, elle est aussi une récompense ; c'est donc aussi en moi que se trouve la raison de mon bonheur. Et, parce que ce bonheur est une participation au bonheur de Dieu, il est le plus haut degré de perfection auquel puisse atteindre une simple créature.
Il faut donc que l'homme reçoive tout, puisqu'il n'a rien par luimême ; il ne peut donc se glorifier en lui-même, mais en Dieu qui lui a tout donné, le vouloir et le faire. Et, parce qu'il est libre, il sera récompensé ou puni, selon qu'il aura fait un bon ou un mauvais usage des dons de Dieu ; c'est la justice qui s'exerce après la bonté et la miséricorde. Il faut qu'il en soit ainsi ; car serait-il possible de récompenser ou de punir un être qui n'est pas, qui n'a rien, ou qui est nécessité à faire ce qu'il fait? Mais s'il est fidèle, et s'il obtient le bonheur, ce bonheur sera nécessairement un don et une récompense ; un don, parce qu'il lui a été promis par pure bonté, et qu'il ne l'a obtenu que par des moyens ou des grâces qui lui ont été accordées gratuitement ; une récompense, parce qu'il a fait le bien librement, et qu'il pouvait faire le mal.
Mais puisque l'être qui obtient le bonheur par récompense et par don est beaucoup plus parfait que celui qui ne l'a que par don, puisqu'il se rapproche plus de la perfection de Dieu et qu'il
IH nEIA'lKMF PUiïli;
p irii. i|m ité, autant que cela est possible, la doctrine qui
moiiiiiii que le Ddèle peut mériter la vie éternelle, loin de déro-
i i.i gloire <i«' Dieu etatn mérites aie Jésus-Christ, relève d'autant plue coi ni rites «'i celle gloire : eer les mérites da Sauveur
d'autant plus efficaces, que non seulement Ils nous oui valu lr «i ioi i i la vie éternelle, mais eneore les moyens de la mériter. On ne fait pas Injure à une vigne, parée qu'on iiii que les bran- 9 en sont belles et qu'elles produisent de beaux fruit-, lorsque r-l.i mi vrai* Plu- les ceps sont parfaite et plus les fruits sont bondants, plus la vigne esl Fertile, puisque tout ce que les fruits ont <b' mm, de beauté, de saveur, ils ne l'oni que des eeps < t de la vigne, où il- ont puisé la sève qui les a fans ce qu'ils sont. Ainsi plus les œuvres des justes ont de valeur, plus aussi est parfait le principe qui les produit, Noire-Seigneur Jésus-Christ et Dieu s. m Père. C'est donc avec raison que les Pères da Concile de
le nous disent : ht bonté de Dieu est si grande envers tous
b's Imninits qu'il \eut qui les flou- qu'il leur fait soient leurs mérites,
- nrïcxious nous feront peut-être entrevoir ée qu'il y a «le profondément philosophique dans le canon ">"'. qui termine les définitions de ce Métal t lorieile sur la justification : « Si quelqu'un dit que par celte doctrine catholique de In justification, exposée par le - tint Conefte dans le présent décret, on déroge en quelque ehese i 1 1 gloire de Dieu ei aux mérites de Noire-Seigneur Jésus*
M 'jit ni '//>/, la vérité tir notre foi, la gloire de Dieu m- Christ y sont fffàêutê plus relatantes, qu'il soit ;»nathèrae. »
H l IONS I.I Qt [SI s pot ;•, ni | i BS \CJES DE L'H
•i\l\ Ali \ \ \l Il K. - Q| 1 II