‹ De l'ordre surnaturel et divinChapitre 30 sur 49 · VAU · texte numérisé non relu

VAU

Quand un accusé est ( m, devant un tribunal, on examine ordinaueintiit ileux i|iiotion>. snxnir, > i\ esl réellement l'auteur du

crime dont on l'accuse, et si ce crime, lorsqu'il en est l'auteur, lui doit être imputé comme crime, c'est-à-dire qu'on examine si les conditions requises pour que l'homme soit véritablement responsable de ses actes se rencontrent dans le fait en question. Aux grandes assises du genre humain, on discutera chacune des actions d'un homme, et on examinera si elle lui doit être imputée pour le bien ou pour le mal ; et cette discussion a déjà lieu pour chacun, lorsqu'il parait devant Dieu au sortir de cette vie. Rien donc n'est plus important que debien connaître les conditions que Dieu lui-même a posées, pour que nos actes aient de la valeur et soient récompensés dans le ciel.

Ces conditions peuvent être considérées du côté du chrétien, du côté de l'œuvre qu'il fait, et du côté de Dieu.

Deux conditions sont requises du côté du chrétien : il faut qu'il soit voyageur, c'est-à-dire dans ce monde, et en état de grâce.

En effet, l'Esprit-Saint nous dit : « Les morts ne méritent plus de récompense (1)... L'arbre restera du côté où il sera tombé (2)... Tandis que nous avons le temps, faisons le bien à l'égard de tous (5)... Tout ce que peut faire votre main, faites-le instamment, parce que ni œuvre, ni raison, ni sagesse, ni science ne seront dans les enfers, où vous allez (4)... La nuit vient, où personne ne peut plus travailler (5). »

Les morts ne peuvent donc plus mériter. Celui qui meurt en état de grâce ou en état de péché, reste éternellement dans cet état ; il ne peut plus passer dans un autre. D'où l'Apôtre conclut que, pendant que nous avons le temps, que nous sommes dans ce monde, qui est le temps, nous devons faire le bien. Telle est la pensée de saint Paul ; autrement son raisonnement serait faux, puisqu'on aurait pu lui répondre : II n'est pas nécessaire de tant nous presser, car nous pourrons encore mériter après la mort.

Et qu'est-ce que cette nuit, dans laquelle on ne peut plus travailler, sinon la mort ? Aussi saint Augustin, après avoir cité ces paroles, ajoute : « C'est en vain que l'homme se promet après cette vie ce qu'il néglige d'acquérir pendant cette vie (G)... O homme, s'écrie-t-il ailleurs, pourquoi diffères-tu de jour en jour, puisque aujourd'hui sera peut-être ton dernier jour (7)... Qu'il me soit permis de parler et de dire : Que ceux qui sont mauvais se corrigent, pendant qu'ils sont sur la terre, de peur qu'ensuite ils le veuillent et ne le puissent (8).

fi) Ecclcs., 9.— (2) Eccli., U. — (ô) Galat., G.— (A) Ecries., 9, 10.— (8) Joan.,9,4. — 'ii> genteot., 172, apud Prospcrum.— (7)Serm., 102, de tcmp.— (8) Serm.,104.

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