‹ De l'ordre surnaturel et divinChapitre 35 sur 49 · I. I unné l'ette proposition "•■>' de Bains : « 1 < nu ce · texte numérisé non relu

I. I unné l'ette proposition "•■>' de Bains : « 1 < nu ce

le pécheur ou l'esclave du péché est péché. • Bl mi m- [uesnel : - I amour île Iheu u<' régnant plus

I B«U Vl.rin.7.

dans le cœur des pécheurs, il est nécessaire que la cupidité charnelle y règne et corrompe toutes ses actions. — La prière des impies est un nouveau péché, et ce que Dieu leur accorde est un nouveau jugement contre eux. » Les pécheurs peuvent donc faire de bonnes actions.

Le Concile de Pistoie ayant renouvelé ces mêmes erreurs, le pape Pie V, les condamna de nouveaudanssa bulle Auctorem fidei. « La doctrine du synode, dit ce pontife, touchant les deux amours de la cupidité dominante et de la charité dominante, déclarant que l'homme sans la grâce est sous l'esclavage du péché, et que lui-même dans cet état gâte et corrompt toutes ses actions par l'influence générale de la cupidité dominante ; en tant qu'elle insinue que dans l'homme, tandis qu'il est sous l'esclavage ou dans l'état du péché, privé de cette grâce par laquelle il est délivré de la servitude du péché et constitué enfant de Dieu, la cupidité domine tellement que, par son influence générale, toutes ses actions sont gâtées et corrompues, ou que toutes les actions qui se font avant la justification, de quelque manière qu'elles soient faites, sont des péchés, comme si le pécheur servait la cupidité dominante dans tous ses actes, est déclarée fausse, pernicieuse, induisant dans l'erreur, condamnée comme hérétique par le Concile de Trente, et condamnée de nouveau dans Baïus, art. 40. »

Il est donc de foi catholique que toutes les actions des pécheurs ne sont pas des péchés ; ils sont donc quelquefois des actes bons. Mais nous avons ajouté qu'ils peuvent faire des actes surnaturels.

En effet, le Concile de Trente le déclare par ces paroles : « Et pour cette contrition imparfaite qu'on appelle attrition, parce qu'elle est conçue ordinairement ou par la considération de la laideur du péché, ou par la crainte de l'enfer et des peines éternelles, si, avec l'espérance du pardon, elle exclut la volonté de pécher, le saint Concile déclare que non seulement elle ne rend pas l'homme hypocrite et plus grand pécheur, mais même qu'elle est un don de Dieu et une impulsion du Saint-Esprit, lequel, à la vérité, n'habite point encore en lui, mais qui le meut seulement, et qui aide le pénitent à se préparer la voie à la justice (1). » Et, dans le canon 5e, il frappe d'anathème quiconque contredira cette doctrine. Le pécheur peut donc faire, avant la justification, un acte de contrition imparfaite, non seulement bon, mais surnaturel, puisqu'il est l'effet de l'opération du Saint-Esprit.

(l)Sess. 14, c. 4.

Ml rROISIKME PARTIE,

Les prophètes et les i pâtres ne cessent d'exhorter les pécheurs pénitence. «Convertissez-Vous, leur disent-ils, et faites pénitence île t. u < - vos iniquités ; D... Rachetez vos péchés par <l< s aumônes, et vos iniquités par dés œûvri - de miséricorde env< rs les pauvres - ... Les Juifs ayant entendu ce que disait le chef des apôtres, leur cœur fut touché de componction et ils dirent à Pferr< et aux autres S] ôtres : Que U r< ns nous, homnu s, nos fi Pierre leur dit : Faites pénitence, 1 1 qpe chacun de vous soft b^i>lisé pour I;i rémission de ses péchés (5). »

Il est dit du centurion Corneille, « qu'il était un homme r< lîgietrx et craigna&t Dieu, faisant beaucoup d'aumônes et priant Dieu toujours. •

Jesus.-Christ nous représente un publicain, c'est à -dire an homme chargé d'iniquités, qui n.i prier dans le temple 1 tenant à l'écart, au bai du temple, le cœur humilié, il u les regards, mais il se frappe la poitrine en disant : Seigneur, sny / moi propice, à moi pécheur.

Mais il faudrait presque citer toutes les pages de l'Ecriture, Dieu ne cesse de faire entendre sa voix, d'exciter les pécheurs à se convenir, à expier leurs pèche- par les larmes cl par le j. ône, . par toute- sortes d'oeuvres de piété et de charité, à rentrer en grâce avec lui. Mais peut-on croire que Tien pr les hommes à l'offenser, à expier leurs péchés par de nouveaux péchés ' Pourquoi loue-t-il les pécheurs qui écoutent sa v< Pourquoi le Sauveur fait-il un éloge si pompeux de- hahiiants de Ninive qui ont fait pénitence, touchés des prédications du prophète .Ion

Qu'on parcoure tous les ouvrages des Pérès et des Docteurs de Il grlise, on n'en trouvera peut être pas un seul qui ne renferme quelque exhortation à la pénitence adressée aux pécheurs. On dirait qu'ils ne prêchent que la pénitence } ils n'ont de voix que pour faire retentir aux oreilles des pécheurs ou des indifférents [es menaces du In - Haut, s'il- ne se repentent de leurs péchés, >ol- ne les expient par des œuvres de mortification, de piété) de charité.

Enfin, le principe sur lequel repose le système des protestants

est faUX; l'homme n'e-t pas totalement Vicié par le péché, comme

ili le prétendent. Puis, aidé de la grâce, pourquoi ne pourrait-il pas faire des couvres bonnes et surnaturelles, puisque leur principe et leur inotii peuvent être bons et surnaturels avant la Justïfl-

18,10 Dm il, i.2i. — ' \ ■. j. S8,

cation? Ce que nous allons dire ne fera que confirmer ce pointée doctrine.

Seconde Conclusion. — L'homme adulte se dispose à la justification par des actes des vertus théologales et morales, mais encore informes ou imparfaites. Cette conclusion est de foi catholique.

« Le saint Concile (de Trente, session VI, c. 5 et 6) déclare de plus que le commencement de la justification, dans les adultes, doit se prendre de la grâce prévenante de Dieu par Jésus-Christ, c'est-à-dire de sa vocation, par laquelle ils sont appelés, sans qu'il y ait aucun mérite de leur part ; afin qu'au lieu que leurs péchés les éloignaient de Dieu, sa grâce, en les excitant et les aidant, les dispose à se convertir à lui, pour leur justification, par un consentement et une coopération libre à cette même grâce; en sorte qne, quand Dieu vient à toucher le cœur de l'homme par la lumière du Saint-Esprit, il n'est pas vrai que l'homme soit absolument sans action en recevant cette inspiration, puisqu'il peut même la rejeter, quoiqu'il soit vrai que, sans la grâce de Dieu, il ne peut se porter, par le libre arbitre de sa volonté, vers la justice. C'est pourquoi, lorsqu'il est dit dans les saintes Lettres : Convertissezvous à moi, et je me convertirai à vous, nous sommes avertis que nous sommes libres; et lorsque nous répondons : Seigneur, convertissez-nous à vous, et nous serons convertis, nous reconnaissons que c'est la grâce de Dieu qui nous prévient.

» Or, les adultes se disposent à la justice, lorsque, excités et aidés par la grâce de Dieu, concevant la foi par l'ouïe, ils se portent librement vers Dieu, croyant et tenant pour véritables les choses que Dieu a révélées et promises, et celle-ci surtout, que c'est Dieu qui justifie le pécheur par sa grâce, en vertu de la rédemption de Jésus-Christ; ensuite, connaissant qu'ils sont pécheurs, et étant utilement ébranlés par la crainte de la justice divine, ils passent de cette crainte à la considération de la miséricorde de Dieu, et s'élèvent à l'espérance, se confiant que Dieu les traitera avec miséricorde pour l'amour de Jésus-Christ, et ils commencent à l'aimer comme la source de toute justice ; et c'est pourquoi ils sont portés contre leurs péchés par une certaine haine et délcstation, c'est-à-dire par cette pénitence qu'il faut porter au Baptême; enfin, ils prennent la résolution de recevoir le Baptême, de commencer à mener une vie nouvelle et d'observer les commandemertts de Dieu. Touchant cette disposition, il est écrit : Pour s'approcher de Dieu, il faut premièrement croire qu'il est, et qu'il récompense ceux qui le cherchent. Et encore : Mon fils, ayez

confiance, vos péchés vous siont remis. Et : La erainte dn sngneur chasse le péché. Et : Faites pénitence, et que chacun de vous soil baptisé ad nom de .!< sus-Chrisl pour h rémission dh lu. ii. s, .1 vous recevréï lé don du Saint-Esprit Et i Altos doue, instruisez toutes les" nations, les baptisant nu nom du l'ère, du Fils el du Saint-Esprit, leur apprenant à observer toutes les «luises que Je vous ;ii prescrites. Et enfin : Préparez nos cœurs au neur. »

Dans son chapitre Hr, le même CoriCiîè explique comment nous sommes justifiés par la foi. • Quand donc PApôtredH que l'homme est justifié par la foi et gratuitement, cela doit s'entendre dan- le sens que, d'un consentement général et perpétuel, l'Bglise catholique a tenu el rail entendre aux fidèles, savoir, que non- -.immedits être justifiés pnr la foi, parce quVn eflei la foi est \é conunencement du salut de l'homme, le fondement et la racine de toute justification, sans laquelle il est impossible de plaire a Dieu, et d'être mis au nombre de ses enfants. Va nous somme- du gratuitement, parce qu'aucune dv. ces choses qui pic. dent h justification, soit la foi, soit les œuvres, ne peut mériter i grâce de la justification. Car si elle est grâce, elle ne vient pas >\t'œuvres ; autrement la grâce ne serait pas grâce. »

Canon \* : « Si quelqu'un dit que le libre arbitre, mu i i efebité de Dieu, en donnant son Consentement à Dieu, qui l'excite et l'appelle, ne coopère en rien à se préparer et à se disposer à obtenir la grâce de la justification, et qu'il ne petit refu-er son consentement, s'il le veut, mais que. semblable à une chos,- inaniii il ne fait rien du tout el demeure purement passif, qu'il -oit ;m;ithèiue. »

Canon !>" : • Si quelqu'un dît que l'impie est justifié pnr l,i seule

fet, eu sorte qu'il entende par là que, pour obtenir la gréce de la

justification, on n'a besoin d'aucune attire chose qui y éo0|

et qu'il n'est nécessaire en aucune manière qu'on s'y prépare el qu'un -'\ dispose par le inou\cmenl de sa Volonté, qu'il -oit auatheme. >

Il est évident que notre conclu-ion ressort de toute- resééfl* nitibns de il ir il est nécessaire que le pécheur se dispose

à la justification par la foi et par attire chose : mais il ne peut rien par lui même ; il faut que Dieu touche sort éœur pai

son libre .ubitrc, mu el excité de Dieu. \ consent librement et

eoo| pVopre Justification. I a première vertu qu'il reçoit

par i 'est la foi, par laquelle il croit toute- les vérités qui

Dieu t SUrtOUt que l'impie est justifié par la gTSCC d(

Jésus-Christ. Par cette foi, il connaît les jugements de Dieu qui le remplissent d'une crainte salutaire ; puis, considérant la miséricorde du Seigneur, il espère que ses péchés lui seront remis par la médiation de Jésus-Christ, et dès lors il commence à aimer Dieu comme source de toute justice. Le pécheur doit donc faire des actes des trois vertus théologales pour se disposer à la justification.

Animé par la foi, l'espérance et la charité, l'impie est porté contre ses péchés par une certaine haine et détestation, c'est-àdire par cette pénitence qu'il faut porter au Baptême ; enfin, il prend la résolution de recevoir le Baptême, de mener une vie nouvelle et d'observer les commandements de Dieu. Or, faire pénitence, commencer à mener une vie nouvelle et à observer les commandements de Dieu, c'est pratiquer les principales vertus morales, la prudence, la justice, la force, la tempérance.

Nous avons dit que le pécheur doit se disposer à la justification par des actes des vertus théologales et morales, mais encore informes ou imparfaites, parce que ce n'est que par la justification qu'on reçoit la perfection de la charité, et que la charité ou la grâce sanctifiante complète, anime et perfectionne les autres vertus.

Dans tous les temps, l'Eglise a toujours disposé les catéchumènes au Baptême et les pécheurs à la pénitence, par la pratique de toutes ces vertus. Qu'on lise les catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem, les discours de saint Chrysostôme au peuple d'Antioche et ses Homélies sur les Evangiles, les Homélies de saint Ambroise, mais surtout les instructions que tous les Pères faisaient aux catéchumènes et aux pénitents durant le temps du Carême, l'on verra que la principale fonction des pasteurs de l'Eglise a été, dans tous les temps, de faire germer ou revive ces vertus dans le cœur des hommes pour les réconcilier avec Dieu.

Après avoir prouvé, comme nous l'avons vu précédemment, que la grâce est absolument nécessaire pour se préparer à la justification, saint Thomas prouve que le libre arbitre doit aussi y concourir.

Il est dit (Joan., 6.) : « Quiconque écoute la voix de mon Père, et est enseigné par lui, vient à moi ; or, on ne peut rien apprendre sans le concours du libre arbitre, car celui qui apprend donne son assentiment à celui qui enseigne ; donc nul ne vient à Dieu par la grâce sanctifiante sans un mouvement du libre arbitre.

« La justification de l'impie se fait par le mouvement que Dieu

- . Timnitf ne a l'homme pour |:i justice: car c'est lui qui justilie

l'impie, eomme M est dit aux Romains, chau. ". Or, Dieu meut

tout selon le modo «le chique être; ainsi uous voyons dans toi

-••- naturelles que tes corps graves «i h a corps légers sont mus

remmeni par lu?, ;i eatfW de H divertifé de leur nature, h Ou

il suit qu'il meut l*honime vers la justice, selon la condition de ta

Ire humaine. < )r, l'homme m nu libre arbitre selon -.1 propre

re ; c'est pourquoi, iaml celui qui s rusagé du libre arbitre,

11 m- mcMi p;i< vere la justice satts le concoure du libre arbitra

M lis il répand le don de la grâce sanctifiante tellement, qu'il meut

en même tem^s le libre arbitre, pour recevoir le don de la gt

dans ceux (|ni sont capables «le celte motion (I). »

I e iv&tii Docteur prouve ensuite la nécessité de la foi.

II e<t dit (Hom., 5.) : « Justifies gratuitement par la fui, bues

- I.i p;ii\ aYec Dieu.

» 1 e mouvement du libre arbitre est nécessaire pour la jttsM* Ort de l'impie, selon que l'esprit de l'homme recuit le mou\cmenl de Dietf. Or, Dieu meut l'aine de l'homme en In Converttsiii lui, comme il est dit au psaume s'.... < »r. h première eonon à Dieu se fait par la loi. selon ces paroles (llrh.. 11.) : Il fmi que celui qui s'approche de Dieu, croie qu'il est. Le mouvement de la foi éSl donc nécessaire pour la justification de l'impie.

» Le mouvement de la foi l'est pas parfait, à moins qu'il ne

formé par la charité. D'où il suit que, dans la justification de

l'impie. ave« le mouvement de la foi, il v a aussi un mouvement

Hais le libre arbitre est mu vers Dieu, pour qu'il se

mette à lui : ainsi un acte de crainte filiale et un acte d'humilité x concourent également. Car il arrive qu'un seul ci même du libre arbitre est un acte de plusieurs vernis, selon que lune commande et que l'autre obéit, selon qu'un acte peut être ordonné à des tins différentes. In acte de miséricorde opère touchant le péché par manière de satisfaction^ et suit ainsi la u fi cation ; (>u par manière i\<- préparation, parce que les n

lieux obtienneni miséricorde; cl il peut ain>i précéder h

justification ou même concourir à la justiâeailon atua \éa autres vertu-, selon que la miséricorde est renfermée dans l'amour du p| -J). »

Enfin, il prouve qu'un mouvement du libre arbitre contre le

1 nécessaire

« La justification de l'impie est un certain mouvement, par lequel l'àme humaine est mue de Dieu, de l'état de péché à l'état de justice; il faut donc que lame humaine soit, par le mouvement du libre arbitre, à chacun des deux extrêmes, comme un corps, mis en mouvement, est à ses deux termes. Or, il est manifeste qu'un corps mis en mouvement séloigne du terme d'où il est parti, et s'approche du terme où il va. Il faut donc que l'àme humaine, pendant qu'elle est justifiée, s'éloigne du péché par le libre arbitre, et s'approche de la justice ; or, l'éloignement et le rapprochement dans le mouvement du libre arbitre est pris dans le sens de détestation et de désir. Car saint Augustin expliquant ces paroles de saint Jean, le mercenaire fuit, dit :Nos affections sont des mouvements de l'àme, la joie est la diffusion de l'àme, et la crainte, la fuite de l'àme ; vous avancez par l'àme, lorsque vous désirez ; vous fuyez par l'àme, lorsque vous craignez. Il faut donc que, dans la justification de l'impie, il y ait un double mouvement du libre arbitre : l'un, par lequel il tend vers la justice de Dieu par le désir ; et l'autre, par lequel il déteste le péché (1).»

Ainsi, le pécheur ne peut rien dans l'ordre du salut sans la grâce; mais, touché par cette grâce, 41 y coopère ; il croit et il aime, et par conséquent il espère ; il se soumet à Dieu, il le craint, il déteste ses péchés. Or, ce sont là autant d'actes des vertus théologales et morales. Mais saint Thomas nous a prouvé que, sans la charité parfaite, toutes les autres vertus sont comme des vertus initiales ou ébauchées, des vertus informes. Donc, le pécheur doit se disposer à la justification par des actes des vertus théologales et morales, mais encore imparfaites.

Enfin, la grâce ne détruit pas la nature, mais elle la présuppose et la perfectionne. Il faut donc que l'homme concoure à la grâce pour obtenir la justification, s'il est adulte. Mais il ne saurait l'atteindre par son libre arbitre seul, parce qu'il n'y a aucune proportion entre des actes purement naturels et la grâce sanctifiante. Cela posé, nous pouvons raisonner ainsi : La justification ou la grâce sanctifiante est la fin prochaine que se propose d'atteindre le pécheur ; or, les dispositions sont des moyens qui doivent le conduire à cette fin ; mais les moyens doivent être toujours proportionnés à la fin proposée ; donc ces moyens doivent être surnaturels, puisque la fin est surnaturelle. Mais la fin ou la justification est la rénovation de tout l'homme intérieur, et par conséquent de toutes ses facultés ; c'est l'infusion de la grâce sanctifiante et

A i vertus eu puissances divines. Donoj pavr obtenir la ju-tiiication, l'homme tout entier et toutes ses facultés doivent être sur- DÉUirafiséec ou noises en SMirvemenl par la grâce, donc il est nécessaire a l'homme de faii *■ des actes <lc> vertus théologales Bt

■orales*

Il est à remarquer qu'il n'y a pas une proportion exacte enin la trois tentes nui nous Tenons d'indiquer, car le premier terme ou l;i eanse toi la grâce actuelle, c'est h- gersue «le la vie divine ; le second -uni les actes des, xertu-, niais encore imparfaites ; et le troisième, la gfèoe sanctifiante OU la vie divine complète. Il suit de là que le pécheur ne saurait, même par les actes de ces vertu-;, mériter rigoureusement ou par justice la grâce sanctifiante, parce que ces actes ne sont pas la cause totale de la justification, mais seulement des ltilt)S)lMinnil pour l'obtenir. C'est comme >i l'on établissait cette proportion arithmétique : un est à deux comme deux sont à trois. Il y a bien quelque rapport entre trois ternies, parée qu il- sont du même genre, mais il n'\ a pas égalité de proporlion. Il faut ajouter deux au premier terme. Cl un au -econd pour la compléter. D'oà DOUS devons conclure que le pécheur. a\ee ces dispositions, n'arriverait jamais à la ju-tilication, -i DicÉ no l'aidait nécessairement de sa grâce, jusqu qu'il lut complètement constitué homme surnaturel et divin.

Cette seconde loi générale du monde surnaturel et divin se reflète dans toute la création, la terre la plus fertile ne produit rien d'elle-même. Il faut qu'on depo>e une semenee dans son sein. Mais ce n'est encore qu'une semence, et pour qu'elle prenne racine, quelle germe* qu'elle éiète se tige et porte des fruits, il faut l'action de deux agent-;, l'un intérieur et l'autre extérieur. - ni intérieur est une certaine force d'attraction que renferme la semence, qui attire I Bai la nourriture ou les sucs qui lui sont pnopres ; Ol Éftet au--i, et par la même, une certaine force d expansion e» de déxelnppcment. l/airent extérieur e-t un --ni eonxcnal.le. une certaine humidité, la chaleur et la lumière du soled. De même, la nature la plus parfaite ne peut rien -an- la Bi

et la grâce est comme une semence, $emen De», du l'Ecriture, que

Dieu dépose datM IS SCee* de I homme. GetM semence divine renferme une tarée d'attraction et d'expansion, qui devient pomme

la racine des \n tu-. 1 1 1 < • <> I < ■ . rah - et morales. Mai- il faut, de plu-, OS agent extérieur, c e-t a dire qu'il faut que l>nu i vp.mde -ur

semence sumeMurelle Is rasée divine, la lumière et la ifha

leur du -.ded de- intelUgQBttCS, m-qu ,i < t que, par l'action Minill

tant - de i es deux causes, la grâce et la coop< ration du libre ar-

bitre, la racine est devenue plante, et a produit les fruits de la charité.

La formation de l'homme surnaturel et divin suit encore des lois analogues à celles qui président à la formation de l'homme charnel. Quelque parfaite que soit la constitution de la femme, elle ne concevra jamais, si elle ne reçoit d'une cause extérieure le germe du corps humain. Mais ce germe doit renfermer nécessairement, comme la racine de la plante, une force d'attraction et de développement, soit pour s'approprier la nourriture qui lui convient, soit pour prendre l'accroissement propre à sa nature. Cependant, cela ne suffit pas ; il faut que la mère lui communique ses aliments par des voies qui nous sont inconnues. Par celte double action, l'enfant se développe peu à peu dans le sein de sa mère, se fortifie jusqu'à ce que, ayant obtenu sa parfaite constitution, il vient au monde, il est fait fils de l'homme.

De même, par la première grâce que le pécheur reçoit, l'homme surnaturel et divin est conçu ; mais, par la grâce sanctifiante, il est totalement constitué, il a la vie surnaturelle et divine complète, il vient au monde surnaturel, il est fait fils de Dieu. Cependant, pour arriver à ce parfait développement, le concours de deux causes a été aussi nécessaire, la coopération du libre arbitre mis en mouvement par la grâce, et la communication continue de cette même grâce. De même que les organes qui sont dans le corps de l'homme, les principaux foyers de la vie, se forment d'abord, tels que le cerveau, la poitrine et l'estomac, et que les quatre membres viennent ensuite ; ainsi les trois vertus théologales se constituent, d'où dérivent les quatre vertus morales. De même encore que les organes et les membres sont les mêmes par leur nature et leur nombre dans l'enfant conçu que dans l'homme fait, qu'ils se développent par une action incessante qui leur est propre ; ainsi les vertus théologales et morales ne diffèrent pas par leur nature et leur nombre dans le chrétien formé de celles qui existent dans le chrétien conçu ; mais elles se développent et se fortifient par la pratique journalière qu'en fait celui-ci. Si l'enfant n'est pas né avec sa constitution complète, il est déclaré avorton et incapable d'hériter; ainsi l'homme surnaturel, s'il meurt avec ses vertus imparfaites, sans la charité, sans la grâce sanctifiante ou la vie divine complète, est un avorton dans l'ordre surnaturel, incapable d'hériter, exclu du royaume des cieux.

Il en est de même de l'homme raisonnable ou intellectuel. Plusieurs philosophes, après saint Thomas, pensent que l'âme est une table rase, et qu'elle n'a aucune idée par sa nature. Un agent

externe lui esi indisfteasabljs pour qu'elle puisse percevoir des idées et les produire au jour. Dana ce sj Blême, deui action- -ont égal* ini'iit nécessaires pour 11 formation el le développement de la raison humaine : la faculté de connaître el l'enseignement. D'autres philosophes admettent dos idée- innées ; mais, par idées un il- entendent le germe isolement de l'idée de l'être, qui resterait .1 j. un. h- .1 l'étal lateal aaai la parajc mi l'enseignement. Donc, quelle que soit L'opinion qu'on embrasse sur cette question philosophique, il faut admettre le coneoues simultané de dem agents pour la formation de la raison humaine*

relie est dont la loi universelle pour tout ce qui existe. La plante, I'. mimai et le corps de L'homme, la raison humaine et l'homme surnaturel, commencent, se fortifient el se pi i letiionnenl sous l'empire des mêmes lois. Il n \ a qu'une seule exception i cet égard, Dana L'origine des choses, Dieu créa et constitua Adam -ur-le -champ avec toute sa nature el toutes ses puissant il créa de même le- autres êtres. De même, par le Baptême, il ene dans h- enfants, snr-lc-ehnmp et sans aucune disposition de leur part, l'homme surnaturel complet.

0 Dieu, que vos œuvres sont admirables ! quelle merveilleuse unité dans celle variété infinie de créatures ! f.c qui est en vous de toute éternité se t'ait dans le temps el a\ee le temps. Pardonnez-moi mou extravagance, si je parle ainsi ; car je cherche partout des tiare- et de- vestiges de vous-même. Vous êtes un en nature el VOUS êtes trois en personne- ; et ces troi- pei-onne-

goni essentielles en voua : >i le Père existai! seul, il ne sérail pas un Dieu infiniment parfait, mai- seulement un Dieu commencé :

le P( re et le 1 il- ne formeraient encore qu'un Dieu incomplet

Pour que la divinité soit parfaite, il faut une troisième personne le Saint-Esprit, qui procède, non du l'ère seul, tri du Fils Béni, mais du Père el du Vils formant un seul et unique principe du it-Esprit. 1 oi éternelle, raison el modèle des lois par lesquellf- les créatures naissent n se perfectionnent.

Il mm- sera facile de répondre aux difficultés de nos adversaires. Quand Dieu rejette les victimes el I encens des impies, les bonnes oeuvres ou les offrandes des pécheurs, c'esl parée que ces œuvres sont faites dans une mauvaise fin ou avec un motif désordonné,

on que, n, t. ml pas aminées par la chante, elle- ne -ulïi-ent pa-

pour mériter le end.

Le pi . h. ni , adulent d-, ne f.ut que de mauvaises action-, parce qu'un m. iiiv. n- .n lue ne -■miait porter de bons fruit-. Mai- nonavons prouvé que l'homme s été seulement détérioré el le libre

arbitre affaibli en lui par le péché ; donc il peut faire quelques bonnes œuvres dans l'ordre naturel. Mais le pécheur peut avoir la foi, l'espérance et un commencement d'amour de Dieu ; or, ces vertus sont répandues dans son âme par le Saint-Esprit ; elles sont donc surnaturelles ; donc les actes qui en proviennent sont aussi surnaturels. Dans cet état, le pécheur est l'homme surnaturel conçu ; or, l'enfant dans le sein de sa mère ne saurait faire, il est vrai, aucun acte pour mériter une récompense, ou pour gagner un salaire ; il agit néanmoins, et ses actes sont bons, puisque, par eux, il s'approprie la nourriture qui lui est nécessaire et devient un homme. Donc aussi le pécheur, enfant de Dieu conçu par la grâce, agit pour obtenir la justification ou la vie divine complète. Mais il ne saurait faire aucun acte qui lui mérite une récompense, parce qu'il n'est pas encore totalement constitué. L'effet n'excède jamais la cause ; or, le principe de ces actes étant imparfait, ils ne sauraient être eux-mêmes parfaits.

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