‹ De l'ordre surnaturel et divinChapitre 38 sur 49 · TROIS!] IE · texte numérisé non relu

TROIS!] IE

et une pt( cision bien remarquables : « Ce qui esi commeoeé par

seule, poue «lii-il. est pareillement achevé par l'un ai

ice ei le Ubre arbitre le que i<»u- deux

eni ensemble et i meut, simultanément <m non >ne-

s. ni. ni, par loua les actes qui perfectionnent rhprooie^ La

oc f.m pas une partie de l'œuvre, et le lil>re arbitre une

autre partie, mais chacun opère loul par une opération indivisible.

Le libre arbitre rail tout) al la ai loul ; mais comme toui

se l'aii dans le Ubre arbitre, ainsi tout ricnl de la ! ,. »

Cetit* explication nous a Bemblé la seule véritable. Qu'on veuille bien nous dire si noua nous sommes trompés ; nous sommes a)isr toujours la vérité, quand même il nous budraii faire le sacrifiée de nos Idées personnel]

TRENTE-SEPTIÈME ENTRETIE

GENERALE Dl MONDE SURNATUREL ET DIVIN TOU.n II- HOMMES SOM1 DESTINÉS A UNE H\ SURNATURELLE.

Mi laiti as,

Lej ppotesjtauts et les Jansénistes onl prétendu que les seuls êhis, dans ii pensée 1 1 la volonté nY Dieu, étaient destinés à l'éternelle Béatitude. C'est une conséquence de Leur système ; car dès i"rgjuc nuire libre arbitre est détruit, ejue Dieu opère tout «mi non-

I rpfnm • <(. yitritrr n ' ■•! mijrtitn,

non titjiUatitn ; limul, «"» virisiim, prr *«";/' N

Min, purlim tiherttm arbitrait*, ttd totum simjuia nperc m-in iduo r fiifum tlla : t< d ut totum «n \ll >, n'r totum tr ttU \). n Btn / U.

m •!•'! p -ri»" 1*1 i il* I* (rie* ta* U libre M

- . .;. niuil.«r i lit.rrl* «I J,-, -n.nl *m* ■ '■- bm.ioc «II», •• fild • « M •*

et sans nous, il faut conclure que tous ceux qui ne seront pas sauvés, n'auront pas reçu la grâce de Dieu ; ils ne l'auront pas reçue, parce que Dieu ne la leur aura pas accordée ; il n'aura donc pas voulu les sauver etJêsus-Christ ne sera pas mort pour eux.

Nous avons, d'autre part, des hérétiques qui sont tombés dans l'erreur opposée, et qui veulent que tous les hommes soient sauvés ; ce sont nos philosophes rationalistes, éclectiques ou fouriéristes, en un mot, tous ceux que nous avons désignés sous le nom de naturalistes ; parce qu'ils soutiennent qu'il suffit d'observer la loi naturelle pour être sauvés.

En démontrant que Dieu veut sauver tous les hommes, et qu'en conséquence de celle volonté, il accorde à tous des grâces suffisantes pour faire leur salut, nous aurons réfuté les premiers. Les seconds le sero'nt également par cette même démonstration. En effet, si nous prouvons que Dieu veut le salut de tous les hommes, c'est-à-dire que Dieu destine tous les hommes à une fin surnaturelle, et qu'il donne à tous des moyens d'atteindre celte fin, nous serons en droit de leur dire : Quand vous observeriez toute la loi naturelle, et que, sous ce rapport, vous seriez parfaits comme des anges, si vous vous arrêtez là, vous serez néanmoins damnés ; non assurément à cause du bien que vous aurez fait, mais parce que vous aurez rejeté le bonheur surnaturel que Dieu vous promet, et méprisé les grâces qu'il vous donne pour l'obtenir. Cette dernière observation nous parait, surtout pour notre époque, d'une extrême importance.

Quoique Dieu veuille tout ce qu'il veut par un acte unique et ■très-simple de sa volonté, puisque tout est un en Dieu, on dislingue néanmoins en lui plusieurs espèces de volonté, à cause des différents objets qu'elle peut avoir en vue.

La vraie et sincère volonté de Dieu s'appelle la volonté de son bon plaisir, ou simplement sa volonté ; c'est une vraie et interne volition divine. Elle se manifeste extérieurement de diverses manières, par le commandement, par la défense, par la permission, par le conseil, par l'accomplissement.

Cette volonté se nomme antécédente, quand Dieu veut une chose considérée en elle-même, et abstraction faite de ses circonstances ; par exemple, la volonté de sauver' les réprouvés. Elle se nomme conséquente, quand Dieu veut une chose, eu égard à toutes les circonstances ; telle est la volonté de damner les réprouvés à cause de leur impénitence finale. C'est ainsi que, par une volonté antécédente, un juge veut que tous ses concitoyens vivent, parce que c'est la volonté du pouvoir qui a prohibé

rhomictde ; mais, par une volonté conséquente, il veut la mort i). i - rats <ini l'ont méritée par leurs forfait-. I i volonté de Dieu est efficace, quand elle produit son effet. de cette TOlonté que | arlc saint Paul, quand il «lit : Qui résiste a - 1 volonté ! Elle est inefficace, quand elle n'est p is suivie (l. sou effet. Dieu voulait iauver iéruealem, et cependant elle i péri. Combien de fois, lui dit-il. j'ai voulu ressembler les asjftnsj eomme une poule rassemble ici petits sous ses ailes, et lu n'as ■ - voulu ?

I b volonté de Dieu tel nksohic, lorsqu'elle M renferme au- Oune condition dont elle dépende. Ainsi, Dieu veut s/ietataB'les hommes observent lei commandements. l'Ile est conditionnelle, lorsqu'elle renferme une Condition dont elle dépend I est ain-i que Dieu av. lit promtfl aux Jùift de le> défendre contre leurs ennemi-, ills observaient ses préceptes.

H faut remorquer que saute totalité ett une volonn

abaoiuoj mais que toute voïoMlé sisnloe ni m pas ktafoon efficace.

Au moyen dé ces quelques distinctions, qui sont fondées sur IT'.eriiure elle-même, il est farde d'expliquer et de concilier entre eux les ICXte! dica Nrinta4 Livres, qui semblent se contredire, et de résoudre toutes les difficulté! proposées par Jaosén - 9is>

ciplès. Pour prouver qu'on ne résiste jamais à ! héré-

tiques produisent nue foule de textes, mais • doivent

s'entendre de la volonté de Dieu antécédente, ou efficace, ou absolue ; Us ne prouvent rien, quand il s'aeit du salut des fcejtnrjies, puisque Bleu ne lé vent que d'une vol. .me ineffh . qtienti et condition ncfïe.

I i question n'est donc pas tie 'savoir si Dieu veut le -dut de

ton- les nom - d'une volonté absolue, conséquente et efficace,

puisque tout le monde admet qu*tl \ aura des rëprotri

i as avouent :ui>-i q'ue Dieu veut lé lahn dé tous les homtt mt< rieureti enl à la prévision du pécbé originel : et que. présupposé le péché originel, il le veut encore, au moins d'une volonté exu i leu

II ne s'agit pas de lavoir non plus st le pris ou la valeur des m. i |i - de .li sus-l lin-i suffi! pour sauver tous les hunimi - : périr conteste.

Mois la que '< de savoir si Dfeu veut le sahft de touslbe

hommes, non p.i> seulement d'une volonté extérieure, méla| rique, Stérile CI OlseiSe, mais d'une volonté intérieure. Mue.

réelle .i formelle, antécédente, conditionnelle et activ<

Jésus-Christ est mort avec l'intention formelle que le prix de son sang fût offert pour tous les hommes ; c'est ce que nient les jansénistes, les protestants, et avant eux les prédeslinatiens et quelques autres. Ils prétendent que Dieu ne veut le salut que des seuls prédestinés, et que Jésus-Christ est mort pour eux seuls.

Conclusion. — Lieu veut le salut d'autres que d<s prédestinés, ei Jésus- Christ est mort pour d'autres que pour les prédestinés. Cette conclusion est de foi catholique.

L'Eglise a toujours condamné les prédeslinatiens comme hérétiques ; or, toute leur doctrine consistait à enseigner que Dieu ne veut le salut que des prédestinés, et que Jésus-Christ est mort pour les seuls prédestinés.

Cette proposition 5* de Jansénius : « C'est être sémipélagien de dire que Jésus-Christ est mort et qu'il a répandu son sang absolument pour tous les hommes, » a été condamnée comme fausse, téméraire, scandaleuse ; et « entendue dans ce sens que Jésus-Christ est mort seulement pour le salut des prédestinés, » comme impie, blasphématoire, injurieuse, dérogeant à la piété divine et hérétique. Il est donc de foi catholique que Jésus-Christ est mort pour le salut d'autres que des prédestinés. Mais puisque Jésus- Christ n'a pas d'autre volonté que celle de son Père, il s'ensuit qu'il est aussi de foi catholique que Dieu veut le salut d'autres que des prédestinés.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur les preuves de cette conclusion, parce que nous allons les développer pour démontrer la conclusion suivante.

Dieu veut vraiment et sincèrement le salut de tous les hommes, et Jésus-Christ est mort dans l'intention formelle que son sang fût offert pour tous les hommes. Celle conclusion est de foi divine ; elle approche de la foi catholique.

Le Concile de Trente s'exprime ainsi, session VI, chap. 2 et 3 : « D'où il est arrivé que le Père céleste, Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, qui, sous la loi et avant le temps de la loi, avait annoncé et promis son Fils Jésus-Christ à plusieurs saints Pères, l'a enfin envoyé aux hommes, lorsque les temps se sont trouvés heureusement accomplis, et pour racheter les Juifs qui étaient sous la loi, et pour faire embrasser la justice aux Gentils, qui ne cherchaient point la justice, et afin que tous reçussent l'adoption des cnfanls. C'est lui que Dieu a proposé pour être la victime de propitiation par la loi, en son sang, pour nos péchés, et non seulement pour les noires, mais aussi pour ceux de tout le monde.

ROîSlKNfK PARTIE.

. M ils quoique Jésus-Christ soit mort pour tous, tous cêpenfMtil ne rer rivent pas le bienfait de sa mort, maïs seulement cevx-M ;i qui le mérite if»1 - 'iqué. •

Jamais l'Eglise rie définit une vérité qui n'est point contredit* ; of, personne n'a Jamais nié que le prix du sangite J6sus-Gbrisl fi'i suffisant pdur \<<u< \<- hommes : donc, quand le Coocifc Trente déclare que Jésus-Christ est mort pdur tous, qu'il est la victime de propitiation pouf les pèches de tout le monde, fottM munit, il entend qifi! e<t mort avec" l'intention formelle d'offrir à Dieu lé prix d • 1 cr pour tous.

Mrilgré cette intention, tous ne sont pas sam que le

mérite de la passion de Jésus-Christ n'est pas appliqui aînsî, aux enfants qui me - baptême.

H ' «us-Christ est mort pour le salut de tous les horattef,

i! s'ensuit que Dféti veul aussi le salut de tous les hommes, dune volonté vraie ei sincère, puisque, lorsque les temps ont accomplis, il :i envoyé sou Fils unique pour que tous devinssent i infants adoptifs, el qu'il fût la victime de propitiation pour les péi fiés rfe loui le monde.

Nous^lisons dans le âyttiboîe'de Nlcée et de Constantiooptoi « !• crois .en lêsus^Christ, Pils unique de Dieu, eonsubslaniîei au . qui est descendu dés ciètix pour nous, hommes, et pour notre salut ; il -v-t iûëarné, il s'est fait homme, il ;> Bouffert, il mort, etc • Or, tbus les cftrétlens sont obligés de er niilf de loi, ei tous I'1-; autres sont dbligés de se faire chrétiens : donc tous les hommes doivent croire au moins indin ment et implicitement que .1 «dus Christ est mort nom- eui et pour leur snltit, qu'il est descendu sur la terre, d qu'il est mort d*nf cette intention.

Dana un Concile d ( nu en Itfîi, on fmppe d^mailièrne

t quiconque dlflA que JéfcUS-ChrïS^ n'e-l pris mort pour loti-

hommes, et qu'il ru- veut pas que 10 is les hommes soient sauvés* • Lé -\n '!■' de i)iii.i,\ K«r-Otse ptofesse II nu me âoettiHfc « te l > «mi mut puissant, dit il, veut que tous les hommes ecdtiOTi Sbiertl sauvés, quoiq e tous ne soient pas sauvés, ('.eux qui sont snuv< rit p*ar la grâce du Sauveur; mois ceux* qui

périssent, périssent de leur faute. • I ,a raison qu'il donne de « déelnniiion nous n paru admirable: « l>e même qu'il n'\ a. il n'v in aucun liominr dont Jésus Christ Notre x' (rneuf

pris li rntnre. :iinsi il n v .. il u'\ .1 eu. il n'\ :mr.i .lUCOn

hnmiiie pour lequel d n'ait souffert, quoique tous ne soient

■ m\ it< n 'H. •

Enfin, le Concile de Trente propose la vie éternelle, comme la cause finale de la justification, à tous ceux qui reçoivent le Baptême. Les calhécumènes, dit-il, session VI, chap. 7, demandent à l'Eglise la foi qui donne cette vie éternelle; que la foi cependant ne "saurait donner sans l'espérance et la charité. Tous ceux qui reçoivent le Baptême doivent croire ce que Dieu a révélé et promis ; or, la vie éternelle a clé révélée et promise à tous ceux qui croient que Dieu est, et qu'il récompense ceux qui le cherchent. Donc tous ceux qui sont baptisés sont tenus de croire que la vie éternelle leur est proposée comme la récompense de leur foi et de leurs bonnes œuvres. Donc tous sont tenus de croire que Dieu veut leur salut et que Jésus-Christ est mort pour eux, puisqu'ils doivent avoir la confiance que Dieu leur fera miséricorde à cause de Jésus-Christ. Donc tous ceux qui sont baptisés, qui deviennent enfants et héritiers de Dieu et cohéritiers de Jésus- Christ, doivent non seulement espérer, mais croire d'une foi ferme et certaine que Dieu veut les sauver, et que Jésus-Christ est mort dans cette même intention.

« Or, c'est la volonté de mon Père qui m'a envoyé, dit le Sauveur, que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. C'est la volonté de mon Père qui m'a envoyé, que quiconque voit le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour (1). » Et parlant à son Père : « J'ai manifesté votre nom aux hommes que vous m'avez donnés dans le monde ; c'étaient les vôtres, et vous me les avez donnés; et ils ont gardé votre parole... J'ai gardé ceux que vous m'avez donnés, et aucun deux n'a péri, excepté le fils de perdition... Mon Père, je veux que ceux que vous m'avez donnés soient avec moi là où je suis, afin qu'ils voient la gloire que vous m'avez donnée (2). »

Le fils de perdition était donc du nombre de ceux que Dieu avait donnés à son Eils, pour contempler sa gloire dans le ciel ; mais le fils de perdition ne s'est pas sauvé ; donc Dieu veut le salut d'autres que des prédestinés, et Jésus- Christ est mort pour d'autres que pour les seuls élus.

Les jansénistes ont mis tout en œuvre pour éluder la force de targuaient tiré de ces paroles : Aucun deux nupén, excepté le. fila ëe per<lil<on. N'ayant pas réussi, ils ont pris le parti le plus facile, celui de falsifier le texte ; car ils l'ont ainsi traduit dans une bible publiée à Mons en Belgique : € J'ai conservé ceux que vous

(1) Joan., 6, 39. — (2) Joan., 17, ti, 12 et 2i.

ni'nviv tannés, ei nul dîeus ne s*esl perdu : wuùi celui-là seojement c|ui était enfant de perdition. » Ce qui Laisse .1 conclure que

nfani de perdition n'était pas du nombre de ceui que le ivre r»\ :u! donnés a ion Fil», Par ee procédé, le plus grand icéjéral peut prouver qu'il est innocent] Celle est la bonne foi des hérétiques. « Dieu :i tellement aime le monde, qu'il lui ;i donné son Fils uuiuui', ;iiiu que qaieonojM croil en lui no périsse pas, mais ob- 1 ion m* 1.1 \io éternelle (h... Nous avons appris ei nous savons qu'il

vraiment !<■ Sttrvenrdu monde (9)... Il était la lumiore qui éclaire toni homme qui vieni on ce monde... Voici l'Agneau de l>i''ii. qui Hï.uv lea péchés du monde ;">)... Nous avons un ai prr-i du Père, Jésus Christ le vrai juste; il est lui-même uno victime de propitiatioa pour nos péchés ; non-seulement pour les

!9, mai- encore pour oou\ du mondo oniior (4). » Or, non-seulement cette expression, :4e monde, ne siguiQe pa> dans l'Ecriture, les seuls ètus; mai-, outre que par elle-même elle exprime t"Uv les hommes, l Apôtre m détermine le sens, lorsqu'il enseigne que Jésus Christ est une victime 4e pnopÀUaUon, non-seulement pour les péchés dos fidèles* mais «more pour ceaii ♦lu monde entier, totius mitnàii

• Vono/ à nmi. dit JésUS^Christ, vous tous qui travaille/, et je vous referai . c'esl-e-dlre que je vous recréerai ou sanotiiiorai (5).L. Ce n'est pas la volontô de mon Père qui o>i dans les eîetrx, qu'aucun dé ces petits enfants périsse i.. I>c I- ils de rilonuno

venu sauvetr ee qui avait pési (6)j » Jésus -Christ veut étape

sauver ot tmi< irux qui liavaillont. et tous los petits onfant-, et

Isstl Ci qui a péri. < >r. tous les hommes irai rillent et sont «'liarjçés;

tous, sons aucune exception, ont péri par le péohé d'Adam ; donc

• i-t veut sauver tous lo^ hommes, même après le péché

• I.a ju-!i le Dieu ter la foi de Jésus-Christ dit l'Apotrevest

pour tr.11>: et -nr tnu< roux qui croient en lui : Bar il n'\ a aucuno

distinction. Car tous ont péché et ont besoin de la gloire de Dieu .. Est-ce que lnYu est seulement le Dieu des Juifs? Est-ce qu'il n'est pas aussi le Dieu des nations? Dien plus, il est le Dieu fles nations, parce qu'il justifie les circoncis par la toi, « t lr> moireoncii aussi par la fol 7 ... Il n'a pas épargné sou propre I Us, il 1 a ii\rr pour non- tous 9) ... I 11 seu leule

i «1 lf's, li ; t. I

M, il | 1 /.. is. H ,1 11

foi, un seul baptême. Un seul Dieu et Père de tous, qui est sur tous, et partout, et en nous tous (1). » Dieu n'est donc pas seulement le Dieu des Juifs, mais encore le Dieu des nations, il est le Dieu et le Père de tous, il veut justifier, par la justice de Jésus- Christ, tous ceux qui ont péché et ont besoin de la gloire de Dieu ; or, tous ont péché et ont besoin de la gloire de Dieu ; donc celui qui est le Père de tous, qui a pour tous des entrailles de miséricorde, veut le salut de tous, et Jésus-Christ est mort pour eux tous.

« Je vous conjure donc, dit saint Paul, avant toutes choses, que l'on fasse des supplications, des prières, des demandes et des actions de grâces pour tous les hommes ; pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille dans toute sorte de piété et d'honnêteté. Car cela est bon et agréable à Dieu, notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés, et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité. Car il n'y a qu'un Dieu et un médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme, qui s'est livré lui-même pour la rédemption de tous, en rendant témoignage dans les temps marqués (2). » Il faut prier pour tous les hommes, parce que c'est une chose bonne en soi et très-agréable à Dieu ; rien, en effet, ne peut être plus agréable à Dieu que de vouloir ce qu'il veut ; or, il veut le salut de tous les hommes. Dieu veut sauver tous les hommes, parce qu'il n'y a qu'un seul Dieu et un seul médiateur, c'est-à-dire parce que Dieu est le Dieu de tous les hommes, et Jésus-Christ le médiateur de tous les hommes ; il les aime donc tous, et il veut le salut de tous.

Si Dieu ne veut pas le salut de tous les hommes, le raisonnement de saint Paul est faux; car il revient à celui-ci : Dieu veut le salut de quelques hommes, et non pas de tous; or, pour être agréable à Dieu,, il faut vouloir ce qu'il veut ; donc vous devez désirer le salut de tous les hommes et le demander à Dieu par toutes sortes de prières.

Au reste, l'Eglise, qui est le dépositaire et l'interprète fidèle des pensées de Dieu, prie, le jour du vendredi-suint, pour le salut de tous, et de chacun en particulier, des hérétiques, des schismatiques, des juifs et des infidèles.

« La charité de Jésus-Christ nous presse, dit encore le même apôtre : estimant que si un seul est mort pour tous, donc tous sont morts ; et Jésus-Christ est mort pour tous, afin que tous ceux

(1) Ephes., i, S. — (2) I. Tim., 2, 1 et seq.

>IS|] Ml. PARI H.-

<iui \ncni. îu'MMiii pin- peur eux-mêmes, mais pour celui qui . ii m. .h pour eux «•! «i111 cw reasusoité 1 1 ). » Qa< urist seM

mort pour mus les hommes, c'est une vérité -i certaine aux yeufl de i t pâtre, if 11' i I la pose comme un principe incontestable, pour

m lure que tous sont mon- par le péché. ( >i\ tous les homi ■mm exception, sont morts per le péché; donc .lrMi--C,lirisi eut mon pour tous* sans aucune exception,

mine la volonté» de Jésus Christ et la volonté 4e Dieu ><>ni une seule et même volonté, chacun des textes que nous avons cités prouve les deux parties «le notre conclusion. 6t oette vol< • m une volonté intérieure, vcaâe, réelle el formelle ; car 1 quand Dieu dit qu'il veut une chose, comme il est la vérité même, boni <li\ < »n- croire qu'il la veut- sincèrement, s'il n'y a pas de pr< du con train ; vj cette volonté eai si ferme en lui, qu'il a fait le ->n I ils unique pour sauver tous les hommes; 3? il que son Eglise prie pour le salut de tous ; mais il s< absurde de demande! h Uieu oc que lui-même ne veui pas sincèrement.

.h -!i--< hn-i »•-( :«i« -ii ;>\«-r l'intention que !»■ prix de son lin offert pour uni? ; car il est mort, «lit saint Rau|, ado <iue lous ceux qui viveal ne vivent plus pour eux, mais pour Dieu, afia de -n 1 v « 1 ir qui avait port, etc..; or, les hommes ne peuvent se saut \«t m vivre pour Imu, sans avoir des grâces Bulûsantes pour oette fin.

« Dieu veut Ipui rc ipii est plt'in de raison et il' . 'lit saint

Jérôme ; il veut que tous las hommes soient sauvés el viennent a la connaissance de la vérité. Mais parce que personne n'est -

-1 propre volonté, puisque non- avons un libre arbitre, il veut qui nous voulions le bien ; afin que, lorsque nous aui voulu, il veuille lui-même accomplir son dessein en nous (2 , Dieu a voulu sauver ceux qui la désirent ; et il les a excités à travaillée

a leur >.ilul. alin ipic la\o|onlf obtint Sfl r*.c n m p< 1 1 -< • ; ni.n> rn\

nom pas voulu noue, t..- n'est pas de sa faute que plusieuss mmi pae voulu croiras car la raionaé du Sauaeur, en venant -ur la terre, 1 été que lotis crussent pi fussent sauvés ~ ... Chris 1 - if»- offert comme une vieUme itam mené

pour tous ceux qui étaient mon- dans le péché [k>)\ »

« !.<• Seigneur était venu sauver tous ka péoheers, dil saint Unbroice, il a du montrai luasj 14 bonus veuevue s i«.ar.i des

I 14. — (2) r.'.-rnn.. ««., o. I . , ,/>. !,,..■

mmt.. '■. /»,n.

impies... Il a fait voir quelle était la volonté de Dieu, il a montré à tous qu'il a voulu les sauver tous (1)... C'est pourquoi Dieu a1 donné à tous des moyens de guérison, afin que quiconque périra s'impute à lui-même la cause de sa mort ; il n'a pas voulu guérir, lorsqu'il avait sous la main un remède efficace ; afin que la miséricorde de Jésus-Christ se montre manifeste à l'égard de tous, puisque ceux qui périssent, périssent par leur propre négligence ; et afin que ceux qui sont sauvés le soient selon la sentence de Jésus-Christ, qui veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à la connaissance de la vérité (2). »

Saint Augustin se propose cette question : « Si ia bonne volonté, par laquelle on croit, est un don de Dieu, pourquoi n'est-il pas donné à tous, puisque Dieu veut que tous soient sauvés et arrivent à la connaissance de la vérité? » Et il répond : « Mais Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à la connaissance de la vérité; non pas, néanmoins, de manière à leur ôler le libre arbitre, dont ils peuvent se servir bien ou mal, et par où ils seront jugés très-justement. Cela étant ainsi, les infidèles agissent à la vérité contre la volonté de Dieu, lorsqu'ils ne croient pas à son Evangile ; et cependant Dieu n'est pas pour cela vaincu, mais ils se privent eux-mêmes du grand et souverain biem et ils se préparent des supplices; car ils sentiront dans les chàtimenls la puissance de celui dont ils ont méprisé la miséricorde dans les dons. Ainsi, la volonté de Dieu demeure toujours victorieuse ; mais elle serait vaincue, si elle ne trouvait pas le moyen de punir ces contempteurs, ou s'ils pouvaient éviter de quelque manière le jugement qu'il a porté sur eux (3). »

Jansénius avoue que ces paroles de saint Augustin, par lesquelles il établit que Dieu veut sauver tous les hommes, quoique sa volonté ne soit point efficace pour tous, sont si claires et si précises, qu'elles coupent lu gorge à son système sur li grave. Pour éviter le coup fatal, il soutient que saint Augustin n'expose pas sa propre doctrine, mais celle des pélagiens, par manière d'objection. C'est, au contraire, la solution d une difficulté qu'il s'était proposée à lui-même.

Au surplus, il n'y a pas qu'un seul endroit de ses ouvrages où saint Augustin enseigne cette doctrine : « Jésus-Christ, dit-il, jugera l'univers dans l'équité; non pas une partie, parce qu'il n'a pas racheté une partie seulement. Il doit juger tout l'univers,

(♦) Llb. d<- Paradiso, c. 8. — (2) Lib. 2, do Abel et Cdin. — (3) Lib. de Litt. et Spirit., c.ZTi.

3<n THOTSIBB PARTI H.

parce qu'il s donné une renvoi pour l'univers rmier (IV.. Autant qu'il est .m pouvoir du médecin, il est venu guérir le malade; Il se tue lui-même, celui qui ne veut pu observer le- ordonnances du médecin. Il est venu dans le monde comme Sasrreuft Pourquoi est-il appelé l«- Sauveur du monde, sinon parce qu'il est venu pour s.iii\.i- le moade, el non pour Juger k monde! Vous ne soviet pas ■ 1 1 » * Mwéi par lui. \ < >n > Berea logea par vous-mêmes (S).** i es) pourquoi tous, tans exception, sont morts dans les péchés} soit dan- le péché originel) Boi( dans les péchés actuels, qu'on couiuii i par ignorance, négligence el omission : un seul vivsssÉ) o f-i-.i-ilirt' n'ayant aueass péché, est mort pour tous ceux «| ni sont mort- (5) » l-'.i s'asreasani à Julien d'Ëclane, il ltii du : « L'Apotre s prouvé que loua sont morts, parce qu'un -ml èd mort pour ton-. Je presse, ja répète, je veux te faire accepter malgré toi eette parole* Reeois*la, elle est salutaire, je ne \eux que tu meures. I n seul ed mort pour tous, donc tous sont morts. Considère que l'Apéure h vouèu être conséquent, el faire entendre que tons sont mon-, s'il est mon pour tons. Mais toi, tu eries contre nous dans ion premier livre, el lu dis qui ariet

esi mon Basai pour les enfants, il ne l'esl donc pas permis de nier

d'aucune manière qu'ils -oient souillés du péché origine] (V)

lire- toi de là, -i lu peux, un seul est mort pour tous; el ose dire

que loui cens pour lesquels Jésus I iin-t est mon ne sont pas morte* lorsqu'à I inatanl iwpùire te serre la i aauffe la voix

ti -i ■- .nul, n 'leu-e. en le montranl la eonsi quenoe el en olsanl : Donc

ton- BOOl morl-. I.a mon a passé e:i en\ ton- avec l«' prclie. par

celui en qui loua meurent j 1 1 Boni aussi compris les enfaatts, parce que Jésuf-Chrtsi esi mevl pour eux; et, à cause de cela, il est morl pour tous, parcs que tous sont morts '■>). •

9 m kugusUn r.iii donc le même raisonnemeni que saint l'aul, ei démontre que les enfanta soss morts ou souille- par le pèche,

| ' i !• .1 - — il — * ihsist e-t mon pour mu-. < )r, il -erait illogique

onclure que tous* -au- exception, même les eitfeaiBj assaj souille- du péché, parce que Jésus*Chrts| en mort pour ton-, -i. en effet, il n'était pas mort pour tous.

S i di Prosper démontre, do la même manière, que Jésue-Christ est le Sauveur de teos* el particulièrement les Oncles, ci que Wcu roui que i it sauvée, Quoique plusieurs périssent)

i l \rr \t.inP \)Trwei.\ I, n ' \ ■ Il

mi. Jul>->» . <■ i I >prrit

parce qu'ils périssent de leur propre faute. Il conclut ■ qu'il a été révélé et qu'on doit croire et professer très-sincèrement que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. * Il ne s'agit pas seulement, dans tous ces témoignages des Pères, de la valeur de la rédemption opérée par Jésus-Christ, mais des moyens accordés à tous les hommes pour se sauver, puisqu'ils déclarent que tous ceux qui auront péri, auront péri de leur faute ; donc ils auront pu se sauver ; donc ils auront eu les grâces nécessaires au salut.

Saint Thomas n'est pas moins formel ; voici comme il s'exprime dans son commentaire sur le chapitre 12 de l'Epitre aux Hébreux: « Dieu, par sa volonté très- libérale, donne sa grâce à quiconque se prépare à la recevoir; car il est dit (Apoc, 5): Voici que je suis à la porte et je frappe ; si quelqu'un m'ouvre, j'entrerai chez lui. Et (I. Tim., 2) : Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. C'est pourquoi la grâce de Dieu ne manque à personne, mais il la communique à tous, autant qu'il est en lui ; de même que le soleil, qui ne fait pas défaut aux yeux aveugles. » Il dit encore : « Quoique nul ne puisse, par le mouvement de son libre arbitre, ni mériter ni acquérir la grâce divine, il peut cependant être cause qu'il ne la reçoive pas... Puisqu'il est au pouvoir du libre arbitre d'empêcher ou de ne pas empêcher la réception de la grâce divine, il est justement coupable celui qui met un obstacle à la réception de la grâce. Car Dieu est disposé à donner la grâce à tous, autant qu'il est en lui, puisqu'il veut que tous les hommes soient sauvés efcarrivent à la connaissance de la vérité. Mais ceux là seuls sont privés de la grâce, qui mettent en eux-mêmes quelque obstacle à la grâce ; de même que, lorsque le soleil éclaire le monde, on fait un crime à celui qui ferme les yeux, s'il en résulte pour lui quelque mal, encore qu'il ne puisse voir, s'il n'est prévenu par la lumière du soleil. »

Nous n'avons rapporté aucun témoignage des Pères grecs, parce que Jansénius confesse lui-même qu'ils sont unanimes pour enseigner que Dieu veut le salut de tous les hommes, que Jésus-Christ est mort pour tous, et que ceux qui périssent, périssent par leur propre faute.

L'espérance chrétienne est fondée sur la fidélité de Dieu à ses promesses, et sur la volonté qu'il a de sauver tous les hommes. » Béni soit le Dieu et le Père de Notre-Scigneur Jésus-Christ, dit le prince des apôtres, qui, selon la grandeur de sa miséricorde, nous a régénérés, par la résurrection de Jésus-Christ, d'entre les morts, pour nous donner l'espérance de la vie, de cet héritage où rien ne peut ni se détruire, ni se corrompre, ni se flétrir, qui vous

raotsiEHE ;

est réservé d ins les tri< ux, a \>>\\< que la vertu de Dieu garde par l.i foi, p >ur vous raire jouir du salut qui ilou être montré à deccat-

i In Un des temps l >. • < >r. que devient dette esp i.mee, si on n'a pas la forsrie persuasion que Dieu veut, (l'une volonté vr lie «ver tous les hommes, ei qu'il donne à tous l<

m r le ciel : Si < baque chrétien était conpaioou que Dieu ne ia)ut de tous les hommes, m ment

«le quelques-uns^ il lomheraii comme nécessairement dans le daV

>ir. puisque, au milieu de toutes tes tentations qui se préseniem souvent ici«bas, <i fortes el si nombreuses, de ces obsl qui semblent se Multiplier avec les années, de cet ennui et «le ce

iùi i|ui pèsent si fortement but le cesur, il n'aurait qu'un nviitsoutenir re que Dieu veut im* sauver, mais

'être qui] ne le veut pas. La doctrine de \\>^ adversaire* est dont- une doctrine de mon, qui détruit, jusqu'à sa racine, l't rance dans l'àme de i < »i 1 1 chrétien.

Providence de Dieu semble exiger qu'il donne a tout des iniiM mi- de salue « Il est de ta Providence divine, efîf saint Thomas, qu'il donne à chacun les moyens nécessaires au salut, pourvu que, de wu côléyil n'y mette aucun obstacle. Car si quelqu'un, nourri dans 1rs forêts, suit la lumière de la raison naturelle dans la recèaerehe du bien et la fuite du mal, il faut tenir comme I certain que Dieu, <>n lui révélerait, par une inspiration intérieure, tout <f <|iii est nécessaire de croire, ou lui enverrait quelque prédicateur de la foi, comme il b envoyé saint Pierre a Corneille. » Enfin, Dieu aune toutes ses créatures, il aune tout ee qui existe. il ne hait aucun ouvrage de ses m. nus. Or, tout amour sim du saint kuguslin, n'est pas oisif, mais actif. Puis t[<>nr que Dieu aune l 'homme plus que toutes les créatures, plus an quelque sorte que ion propre l-'iK qu'il b livré a la mort pour le salut des hommes, puisqu'il l'aime jusqu'à l'élever au plus haut d< ayé de gloire, jusqu'à le rendre participant de sa propre nature, ne

it-ce pas méconnaître ou nier cet .munir infini, que de dire ou

de p< nses qu'il ne veut pas le salut de tous les l> » s îWj

aurait-il pas une • le contradiction dans sa conduite, .puis-

que, d'une part, il aimerait infiniment les hommes, et que, d'autre part, il > en aurait qu'il n'aimerait pas pour ainsi <\\n' du tout ?

4 adversaires nous font de nombreuses difficultés, el nous disent i que le mut iiimuci ne signifie p.iN toujours, dans l'I Ulte, tOUt MSI . menue exception, et qu'ici <mi doit lui donner Ir

(t) li' . t B

sens de beaucoup, puisque Jésus-Christ dit que son sang sera répandu pour beaucoup, pro muliis.

Il est vrai que le mot omnes a quelquefois, dans l'Ecriture, le sens de beaucoup. C'est la suite du texte ou d'autres textes plus clairs qui indiquent son véritable sens. Or, il est dit dans l'Ecriture que Jésus-Christ est venu sauver ce qui avait péri, qu'il est mort pour tous ceux qui étaient morts par le péché. Donc, on doit lui donner le sens de Unis, sans exception aucune.

Bien plus, le mot mulli signifie quelquefois tous. Ainsi l'Apôtre dit que, par la désobéissance d'un seul homme, beaucoup, multi, ont été constitués pécheurs, c'est-à-dire tous, puisque tous sont souillés du péché originel. Saint Augustin en donne cette raison : Dans tous, il y a beaucoup, et non pas peu.

On pourrait dire encore que le sang de Jésus-Christ a été répandu pour beaucoup d'une manière efficace, parce que beaucoup, et non pas tous, seront réellement sauvés.

Ils disent 2° que saint Augustin restreint ces paroles de l'Apôtre aux seuls élus, il veut que tous les hommes soient sauvés.

Mais il est bon de se rappeler que les pélagiens soutenaient que tous les hommes pouvaient se sauver sans la grâce. Dieu, disaientils, veut le salut de tous les hommes ; or, la volonté de Dieu s'accomplit toujours ; donc tous les hommes seront sauvés. Mais il en est qui ne reçoivent pas la grâce ; donc on peut être sauvé sans elle. Saint Augustin répond que Dieu ne veut pas le salut de tous les hommes, d'une volonté conséquente et efficace, mais uniquement des seuls élus.

C'est dans le même sens qu'il faut interpréter les paroles des saints Pères, quand ils disent que Dieu ne veut pas le salut des réprouvés, ou qu'il ne veut le salut que des seuls prédestinés.

Ces explications suffisent pour résoudre les autres difficultés ; parce qu'elles ne roulent que sur les mêmes équivoques.

Ut TROISIEME PARTIE,

DIEl ACCORDE M X J1 STES II V TOfS l.l - Cl lll i RS LES MOI M I ESSA1RES POl'R ARRIVER \ LEUR UN SI UN \ I LHl.l.l !..

Mr.ssui'RS,

Pour mettre dans un plus grand jour la vérité que nous avons expo» e dans notre donner entretien, nous établirons que Dieu donne aux diverses classes d'lu>mme>, en particulier, les gi tssaires1 au salut.

Proui nr. CONCLUSION. — Dieu donne Une yràrc vraiment et relativfm- )it suffisante fiour accomplir tous les commun hments mu justei, surtout à ceux ijui te veulent et qui font des efforts. Cette conclusion esi de fbi catholique.

L'Êglfse a condamné domrtie hérétique cette proposition de Jansénlus : « Quelqbes commandements de Dieu sonl impossibles aux hommes justes, même à ceux qui veulent le^ accomplir et font des efforts pour cela, selon les forces qu'ils ont présenlenieni •. il i-ur manque aussi la grâce, par laquelle Us deviennent

l>Irs. .

Le Concile de Trente dit, session VI, canon 18' : « Si quelqu'un dit que les commandements de Dieu sonl irapossjbli garder, même \ celui qui est justifié èl en étal d qu*Û soif

anathérne. »

Et au tliip. 1 1 : « personne, quelque justifié qu'il soit, ne doit mer exempt de l'observation des commandements; pei sonne ne doit avancer cette parole téméraire, ei prohibi e par les s sous peine d'anathéme, que l'observation des préceptes de Dieu esi Impossible .'■ l'homme justifié. Car Dieu ne commande polnl l'impossible; mais, en commandant, il avertit et de raire ce que Pou peut, èi de demander ce qu'on ne peut pas faire ; et H

.lin qu nu le puisse. Ses commandements ne sont point |>« niblei ; -"u joug es! doux < t »on fardeau l< - ceux qui sonl

TRENTE-HUITIÈME ENTRETIEN. 3iî>

enfants de. Dieu aiment Jésus-Christ ; et ceux qui l'aiment gardent sa parole, comme il l'atteste lui-même ; ce qu'ils peuvent certainement avec le secours de Dieu. Car, quoique dans cette vie mortelle, les plus saints et les plus justes tombent quelquefois dans des fautes, au moins légères et journalières, qu'on appelle aussi péchés véniels, ils ne cessent pas pour cela d'être justes. Ainsi cette parole dans leur bouche, pardonnez-nous nos offenses, est humble et véritable. En effet, les justes doivent se reconnaître d'autant plus obligés à marcher dans la voie de la justice, qu'étant déjà affranchis du péché et devenus serviteurs de Dieu, ils peuvent, en vivant avec tempérance, avec justice et avec piété, avancer par Jésus-Christ dans la grâce, à laquelle ils ont eu entrée par lui. Car Dieu n'abandonne point ceux qui sont une fois justifiés par sa grâce, s'il n'en est auparavant abandonné. Personne donc ne doit se flatter, pour avoir seulement la foi, dans la pensée que par cette seule foi il est établi héritier et qu'il aura part à l'héritage, encore qu'il ne souffre point avec Jésus-Christ pour être glorifié avec lui. Car, comme dit l'Apôtre, Jésus-Christ lui-même, quoiqu'il fut le Fils de Dieu, a appris l'obéissance par tout ce qu'il a souffert ; et, par sa consommation, il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, la cause de leur salut éternel. C'est pour cela que le même apôtre avertit ceux qui sont justifiés, leur disant : Ne savez-vous pas que, quand on court dans la lice, tous courent, mais qu'un seul remporte le prix ? Courez donc de telle sorte que vous le remportiez. Pour moi, je cours, et je ne cours pas au hasard ; je combats et je ne donne pas drs coups en l'air ; maïs je châtie mon corps et le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois réprouvé moi-même. Le prince des a'pôtres, saint Pierre, dit aussi : Efforcez -vous d'affermir voire vocation et votre élection par les bonnes œuvres ; car,, agissant de la sorte, vous ne pécherez jamais. Ce qui fait voir que ceux-là contredisent la doctrine orthodoxe de la religion, qui soutiennent que le juste, dans toute bonne œuvre, pèche au moins véniellement, ou, ce qui est encore plus insupportable, qu'il mérite les peines éternelles ; de même que ceux qui disent que les justes pèchent dans toutes leurs actions, si, outre l'intérêt de la gloire de Dieu, qu'ils ont principalement en vue en les faisant, ils jettent ;m-si le- yeux sur la récompense éternelle, pour exciter leur langueur et s'encourager eux-mêmes à courir dans la carrière, puisqu'il est écrit : J inclinerai mon cœur pour accomplir vos commandements à cause de la récompense ; et que l'Apôtre dit de Moïse qu'il envisageait la récompense. »

Ainsi le juste peut observer les commandements de Dieu, 1° parce que Dieu lui commande de les observer, »•! qu'il ne commande rien d'impossible ; mais, en commandant, il avertit qu'on que l'on peut, qu'en demande ce qu'on ne peut pas, et il aide pour qu'on le puisse : '2 parce que ceux qui L'aiment observent les commandements : et il- peuvent le faire, aidés d<

|ue l'un n'abandonne jamais ceux qu'ils une lois justifiés, a moins qu'il n'en soit auparavant abandonné^

€ Que celui qui croil être debout, dit saint Paul, prenne garde de tomber, Dieu est fidèle ; il ne souffrira pas que vous soyez tentés au-delà de ce que vous pou\cz ; mats il fera en sorte que, lorsque la tentation sert venue, vous puissiez la soutenir (ij) ; «

Bt-à-dire en sonir victorieux.

\ tus pourrions encore montrer, par une foule de textes de l'Ecriture, quel grand amour, quelle charité extrême Dieu a pour les justes : avec quel soin il veille sur eux pour détourner, de leurs têtes les maux qui les menacent elles conduire dans les sentiers de la p;>i\ et <!»' la justice. Bsajui c'est asses : quand, nous >ns démontré que Dieu accorde des grâces suffisantes ^ tous le< pécheurs, même aux plus endurcis, nous aurons solidement confirmé cette conclusion.

- tint Augustin, dans son discours sur le psaume 7. explique ainsi ces paroles: Mon secours juste vient du Seigneur. n La médecine ;i deux buts : l'un de guérir, l'autre de conserver la santé. Lies) parlé du premier dans le psaume précédent : lyezpitfàdê moi, Seigneur , farce que je suie malade; il est dit du second dans ce psaume même : Si l'iniquité est dans mes aaotns, si /'"< rendu le mal f^ur le ma/, gue je me ri tire de devant met eaau mit tenu avoir aucun avantage sur tu • . Là, malade, il demande d'être

ri; ici, guéri, il prie que la santé lui >"it consen pourquoi, là, !<• seeours de Dieu «*i miséricordieux, parce que le pécheur n'a aucun mérite ; il désire être justifié, ayant foi en celui qui justifie l'impie; loi, le secours de Dieu est juste, parce qu'il cord< i celui qui est déj i juste. »

Ailleurs, il dit encore : < S'ils ne Be délivrent pas de i eue daran ition, ceux qui pourront •Im- qu'ils n'ont pas entendu l'Evangile de Jésus • hrist, puisque la roi vient de l'ouïe : combien moins n'en délivreront ceux qui diront : Mous n'avons pas reçu la pu

■ i ir elle parait plus juste, l'excuse de ceux qui <ii>rni : \..iis n'.i "H- p.i- niii if don il ouïr l'Evangile, que de ceux qui

disent : Nous n'avons pas reçu le don de la persévérance ; parce qu'on peut dire : 0 hommes, vous auriez persévéré, si vous aviez voulu, dans le don que vous avez reçu et que vous teniez ; mais on ne peut dire d'aucune manière : Vous auriez cru, si vous aviez voulu, ce que vous n'aviez pas entendu (1). »

« Dieu ne commande donc pas l'impossible ; mais, en commandant, il avertit qu'on fasse ce qu'on peut, et qu'on demande ce qu'on ne peut pas... Par là même qu'on croit très-fermement qu'un Dieu juste et bon ne peut pas commander des choses impossibles, nous sommes avertis de ce que nous devons faire dans celles qui sont faciles, et de ce que nous devons demander dans les difficiles (-2). »

Il est donc manifeste que le juste a toutes les grâces nécessaires pour accomplir la loi de Dieu et atteindre sa fin surnaturelle ; non qu'il puisse rester les bras croisés, comme si déjà il était en possession de la récompense et du bonheur éternel ; il faut, au contraire, qu'il fasse tout ce qui dépend de lui pour coopérer à la grâce divine, et que, lorsqu'il ne se sentira pas assez fort pour observer quelques préceptes difficiles ou surmonter quelques violentes tentations, il ait recours à la prière, aux sacrements, ou aux autres moyens que Dieu a établis pour conserver en lui la vie divine ; alors Dieu entendra sa voix et lui donnera toute la force dont il aura besoin.

Enfin, nous avons prouvé que Dieu veut le salut de tous les hommes ; or, qui veut la fin, veut aussi les moyens ; Dieu veut donc sincèrement donner à tous les hommes les moyens d'arriver au bonheur du ciel ; donc il les leur donne.

Nos adversaires prétendent que le juste ne peut rien faire sans la grâce efficace ; or, il n'a pas toujours cette grâce, puisqu'il tombe quelquefois ; donc il n'a pas les grâces nécessaires au salut.

Mais ils devraient prouver avant tout que le juste ne peut rien sans la grâce efficace, et que la grâce suffisante ne donne pas un vrai pouvoir de faire le bien, de manière que si le juste ne le fait pas, il ne peut en attribuer la faute qu'à lui-même. Leur objection ne roule que sur une misérable équivoque, sur le mot de grâce suffisante qui, disent-ils, ne suffit pas, puisqu'on pèche. Un père de famille donne à son fils aîné une somme d'argent assez forte pour faire le voyage de Rome ; le fils part, suit exactement l'itinéraire que lui a tracé son père, et termine heureusement sa course. Il donne au cadet la même somme d'argent; mais celui-ci

(1) Lili de Corrept et Grat., c. 7. — (2) Lib. de Nat. et Grat., c I" et 69.

irte de sou chemin, dissipe son argent avec des libertine lemenl, il n'a plus Msti de ressourcée pour achever son

i Ii.h um: d i sommes élaii égale et de même nature ;

ruiic fteaee, et l'autre non efûeaee, nuis suffisante, Le plus

jeun* de ees fils aurait-il l'effronterie <!«• aavpréseatej devant aoa

et •!<• lui dire : La somme d'argent que vous ni'av< n'.i pas ,1c suffisante : et la preuve en est qu'elle ne m'a pas suffi pour pareourir toute la roule que j'aaais à i >

Qu'on n'oublie donc pas que le grâce suffisante donne an ju-ie un vrai el réel pouvoir de faire le bien, mais moyennant sa libre coopération, dans le sens que nous l'ayons tant de fois expliqué.

Il- ajoutent en second lieu fias saint Augustin, plusieurs !'• d»1 11 jrlise, dea Conciles el dès louverains Pontifes parlent snu* vent d imr certaine impuissance relative «le faire le bien, eian- Uquelle se trouve le bible, et ils non- citent nue foule de temm- -iii. •!. Mais tous ces lémou le etmire. lisent eu

rien notre conclusion ; car, -i oq les examine atlenUvesaenA et surtout la suite des leites, on acquiert la certitude qu'il d i s| pas question du juste, principalement de celui qui a le bon vouloir et qui s'efforce de faire le bien, mais du pécheur rebelle : et encore Ils ne lui refusent pas une suffisante qui lui irdée

ÉDédiatement ou Immédiatement, mais seulement la grâce effic

on bien ils <li-enl que le ehnlien n'a pas toujours la gràcCi et, le

pouvoir de faire tout le bien, même ce qui est plus parfait, comme d'observer les conseil! u d'éviter tous les pé<

véniels pendant toute sa \ ie.

Enfin i il- nous citent Peieanple de saint Pierre» qui n'a renie son Maître, disenl-Hs, que parce que la grâoe lui d manque, — h»

,sana doute, lui a fait défaut, mais non la gi suffisante. Quand non- disons que Dieu donne à ions «i' suffisantes, nous entendons q l'ils coopéreront àc< comae

M' ,nne. les i'< l' s», les Qoneitei et la -aine raison même le ooatmandent. Il- prièrent il- fréquenteront les sacrements, il- éviteront, autant que cela Répond d'eux, toutes 1< «s du péché. Quelqu'un tombe dans le | . donc la grâce lui ■ manqué, nnement n'est pas juste i car je pourrais dire ave' plu- île n : Pierre a péché : donc il i manqué a L qu'il l'a repoussée, ou parce qu'il ne l'est pal mi- en m i ni tenir.

\u fUrplUI, quel e<l I homme qui p.'vhe ians renie |'iel

le. mm- qui .i jamais en .!<•> rtlDOrdl pour une aeiion .lout il

n'a pu s'abstenir ? Ces remords sont donc un témoignage incontestable qu'on pouvait réellement faire le bien.

Seconde Conclusion. — Dieu donne à tous les pécheurs non endurcis des grâces suffisantes, tant pour éviter le péché, que pour faire pénilmce de ceux qu'ils ont commis. Cette conclusion est regardée, par beaucoup de théologiens, comme étant de foi catholique.

Le troisième Concile de Valence, en 855, canon 2% déclare « que les méchants ne périssent pas, parce qu'ils n'ont pu être bons, mais parce qu'ils n'ont pas voulu être bons. »

Celui de Sens, en 1528, part. 13 des décrets de la foi, c. 15 : « Cependant, dit-il, une si grande nécessité de la grâce ne préjudicie en rien au libre arbitre,, puisqu'elle est toujours offerte, et qu'il n'y a aucun moment où Dieu ne soit à la porte et ne frappe. »

Celui de Cologne, en 1556, part. 75: « Quoique personne ne se convertisse au Seigneur, s'il n'est attiré par le Père, personne cependant ne peut apporter pour prétexte qu'il n'est pas attiré, parce qu'il est toujours présent à la porte et qu'il frappe, nous avertissant, par une parole intérieure et extérieure, de nous convertir de notre très-mauvaise voie. »

Enfin, nous avons entendu le Concile de Trente définir « que Dieu ne commande rien d'impossible ; mais, en commandant, il avertit de faire ce que l'on peut, de demander ce qu'on ne peut pas, et il aide pour qu'on le puisse. »

« La sagesse enseigne au dehors, dit l'Esprit-Saint; elle fait entendre sa voix dans les places publiques ; elle crie à la tête des assemblées du peuple ; elle fait retentir ses paroles aux portes de la ville, et elle dit : ô enfants, jusquesà quand aimerez-vous l'enfance ? jusques à quand les insensés désireront-ils ce qui leur est pernicieux, et les imprudents haïront-ils la prudence ? Convertissez-vous par les remontrances que je vous fais; je vais vous manifester mon esprit, et je vous ferai entendre mes paroles. Parce que je vous ai appelés, et que vous n'avez point voulu m'écouter; que j'ai tendu ma main, et qu'il ne s'est trouvé personne qui m'ait regardée ; que vous avez méprisé tous mes conseils, et que vous avez négligé mes réprimandes ; je rirai aussi à votre mort et je me moquerai de vous, lorsque ce que vous craigniez sera arrivé ; lorsque le malheur viendra tout d'un coup, et que la mort fondra sur vous comme une tempête ; lorsque vous vous trouverez surpris par l'affliction, et par les maux les plus pressants. Alors ils m'invoqueront, cl je ne les écoulerai point ; ils se lèveront dès

TROISIEME l'VRTIE.

le malin, el Ha ne me trouveront point; parce qu'ils ont haï le*, instructions, qu'ils n'ont point embrassé la crainte du Seigneur; qu'ils ne se 9onl point soumis à mes conseils, et qu'ils n'eut eu que du mépris pour toutes mes remontrances. Unsi, ils mnnni le fruit de leurs voies, el seront rassasiés de leurs cbn- Dienl des enfants les tuera, el la prospérité des insensés les perdra. Mais celui qui m'écoute reposera en assurai» et il jouira crime abondance de biens . sans craindre aucun mal (I). »

1 orsque Dieu dit qu'il a appelé les pécheurs et qu'il» n'ont . répondu, qu'il a tendu la main el qu'on n'a pas regardé, il faut qu'il ail donné en même temps le pouvoir de lui obéir : car il serait injuste île menacer et il»- punir, pour avoir négligé ce qu'il était impossible de faire. Donc ou Dieu est un tyran, ce qui est un (blasphème, ou il faut avouer que les pécheurs ont la faculté de

aire le bien et <lc se »au\er.

Dieu menace de ne pi» écouler les pécheurs quand ils l'invoqueront, «le se moquer d'eux a leuT mort : c'est-à-dire que Dieu se moque de ceux qui se moquent de lui, el qu'il n era pas

ces pécheurs, parce qu'ils ne l'invoqueront pas sincèrexoenJ et avec les conditions voulues.

L'auteur du livre de la Saçetge, s'adressant à Dieu, lui dit: ' liais vous avez compassion de tous les hommes, parce que vous pouvez tout; et vous dissimulez leurs péchés, afin qu'ils fassent pénitence : car vous aimez tout ce qui e»t, et vous ne haïsses rien ut ce que \iuis avez fait, et vous n'av( / rien créé, rien établi haine, nu\ a-t-il qui pùi subsister, si vous ne !<• vouliez | ou qui pût se conserver sans votre ordre? Mais tous êtes indulgent envers tous, parce que tout est à vous, ô Seigneur, qui aime/ Seigneur, que votre l'.sprit est bon ei qu'il est

doux dans toute sa c lune! C'est noiir cela que vous châtiez

peu à peu ceux qui s'égarent , vous les ..\< rtfsseï des fautes qu'ils font, et vous le^ instruisez, afin que, se séparant du m il. ils croieni en vous, ô Seigneur.. Car, après vous, qui avez soin généi

un ni de t < » t j — les lnumnes, il n'y a point d'autre Dïctl -levant lequel Non- ayez a faire soit qu'il n'y a rien d'injuste dans le» ju ments que vous prononcez... Car sf, lorsque vous avez punîtes ennemii de vos serviteurs, ci ceux qui avaient si justement mérité l.i mort, vous l'avel rail avci tnnl de ménagement, el -i roui leur avez donne du lemp», afin qu'ils pu»»enl quitter leur nuu\

vie, avec combien de circonspeclion avez-vous jugé vos en fa ni?, aux pères desquels vous aviez donné votre parole avec serment, en faisant alliance avec eux, et leur promettant de si grands biens (1) ? »

Les expressions du prophète Ezéchiel sont encore plus énergiques : « Vous donc, fils de l'homme, dites à la maison d'Israël : Voici la manière dont vous avez coutume déparier : Nos iniquités, dites-vous, et nos péchés sont sur nous ; nous languissons dans nos crimes ; comment donc pourrions-nous vivre ? Dites-leur ces paroles : Je jure par moi-même, dit le Seigneur, que je ne veux point la mort de l'impie ; mais que je veux que l'impie se convertisse, quitte sa voie et qu'il vive. Convertissez-vous, convertissezvous ; quittez vos voies toutes corrompues ; et pourquoi mourrezvous, maison d'Israël (2) ? »

Celte exhortation de la part de Dieu serait dérisoire, s'il ne donnait en même temps aux pécheurs les grâces et les forces nécessaires pour se convertir. Que ce ne soit pas dérision , mais sincérité, ce serment qu'il fait, fen jure par moi même, en est une preuve non équivoque.

Ces paroles de l'Ecriture, comme beaucoup d'autres que nous omettons, prouvent jusqu'à la dernière évidence que Dieu veut réellement le salut de tous les pécheurs, même des impies, et elles sapent par la base toute la doctrine de Jansénius, qui soutient que Dieu ne veut le salut que des prédestinés. Assurément, personne n'imaginerait comment cet hérésiarque répond à des textes aussi formels et aussi positifs. Lecteurs, prêtez une oreille attentive, et comprenez ce que c'est que Jansénius. L'ANCIEN TESTAMENT, dit-il, A ÉTÉ UNE GRANDE COMÉDIE. Tirez la conséquence : DIEU EST UN GRAND COMÉDIEN.

« Qu'ai-je dû faire à ma vigne, dit le Seigneur, que je n'aie pas fait (5)?... Combien de fois j'ai vou}u rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu n'as pas voulu (4)!... Le Seigneur ne tarde pas d'accomplir sa promesse, comme quelques-uns le pensent; mais il agit patiemment à cause de vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent, mais que tous se convertissent à la pénitence (5). »

A ceux qui se plaignent de ce que, à cause du péché de notre premier père, nous naissons dans l'ignorance et le dérèglement des passions, « on répond en peu de mots, dit saint Augustin, afin

(1) Sap , 12, 1, 13 et 20. — (2) Ezech., 33, 10. — (3) Isai., 5, i. — (A) Matth.' 23, 37. —(S) II. Pet., 3, 9.

9IKME PARTIS.

qu'ils se tranquillisent! qu'ils cessent de murmurer contre Dieu.

Car peut-cire se plaindraient- ils avec raison, si nul liomnn1 ne

uaii le joug de l'erreur et de Bes pansions : mai- puisque Dieu

est préseni partout pour rappeler, de différentes minières par les

dures «pii le servent, celui qui s'esl éloigné de loj pour eneefr

celui qui croit, consoler celui qui espère, exhorter eelui qui

aune, aider celui qui fait des efforts, exaucer celui qui prie, on ne

- fait pas un crime d'iptorer malgré vous, mais de négliger de rcher ee que vous ignores, ni. donc pas guérir des membres

corrompu-, mais de mépriser celui qui veut vous guérir : tous ces péchés voua sonl propres (i). »

« Dieu n'nir ;, |ni' m\ du -aint Prosper. le moyen de |a correction, et ne dépouille personne de la possibilité de faire le

Quelquefois Dieu accorde aux pécheurs des grâces si fortes, qu'au moment même où Us les reçoivent, ils peuvent se convertir pt obtenir U vie divine ou la charité parfaite. Mai-, plue communément, Dieu leur donne le pouvoir éloigné «le faire le bien, i à-dire de pieux sentiments pu de saints désirs qui les disposent à changer de yie. Fidèles k ces premières grâces, ils <»ni necou la prière, se livrent à quelques œuvres de piété et de eharu se disposent insensiblement à se réconcilier avec Dieu. C'est pourquoi, quand le- l'ère- disent que Dieu refus* aux pecheurs, ils parlent de la grâce efficace qui touehe le e.eiir et le convertit surrle-cbamp ; mais ils n'enseignent nulle pan qu'il leur refuse les grâces suffisantes ci éloignées. Dieu étant libre dans la distribution de ses grâces, peui en accorder de plus gresv >u\ uns qu'aux autre-», «i personne n'a le droit de se plaindre. i tout ce qu'il lui faut pour arriver ■' ss iin.

laoïsiftuB CoitCLUstOR. — Dieu tonneaux pêcheurê, méuM mruiment auffl$*nk*% sc-nn les I ht

lir'li.r. tant /mur sr prrsi rrrr <lu péché '/'<•' futur c ri>i< f mix i/Hllg

ont commis. Nous regardons comme certaine cette conclusion,

par la plupart des théologiens. Quelques-uns cependant.

en petit nombre, soutiennent que Dieu refuse quelquefois

grâces de conversion aux pécheurs endurci- en punition de

- crimes : ses théologiens ne sonl pas condamm

Qu'est ee qu'un cœur endurci •' • C'est celui, dit saint Bernard, 1 1 componction m brise pas, que la piété n'amollit pas. qui

t iicpoHt., .

ne se laisse pas fléchir par les prières. Il est insensible aux menaces, il se durcit sous le châtiment. Il est ingrat pour les bienfaits, infidèle aux conseils, cruel dans ses jugements, sans pudeur pour les choses déshonnêtes, sans crainte pour les dangers, sans humanité pour tout ce qui est humain, téméraire dans les choses divines, oubliant le passé, négligeant le présent et ne prévoyant pas l'avenir (i). »

Le quatrième Concile de Latran, dans le chapitre Firmiler, définit, sans aucune exception, c que, si quelqu'un tombe dans le péché, après avoir reçu le Baptême, il peut toujours recouvrer la grâce par une vraie pénitence. »

Le Concile de Trente, session XIV, chapitre 2, définit encore que, « si dans la suite ceux qui ont reçu le Baptême se souillent par quelque crime, Jésus-Christ a voulu, non pas qu'ils fussent de nouveau lavés par le Baptême reçu une seconde fois, cela n'étant en aucune façon permis dans l'Eglise catholique, mais qu'ils comparussent comme des coupables devant ce tribunal de la pénitence afin que, par la sentence des prêtres, ils pussent être absous, non pas une seule fois, mais toutes les fois qu'ils y auraient recours avec un repentir sincère de leurs péchés. » Le sacrement de Pénitence peut donc être toujours reçu, toutes les fois qu'on s'est souillé par le péché mortel.

« Est-ce que vous méprisez, dit saint Paul, les richesses de la bonté de Dieu, de sa patience et de sa longanimité ? Ignorez-vous que la bénignité de Dieu vous invite à la pénitence ? Mais, par votre dureté et votre cœur impénitent, vous vous amassez des trésors de colère pour le jour de la colère et de la révélation du juste jugement de Dieu (2). » Saint Paul exhorte les pécheurs endurcis à se convertir, et ils n'auraient pas les grâces nécessaires au salut !

Dieu jure par lui-même qu'il ne veut pas la mort de l'impie, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. Jésus-Christ, mourant, convertit le bon larron, et prie pour ses bourreaux.

Saint Augustin, expliquant ces paroles de l'Apôtre : Dieu les a livrés à leur sm* réprouvé, dit: c Tel est l'aveuglement de l'esprit. Quiconque tombe dans cet aveuglement, est privé de la lumière intérieure de Dieu, mais non pas encore tout-à fait, tant qu'il reste dans cette vie. Car être tout-à-fait hors de Dieu, qu'estce, sinon être dans le souverain aveuglement ('<)'. »

(1) Lib. \, de Considérai., c. 2, n. 5. — (2) Rom., 2, i. — (B) I narrât, in Psal. 6, n. 8.

TBOIBlàll PAHTDE

Ifl1 riinni m pOM BttlE MSACiusion : « La liberté du libre arbitre el l'efficacité de la irrace de Dieu montrent qu'il n'y a aucun péché dans cette fie qui ne puisse être effacé par une vraie i t. apn s ;i\nir Mu que les péchés des ri< mous el des réprouvés sont irrémissibles, il ajoute : • Mais tel ne peut être aueun péché de I homme voyageur, dool le libre arbitre ni ilcxible pour le bien el pour le mal. h nn il Mit que dire ai il > ■ ajMJtapM péefeé il ans cette vie dont l'homme ne puisse se repentir, est une erreur : premièrement, parce que, par là, en détniirejl kt libre arbitre laiient, parce qu'un limiter. ni .iii^i ;i la puissaM»

de ii grâce, par laquelle le cobw de tout péchtwr peut être nm à m repentir, selon cette parele [Prou ., SI.) s I.e mur du roi est

dans la main de Dieu, el il le tournera partout où il voudra* Que quelque pi clic ne BfHSM èlre remis par une vraie |" ■nilence. encore une ci reur : preiuiereiiicnl. parre .pie ccia répugM a la miséricorde de Dieu, dont il Ml dit (Jo-'L, "-'.» : »ju'il etl bon, et miséricordieux, el patient, el d'une grande miséricorde, et qu'il surpasse la m.dice. Cm Dieu Bereitea quelque sorte vaincu par riioinine. <i l'homme voulait que bod pécfeé fui effaeé, qui* Dieu

ne voudrait p;is elï.icer. l.n MCOnd lieu, parce que cela dér rail à la vertu de la pMBion de léuue^Cbrist, par laquelle s'opère la pénitences comme les' aunes sacrements, puisqu'il est écrit l ./ei/).. -m : Il est une victime de propitiation pour n<>> pèches.

non seulenen) pUUf les nôtres; niais BneOM pour ceux du monde entier (I). »

Hais n'esi il pus dli dani l'Ecriture que le pèche edntre te >aint- Bsprii ne peut être remis.' Saint Thomas répond que ces sortes de péchés ne peuvent ôlre remli ficlifiiidnlj wém rMstffî, xcxiirri

th fnili.

•le réponse indique |a manière dont il faut expliquer les ptsMgi s de I l criture ou il est dil que Dieu m moquera des unplee m moment de la mort, qu'ils le cbcMbenonl et ne le trou-

s i i < >n t pas; et qu'ils; mourront dtns leurs péchés; cVv|-;i-ilirr

qu il se moquera de ceux qui ne le rechercheront pu9 v|n' ment, ou qui ne seront p;is vraiment convertis. Il n'est du nulle qu lU ne i> 'trrnut p iv le trouver : mais il est dit qe o- ne le tfonveronl pas.

l m que l'homme esl sur la terre, il don turc des ri tes de foi, d es] i de i h iriié, et surtout bu moment de la mort. I m-.

Dieu ne -, iur.nl ImpOMf d'obligation* qu'il ne donne en même

temps le moyen de la remplir ; car le Concile de Trente a défini que Dieu ne commande pas des choses impossibles ; mais, en commandant, il avertit, et de faire ce que l'on peut, et de demander ce qu'on ne peut pas, et il aide pour qu'on le puisse.

Les pasteurs et les fidèles sont tellement convaincus que la conversion est toujours possible, tant qu'on est dans ce monde que, lorsque quelque grand pécheur se trouve en danger de mort, tous sollicitent sa conversion.près de Dieu par de ferventes prières. Plus dune fois ils ont eu la consolation de voir de grands scélérats se convertir à ce dernier moment, et mourir avec les sentiments de la plus vive componction.

Si les fidèles étaient convaincus qu'il peut arriver un moment où Dieu a épuisé pour eux les trésors de sa miséricorde, combien de pécheurs se jetteraient alors dans le désespoir ? L'expérience prouve que ce qu'il y a de plus difficile à obtenir d'un pécheur invétéré, c'est d'avoir encore confiance en Dieu. Tourmenté par le souvenir de ses fautes, il interroge quelquefois son confesseur avec anxiété ; Croyez-vous que Dieu ne m'ait pas abandonné ? Pensez-vous qu'il me fera miséricorde ? C'est alors que le ministre des bontés divines doit déployer tous les moyens de persuasion pour ranimer la confiance dans ce cœur désespéré, et lui montrer que la puissance de la grâce est infinie, puisqu'elle est la puissance de Dieu même.

Notre doctrine, dit-on, autorisera les pécheurs à croupir dans leurs désordres. Mais faut-il guérir un mal par un plus grand encore ? Pour leur faire quitter le vice, n'y a-t-il qu'un seul motif, l'abandon total de Dieu, même dès cette vie ? Et la brièveté de la vie, et l'incertitude de la mort, et la perte des grâces spéciales et particulières, et la force des habitudes invétérées, sont des raisons assez puissantes pour les engager à ne pas différer leur conversion jusqu'à la dernière heure.

Remarquons encore la sagesse admirable de la doctrine que nous exposons. Le pécheur ne doit jamais désespérer de son salut, parce que, tant qu'il vit dans ce monde, il peut revenir à Dieu. Cependant, qu'il ne renvoie pas une affaire aussi grave à un avenir incertain ; il s'agit d'une éternité de bonheur ou de malheur ; la risquer pour un peut-être, est une extrême folie, une extravagance qui n'a pas de nom.

C'est ainsi que l'Eglise préserve ses enfants autant de la présomption que du désespoir.

TROISIKME PARTIE.

• ORDÉ AUX JUIFS, Ai \ INFIDÈLES ET AUX PBTITS ENFANTS, DES MOYENS SUFFISANTS POUR ARRIVER A LEUR t IN SI RNATORELLB.

Msssist

Dès lors qu'il est prouvé que Pieu veut le snlm de tous les hommes, sans exception, il devient inutile d'établir en particulier qu'il donne des grâces nécessaires au salut h telle classe de personnes. L'objectiOn qu'Otl pr«'f ♦ ml tirer île là ne -aurait rien prouver; car il faudrait montrer que Dieu n'a d'autres moyens, que ceux que nous connaissons, pour distribuer ses grâces. Voici, en effets ;'i quoi retient toute ht difficulté : Il esi certain que Dieu veut le salut de tôtw les hommes; mais je ne connais pas tes moyens de -nlut qu'il a donnés à telle ou telle personne ; donc il in- lui b accordé aucune grâce. Il n'es! personne qui ne coitt* prenne combien esl ridicule un pareil raisonnement. Fuirons néanmoins dans quelques détails.

Pufmii m < OrtCLÛSlON. — Ihnt a donnt à la nation juive les grâces nétetiatret bu an lut.

Prétendre que Dieu n'a accordé, -uns l'ancienne loi, le secours ce qu'aux patriarches, aux prophètes, et à un petit nomlire de personnes, est une erreur soutenue par les hérétiques qm se trouve déjà réfutée par la plupart des textes que nous ivotii rapportés, où Dieu s'adresse h tous les Juifs et 16s presse vivement de se convertir.

I u parcourant les saintes Ecritures, on trouvera que le peuple juif \ est souvent appelé un peuple chéri; ^\nr nation sainte, la vigne du Dieu des am prédilection. <v

iminntions glorieuses el < onsolantes munirent que Dieu i toujours eu pour lui des vues pleines de bouté et de miséricorde, une attention continuelle •• faire éclater -ur lui ses bienfaits, un

soin tout particulier à le conduire dans la voie du salut. Souvent il l'exhorte par la voix de Moïse à suivre ses commandements ; lui fait annoncer toutes ses obligations ; lui remet sous les yeux les biens dont il sera comblé, s'il y demeure fidèle, et les maux dont il sera accablé, s'il les néglige. Mais si Dieu ne lui donne pas en même temps les grâces nécessaires pour observer ses commandements, ce ne sont plus là que sollicitations vaines et illusoires, reproches injustes, menaces tyranniques. Un prince insulte à la faiblesse de ses sujets, lorsqu'il exige d'eux ce qui est au-dessus de leurs forces.

Plus d'une fois les Juifs prennent tous, d'un consentement unanime, la résolution de servir Dieu, et d'observer fidèlement ses préceptes. Sous les Juges, frappés du crime commis dans la tribu de Benjamin, ils recourent à Dieu par les larmes, par la prière et le jeûne. Du temps de David, enflammés d'une sainte ardeur, ils transportent l'arche d'alliance avec piété et enthousiasme. Sous Josaphat, Joas et Ezéchias, toute la multitude court, dans un transport de zèle, briser les idoles que l'impiété avait érigées au milieu d'eux. D'où leur vient ce zèle, ce courage, cette piété, sinon des mérites de l'Agneau immolé dès le commencement du monde ?

Moïse dit au peuple hébreu : « Pensez donc en vous-même que le Seigneur votre Dieu s'est appliqué à vous instruire comme un homme s'applique à instruire son fils, afin que vous observiez les commandements du Seigneur votre Dieu, que vous marchiez dans ses voies, et que vous soyez pénétrés de sa crainte... 11 a été votre conducteur dans un désert vaste et affreux, il vous a nourris dans cette solitude de la manne inconnue à vos pères..., afin que vous vous souveniez que c'est le Seigneur votre Dieu qui vous a donné lui-même toute votre force, pour accomplir ainsi l'alliance qu'il a jurée avec vos pères (l). »

Isaïe leur dit de la part de Dieu : « Je chanterai à mon bienaimé le cantique de mon proche parent, pour sa vigne. Mon bienaimé avait une vigne plantée sur un lieu élevé, gras et fertile. II l'environna d'une haie; il en ôta les pierres, et la planta d'une espèce choisie ; il bâtit une tour au milieu, et il y fil un pressoir. Il s'attendait qu'elle porterait de bons fruits, et elle n'en a porté que de sauvages. Maintenant donc, vous, habitants de Jérusalem, et vous, hommes de Juda, soyez les juges entre moi et ma vigne. Qu'ai- je dû faire de plus à ma vigne que je n'aie point fait? Ai-je

(i) Dcol., 8, 5,0, 13, 18.

eu tort d'attendre qu'elle portai de bons rni-dn<. nu lieu qu'elle n en n produit qu» de m luvàfs J Mais je vous montrerai maintenant ee que je vais ralre ;i ma ^ iirut*. Tcn arracherai In haie, et elle sera

Kvrée nu pill âge 1 a vigne du Seigneur des armées, c'est In

maison d'Israël; Ë1 les hommes de Juda étaient I»1 plant auquel il prenait ses délices. l'ai attendu qu'As fissent des notions justes, et je ne vols qu'iniquité : et tra'ils portassent des fruits de justice, et \\< n'oM'iiriit que des plaintes IV » Mais si Dien n'avait pa- donné i tout son peuple les grâces nécessaires pour pratiquer la vertu, poiirr.ui-il justement dire qu'il a planté sa vigne dans un liou gi fertile, qu'il n tout fut pour eu liuil le prendre lui-même

pour lieraient donc lotis ces reprod

Il v a plu-, c'est que, si on lit arec Étteritton toute l'histoire du peuple juif, on esl frappé d'étonnenieut et d'ndniirntion de In patience et de la bonté avec lesquelles Dieu le supporte, malgré ses inli ! son penchant à l'idolâtrie. Sans cesse il lui pnrle,

sens eesse il l'invite a la pènltenèe, <-i quand il ne l'écoute pn*. il le fmppe. lui envoie quelque calamité, afin de le ralre rentrer en

lui-même i t de le porter âinSl a té rép« nlir de <e« crimes.

S tint Etienne n\nit doue raison de dire aux Juifs de son temps : « Hommes a tête dure, oreilles « t cœurs ineirconeîs, \ « >n- avez toujours, comme vos pères, résisté ;<u Saint-Esprit. »

l es Docteurs de l'Eglise et les saints Pères, toutes les fois qu'ils recherchera 1 1 eanse pour Inquelle les .luif^ ont été rejelés de Dieu depuis l'établissement du Christianisme, n'en trouvent pas d'autre que leur ingratitude envers Dieu, que l'abus continuel d< de toutes sortes qu'il avafi fait pleuvoir constamment sur eux. I.or< donc qu'il c<\ dit que Dieu les a aveuglés, qu'ils ne pouvaient Toire, on doit entendre ees paroles dans le sens que leur ont donné l< - re qu'ils ne roi/huent pas croire, et que

Dieu leur refusait les gréées spéciales ou efficaces pour comprendre lej dii Inès.

r issons maintenant aux Infidèles.

„,,,\. — /; ,,'u n doWkê mrr m fidèles, srfon les Il -tir Rf /,• taiut. Telle eon-

eiu-ion nous p irait certaine.

Le pape Hletandre VFÎ1 a condamné la proposition suivante: • 1 es ulfs, les hérétiques et les BUtft i e ne

vent nucune hrflucn !«• Jésus-Christ, d'où vous pouvei

lure, avec raison, que la volonté ett nue et t i d eux,

sans toute grâce suffisante. » Et le pape Clément XI, les propositions 26, 27 et 29 de Quesnel : « Aucunes grâces ne sont accordées que par la foi. — La foi est la première grâce et la source de toutes les autres. — Aucune grâce n'est accordée hors de l'Eglise. » Ceux qui n'ont pas la foi, qui ne sont pas dans le sein de l'Eglise, reçoivent des grâces actuelles pour les conduire à la foi, et de là au salut éternel.

Dieu veut le salut de tous les hommes; il veut que tous viennent à la connaissance de la vérité. « Or, l'effet de cette volonté, dit saint Thomas, est l'ordre même de la nature pour le salut, et les dons, tant naturels que gratuits, proposés communément à tous et qui les doivent conduire à leur fin (1). »

Saint Paul, parlant des philosophes et des peuples païens, nous dit : « Les perfections invisibles de Dieu sont devenues visibles depuis la création du monde, par la connaissance que ses créatures nous en donnent, en sorte qu'ils sont inexcusables, parce qu'ayant connu Dieu, ils ne l'ont point glorifié comme Dieu, et ils ne lui ont point rendu grâces, mais ils se sont égarés dans leurs vains raisonnements, et leur cœur insensé a été rempli de ténèbres (2). »

« Tribulation et angoisse sur tout homme qui fait le mal, du juif premièrement, et ensuite du gentil. Mais gloire, honneur et paix à tout homme qui fait le bien, du juif premièrement, et ensuite du gentil. Car Dieu ne fait point acception des personnes. Et, ainsi, tous ceux qui ont péché sans la loi périront sans la loi, et tous ceux qui ont péché étant sous la loi seront jugés par la loi ; car ce ne sont point ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu ; mais ceux qui gardent la loi seront seuls justifiés ; car lorsque les Gentils, qui n'ont point la loi, font naturellement les choses que la loi commande, n'ayant point la loi, ils se tiennent à eux-mêmes lieu de loi ; et ils font voir que ce qui est prescrit par la loi est écrit dans leur cœur par le témoignage qu'en rend leur conscience, et par la diversité des réflexions et des pensées qui les accusent et qui les défendent, au jour où Dieu jugera par Jésus- Christ, selon l 'Evangile que je prêche, tout ce qui est caché dans le cœur des hommes Si donc un incirconcis garde les ordonnances de la loi, n'est-il pas vrai que, tout incirconcis qu'il est, il sera considéré comme circoncis (3)? » L'Apôtre compare ici les Juifs avec les Gentils, et affirme que les Gentils font ce qui est

(1) In i Sent, dist., 46, q. 1, a. 1. — (2) Rom., i, 20. — (3) Hom. 2, 9 et seq.

TROISIEMB PARTIE.

ordonne ptr la loi, tans qu'ils aicni la loi écrite des Juifs, mais qu'ils 1,1 connaissent par le témoignage qu'en rend leur conscience, par consi quenl par la tradition : que le gentil qui aura fait ie bien .., iv. honneur ei |»;ii\ comme le juif, et qu'il se sauvera ;>n- -i bien que le juif, tout incirconcis qu'il est. Donc, ^mn Paul suppose évidemment que les Gentils ont pu Be sauver, et, par conséquent, que Dieu leur i donné des grâces suffisantes pour se sauver; autrement, ils seraient excusables.

9 m Lugustin qous «lit sur le psaume 18 : « Il n'\ s personne qui Be dérobe a sa chaleur. Mais, lorsque le \ erbe s'esl [ail chair «■t qu'il s habité parmi nous..., il n'a pas permis qu'aucun mortel put s'excuser de rester dans l'ombre de la mort, et la chaleur «lu Verbe s pénétré la mort elle-même. •

Saint Chrysostème, expliquant CCS mois : // r/ait la lumière qui éclaire (oui homme, B'exprime ainsi : « S'il éclaire tout homme venant en ce momie, de quelle manière les hommes demeurent-ils Bans lumière 1 Mais bî quelques-uns, fermant volontairement les yeux de l'esprit, ne veulent pas recevoir l< i de cette lu-

mière, ce n'est pus par la nature <ie la lumière qu'ils demeurent dans les ténèbres; unis c'est par leur propre malice, qu'ils se privent volontairement de ce bienfait. Car la grâce s'est répandue sur tous. Il faut que ceux qui ne veulent pas profiter de ce don, s'imputenl b eux-mêmes leur aveuglement 1). »

L'auteur des livres de la vocation «les Gentils, livre •'. chapitre 36 : « Le secours de Dieu, dit-il, s été offert à ions pur des moyens innombrables, lecrets, sotl manifestes; si beaucoup le re-

poussent, il faut l'attribuer à leur malice; et si beaucoup le r< i \eui aussi, c'est l'effet de la grâce divine et de la volonté humaine. » Il conclut :unsi au chapitre 31 : « On a montré combien le Seigneur s donne de secours, au point que, non seulement dans ces derniers temps, mais encore dans tous- le- inté-

rieurs, on prouve que de Dieu

hommes, par une égale providence et une bonté général* aussi par des moyens infinis et dans une mesure diverse, p

élément, smi publiquement, il est lui-même, comme le dit l'Apôtre, le Sauveur de tous les nommée, surtout des

tîdi les. .

\u surplus, d est constant que les principal* « hrétiennes

Ont été connues ckWI tOUS les peuples, et qu'elles n'ont j;iin.u- < le

i Qtiéremeni : ainsi I existence, ei l'unité de Dieu, la 1 1

lion du monde, la formation et l'état primitif de nos premiers parents, leur chute, la dégradation originelle de l'homme, l'attente d'un Rédempteur futur, l'existence d'une autre vie, heureuse pour les bons et malheureuse pour les méchants, et même la nécessité de la grâce. Car la prière, dit saint Augustin, est un témoignage du besoin de la grâce ; or, on a prié partout.

Il suffît de lire attentivement l'histoire pour se convaincre que Dieu a toujours été bon et miséricordieux pour tous les hommes, encore qu'il le soit plus pour quelques-uns. Depuis le commencement du monde jusqu'à Abraham, ils ont le secours de la tradition, qui est vivante au milieu deux, dans la personne de ces patriarches qui vivaient plusieurs siècles, et Dieu se révèle à eux très-souvent pour les instruire lui-même. Abraham devient le père d'un peuple chargé de conserver pures les antiques traditions, et de les faire connaître au monde entier, comme aujourd'hui l'Eglise catholique.

« Cette réunion de tous les peuples dans une même société, sous une même loi et sous le même Dieu souverain, que, sur la foi de l'antique tradition, les sages pressentaient et appelaient de tous leurs vœux ; Dieu la figure d'avance et la prépare dans un peuple choisi, qui, pour cette raison, peut être regardé, suivant la belle pensée d'un de ses philosophes, comme le pontife et le prophète de tout le genre humain (1). »

« Quand le Très-Haut divisait les nations, quand il séparait les enfants d'Adam, il marqua les limites des peuples selon le nombre des fils d'Israël. Mais la part du Seigneur fut son peuple, Jacob fut son héritage (2).

» Il y a donc, dans les desseins de Dieu, une secrète correspondance entre l'état de la postérité de Jacob et la destinée des autres nations.

» Nous en voyons les effets dans toute l'histoire ancienne.

» A la tète des peuples de l'antiquité qui ont eu le plus d'influence sur les destinées humaines, parait l'Egypte. C'est avec l'Egypte aussi que le peuple choisi aura les rapports les plus intimes. Abraham y descend, y est en grand honneur auprès du roi et de ses ministres. D'anciens auteurs, tels que Justin, Eupolème, Artapan, Josèphe, lui attribuent une grande influence sur ce pays. Trois générations après, Dieu révèle à Pharaon ce qui devait arriver à son royaume et à toute la terre. Joseph, arrière-petit-fils

(1) Pbilon ., Judœi de Abraham, p. 472 ; de vità Mossis, 1, p. 425, édit. de Th/- ■èbe, imprimerie royale, 15B2, grec seul. — (2) Deut., 23.

d'Abraham, lui balai prêta l'oracle divin, gouverne 1 Kgypte enliére pendant prés de qutlre-vingls ans comme vice-roi ; il y est appel.- le sauveur <1m m. m.lt\ il v forme les sages et les prince*. Cou -i renommée de l'Egypte, et M qui <Vn répaod plus

tard dam la Gréée Bf en liaKe, viendrait doue en grande partie du BU de Jacob. Moiee j par. ut. i aon tour, accompagné de prodiges qui retenliaaem dam tout l'univers. Sa renommée est telle, hjb d'anciens auteurs, eues par Uexandre Polyhistor dans Bueèbe,

le donnent pour I Hermès trismégiste, et lui rapportent l'invention

il.'- lettrée, qui, suivant eux, passèrent des Juifs aux Phéniciens, lee Phéniciens aux Grecs. Salomon, que les rois comultent

ime un oracle, soit par eux-mêmes, soit par leurs ambassadeurs, était cendre du roi d*Bgypte. Pour élever au Très-Haut un temple qui sera la merveille du monde, il choisit cent cinquante mille ouvriers, non parmi le* Juifs d'origine, mais parmi les Gentils adorant le vrai Dieu.

€ Apres i.-v Egyptiens, le peuple de l'antiquité le plu célèbre par ion esprit, ses arts, ses sciences, son commerce, as nai tion, ses colonies, ee sont les Phéniciens. Marchanda de l'univers

entier, il- parcourent toutes |c> mers, trafiquent avec tOUS les peuples, abordent jusqu'aux iles Britanniques, fondent partout des ■villes et des colonies fameuses : l'tique, llippone. CarthugC en Afrique : Gadés ou Cadix en Bspagne. C'est un de leurs princes, Cadnuis, qui apporte en Grèce les lettres de l'alphabet. Or, pendant près de quinze siècles, |(>s Phénieiem et les Hébreux, habitant «les piyg limitrophes et souvent les même*, étaient continuellement eu rapport les uns avec les autres. ï es premiers descendaient de Ml Chili incens parmi lesquels a\ajent vécu

àbraham, [sans et Jacob. Les Hébreux sortent de l'Egypte après

des prodiges terribles; ill traversent à pied sec la mer ReUgC, agent quarante ans dans le désert, passent le Jourdain qui s'ara leur approche, font tomber les murs de Jéricho, publient, sur le mont Carizitn, la loi du Seigneur, s'annoncent eux-lï* eomme les vengeurs de sette loi souveraine sur les peuples de Chanaan; plusieurs d< uples sont exterminés, d'autres

happent par la fuite. Ces ci m. Ta lion s furent les premières colonies

niciennes. Vu temps de saint Vugustin, les Puniques ou Phéniciens it Mrique, inte -ur leur origine, répondaient encore

qu'ils étaient Chananeens. \u sixième siècle <le 1ère chrétienne, PrœopC écrit que, dans || \il|e de ringiS en Mauritanie, on vov.ut ire deux colonnes attestant, par leur inscription, qui les pre •mers habitant! du pavs s'\ étaient réfugiés pour échapper au

glaive de Jésus, fils de Navé. D'autres peuples chananéens se soumettent aux Hébreux et en deviennent tributaires. Jusqu'au temps de David, les anciens habitants du pays occupaient la citadelle de Jérusalem. C'est d'un prince jébuséen que David achète l'emplacement du temple. A cette époque, on voit des relations d'amitié et d'alliance entre les Phéniciens et les Hébreux. Un des plus constants amis de David fut Hiram, roi de Tyr, principale ville de Phénicie. Quand Salomon succède à son père, Hiram lui envoie des ambassadeurs. Salomon lui apprend qu'il est dans la résolution d'exécuter le dessein de son père David, de bâtir un temple au Seigneur, et le prie de choisir les plus habiles ouvriers de Tyr et de Sidon pour aider ceux d'Israël. Hiram, ayant entendu les paroles de Salomon, se réjouit beaucoup et dit : Béni soit aujourd'hui le Seigneur Dieu qui a donné à David un fils très sage pour gouverner un si grand peuple. Et il envoya vers Salomon, disant : J'ai entendu tout ce que vous m'avez fait dire; je ferai tout ce que vous désirez. D'anciens auteurs, cités par Tatien, ajoutent que Salomon épousa une de ses filles. Hiram lui aida également à fabriquer des navires. Les flottes réunies des Phéniciens et des Hébreux faisaient des voyages qui duraient trois ans. L'affinité entre ces deux peuples était telle que, dans plusieurs auteurs anciens, les noms de Phénicie, de Palestine, de Syrie, se prennent indifféremment l'un pour l'autre. Leur langue était au fond la même : le phénicien n'était qu'un dialecte de l'hébreu. On le voit jusque dans le punique ou phénicien d'Afrique. Ainsi, dans le discours que Plaute fait tenir à un habitant de Carthage en sa langue maternelle, la ressemblance avec l'hébreu est visible. Saint Augustin observait encore la même chose pour le punique de son temps ; il en cite quelques exemples, ajoutant qu'il en était presque de même pour tous les mots. En particulier, les deux principaux magistrats de Carthage, les suffètes, rappellent visiblement les suffetim ou juges d'Israël.

Ce qui achève de montrer combien la Phénicie tenait de près à la Judée, c'est la manière dont les prophètes Isaïe etEzéchiel parlent de la gloire de Tyr, de ses richesses, de son commerce avec toutes les nations, entre autres avec Judas et Israël, ensuite de ses malheurs futurs, du siège qu'elle aurait à souffrir, de sa prise, de sa totale destruction (1).

« A côté de l'Egypte et de la Phénicie s'élèvent les deux plus fameux empires de ces anciens temps, l'Assyrie et la Perse. Aussi

(1) Ezecb., 28.

voii-on Israël m< nonnaa comme un secret levais

qui doil |>rn .1 peu !<•> pénétrer tout entières. Dans un songe mystérieux, Dieu Bgure .m roi de Babylone la meeewion des empirai Jusqu'à II tin des siècles. Daniel, éclairé d'en haut, le lui interprète, ei lui montre quatre grandes monarchies, lei \--\ricns, l<- Mi l. - ii les Perses, les Gr< les Romains, succédani l'une > l'autre, et, ;i la fin, disparaissant toutes pour dire place s un anapire surhumain, éternel, et qui embrassera tout l'univers. Daniel est élevé au -dessus de tous les grands «V Assyrie. Il est l'anse dki gouvernement, non*seuIement -nus les rois de Babylone, mais ire sous les Mèdes et les Perses. Il est le premier ministre de Darius «m de Cyrus, comme il l'avait été de Nabuchodonosor. Ces princes, dam del décréta publics, annoncent s leur- peuples la puissance «lu Dieu véritable. Ce Dieu n'était point inconnu » leurs \;isit's empires. In sit'clc auparavant, la erande Ninive s'était convertie UMIt entière à la voix d'un de ses prophètes, i V n'est pas seulement .les rois (pie Daniel est révéré ; sa l igesse est en admiration à tout l'Orient ; elle ile\ient un proverbe jusqu'à Tyr. Il est

le commun docteur des Mages et des Cbaldéeus, ces antique-

- «pie les philOSOphaS île la l.r.ve, (le l'Inde cl ni.'ine de la Chine, couuneneaict des lors à venir consulter. Il n'est pas le seul en honneur. Ses compagnons participent à sa gloire comme | lumières. Après eux, une tille de Jacob monte sur le trône d suérus: Hardochée devient le premier ministre du grand roi; une foule de peuples embrassent la loi du Seigneur.

« Alexandre parait, bondissant à travers les provinces et les royaumes, et foulant à mn pieds l'empire des perses, n marahe

contre Jérusalem, pour la punir de la fidélité qu'elle axait panier à DarlUS. Mail a la vue du irrand-prètre, d adore ce Dieu suprême qui lui a donné des ordres en Mae. ■doine. II reconnaît au livre de Daniel la prédiction de ee qu'il est et de ce qu'il fait. Il accorde aux habitant! de la ville sainte les pràees qu'ils lui demandent; il en promet autant à tous les Juifs dispersés ailleurs; il en enrôle UB grand nombre dans SOU année; il en établit dans \l.xandrie

le- mêmes privilèges que le- Macédoniens. Héeatée <r LMèra,

et d'autre- encore, écrivent en L-ree l'histoire des Juifs et de leurs

patriarches kristotc a des oonféreneei avec un savant juif. Un

des successeurs d'Alexandre en Egypte fait traduira les ii\res

des ll.breux. In temple est élevé au \r.u Dieu sur le mont

Oarixim, un autre en Egypte, a Héliopolls. Irius, rai da Sparte,

m grand prêtre (»nias, que, d'après de-» archives, les Juifs

et le- Spartiates sont frères, comme descendant d'Abraham, le

peuple d'Athènes décerne une couronne d'or et une statue au grand-prêtre Hircan, pour la bienveillance qu'il témoignait à ceux qui d'Athènes allaient en Judée (1).

Les Romains, en devenant les maîtres du monde, rencontrent les Juifs partout. Il y a une synagogue à Rome, une autre à Athènes. Le vrai Dieu y est connu et adoré non seulement par les Juifs d'origine, mais encore par de nombreux prosélytes. Horace, Ovide, font souvent allusion à leurs fêtes, à leurs coutumes, à leur zèle pour convertir, comme à des choses vulgairement connues. Cicéron, dans son discours pour Flaccus, accusé d'avoir empêché ceux de l'Asie d'envoyer leur offrande annuelle à Jérusalem, nous montre les Juifs y transportant chaque année, de l'Italie et de toutes les parties de l'empire, des sommes considérables d'or et d'argent ; il les représente si nombreux à Rome, et si puissants dans les assemblées, que, pour ne pas s'attirer leurs violences, il va, dit-il, en traitant ce chef d'accusation , modérer sa voix de manière à n'être entendu que des juges, et non pas de la foule qui entourait le tribunal. Une lettre de Jules César nous les montre jouissant de privilèges particuliers dans tout l'empire romain (2).

« L'empereur Auguste ordonna que de ses propres revenus on offrit chaque jour au Dieu Très-Haut des holocaustes solennels dans le temple de Jérusalem. L'impératrice Julie, sa femme, y envoya des coupes d'or et d'autres présents du plus haut prix (3). Sénèque se plaint amèrement que la superstition des Juifs eût envahi toutes les nations, et que, vaincus, ils eussent donné des lois à leurs vainqueurs. L'univers entier, comme on le voit par Tacite et Suétone, attendait de la Judée le dominateur du monde.

« D'un autre côté, les Sabins, qui furent des premiers habitants de Rome, se disaient une colonie de Spartes. Comme les Spartiates descendaient d'Abraham, les antiques Sabins en seraient descendus aussi. La postérité du grand patriarche aurait ainsi mis la main à la fondation de Rome. De là vient peut-être que, pendant cent soixante-et-dix ans, il n'y eut point d'idoles dans les temples des Romains. De là peut-être encore chez les Etrusques, le nom de Jove ou de Juve, chez les Latins, celui de Jovis, dérivés de Jéhovah, donnés au Dieu suprême. De là, peut-être enfin, chez les premiers un gouvernement semblable à celui des Hébreux,

(1) Jos.'plio, Antir/., liv. U, c. 10 et 16. — (2) Josèplic, Histoire de» Juifs, Ht. 18, chap. 17. (3) Philo., leijat. nd Caïum.

MJ TIOBIKM l'Ain (1.

iouse divisions militaires, ayant chacune son chef, et au-dessus d'cuv, on pontife.

« Quelle attention ne mérite point ce peuple, Mêlé suceessifâv ment à toutes les grandes monarchies, MM M coafoMke, ni périr

avec aucune d'elle*; un peuple que Dieu lui-même avait constitué ci choisi pour son héritage, fi pour l'instrument particulier «le sa providence sur le genre humain; un peuple qui, répande par toute la lerre, h-ait partout ÉM1 Ml propln îtes, a\ee SOU propre avenir, l'avenir de touies les nations oè il était dispersé : l'avenir de l'Kpypte. de Tyr, de Sidon, de Damas. M lloab, d T.dom. de Ninive. de Mabylone, de la Perse, de la Gréée, de Home, l';i\onir enfin de l'humanité entière (1) ! »

1 e peuple juif a donc été comme un flambeau entre les mains de Dieu, destiné à éclairer tous les peuples ; pour le punir de ses infidélités, il le transportait au centre de l'idolâtrie, au milieu des plu* épaisses ténèbres, afin de le* dissiper et conserver au moins pas vérités nécessaires n *dut. C'est pourquoi Boeeuet, dans aes lettre* ;i M. Brisacier, tout en prouvant que l'idolâtrie a été unirerselle, reconnaît que les païens, ou connaissaient le \ rai Dieu, ou pouvaient le connaître.

« C'est ignorer, dit-il, les premiers principes de la théologie, que de ne pas vouloir que l'idolâtrie adorait tout, et le vrai Dieu comme les autres... < )n ne nie point que les philosophes n'aient eu des restes de la véritable idée de la divinité ; et ils ne sont devenus Idolâtres qu'en le» appliquant mal... I.a force de l'argument de i et ;i| iiire (saint Paul aux Rom., t.) consiste en ce qu'il a fait voir d'un cftté que les Gentils étaienl criminels, en ne servant le Dieu qu'ils COnnaitMieat : ce qui leur ■ attire MM les autres crimes, dont le même apôtre fait le dénombrement : et de Rentre que les .Itnf* n'étaient pas moins coupables, pour avoir été prévaricateur* de la loi ; ce qui montre que tout ce qui n'est BaSJUifeSl idolâtre. Malgré le témoignage de sa conscience ; puisque Dieu ■ f.nt connaître ègaiemem i toutes les nations par les ouvrages de i ■ *se ■ lu général, il M. Couleau abuse par i li\re de deux doctrine* tu > orthodOXOS, dont lune est, qu'il \ :i

eu des ti-icics dispersés per 1 1 par-là, hors de l'eaeeintc du peuple

juif; et la seconde, que Dieu \eut que ton* les homme* *uienl

• H c*i \r;u que depuis la loi de Moïse, le* païens r fuis

Mue facilité plu* grande de connaître Dieu par la disper*

I itureli rrxtrt lr$ <irur }>u>$nmct$, tom. 1, c. I.

TRENTE-NEUVIEME ENTRETIEN. 3ft7

sion des Juifs, et par les prodiges que Dieu avait faits en leur faveur ; en sorte que le nombre des particuliers qui l'adoraient parmi les Gentils, est peut-être plus grand qu'on ne pense ; mais que des peuples entiers aient ouvert les yeux à la vraie religion, c'est de quoi l'on ne voit aucun exemple. »

Mais si le nombre de ceux qui adoraient le vrai Dieu parmi les païens était plus grand qu'on ne pense, si tout ce qui n'était pas juif était idolâtre, malgré le témoignage de sa conscience, il s'ensuit que tous ont pu se sauver, parce que tous ont connu ou ont pu connaître les vérités nécessaires au salut.

Depuis Jésus-Christ, les infidèles, à qui a été annoncé l'Evangile, ont pu se sauver. Les autres, qui l'ont ignoré ou qui l'ignorent encore, se trouvent dans la même position que ceux d'avant Jésus-Christ ; car aucune loi n'oblige, si elle n'a été suffisamment promulguée, et il est difficile de croire que le Sauveur, en venant sur la terre, ait rendu impossible le salut pour quelquesuns. L'opinion la plus commune, parmi les théologiens, est que la foi implicite aux mystères de la Trinité, de l'Incarnation et de la Rédemption, suffit à ceux à qui l'Evangile n'a pas été prêché : et ils ont la prière pour obtenir les grâces nécessaires au salut.

Cependant, l'Ecriture et les saints Pères nous disent souvent que les païens n'ont pas connu Dieu, et qu'ils étaient dans le chemin de la damnation ?

L'Ecriture et les Pères parlent des idolâtres , en tant qu'ils étaient idolâtres ; mais, puisqu'il y avait parmi eux un grand nombre de vrais croyants, tous avaient la facilité de connaitre le vrai Dieu ; car il faut peu de personnes éclairées et vertueuses, pour donner à tout un peuple la possibilité de connaître ce qu'il doit croire et ce qu'il doit faire. Nos missionnaires en Chine disent qu'ils rencontrent infiniment peu de personnes qui soient de bonne foi dans leur croyance, et qui ne reconnaissent la vérité de la Religion chrétienne.

Mais, si les Gentils ont pu se sauver dans tous les temps, la révélation est donc à peu près inutile ? Cette objection suppose que la grâce n'est que la restauration de la nature, ce qui est une erreur grave et très-dangereuse ; c'est le principe fondamental des hérésies des derniers temps. Par révélation proprement dite, l'on entend la manifestation de l'ordre surnaturel ; or, à aucune époque, cette révélation n'a été absolument nécessaire, puisqu'elle est un don purement gratuit de Dieu, et qu'elle dépasse l'exigence de toute nature créée et possible. Mais, dès que Dieu a destiné l'homme à une fin surnaturelle, la révélation est devenue hypothé-

mont néee-^aire : ri alors elle est aussi nécessaire aux Juif*

ux Gcni '- : aux Juifs, puisqu'aucun d'eux, ni d<-s patrian

n'a pu élre sauvé que parli grâce <-\ \r< mérites d<> Jésus-Christ :

iu\ Gentils, pour la menas raison, et, de plus, pour purifierai

raie, le culte, qui allaient l'altérant, de Jour en Jour,

M milieu d'eux.

-•nations sur la nécessité 'l»1 la révélation sont de la plus haute importance : e'etl pour les ivoir négligées que plusieurs; vains catholiques très*recommandables, et qu'il est inutile de nommer, sont tombés dans des inconséquence! qui n'ont pas ppé aux adversaires 'l»* la révélation, aux rationalistes. On le voit, tout s<' lie, tout s'enebaine dans la doctrine catholique. I/osion d'une vérité, on nn défaut de précision dans son ex] • nuire à la démonstration de toutes les autres. Xaoïsnuii Conclusion. — Dieu a donné, autant qu'il e$t eu Im^ des • tuffiianii n tous Ira enfantt, pour obtenir leciel. Celte

lusion non-; parait certaine, bien qu'elle soit contestée p.ir quelques théologiens.

Dieu m institué le Baptême pour conférer, même ans enfanta, la e sanctifiante : et il est d<- foi catholique que ceux qui moi* t, aussitôt après l'avoir reçu, jouissent du bonheur des aainls. - il en est beaucoup qui meurenl sans la grèce du Hapiéme, ui seront à toujours exclus du royaume des cieux .' Assurément : néanmoins nous pouvons soutenir que Dieu leur s donné, ■it qu'il est en loi, les grâces nécessaires bu salut. En effet, i veui le salut de loua les hommes : donc aussi celui des enfini- Christ est mort dans l'intention que son sang fût • pour tous ceux qui sont morts spirituellement : donc au-sî pour l<< enfants.

D'où vient donc que ces grâces ne sont point appliquées i •il- qui meurent tans baptême ? Do la faute dos hommes <t de celle de Dieu. Expliquons-nous.

Si on r m remettait entre les mains d'un de ses ministres nue me d'argent suffisante pour payer I» rançon d'un grand nom* |in ont été faits prisonniers, cl qu'il le rhar ne de mort, d<- porter cette — .»ii>ii>** et de ramenet

i il pas vrai de dire que se prince ■ ra la

de délivi iplifs, <t qu'il leur a donné.

luffisants pour les rendre libres 1 <>r. Dieu •» éasH

Mi l' ment de Baptême pour appliquer les mérites de

même aux enf mis : il olilk'i', -.ii«. p. -me de poché

• i tines personnes, de veill rivent lovai le

Baptême. Donc il leur donne, autant qu'il est en lui, les moyens nécessaires au salut.

Il a existé, même du temps des patriarches et avant la loi de Moïse, un moyen d'effacer le péché originel dans les enfants. C'était, si nous en croyons saint Thomas et saint Augustin, la foi des parents, manifestée extérieurement par des prières ou des sacrifices. Ce moyen suffisait également chez les Gentils, d'après saint Bernard ; ils descendaient des patriarches, et il n'y avait nulle obligation pour eux de professer la loi de Moïse pour se sauver. En est-il de même aujourd'hui pour les Juifs et les Gentils de bonne foi ? Nous laissons la solution de cette difficulté à de plus habiles que nous.

Donc, si quelques enfants ne sont pas purifiés de leurs péchés avant de mourir, c'est la faute des hommes et non celle de Dieu. Pour qu'aucun d'eux ne fût privé de cette grâce, il faudrait que l'homme ne pût pécher. Mais c'est le rabaisser infiniment audessous de ce qu'il est aujourd'hui, puisque, comme nous l'avons vu, ce qui relève l'homme et le rapproche le plus de Dieu, c'est sa liberté avec la possibilité de s'en servir pour le mal. Mais, cette liberté une fois admise, il faut en admettre les conséquences, et il doit arriver que quelques enfants meurent sans avoir reçu le Baptême, par suite de l'abus de la liberté de la part de leurs parents, ou au moins d'Adam, leur premier père.

La perfection, la grandeur et la beauté du monde moral et religieux considéré dans son ensemble, entraînent quelques défauts particuliers qui, loin de nuire à l'unité, ne servent qu'à en rehausser l'éclat et le mérite : « Il en est autrement, dit saint Thomas, de celui qui a le soin d'une chose particulière, et de celui qui est proviseur universel, parce que le proviseur particulier exclut tout défaut, autant qu'il peut, de ce qui est confié à ses soins; mais le proviseur universel permet qu'il arrive quelques déiauts dans des cas particuliers, pour ne pas empêcher le bien du tout. D'où l'on dit que la corruption et les défauts dans les choses naturelles sont contre la nature particulière, mais sont cependant dans l'intention de la nature universelle, en tant que le défaut d'une chose tourne à l'avantage d'une autre, ou même de tout l'univers. Donc, puisque Dieu est le proviseur universel de tout être, il appartient à sa Providence de permettre qu'il y ait quelques défauts dans certaines choses particulières, pour ne pas empêcher le bien parfait du tout. Car si tous les maux étaient empêchés, beaucoup de biens manqueraient à l'ensemble, au tout. Les martyrs n'auraient pas le mérite de leur patience, s'il n'y avait

pas eu tic persécuteurs. Dcj là wial Augustin dit dans son Enckiridion I e Dieu tout-puiaeanl ne permettrait en aucune manière qu il v eût quelque mal dans ses ouvres, s'il n'était tout-puissant el l'on, .m poiol de tirer le bien «lu mal (1). »

ut- réponse de saint Xbomas non parait péremptoire, Dira-ton <ju«" hiiii h 'esl pas juste de punir des enfants pour une faute iloiu il> ut- seul nullesnenl eoupables .' .Mais la grâce sanctifiante est un doit purement gratuit, el au dessus de toute nature même possible. Dieu peut dose l'accorder <ou le refuser setoo son bon pl.ii.-ir el sans injustice tueuse. La privation d'un bien auquel on n'a tueoo droit ne saurait «ire un châtiment. Au surplus, il est permis de eroire que ees enfants ne souffrent aucune peine des sens, que leur existence vaut mieux que leur non-existence, et qu'ils bénissent Dieu de leur sort.

MXIIMI LOI GÉNÉRALE DU MOUDB SURNATUREL ET DIVIN : DIEU PRÉDESTINE TOUS LES HOMMES \ LA GEACE ; LES ÉLUS K LA GRACE ET A LA GLOIRE ; LES RÉPROUVÉS, NON Al MAI, MAIS M CHATIMENT.

sflSSllUM,

HaSM Nt nous de MSjdCMSr une question d'une extrême difficulté. Cependant) eprès avoir médité attentivement les définitions esse l'Eglise n portées sur cette matière, et considéré l'ensemMs de la

tltiiii me ciilidliipit' Mu- |.i Lri.it t\ la plupart des difficultés disparaissent, du moins a nuire au*.

I t |n fiifsiin iiimii est la providence de Dieu dans l'ordre bsjjujb*

lurel ; or, la providence ot 1 exercice tifs trois attributs opératifs de Dieu : de s<.u intelligence, pour connaître la lin et les moyens qu'il doil employer : «le sa lionle, pour communiques1 sesdonsà SCS créatures ; «le sa pui»ance, pour mettre son projet « éxecution

1)1. f>«. a. »■ *.. ti. 2.

et conduire les êtres à leur fin. Il en est de même de la prédestination, que saint Thomas définit : « La raison de l'ordre des choses qui concernent le salut éternel existant dans la pensée divine. » Elle comprend donc tout l'ensemble de l'ordre surnaturel, c'est-àdire la fin, la récompense ou le châtiment, la création nouvelle qui se fait dans l'âme par la grâce, et toutes les grâces, tous les dons qui sont accordés dans le même but.

Nous avons suffisamment démontré que Dieu prédestine tous les hommes à la grâce, ou qu'il donne à tous, autant qu'il est en lui, les grâces nécessaires au salut. Il s'agira donc surtout de la prédestination à la gloire et à la peine.

Nous établirons d'abord le dogme de la prédestination, et nous constaterons ensuite ses qualités.

Première Conclusion. — // faut admettre une prédestination de la part de Dieu. Cette conclusion est de foi catholique.

Saint Augustin l'enseigne, comme un article de foi, dans les deux livres qu'il a composés contre les pélagiens et les semipélagiens, de la Prédestination des saints, et du Don de la Persévérance. « Personne, dit-il, n'a pu disputer, sans errer, contre cette prédestination que nous défendons, selon les saintes Ecritures (1). ... Dans tous les temps, l'Eglise de Jésus-Christ a eu la foi de cette prédestination, qui est défendue maintenant avec une nouvelle sollicitude contre les nouveaux hérétiques (2). »

Saint Prosper, dans sa première réponse aux objections des Gaulois, déclare que « aucun catholique ne nie la prédestination de Dieu. » Et dans sa lettre à Ruffin : « II est aussi impie de nier la prédestination, que de contredire la grâce elle-même. »

Et saint Fulgence . « Dieu, dit-il, qui a créé l'homme, a préparé à ceux qu'il a voulu, par sa prédestination, et le don de la lumière pour croire, et le don de la persévérance pour croître et demeurer fermes, et le don de la gloire pour régner ; car il n'exécute pas autrement son œuvre, qu'il n'a disposé dans son éternelle et immuable volonté... si quelqu'un refuse de croire en son cœur et de professer de bouche la vérité de cette prédestination ; et si, avant le dernier jour de cette vie, il ne rejette son opiniâtre impiété, par laquelle il s'est révolté contre le Dieu vrai et vivant, il est manifeste qu'il n'appartient pas au nombre de ceux que Dieu a élus en Jésus-Christ avant la création du monde, et a prédestinés à son royaume (3). »

(1) Lib. de Dono persev., c. 19, n. 48. — (2) Ibid., c. 23, n. tiii. — (3) Lilt. de Incarn. et grat. Chriêti, cap. ult.

Or. l'Eglise a confirmé eet enseignement dei Pères : l'existence de la prédestination rat donc un article de fol catholique, el personne ne saurait la nier -an- être hérétique» Une foule de textes de l'Ecriture établissent ee dogaac : Beau en rons quelques-uns. « Venes, lea bénis de mon Père, pn der le royaume qui voui i été préparé dès le commenceaaeat du momie (I)... Ne craignes pas, petit troupeau, parce qu'il a pin à Notre Père «le vous donner son royaume (-'•... Cetn qu'il i préëéslini s, H lea a appelés : ceus qu'il .1 appelé-, il le- a justifia qu'il a justifiés, il le< :i glorifiés (3)... Il nous ■ choisit ea Jéeuav Christ avant la constitution du monde, afin que non- fussions saints... Il noua 0 prédestinés selon la détermination de sa volonté (4)... Noua étions, comme lea autres, des enfanta de colère par nature : maia Dieu, qui eei riche en miséricorde, s came de la trop grande charité avec laquelle il non- a aime-, el loraajue mm- étiona morta par lea péchés, noua a %i\iiie- en Jésus Christ, parla grâce duquel voua ètea aauvéa 5)... Voua qui autrefois des bien éloignés, Non- voua en êtea approchés par le sang de Jésus-I hrist. 1 ar il est lui-même noue paix, lui qui des deux peuplea n'en a plua fait qu'un, et a détruit en - 1 chair le mur de iration, cette inimitié qui les divisait (6). » 1 .1 1 tison de cette vérité « -1 évidente : ce que Diea fait dans le temps, il l'a prr\ n et décrété de tome éternité ; autrement, il j aurait changement en lui, et il ne serait pas infiniment parfait. <)r. iroposer uoe fin et prendre des moyens pour l'atteindre, -il de l'ordre surnaturel, s'appelle prédestination.

ni m -ion. — l.n prédeainatioà eal certaine et immuable ii« in pari ,1- ])\> 11 . Cette conclusion est aussi de foi catholique, dit le P. Perrone, pour les mêmes raisons que la précédente, parée qui les Pèresl'ont alnai enseignée, en réfutant les erreon des pélagiens el des semipélagieos.

Bile non- est enseignée par Jésus-Christ, quand il dit: «<>r, c'est la volonté démon Père, qui m'a envoyé, que je ne patata

nen de tout ce qu'il m'a donné 7 Mes brebis entendent ma

vols ; et je les connais, et elles me suivent : et je leur donne la lernelle, 1 ne périront pas éternellement, et persotuM

tirra K - ai 1 ai lier de ma main (8)< »

Kt -uni Paul i « Le fond- nu nt de Dieu demeure ferme, ayant

QUARANTIEME ENTRETIEN. 373

ce témoignage : Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent (1). »

Dans le nombre de ces prédestinés ne sont pas compris ceux qui, étant d'abord en état de grâce, la perdent et meurent dans le péché. Ce sont ceux, comme parle saint Jean, « qui sont sortis d'entre nous ; mais ils n'étaient pas des nôtres ; car s'ils eussent été des nôtres, ils seraient certainement demeurés avec nous (2). »

Saint Augustin nous démontre ce dogme par un raisonnement très-solide : « Si quelqu'un des prédestinés périt, Dieu est trompé ; mais aucun d'eux ne périt, parce que Dieu n'est pas trompé. Si quelqu'un d'eux périt, Dieu est vaincu par la malice des hommes ; mais aucun d'eux ne périt, parce que rien ne peut vaincre Dieu (3). » De là, il définit la prédestination, « la prescience et la préparation des bienfaits de Dieu, par lesquels tous ceux qui sont sauvés, sont sauvés très-certainement (4). »

En effet, la prédestination est un acte de l'intelligence et de la volonté de Dieu ; or, Dieu connaît tout très-cerlainement, et il fait tout ce qu'il veut. La prédestination a donc son principe tout à la fois dans la prescience et dans le décret de Dieu ; dans la prescience, qui précède et dirige le décret ; dans le décret, qui suppose et suit la prescience.

On nous objecte ces paroles de l'Ecriture : « Pardonnez-leur cette faute, dit Moïse en parlant à Dieu ; ou, si vous ne le faites pas, effacez-moi de votre livre que vous avez écrit (5)... Qu'ils soient effacés du livre des vivants, et que leurs noms ne soient pas écrits avec celui des justes (6)... J'ai gardé ceux que vous m'avez donnés ; et aucun d'eux n'a péri, excepté le fils de perdition (7)... Efforcez-vous de rendre certaines votre vocation et votre élection par des bonnes œuvres (8). »

Moïse demande seulement à Dieu d'être effacé du nombre des vivants ; car il était disposé à sacrifier sa vie pour le salut de son peuple ; et il avait dit à Dieu : « Je vous prie, faites-moi mourir, et que je trouve grâce à vos yeux (9). » Et si l'on veut entendre ces paroles de la prédestination , c'est une hyperbole ou une pieuse exagération que la charité ardente de Moïse lui a inspirée, et qu'il faut corriger par cette condition, si cela était possible; à peu près comme celle de saint Paul, quand il désire être anathème pour ses frères.

(1) II. Tim., 2, i9. — (2) I. Joan., 2, 19. — (3) Lib. de Corrept. et Grat., c, 17, a. li. — (4) Lib. de Dono persev., c. M. — (5) Eiod., 32, 32. — (6) Psal., €8, 29. — (7) Jotn., 17, 12. — (8) II. Pet., 1, 10. — (9) Num., 11, 15.

David no souhaite pas que ceux qui penéfteiU les prophètes soient effacés «lu livre de fie, unis il annonce d'avanee que, par leurs crimes, ils monteront celte peine. C'eal WBt manière de parler temHière lin prophètes ei même aux poêles.

Judas était du nombre de ceux que le Père a\ait donnés à son Fil* pour «''ire lardés et Httî es : unis il n'était pas du nombre des prc.iesiini^. parée que Dieu connaissait d'avanee son impenitence

finale.

B tint Pierre vent MM faire comprendre que, bien que h prédestination ~ « > î t certaine de la pan de Pieu, elle ne le pool rire pour nous, qu'autant que nous coopérerons à la gràt e par la pratique des bonnes reu\i

est dans ce même sens qu'il faut entendre les paroles de saint Paul, lorsqu'il nous dit qu'il eliàtic son corps et le réduit en servitude, de peur qu'après avoir prêche aux autres, il ne soit lui-même réprouvé. Il n'ijrnorait pas que sa vocation était certaine du eôté de Dieu : mais elle ne l'était pas de son cote : et il voulait la rendre telle par une vie de pénitence et de mortilication.

Lorsque, dans l'Apocalypse, Dieu nous recommande de conserver ce que nous avons, de peur qu'un autre ne ravisse notre couronne il veut dire que nous devons tarder la foi, la patience, la charité et la constance dans le bien, sans quoi nous serons exclus du royaume des deux.

Mais si la prédestination est certaine, si le nombre des prédestine peut lUgmenter ou diminuer, il s'ensuit que, quelque parti que nous prenions, DOUS serons élus ou reprouvés, selon le décret «le 1 1 prédestination ; ainsi que nous pratiquions la vertu ou que nous nous abandonnions au vîee, peu importe ; si non être élus, nous le serons néanmoins : si nous devons être réprouvée, rien n'empêchera le décret de s'exécuter.

Usuréinent, lé décret de Hetl sur les , lus et les réprouvés m- I famaiS Changé : MUS que Pieu a préuis devoir être élu

ut certainement : et eetn qu'il prévoit devoir être sépeeui le seront suasi. Cependant, ce décret «le Dieu n'impose j personne la nére^iir d'être élu ou réprouvé, puis, pie l'homme demeure toujours libre -"Us l'action de I f.e qui arrive certainement

on Infailliblement n'arrive pas pour cels urcestmrcment. Cette

distinetion est essentielle.

Il quelque chOSC de semblable dan» la conduite des hommes. Ouand un maitre a intimé se» ordres ,i un domestique qui ne lui i jamais desobéi, il peut affirmer que ce domestique

fera certainement ce qu'il lui a commandé. Cependant, le serviteur est. parfaitement libre d'obéir ou non.

Si l'éternité de Dieu est successive, nous comprenons que sa prescience ne nous ôte pas la liberté. En effet, ce que nous faisons actuellement a été prévu de lui de toute éternité ; cependant nous sentons que nous sommes libres dans ce moment même, que nous pouvons faire le bien ou le mal à notre gré. Or, il en sera de même dans tous les moments de notre vie.

Si, au contraire, l'éternité est simultanée, alors il n'y a ni passé, ni futur, tous les temps sont présents à Dieu; on ne doit pas dire qu'il prévoit, mais qu'il voit, comme on ne doit pas dire qu'il sera, mais qu'il est ; or, il n'y a pas de nécessité à faire une action, par la raison qu'on la voit faire. Je vois un homme qui se noie ; il ne se noie pas, parce que je le vois, mais je le vois se noyer, parce qu'il se noie. Il en est de même de Dieu ; le méchant ne fait pas le mal et le juste ne pratique pas la vertu, parce que Dieu les voit, mais parce que tous deux agissent comme bon leur semble. Dieu ne prévoit, ou ne voit pas seulement l'œuvre que fait l'homme, mais encore son mode d'agir ; il prévoit ou il voit ce que chacun doit faire librement, ou l'usage qu'il fera de sa liberté. Donc la prescience ou la vue de Dieu ne nécessite personne à faire le bien ou le mal.

Au surplus, pourquoi ne fait-on ce raisonnement que quand il s'agit du salut? Pourquoi, dans toutes les affaires de la vie, ne dit-on pas : Tout ce que Dieu a prévu, arrivera certainement ? donc, le cultivateur peut laisser son champ en friche, le commerçant rester les bras croisés dans son magasin , celui qui veut acquérir la science fermer ses livres, le soldat jeter ses armes sur le champ de bataille ; car ou Dieu a prévu que la moisson serait abondante, le commerce florissant, l'étudiant érudit, le soldat vainqueur ; et alors, quoi qu'on fasse, le but que chacun se propose sera obtenu ; s'il a prévu le contraire, tous les efforts n'aboutiront à rien. On regarderait comme un insensé celui qui se conduirait d'après ce principe ; est-on plus sage quand on l'applique à la grande affaire du salut ?

Mais si la prédestination est certaine du côté de Dieu, elle ne l'est pas du côté des hommes.

Troisième Conclusion. — Personne n'est certain de sa propre prédestination sans une révélation spéciale. Cette conclusion est de foi catholique.

Le Concile de Trente s'exprime ainsi, session VIe, canon 15* : * Si quelqu'un dit qu'un homme régénéré et justifié est obligé,

:.:., rROISIEME PARTIS.

selon i.i toi. de croire qu'il est certainement mi nombre dos prédestinés, qu'il soil analhème. »

non !<• ; « Si quelqu'un soutient, comme une chose de cerlitude absolue el infaillible, qu'il aura assurément !«• grand don de la persévérance jusqu'à la On, ii moins qu'il ne L'ait appris par une révélation particulière, qu'il Boit analhème. •

Chtn i j : « Personne aussi, tandis qu'il est dans cette vie morlelle, ne <i>>i t présumer du mystère secrel de la prédestination de Dion, de sorte qu'il soit certainemenl assuré qu'il esl du nombre des prédestinés'; comme s'il était vrai qu'étant justifié, il ne put plus pécher, ou que s'il péchait, d dût se promi lire assurément de se relever, parce que, sans une révélation particulière, on ne peut Bavoir ceui que Dieu s'est choisis. •

Saint Paul veut que les chrétiens opèrent leur saiul avec crainle et tremblement; il recommande à ceux qui sont debout, de pren- <lre garde de tomber; il les engage vivement à pratiquer toutes sortes de vertus, pour assurer leur bonheur éternel. Il déclare qu'il n'est pas lui-même jusiitié, bien que sa conscience ne lui reproche rien, qu'il châtie son corps et le réduit en servitude, de peur qu'après avoir prêche au\ autres, il ne soit réprouvé. Or, -un pareil langage exclut la certitude absolue de la prédestination dont se vantent les protestants.

11 est vrai que nous devons croire fermement que tout ce que nous demanderons au nom de Jésus-Christ, nous l'obtiendrons, si toutefois nous remplissons fidèlement toutes les obligations qu'il nous a imposées, Mais il nous est impossible de savoir, sans une révélation Bpéoiale, que nous avons accompli et que nous accomplirons toujours nos devoirs avec exactitude et tiddite.

Nous poUVODS a\oir, somme nOUS l'aVOOS prouvé, une certitude morale ou une grande confiance que nous sommes les enfanll de Dieu, et que nous serons un jour les héritiers de Dieu el les cohéritiers «le Jéeus-Ghrisi dans le ciel ; mais une certitude absolue et infaillible, jamais. La prédestination est un acte libre de la part de Dieu; or, il n'est personne qui puisse connaître les actes libres de Dieu, si im même ne les rescie. Enfin, lant que l'homme est sur la terre, il peut résister i la gràec et même la perdre.

admirons encore une fois 1s sagesse de cette doctrine catholique, |i propre a maintenir le chrclicn dans le-» -entmu nls de

l'huiniiiie el tic la confiance, a le garantir di la présomption et du poir.

LA CAUSE DE LA PRÉDESTINATION EST A LA FOIS LA VOLONTÉ DE DIEU ET LES MÉRITES DES ÉLUS. — DIEU NE PRÉDESTINE PAS AU MAL , MAIS IL PRÉDESTINE LES MÉCHANTS A LA PEINE. — QUE PENSER DU NOMBRE DES ÉLUS ?

Messieurs,

Les théologiens recherchent quelle est la cause de la prédestination ; les uns la fondent sur la seule volonté de Dieu ; et les autres sur les mérites des élus; les premiers enseignent que Dieu prédestine d'abord les élus à la gloire, et qu'en conséquence de cette prédestination, il leur accorde des grâces particulières et efficaces, aux moyens desquelles ils surmontent les tentations, se relèvent s'ils sont tombés, persévèrent dans la grâce et obtiennent l'éternelle félicité.

Les autres prétendent que la prédestination n'a lieu qu'en conséquence des mérites des élus. Dieu donne à tous les hommes des grâces suffisantes ; ceux qui y concourent et font le bien sont sauvés; mais Dieu, ayant prévu cette coopération de leur part, les prédestine à la gloire.

Tous avouent que le double décret par lequel Dieu prédestine, soit à la grâce, soit à la gloire, a été porté en même temps. Toute la question est de savoir quel est en Dieu le motif ou la raison de la prédestination. Les uns soutiennent que Dieu ne donne ses grâces aux élus que parce qu'il les a prédestinés à la gloire, et les autres, que Dieu ne prédestine à la gloire que par la prévision de leurs mérites.

Les enfants qui meurent après leur baptême et avant l'usage de raison, n'étant pas couronnés à cause de leurs propres mérites, mais par une bonté toute gratuite de la part de Dieu, il ne peut être question que de la prédestination des adultes.

Ceux qui enseignent que la prédestination a pour cause première les mérites des élus, établissent ainsi leur opinion.

LOISO Ml PARTS.

lésus-Christ tiir;i lin i situ lu jour du Jugement :« Venes, les bénis de mini Père, posséder le royaume qui vous .1 élé prépari le commcocemeui de monde : car j'ai eu faim, et vous m'avei donné a manger : j'ai ea soif, m>h> m'avei donné a l>oire, etc. (1 . ■ Les élus seroiM sauvés, porte qu'il* auront fan des bonnes oeuvres : donc les mérites sontla cause de la prédestination.

• h- avons reconnu, d'après les témoignages «le l'Ecriture, que le ciel sera donné bus élus comme une récompense, un prix, une '<nnc de justice, c'est-a-dire parce qu'on l'aura mérité : les ■ mii donc la cause de la prédestination. ni Augustin, parlant de la préférence que Dieu a faite h -m- K-aii, dit : « L'élection, cependant, ne précède pas la justification, mais la justification, l'élection : car personne n'est choisi, s'il oe s'est éloigné «!«■ celui qui «'-1 rejeté '%). » Donc l'ém suppose le mérite.

Il est de foi que la gloire esl accordée aux élus 1 cause <!<■ leurs

uiériir» -, don,- elle leur a été préparée dès le c mencemi

inse de leurs mérites.

Dieu a préparé la gloire aux élus de la manière «loin il la leur a promise dans l'Ecriture : or, il la leur promet comme une récompense, il l'a donc décrétée comme une récompense ou à cause de leurs mérites.

Les 'lus obtiennent la gloire librement : or, on conçoit difficilement qu'ils conservent leur liberté en travaillant à leur salut, s'ils prédestinés à la gloire, antérieurement a la prévision de leurs mérites.

eux qui prétendent que la prédestination a pour cause p iniére le décret ou la volonté «le Dieu, « tablassent leur sentiment

mue il suit :

ras-Chrisi «lit aux Juifs: « Vous ne croyes pas, pane «pic

• n'êtes pas «!«• mes brebis (S). » Or, >i les mérites étaient

la première cause «le la prédestination, Jésus-Christ aurait <lù

: € Voos n'êtes pas de mes brebis, parce que vous ne cri pas. »

Il est encore écrit : « Tous ceux qui étaient prédestinés s la vie lernelle, crurent «4>. » Us n'ont «loue pas élé prédestina - p

ls ont eru, ou à «anse de leur foi et de leurs mérites, mail ls ont cru, pure qu'ils él dent prédestinés à li vie éternelle.

I H», t. fMMf. 2. n.li. — (3) Jo*n.. 1".

3JS. — «t. Arl.. If, H

Saint Paul dit aux Romains : « Nous savons que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, qu'il a appelés selon son décret pour être saints. Car ceux qu'il a connus par sa prescience, il les a aussi prédestinés pour être conformes à l'image de son Fils, afin qu'il fût l'ainé entre plusieurs frères ; et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu il a justifiés, il les a aussi glorifiés (1). » Donc ceux qui sont glorifiés, ne le sont pas à cause de leurs mérites ; mais ils sont appelés, justifiés et glorifiés, parce qu'ils ont été prédestinés.

On peut citer plusieurs autres textes de l'Ecriture dans le même sens.

Tout le monde avoue que saint Augustin enseigne la même doctrine dans son livre de la Prédestination des Saints.

Saint Fulgence dit : « Ils régneront avec Jésus-Christ, ceux que Dieu a prédestinés à son royaume par sa bonté toute gratuite (2), »

Et saint Thomas : « La cause de la prédestination n'est autre ehose que la bonté de Dieu même (5). »

Celui qui agit avec ordre se propose une fin, avant de songer aux moyens qu'il doit employer pour l'atteindre ; or, Dieu agit toujours avec ordre ; donc il a dû d'abord se proposer la fin ou prédestiner à la gloire, et ensuite prendre les moyens propres à y parvenir, ou donner les grâces nécessaires et efficaces pour persévérer dans le bien et acquérir la gloire.

Ce qui est assez remarquable, c'est que les difficultés, que les partisans d'une opinion élèvent contre l'autre, sont résolues de part et d'autre avec une égale force de raison, de sorte que les deux sentiments nous paraissent également et solidement démontrés.

Notre sentiment, à nous, est qu'on peut et qu'on doit les concilier ; chacun d'eux pris à part n'est qu'une demi-vérité ; la vérité complète résulte de leur union.

Nous avons remarqué que, bien que la volonté de Dieu s'exerce par un acte un et très-simple, nous devions distinguer en lui plusieurs volontés, parce que ce qui en fait l'objet peut être différent. Nous avons démontré que Dieu veut le salut de tous les hommes ; et, de celte volonté, nous avons conclu qu'il donne à tous les grâces nécessaires au salut ; ainsi, Dieu veut d'abord la fin, puis il choisit les moyens propres à atteindre cette fin. Mais Dieu a

(1) Rom., 8, 28.— (2) Lib. de Fide ad Pclrum, c. 3.— (3) De Verilale, q.6,a.2.

voulu que le bonheur tin ciel fût accordé comme don ei comme récompense. I a gloire des » • I u » a donc une double cause, la bonté «le Dieu el leur coopération ï sa grâce. Il buîi de le, que le décret ie Dieu pour le salut des prédestinés a un double motif, dont l'un ne peut être conçu sans l'autre, ci par conséquent ne saurait «'■ire l'effet nu la cause de l'autre. Si donc l'on considère la volonté de Dku louchant le -ilut de ion- les hommes, un doit la regarder comme l.i première cause «le- grâces qu'il accorde à tonhommes : m lis, -i on lu considère louchant le salut des Beuls prédestines, il est impossible de séparer les mérites «le la volonti Dieu, (le manière que ci tie volonté on la prédestination soit l'effet de- mérites, ou le- mérites l'effet de la pré lestination, puisque la gloire éternelle est l'effet de la grâce et du libre ai luire, agissant

ensemble et simultanément.

Non» avons VU comment l'on pouvait et l'on «levait concilier entre BUS le- lli.'liil-le- cl le- \|o|uii-lc< ; comment l'efficacité de la

grâce devait être attribuée à la nature même de la grâce ; non à la : arec du libre arbitre, mais à la grâce modifiant et (tau-- Ibrmanl le libre arbitre ; et en même temps au libre arbitre, non tré de la grâce, puisque *-au< elle m ne peut rien, mai- au libre arbitre modifié et Burnaluralisé par la grâce. Nous voyons ie reproduire, tombant la prédestination, deux opinions analogues, qui non» semblent n'être que les conséquences 'le- premières. Bn

effet, le- Tlioini-lc-, attribuant l'efficacité de la grâce a h nature

même de la grâce, ont dé conclure que le salut éternel a pour première cause la volonté de Bicu, tandis que les Molinisles, faisant dépendre l'efficacité de la grâce du consentement du libre arbitre, doivent regarder le- mérites des justes comme la premii de leur prédestination.

\"H< admettrons donc que Dieu glorifie les élus à cause de leurs pmpre* mérites, «•! aussi parce qu'il le- a prédestines. I a Un que Dit u - est proposée, a été la gloire de- élus ou leur prédestination, mai- la gloire accordée comme récompense ; c'est pourquoi il a donné a tous lei hommes les deux moyens nécei i">ur

•irlie cette lin complexe, ! et le libre arbitre. \|.o-,

puisque la grâce et le libre arbitre concourent à la même fis, U faut, de toute nécessité, qu'un double motif ait déterminé Dieu i

donner l'un cl l'aiitie ; donc, la prédestination de- -nul- ne saurait cire attribuée a la volonté de Dieu, abstraction fane de la don d< - m. riies, ni aux -cuis mérites, abstraction faite de la volonté de Dieu ; les mérites ne sont donc pas i effet de la pr. d

linalioii, ni la prcdc-Unalioii l'effet dOS ment

Cependant, parce que l'homme ne peut rien sans la grâce, on peut dire avec l'Ecriture que, quand il croit, il espère, il aime, il pratique la vertu, il ne le fait que parce que Dieu le veut, parce qu'il l'a prédestiné ou à la grâce ou à la grâce et à la gloire ; et parce qu'il reste toujours libre sous l'action de la grâce, on peut dire aussi qu'il est prédestiné à cause de ses mérites, ou parce qu'il a été fidèle à la grâce. Par celte explication, l'on concilie l'Ecriture avec l'Ecriture, et les Pères avec eux mêmes.

II faut donc admettre deux décrets ou deux volontés en Dieu ; l'une, par laquelle il veut le salut de tous les hommes ; et c'est en conséquence de ce décret, qu'il donne à tous des moyens de salut; l'autre, par laquelle il veut récompenser ceux qui mourront en état de grâce, et punir ceux qui mourront coupables de péché mortel.

La cause finale de la prédestination est donc la gloire de Dieu ; la cause efficiente, la volonté de Dieu ; la cause méritoire externe, les mérites de Jésus-Christ, et la cause méritoire interne, les mérites des élus.

Tous les hommes sont donc prédestinés à la grâce ; mais tous ne sont pas prédestinés à la gloire, parce qu'il en est qui ne sont pas fidèles à la grâce, et qui sortent de ce monde avec une conscience chargée de quelque péché mortel. Mais parce que Dieu a voulu de toute éternité punir les infracteurs de ses lois, et qu'il les connaît de toute éternité, il les a prédestines au châtiment. La réprobation des méchants comprend donc trois actes de la part de Dieu, deux qui sont purement négatifs, savoir : la liberté ou la permission accordée à l'homme de faire le mal, le refus de grâces plus abondantes et plus fortes par lesquelles le pécheur ferait pénitence de ses péchés ; et c'est là que se trouve le mystère de la prédestination. Pourquoi Dieu donne-t-il à de grands scélérats le temps et les grâces nécessaires pour expier leurs péchés et devenir de grands saints, et pourquoi n'accorde-t-il pas cette faveur à d'autres qui sont moins coupables ? Pourquoi, étant infiniment bon et miséricordieux, ne touche-t-il pas plus fortement le cœur des pécheurs invétérés pour les convertir et les faire changer de vie ? Ce sont là ses secrets. Qui sommes-nous pour lui demander compte de sa conduite ? Nous savons qu'il veut le salut de tous les hommes, qu'il accorde à tous, même aux plus grands pécheurs, les grâces nécessaires au salut. Que nous faut-il de plus ? Il veut que nous travaillions tous à notre salut avec confiance et aussi avec crainte et tremblement. Si nous coopérons à sa grâce, le ciel

sera notro partage pour l'éternité ; alors, tous les mystères seront dévoilés.

I e troisième acte esl le décret de réprobation : acte positif, par lequel l'ii h destine les méchants aux supplices. D'où il suit que la seule i Buse prochaine de la réprobation n'esi autre que le péché, et par conséquent le mauvais usage du libre arbitre. C'est la foi de l'Eglise, que min» allons établir contre les erreurs des protestant- el des prédestinatiens.

Cox 1 1 sioit. — Cesl mm impiété de dire t^nc Dieu réprouvé posiiivrwrHt quelque* homméi par ton bon plaisir, et les condamne aux supplie»*, sans qu'ils l'aient mérité. Cette conclusion est de foi catholique.

Le Concile <lr Trente- s'exprime ainsi, session VI. eanon \~ « Si quelqu'un dit que la grâce de la Justification n'esl «pie pour ceux qui Boni prédestinés ;i la \ie. et que tons le- autres qui Boni appelés, Sont appelés a la vérité, mais ne reçoivent point la ci comme étant prédestinés au mal par la puissance divine, qu'il anatliéme. »

Longtemps auparavant, l'Eglise avait déjà condamné les prédes* linatiens, qui soutenaient le- mêmes erreurs que les protestants;

On ne trouve dans l'Krriture d'autre raison ou d'autre < la réprobation des méchants que leurs mauvaises actions. < Dieu n'a pas fait la mort, el il ne se réjoui! point dans la perte des \i-

vants i ... Je ne veux point la mort de l'impie, dit le Seigneur, mai» qu'il -e convertisse et qu'il vive (8)... Dieu agit patiemment use de \"ii\ ne voulant pas que quelques-uns périssent, mais qu'ils se convertissent a la pénitence 3)... Retirez-vous de moi, maudits, ailes au feu éternel, qui a été préparé pour le diable ci

pour ses anges, rai en faim et \oiis ne m'a\e/ pas donne a mander, etc. (4). • Les réprouvés ne peuvent donc attribuer leur perte qu'i eus mêmes.

II n'\ a pas, dans toute la tradition, le moindre dissentimem parmi le- Pérès et les Docteurs de l'Eglise : tous enseignent que

ceux là seuls seront réprouvés qui auront fait le mal, ou qui se

ut souillés du péché. « Dieu est bon, du saint Augustin, Dieu date : d peut sauver des hommes, -an- qu'ils l'aient m< i

ptree qu'il est bon : mais il n'en peut condamner. laOS qu'il» le

méritent, parce qu'il est juste B . • Dieu veut que ions les hommes soient sauvés, que louavteo-

h»., i. II. - | i | | it. tvt.. .-. o. — (() Muth.

41, — | I B ( ni' ■ h [| PWM.

^lARANTE-l'NiÉME ENTRETIEN. 383

nent à la connaissance de la vérité ; en conséquence, il donne à tous les grâces nécessaires au salut ; nous l'avons démontré. Mais si Dieu réprouvait quelques hommes positivement et par son bon plaisir, il y aurait en lui deux volontés contradictoires, ce qui est. absurde.

Dieu est souverainement juste; il ne peut donc condamner personne injustement. Mais réprouver et condamner quelqu'un à des supplices éternels par son bon plaisir, est un acte souverainement injuste.

Dieu est infiniment bon ; mais condamner quelqu'un à un châtiment sans qu'il l'ait mérité, c'est être cruel.

Ce décret de réprobation est un acte positif, parce que Dieu veut positivement l'observation de la justice ; il veut donc aussi positivement que tous les méchants soient punis comme ils le méritent.

Mais y a-t-il une réprobation négative, c'est-à-dire que Dieu, ayant prédestiné à la gloire les seuls élus, ceux qui n'ont pas été compris dans ce décret, ont-ils été par là même prédestinés aux châtiments d'une manière négative? Ce n'est là qu'une question de mots, puisque Dieu a décrété en même temps, et d'une manière positive, la récompense des bons et la punition des méchants. Il voit en même temps et ceux qui mourront en état de grâce, et ceux qui ne l'auront pas ou l'auront perdue à ce moment suprême, et il veut positivement récompenser les uns et punir les autres.

Il n'y a donc rien dans la doctrine de l'Eglise, qui présente même l'apparence d'une contradiction. La manière dont nous avons concilié les deux sentiments sur la première cause de la prédestination fait disparaître, ce nous semble, toutes les difficultés.

Nous ne voyons rien non plus qui soit de nature à jeter dans le découragement ou le désespoir. Il dépend de nous d'être placé un jour parmi les élus, puisque Dieu n'abandonne jamais ceux qu'il a une fois justifiés, à moins qu'il n'en soit abandonné. De plus, Dieu donne encore aux plus grands pécheurs les secours suffisants pour se relever et se réconcilier avec lui.

Mais pouvons-nous espérer d'être du petit nombre des élus ? — Pourquoi pas, puisqu'il est certain que Dieu nous en donne les moyens ?

Ati surplus, l'Eglise n'a rien prononcé sur le nombre des élus. Sera-t-il plus grand ou moindre que celui des réprouvés ? Le sentiment le plus commun est que le nombre des reprouvés est plus grand que le nombre des élus. Mais le sentiment contraire

TROISIEME PARTIS, condamni sprirne Bcrgier à ce sujet :

■ l.i m] est de M1 t SÎ les ilUS on « 1 «> î t «m i ! »mi il rt» ci'iix

qui sont sauvés, on seulement eeu* qui sont dans li voie do salut, lèles : pour 1'' décider, il faul consulter les commentateurs, les P< res, rEcriture elle-même, l'analogie «le lu fui.

» Parnri les commentateurs, poini d'uniformité. Pour ne perler que 'les catholiques, Caj< tan, Mari an >. Maldonat, Corneille de 1 1 Pierre, M< ti->«liiu<. !<• Père de Picquis. admettent l'une el l'autre explication, entendent parties, ou 1«'< h. »n:- lèles. Jansénius de Gand pense qw

dernier s< ns <"-i le pins naturel : Stapléton !<• soutien! contre I

namehtaires, juge que c'esl 1«' sens littéral : dom Calmet semble lui donner la préférence. Enthymitts n"cn int d'autre; H suivait saint Jean Chrysostôme. Le i mi m que c'est le seul sens qui s'accorde avec la du texte; !•• Père Berruyer exdul sussi loul autre sens; i cela qu'il a été condamné : mais 1 1 1. eulté de ibéol lainemeni pas voulu censurer les interp que sous

venon> de citer, ils sont survis par beaucoup d'autres. Quel me peut-on fonder sur un | luseeptible de deui sens si

différents » I variété règne parmi les P res de l'Eglise. Pour i

ibler leurs s, il faudrait un volume entier. I es compila-

teurs, qui voulaient le petit nombre des r uvés, onl

lement les textes qui semblent favoriser leur opinion :

ils -Mit laissé de coté ceux qui ysont contraires Quelquefois,

pir les élus, les Pères entendent les fidèles : d'autres fois, ils

!< h', non simplement les nommes sauvés, mais ceux qui le

t en vertu de leur innocence, d'une vie sainte et sans tache.

derniers, uns doute, Boni eu irès-petil nombre : mais cela ne

u! rien contre le salui de ceux qui sont moins parfai

i décider qu'au jugemeni de Dieu tous k - peV hem •ii c» ndamnés au feu éternel, saint Jérôme <■! saint Vugustin ni hautement eontre cette témérité.

• Mais l<- meilleur commentaire de l'FAangile est l'Evangile ne. Dans vingt passages -lu Nouveau Testament, i évidemment les fidèles, ceux qui croient en Jésus-Christ, opposition .1 eetn que Dieu laisse dans l'infidél test an

qu< ■■ ' ■ ition 1 la f"i.

» 1 :i maxime il 7 " beaucoup fûpptlét et peu Iresnre

inl Mathieu, - ivoif : c. -". t . li, 1 rt r» 44.

pitres, el tout 1 e qui | depuis le <•• 19, v

30#apportent au même but, à montrer le petit nombre de Juifs dociles aux leçons de Jésus-Christ; à leur prédire que les Gentils seraient moins incrédules et leur seraient préférés. La comparaison du chameau, les ouvriers de la vigne, les deux enfants du père de famille, l'héritier tué par les vignerons, le festin des noces, sont autant de paraboles qui confirment la vérité. La conclusion est que les Gentils, appelés les derniers, seront élus ou choisis en plus grand nombre que les Juifs, appelés les premiers, puisque, parmi ceux-ci, il y en a très-peu qui répondent à leur vocation, chap. 22, v. 14.

» Jésus-Christ interrogé pour savoir s'il y a peu de gens qui soient sauvés, répondit : « Tâchez d'entrer par la porte étroite, parce que plusieurs chercheront à entrer et ne le pourront pas. » La porte étroite était sa morale sévère, peu de gens avaient le courage de l'embrasser. Lorsque la Judée eut été ravagée par les Romains, plusieurs Juifs dispersés se repentirent, sans doute, de n'avoir pas ajouté foi aux prédictions et aux leçons de Jésus- Christ ; c'était trop tard ; ils cherchèrent à entrer et ne le purent.

» Si les paraboles de l'Evangile peuvent servir de preuve, on en doit plutôt conclure le grand nombre que le petit nombre des hommes sauvés. Jésus -Christ compare la séparation des bons d'avec les méchants, au jugement dernier, à celle que l'on fait du bon grain d'avec l'ivraie. Or, dans un champ cultivé avec soin, livraie n'a jamais été plus abondante que le bon grain. Il la compare à la séparation des mauvais poissons d'avec les bons ; à quel pêcheur est-il arrivé de prendre moins de bons poissons que de mauvais ? De dix vierges appelées aux noces, cinq sont admises à la compagnie de l'époux. Dans la parabole des talents, deux serviteurs sont récompensés, un seul est puni ; dans celle du festin, un seul des convives est chassé ; dans celle du jugement dernier, les brebis sont placées à la droite, et les boucs à la gauche ; on n'a pas coutume de nourrir plus de boucs dans un troupeau que de brebis (I). »

Nous croyons que, pour engager les fidèles à persévérer et les pécheurs à se convertir, il y a des motifs plus puissants, plus solides, plus persuasifs et moins sujets à contestation, que celui du petit nombre des élus.

(t) Truite de la vraie religion, tom. 8, p. 28*J, «î dit. 1828.

IMIIIVI Dl LJ QtUCE DIMM su; |js SCIENCES

il i i B \i; l v

QUARANTErDËUXIÈME ENTRETIEN,

SANS UNE I rUDB vi'PHni ONDIE DE LA GRACE ON NE ittt SA.VOOI CE QOE CES! QUE LE CHB1 lil\. LE CATHOLICISME ET L'ÉGLISE.

— DOCTKIM-; DE -MM I'\1 I -I R CE >l JET.

Messieurs,

Nous ;i\(iii> dit, en commençant ces études relif que

nous avions devant nous uni- montagne haute ei escarpée . et qu'avant d'en atteindre !<• sommet, il nous faudrait marcher longtemps et atee précaution, dans un ehemin difficile et dangereux Plu- d'une fois, nom nous sommes arrêtés pour considérer d'immenses |ets d'eau qui jaillissent de ses flancs, el vont fertiliser la plaine : nous en avons détrempé nos lèvres, pour apaiser un peu i.i soif de bonheur qui non» consumait. Je ne doute pea, néanmoins (pif, souvent accablés de fatigue el peut-être d'ennui, vous n'ayei eu la pensée de rebrousser chemin. Dieu soit béni, mus touchons au tenue; nous voilà transportés par-dessus nues, et nous pouvons, d'un -cul regard, embrasser le ciel et la

terre.

I i plupart des chrétiens de ie>> jour- ne voienl dans la gloire i< île qu'un bonheur qui <i"ii remplir tous les désirs de t eux ipu le possèdent, le premier bomme, que Dieu créa avei grandes qualités, de ait) irriver, sans passer parla mort. Pi que Dieu est saint, son oeuvre était sainte aussi; l'homme sortit innocent des m. un- de ion Créateur; li rnison < un soumise a Dieu, et les sens > li raison : tout était dan» l'ordre. Mils, poussé p.ir h 1 1 r mon de l'orgueil, ii se révolta contre son Dieu ; el dk moment, le désordre lut introduit dans le monde avec le péché

des ténèbres se répandirent dans son intelligence ; le vice infecta sa volonté. Ce triste héritage fut transmis à tous ses descendants. La miséricorde l'emporta sur la justice ; Dieu eut pitié de l'homme, et lui fit espérer son pardon en vue des mérites d'un futur Hédempleur. Cependant, toute chair eut bientôt corrompu sa voie, et Dieu se repentit d'avoir créé l'homme. Sa vengeance ne fut satisfaite que par la destruction totale du genre humain, à l'exception d'une seule famille. 11 renouvelle ses promesses au nouveau monde, promulgue solennellement sa loi, et, pour la rendre stable, il la grave lui-même sur la pierre.

Lorsque les temps sont accomplis, le Sauveur paraît et expie dans son humanité les péchés du monde. En montant au ciel, il envoie ses apôtres dans toutes les parties du monde, pour continuer sa mission bienfaisante et fonder son Eglise. Du haut du ciel, il la gouverne invisiblement, cette Eglise ; et, par une assistance spéciale, il la garantit de toute erreur, de toute fausse interprétation de sa doctrine. Son but est d'éclairer l'homme par ses enseignements, de le purifier, le nourrir et le fortifier par ses sacrements. Par la grâce sanctifiante, le pécheur devient l'ami de Dieu, d'ennemi qu'il était auparavant; s'il persévère dans cet amour, il obtient la récompense promise à ceux qui attendent l'avénement du Christ.

Cependant, cet exposé n'est tout au plus qu'un demi-catholicisme, qui pourrait, à la rigueur, subsister sans dépasser les limites de l'ordre naturel. Adam, créé dans un état de nature beaucoup plus parfait que celui dans lequel nous sommes, aurait perdu une partie de ses perfections, ou aurait été lésé dans sa nature. Cette détérioration aurait passé à sa postérité, et constituerait le péché originel. La rédemption ne consisterait qu'à réconcilier l'homme avec Dieu, à le rétablir dans son amitié ; c'est-à-dire, l'ordre surnaturel ne serait surnaturel que par rapport à l'état présent, et la grâce divine ne serait que la restauration de la nature déchue et viciée par le péché.

Disons-le et redisons-le cent fois, car on ne saurait trop répéter une vérité que tant de chrétiens ignorent :

La grâce n'est pas seulement la restauration nu la réintégration de la nature, mais elle est encore, elle est surtout l'élévation DE CETTE MÊME NATURE A L'ORDRE DIVIN, UNE VRAIE ET RÉELLE PARTICIPATION A LA NATURE DIVINE.

Un chrétien n'est pas seulement l'ami de Dieu, mais il est le frère de Jésus-Christ, l'héritier de Dieu et le cohéritier de Jésus- Christ. Jésus-Christ, Dieu-ilomme, a trois vies, la vie du corps, la

COROLLA

vie de l'Ame raisonnable <"t II vie divine. Il doil donc y avoir aussi dam le chrétien imi- espèces de vie, la vie du eorps, la vie de rame raisonnable et la vie divine. Le chrétien est aussi fils de l'homme ei Dis de Dieu : tils de Dieu par adoption, et non par nature. Comme dans une famille, où il n'y aurait qu'un fili unique }).n- nature el beaucoup d'enfants adoptifs, qui n'auraient pas leulement un droit a l'héritage du père, mais encore une vie semblable, parce que la mère les aurait nourris de son lait et de sa propre substance : ainsi, Jésus-Christ, Fils unique de Dieu par nature, en tout à son Père, ei Dieu comme son Père, poss< le, par sa propre nature, tout ce que son Père possède : et l«' chrétien, til> adoptif de Dieu, a droil a son héritage, et il est nourri de la même substance que le Verbe, niais seulement par grâce. I e S et be postoute la nature divine : le chrétien, être contingent, ne saurait embrasser la nature divine tout entière, mais H en devient participant. I e Verbe de Dieu est vraiment infini : I»1 chrétien, par . tient <lu fini et de l'infini, comme la durée qu'on appelle immortalité : il a les pieds sur la terre, et la tête dans les eieu ;

f(éf rhrishis.

Qu'on se représente un homme aussi parfait qu'il est possible à Dieu ilr le créer : de lui au chrétien, il y aurait encore une distance infinie ; c'est saint Thomas qui nous l'enseigne: il est un dieu sur la terre, ou, pour parler avec précision, un être déifonne, divinisé, déifié, drifon>v<, deificatus, comme disentsaint Denys, saint Augustin, saint Anselme, saint Thomas ; il participe .à la nature «le Dieu, a sa puissance, a sa science, a son amour ; ei «le eette effusion île la divinité en lui, résultent trois puissance! vertus divines qui l'ordonnent par rapport à Dieu, <-t quatre m- 1res qui l'ordonnent par rapport aux cr< atur I un abîme 'le

grandeur, un océan d'infinité.

ris doute. Dieu a eree \dain avee une nature parfaite, une intelligence élevée et une \oloute droite : ma;- luis ,1e la nature, il ajouta le- dons de la grâce, ou le rendit participant d propre nature. Par -ou péché il perdu, pour lui el pour -a po rite, le- prérogatives de l'ordre surnaturel, et il fut lésé ou détéi dans sa propre nature. I Christ est venu restaurer eette nature corrompue et l'élever I l'ordre surnaturel. Le catholicisme a donc pour but de communiquer aux hommes la vie divine, de l'augmenter et de la perfectionner, jusqu'à ce quelle -«m consommée d mi le end par une certaine identification de la nature divine et de 1 1 nature humaine. Il e-t la manifestation de Dieu -ou- le triple rapport du vrai, du beau el du bon dam I ordre surnaturel et

divin. Le dogme, la morale, les sacrements et le culte, sont autant de moyens par lesquels Dieu se communique à l'homme, et l'homme s'élève jusqu'à Dieu. La grâce n'est pas seulement un contrepoids à la concupiscence, un attrait pour la vertu, un secours pour faire le bien, mais elle est une participation réelle à la nature divine.

D'après cela, qu'est-ce que l'Eglise ! L'Eglise, c'est Jésus-Christ vivant toujours sur la terre, reparaissant sous une forme sensible ; c'est comme une incarnation permanente du Fils de Dieu. L'Eglise est la continuelle manifestation du Sauveur, elle participe à ses prérogatives, elle partage ses attributs. Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre, dit Jésus-Christ à ses apôtres ; comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie. Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit ; voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles. Or, Jésus-Christ est Dieu et homme ; l'homme est Dieu, Dieu est homme ; nous pouvons donc dire qu'un de nous, notre frère aîné, a créé le monde, a racheté le monde, a sanctifié le monde et doit juger le monde.

Quand l'Eglise enseigne, c'est donc Jésus-Christ qui parle ; c'est lui qui est toujours le docteur de toutes les nations, la Sagesse vivante et éternelle qui fait entendre partout sa voix, le soleil sans déclin qui éclaire tout homme qui vient en ce monde. C'est par lui que nous sommes régénérés dans le Baptême ; que nous sommes non seulement purifiés de nos souillures, mais faits enfants de Dieu et participants de sa propre vie, ou que lui-même est formé en nous ; car nous pouvons dire comme l'Apôtre : Je vis ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. Il nous fortifie par une vertu d'en haut dans le sacrement de Confirmation, il nous donne le don substantiel de l'Esprit-Saint. Si le péché a donné la mort à notre àme et l'a séparée de Dieu, il la ressuscite, et lui rend la vie dans la Pénitence; il fait plus, il devient sa nourriture, et l'engraisse de sa propre substance. Le Verbe de Dieu fait chair est donc toujours vivant dans son Eglise, plein de grâce et de vérité, lui communiquant tous ses biens, comme l'époux à son épouse, et la faisant participer à sa nature divine, erunt duo in came unâ.

Concluons avec le grand Apôtre (1) : Béni soit le Dieu et le Père

(i) Voir les trois premiers chapitres de l'Epîlre Je saint Paul aux Epliésiens, avec les explications des commentateurs.

■v.i.i COROLLAIRES.

de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui nous a comblés en Jésus- Christ de toutes sortes de bénédictions pour le ciel; ainsi qu'il nous a élus en lui avant ht eréation «lu monde, par l'amour «] u'îl nous s porté, afin que MSH rossions saints et irrépréhensibles de- \,iin ses yens : nous ifâoi prédestinés par mi effet de ss bonne volonté, |imir nous rendre ses enfants adopUfs par Jésus-Ghrist; afin que ls louange et Is gloire en soient donné» . par

laquelle il nous s rendui agréables! ses yeux en son Fils Meaniiiif, dans lequel nous trottons ls rédemption, pas ton >;mjr, et l,i rémission de nos péchés, selon les richesses d e, qu'il a

répandue sur nous avec abondance, en nous remplissant d'intelligence et de sagesse, pour nous faire connaître le mystère 4i volonté, fondé Bur sa bienveillance, par laquelle il ;in;ui résolu en. lui-même que les temps qu'il avait ordonna étant accomplis, il réunirait tout en Jcstts-dirist, (ont ce qui est (lins le ciel que r, mu ' il sur fa terre ; c'esl aussi en lui que la vocation nous est crime comme p;ir sort, ;i> :« 1 1 1 été prédestinés pur le décret de celui qui fait toutes ehoi m et le conseil de sa volonté : afin que mus soyons le sujet de la gloire et des louai de Jésus-Christ, nous qui avons les premiers < -prie en lui, en qui vous avei aussi «-pire, vous qui, après avoir entendu la parole de vérité, l'Evangile de votre salut, et y avoir cru, nous avez scellés du sceau <lo l'Esprit-Sainl qui avait été promis, qui est le gage de notre héritage jusqu'à la parfaite délivrance <lu peuple que Jésus-Chrisl B'cat acquis pour la louange de sa gloire.

sons Dieu el bénissons-le ; il bous a donné son Fila unique pour médiateur par Le mystère de l'Incarnation : il nous unit à lui par l»' Baptême, aussi étroitement que ls branche de ls vigm unie au cep, afin que nous recevions en bous une sève et une vie divine : il nous s comblés en lui de toutes sortes de bénédicl pour if ciel.

I i première bénédiction qui nous s été donnée en Jésne- Christ ci par Jésus Christ, c'esl que de toute éternité, en vue de Jésus- Christ, Dieu bous i élus puni bu ; el pares qu'il bbsss i élus de toute éternité pour être s. unis, accomplissant ensuite sou ,i éternel, il bous i réellement sanctifiés dans le lésons par te Baptême.

ii nde b nédiction que nous avons reçue de Dieu par

ji sus-4 hrist, c'est que de toute éternité, an vue de ce l ili bissa-

.mur, Dieu bous ail prédestinés pour être ses enfants edoptib ; et

qu'ensuite dans le temps, par noue aaissance spirituelle, bous

.- . té i dts enfante idoptifs de Dieu. Le terme de notre èloo

lion et de notre prédestination, c'est la sainteté et la filiation adoptive de Dieu ; la fin de lune et de l'autre, c'est la gloire et la louange de Dieu, afin que, pour un si grand bienfait, nous l'aimions, nous le remerciions, nous le bénissions éternellement.

Dieu, infiniment glorieux en lui-même, n'avait pas besoin de nous ; mais sa bonté est incompréhensible, sa miséricorde ineffable. C'est uniquement par amour qu'il nous a élus pour être saints et ses enfants adoptifs ; qu'il nous a créés dans le temps, qu'il nous a purifiés, justifiés et déifiés dans le Baptême ; il veut que nous l'aimions, que nous le louions, que nous le servions toute notre vie par amour, afin de l'aimer, de le louer, de le bénir en Jésus-Christ, et par Jésus-Christ, durant toute l'éternité, dans la gloire.

Sa grâce nous a rendus à sa divine majesté, en Jésus-Christ, son très-cher Fils ; d'ennemis et d'enfants de colère que nous étions, il nous a rendus ses bien-aimés.

Représentez-vous, dit saint Chrysostôme, un homme rempli de corruption, couvert de lèpre, infecté de la peste, perdu de misères, qu'on guérirait en un moment de tous ses maux, qu'on rendrait beau, jeune, agréable, qu on revêtirait de pourpre, qu'on parerait de pierreries, qu'on ornerait enfin d'un diadème des plus éclatants, et vous aurez une figure grossière de ce qui est arrivé à votre àme par la grâce bapiismale. Cette grâce ne vous a pas seulement purifiés de toutes vos souillures, mais elle a rendu votre àme belle, agréable aux yeux de Dieu ; la beauté dont elle est revêtue est la beauté même de Dieu. C'est la troisième bénédiction qu'il nous a faite.

Le plus grand de tous ses dons, c'est qu'il n'ait pas épargné son propre Fils, mais qu'il l'ait livré à la mort pour nous, et que Jésus- Christ ait versé jusqu'à la dernière goutte de son sang pour nous racheter ; c'est là qu'apparaissent toutes les richesses de sa grâce et l'abondance de ses miséricordes. Il a réuni en Jésus-Christ tout ce qui est au ciel et sur la terre ; les anges et les hommes ne composent plus qu'une seule et même famille, dont Jésus-Christ est le chef, comme Dieu est le chef de Jésus Christ ; les anges et les hommes vivent de la vie de Jésus-Christ ; les anges et les hommes sont frères et les frères de Jésus-Christ.

Par l'impression de la grâce, Dieu nous a rendus participants de sa nature divine ; il a retracé au fond de notre àme son image et sa ressemblance, que le péché avait effacée, et, en renouvelant cette ressemblance, il nous a rendus agréables à sa divine majesté en son très-cher Fils.

Par la venu de cette ni.'nn- grài e, qui eat le fruit de la paaatav n de la mon de Jésus-I brist, nous ;in -mi- été unis el incorpoi i Jésus Christ, faits membres de son corps et comme une autant chose av< c lui.

Pareette union et incorporation a Jésus-Christ, Fils pu- nature naubatantiel * 1 « • Dieu, nous avons < te faits en lui et par lui enfanta adoptifs de Dieu el frères de Jésus-Christ.

Pareette filiation adoptive, noua sommes devenus héritier! le Dieu el cohéritiers de Jésus-I hrisl : nous avons été appelés a 1 h«- e qui lui appartient naturellement, à roir Dieu face I fai - .1er Dieu, a jouir de Dieu comme Jésus-Christ le roit, l< ; ii jouit.

Enfin, pour comble <!«• tous les biens, Dieu nous a scelMi et marqués <lu -cran du Saint-Esprit, comme une chose qui loi appartient : H non- a donné le même Saint-Esprit comme arr*W4e notri héritage éternel : il non» l'a donné pour être noire rie et notre respiration, comme notre ème est la vie et la respiration de notre corps.

C'est pourquoi, ajoute l'Apôtre, depuis que j'ai appris les |

■ ii- votre foi en Jésus-Christel de votre amour cuvera toast h - saints, je ne cesse d'en rendre des actions «le grâces i Dieu pour vous et de prier pour vous, afin que le Dieu de Notre 8 gneur Jésus-Christ vous donne l'Esprit de- et de lumière, pour le connaître de plu- en plu- : qu'il éclaire ie> yeux «le votre eœur, pour vous faire connaître plus parfaitement quels et combien sont grands les biens éternels el célestes, à la possession et i ii i gsance desquels vous êtes appelés, et que vous espérea quelle est l'abondance et la gloire de l'héritage qu'il ■ prép are aux saint- : qu'il vous fasse n.nii.iinv aussi la grandeur suprême de la puissance qu'il a exercée en non-, qui eroyons, dam nom re-nircctinn spirituelle <ie l'idolâtrie à la foi, du péché a la grâce. Car vous pourrea concevoir quelle aéra votre gloire dana les lieu, et quelle est aujourd'hui l'excellence de votre dignité, si Dieu luimême Min- en Instruit.

Dana votre réaurreelion spirituelle, Dieu a exerce in même puis-

■ que celle qu'il a fait paraître en Jésus-Christ, quand il l'a

rr--u-i Me ,1 entre le- mon-, et |'a l if a -a droite en le.le-

il, l'élevant an dessus de tonte créature, au-atoaaua de loua k 'le- 1 -i mi. Ipautéa, dea pulmnece, des vertus, xle

tonte- |ea dominations, BU dessus île ton- les nom-; d'offices ci

de dignités, non seulement qui sont dan- le siècle présent, mais

qui peuvent être dans le tiède a venir, lai m moi. il a son-

mis sous ses pieds toutes choses visibles et invisibles, et il l'a établi chef de toute l'Eglise, qui est son corps, et dans laquelle celui qui accomplit tout en tous trouve l'accomplissement et l'intégrité de tous ses membres.

Pour vous faire mieux comprendre ce que j'ai dit de la grande puissance que Dieu exerce dans la résurrection spirituelle des âmes fidèles, faites réflexion au changement qui s'est fait en vous ; vous étiezmorts spirituellement, privés de la gràcede Dieu, ensevelis dans les péchés, dans lesquels vous avez autrefois vécu, suivant les maximes du siècle, obéissant au prince des ténèbres, lemaitredes esprits malins qui sont répandus dans l'air, et qui exercent leur empire sur les infidèles.

Et parlant ainsi de votre vie passée, je ne prétends pas dire que nous avons été meilleurs que vous ; j'avoue que nous avons été dans les mêmes désordres, vivant selon nos passions charnelles, nous abandonnant aux désirs déréglés de nos cœurs ; en un mot, nous étions naturellement enfants de colère. Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, par un immense excès de la charité qu'il nous porte, lorsque nous étions morts spirituellement par nos péchés, il nous a ressuscites, nous donnant la grâce de Jésus-Christ, qui est la vie de l'âme, la vie divine et le principe de la gloire céleste. Et, en même temps, par cette grâce, il nous a donné le droit de ressusciter un jour à la vie glorieuse avec Jésus-Christ, et de nous asseoir avec lui dans le ciel ; car il est notre chef, et nous sommes ses membres ; nous vivons de sa vie, nous sommes les enfants du même Père, il nous a fait part de ses droits, ses biens sont aussi les nôtres.

Dieu nous a fait tous ces biens immenses, afin de faire paraître, dans tous les siècles à venir, la magnificence des richesses de sa grâce, par la bonté qu'il a eue pour nous, en vue de Jésus- Christ ; et afin que, par cette manifestation de sa miséricorde, il en soit glorifié. Car c'est par sa grâce que vous avez été sauvés, par la foi ; cela ne vient pas de vous, c'est un don de Dieu, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes l'ouvrage de Dieu, parce qu'il nous a créés, et qu'il nous a régénérés ou créés de nouveau en Jésus-Christ, afin que nous vivions saintement, nous occupant continuellement dans les bonnes œuvres que Dieu a préparées et auxquelles il a attaché notre salut éternel.

C'est pourquoi, souvenez -vous que vous étiez autrefois Gentils et comme incirconcis, méprisés par les Juifs qui se font gloire de la circoncision charnelle. Alors vous n'aviez ni Messie ni Sauveur, vous étiez exclus de la société du peuple de Dieu, vous n'aviez

COiOl l »

point de part IIB promesses contenues dans ses alliances, vous vivies en ce monde sans espérance ei Mina Dien. Maintenant, que vous croyet en Jésus-Christ, d'éloignée «un* vont étiez de Dieu, vous êiea devenu- proches par les méritet di sang de Jésus- Christ.

r e*est lui qui est le pacificateur, qui a réuni le Juif et ta Gentil pour ne plus faire qu'un même peuple, abattant, par le aacri- Bee de ta chair, livrée pour la p;t i x du monde, ce mur de division qui les séparait. Il a aboli h\ circoncision ei les autre- préceptes

de la loi de Mm-e. par le Baptême cl les préceptes de BOfl BvSB-

gile, afin «pie, île deux peuples, il n'en formel qu'un seul homme nouveau, les unissant par la foi, à lui, comme chef unique de toute l'Eglise, et afin que, la paix étant faite entre eux, et les

ni réduits ton- deux en un seul corps, H les réconciliai Dieu par -;i croix, ou il a l'ait mourir en lui toute-; 1rs inimitié-.

ml venu au monde en se faisant homme, il a annoncé la paix, .1 vous, Gentils, qui étiez éloignés de Dieu et du salut, el aux Juifs qui, par la loi et les promesses, en étaient plu< proches. Car e'esl par lui que les uns et les autres soit Juif-, soit Gentils, tuprès de Dieu, son Père et le nôtre, pour lui oser dire dans un même esprit : Notre Père, qui êtes aux cieux. Ipprenei donc quel est l'avantage que \<>u< possèdes par votre

nération : vous n'êtes plu-, comme autrefois, de- étrangers, mai- le- citoyens de la même ville que les Baints; vous n'êtes plus

Dieu, comme autrefois, unis les domestiques de -a aaainnn

et «le -a famille. Ynii- fttes maintenant la niai-on de Dieu fondée

sur !<•- apôtres et -m- les prophètes, liée et unie par Jésus-Christ,

l.i pienc angulaire qui joint le-.|ru\ peuple- eoinine deux murail- I- -, BOT lequel tout l'edil'iee de l'Eglise étant e.ui-lrmt, il S'éteVC,

une juste proportion, Jusqu'à la hauteur d'un temple sosasa-

i Dien par la grâce du même Jésus-Christ. Et vous entre/ dam

le sanctuaire de cet édifice, peur devenir le sanctuaire ou Dieu

demeure p.ir le Sainld'-prit .

i l (rlise, dont vous faites partie, est A^nr une cité, une maison,

mple vivant de Dieu. Ce temple a pour premier fondement et

pour pierre angulaire Jésus-Christ : et voilé pourquoi l'Eglise est

- ferme, lOUJOUrS -I dde. et que le- pnrle- de l'enfer ne

prévalent point contre elle. Il a pour second fondement, supporté l< premier, les apôtres et le- prophètes, parce que c'est sur

leur doctrine que l'Eglise esi bâtie. I es pierres de ce temple pont les fidèles, qui s'y ajoutent chaque Jour, qui l'agrandissent, , « i ce qu'il se termine .m jour de l'éternité. L'architecte d

temple est le Saint-Esprit qui, par ses diverses opérations, polit les pierres et les unit entre elles parle ciment de la charité. Dieu habile déjà ce temple, mais sous des voiles et des nuages ; il ne s'y montrera à découvert, que lorsqu'on en aura fait la dédicace, au jour des révélations. Ainsi, de même qu'on ne bâtit un temple qu'avec des matériaux de même nature, il faut que vous participiez à la nature de la pierre angulaire, afin de former un seul et même édifice.

C'est pour cela que j'ai reçu mon ministère, moi Paul, qui suis prisonnier pour l'amour de Jésus-Christ, en faveur de vous autres Gentils. Car vous avez appris, sans doute, de quelle manière Dieu m'a donné la grâce de l'apostolat pour l'exercer envers vous. M'ayant découvert, par révélation, ce mystère, dont je vous ai écrit ci-dessus en peu de paroles, où vous pourrez connaître, par la lecture que vous en ferez, quelle est l'intelligence que j'ai du mystère de Jésus-Christ, qui n'a point été découvert aux enfants des hommes dans les autres temps, comme il est révélé maintenant par le Saint-Esprit à ses saints apôtres et aux prophètes, savoir, que les Gentils sont appelés au même héritage que les Juifs, qu'ils sont les membres d'un même corps, et qu'ils participent à la même promesse de Dieu en Jésus-Christ par l'Evangile, dont j'ai été fait le ministre par le don de la grâce de Dieu, qui m'a été conféré par l'opération de sa puissance. De sorte que j'ai reçu, moi qui suis le plus petit d'entre tous les saints, cette grâce d'annoncer aux Gentils les richesses incompréhensibles de Jésus-Christ, et d'éclairer tous les hommes, en leur découvrant quelle est l'économie du mystère de leur rédemption, caché dès le commencement des siècles en Dieu, qui a créé toutes choses, afin que les principautés et les puissances qui sont dans les cieux connaissent par l'Eglise la sagesse de Dieu, si merveilleuse dans les ordres différents de sa conduite, selon le dessein éternel qu'il a accompli par Jésus-Christ, Notre-Seigneur, en qui nous avons, par la foi, en son nom, la liberté et la confiance de nous approcher de Dieu.

C'est pourquoi je vous prie de ne point perdre courage, en me voyant souffrir tant de maux pour vous, puisque c'est à votre gloire. C'est ce qui me porte à fléchir les genoux devant le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont est nommée toute paternité au ciel et sur la terre, afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous fortifie dans l'homme intérieur par son Esprit-Saint; qu'il fasse que Jésus-Christ habite par la foi dans vos cœurs, cl qu'étant enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre, •avec tous les saints, les dimensions de la charité de Dieu dans le

Ml

mysfc n de la rédemption; quelle en esi la largeur, la longueur, la boutent et ht profondeur : In largeur, -Vient). mi ii tous les hommes; In longueur, se communiquent s tous lea Biècles ; la profondeur, nous retirant dn fond de l'enfer par h isements de JésuS-

Christ : i.i hauteur, nous élevant jusqu'au ciel, Jusqu'à i i<>u< reaire participants de la nature divine.

i< ic et m ure auasi que \<>u- pulasiei tonnnitre et estimer, eomme elle le mérite, la grandeur de la chnritr de Jéaua*GiùiM pour roua en ce même mystère : elle lurpasac toute eonaalaaaocc. le n< us BOUbaite toutes i i et je les demnude .1 Dieu pour

voua, miu que rien ne vous manque, mais que vous soy< 1 remplis, u toute la plénitude ^\c> dons de Dieu, dans l'esprit ei dans le errur: et pnr conséquent que vous soyez fort- (I constante, et qu,> vous ne vous reWchiei Jamais dans la foi. Qmc celui qui, pnr la puissance dont il ne i t en nous, peut faire infiniment plus que tout ee que nous demandons el tout ce que nous pensons, soit glorifié iaos l Eglise par Jésus-Christ, dans la luoot saioo de tous les âges et de tous les siècles. Amen.

QUARÀNTE-TBGfôlÈM'E ENTRETIEN,

PAR L\ i.n\n i/imvMi: BS1 DÉIFIÉ. - BEAUX tâMONÉ ! \ I i: -1 JET.

Mi --in ns,

Plus d'une fois nous nous sommes servis des suoea ééiflmiÈm

Hrifirr. pour cvprinier |Yli'-\nlion de l'homme | l'ordre -urn.iturel.

Nom p{( u s pu «'il être blessée, el peut*éu*e ■vus-vout cru qu'.tu lieu d'atteindre i«- but, nous l'avions d< ependant, d nou-

seaubte qui nous irons distingué ssseï nettement i<- sens eouVrifqui- qu'il laul auaeber 1 eei mots, du iens Impie que leur donnent

inthéistes. Non- ;i\..n- du, ni effet, que. j..m h déilirnlion

smj m fui par ht grieo, 1 1 un.- participe ;'■ in nttdrc divine, sana

I propre nature, mhi indiudunlile, ~.i personnalité. \*

nature humaine n'est point changée en la nature divine, ni la nature divine en la nature humaine, mais la nature humaine participe à des perfections qui ne sont naturelles qu'à Dieu, à des perfections vraiment divines. Selon les panthéistes, au contraire, il n'y a qu'une seule substance, une seule nature, la nature divine; tous les êtres que nous appelons des créatures en sont des parties ou émanations, qui n'ont rien de personnel, et qui finissent par être absorbées en Dieu.

D'après les témoignages de l'Ecriture, des Pères et des Docteurs de l'Eglise que nous avons cités, nous ne pensons pas qu'on puisse nous accuser d'enseigner ou d'émettre une doctrine nouvelle. Néanmoins, pour éviter jusqu'au moindre soupçon, nous allons transcrire quelques passages d'auteurs bien recommandables, qui prouveront que nous n'avons innové en rien, ni pour le fond, ni pour la forme.

Le P. Saint-Jure, dans son excellent ouvrage qui a pour titre : L'Homme spirituel , s'exprime ainsi : « Pourquoy saint Paul appelle-t-il saints les chrestiens, et pour quelles raisons le sontils? Je réponds, premièrement, que c'est parce que tous les hommes ont esté d'une certaine façon sanctifiez par l'Incarnation ; car, comme dans cet adorable et inefable mystère, le Verbe a esté fait chair, suivant la parole de saint Jean, la chair aussi a esté faite Verbe ; comme Dieu y est devenu homme, l'homme de mesme y est devenu Dieu ; et en cet Homme-Dieu particulier et individu, et par son moyen, tous les hommes ont esté rendus participants de la nature divine, et faits dieux, et ensuite saints...

» A la vérité, si certaines onctions, accompagnées de quelques paroles et de quelques cérémonies extérieures sont suffisantes, comme nous voyons, pour rendre un lieu saint, et le consacrer à Dieu ; à combien plus forte raison le chrestien, qui est sanctifié intérieurement par la grâce, et consacré à Dieu par le Saint-Esprit mesme, sera-t-il saint? Certes, la consécration qui se fait du chrestien par le baptesme, est, après celle de l'union hypostatique, la plus noble, la plus relevée, et la plus divine qui soit en terre, parce qu'elle confère infailliblement la grâce, donne la sainteté et fait l'homme enfant de Dieu, qui est le plus haut point d'honneur où il puisse monter en ce monde et en l'autre.

• Gomme le Docteur angélique nous enseigne que le mystère de l'Eucharistie est une amplification et une étendue de celuy de l'Incarnation ; parce que, comme en celuy-cy, la divinité a été unie personnellement à une humanité particulière ; ainsi, dans celuy-là en quelque façon approchante, clic I esta tous les hommes

individuè, de sorte que l'Incarnation m> comme s'é tendant et s'allonpeant sur eux. Nous pouvons dire de mesme, que le sacrement du Baptesme est une participation de l'union hypostatique, parce que comme cette union inefable a dédié el consacré pour jam d'une manière souverainement parfaite et divine, l'humanité de N strc-Seigneur â la irés-sainte Trinité, el faite le premier et le plus grand instrument de ion service et de -;■ gloire ; semblaMeiiieni. le Baptesme nous cons icre ;i Dieu, nous fait pour toujours luy apartenir, el nous rend sa possession inaliénable, pour nous emploïer et estre employés h son honneur (i .

m Nostre-Seigneur peut estre dit le chef de toutes les chc eréét is. . l.i en \oiei quatre raisons, dont la première est, parce que N sui Seigneur a la seigneurerie et le domaine de toutes les choses qui sont au monde, par le don authentique et irrévocable que Dieu Bon l'ère luy en a fait, ainsi que David et saint Paul renseignent. I s seconde, parce qu'elle- ont été extrêmement ennoblies et comme déifiées en lui par le mystère de son Incarnation...

• Tous les fidèles uni- avec Nostre-Seigneur, comme autant de membres avec leur chef, constituent un corps mystique, qui se nomme Jésus-Christ. Gratulemwr, et agamtu grattas, dit saint Augustin dans la mesme pensée, non solûm nos ehristianot fadbH esse, ttd etinm Christum. Inteltigiiis, /mires, traitas* />ei super nos f Capitisf \ hntmwini, gnwlrte. Christut faeti swmmM ; §i entas illecaptit est, nos wiembra : tofni if/e homo, 2) : lien-

don- i Dieu, avec an cœur plein de jubilation, de ce que

nous ne Bommes pas -• ulemenl chrestiens, mais de plus que nous sommes Jésus-Christ. Entendez-vous, mes frères, que

Dieu nous a faite ' Comprenex-voui cette faveur? Entres dans l'admiration et dans la joye de ce que vous estes Jésus-Christ, parce que J< bus-( hrisl esi nostre chef, et nous ses membre-, et que i*< .ii— composions ensemble nu corps, il est ce corps «'t cet houuiie. cl nous aussi

« Sainl Paul écrit aux Bphésiens que Dieu avait ramassé et recueilli en 1 1 1 > tous W* dons, toutes les paiement

tOUI les bien- qui xonl ;M| eiel et en la terre : tn*tnurnr>- nm>nn

in Ckristo, </>.-' la eatlii, et '/""■ "» ferra" <>int ; de sorte qu'il est

le trésor, Il plénitude, el l'abism'e Infini des richesse i de Pieu :

je, toute la divinité qui se trouve dans la nature humaine,

(I) P. S»ml-J ,r / . iom. t.clnp. . I* il

". p MaWait, « . •• . .

soit en essence ou en participation, est en luy et nous vient de

luy...

» La première conséquence est que nous concevions de trèsgrandes opinions de nous, et formions de très-hautes idées de nostre dignité, sçachant que nous sommes les membres de Jésus- Christ, et que comme les membres sont toujours d'une mesme nature avec leur teste, nous participons à celle de Nostre-Seigneur, et sommes des membres divins, et par conséquent que nous ne devons point dégénérer de cette noblesse, ni ensuite nous avilir à aucune chose infâme (1).

» La troisième (union), qui est l'union hypostatique, encore que son propre terme soit l'humanité de Nostre-Seigneur, s'étend toutefois encore, de cette humanité particulière, sur tous les hommes, et jette sur eux, avec un grand éclat, les rayons de sa gloire, parce que Dieu s'est uni à tous les hommes, et tous les hommes ont estes unis à Dieu en Nostre-Seigneur, à cause que la nature divine et la nature humaine se sont alliées et jointes intimement en sa personne. Ce qui arrive encore beaucoup plus avantageusement aux chrestiens, qui, entre tous les hommes, luy sont les plus étroitement unis, à raison de la foy, duBaptesme, de la manducation de son corps et de la grâce, et parce qu'ils sont ses membres qui composent avec luy un corps mystique, qu'ils sont ses disciples, ses frères et ses épouses. Eyosumin Pâtre meo, dit-il à tous en la personne des apostres, et vos in me, et ego in vobis : Je suis en mon Père, et vous estes en moy, et moy en vous. Me in Pâtre, explique saint Hilaire, per naturam divinitalis, nos in eo per corporalem ejus nalivilatern ; et ille rursùm in nobis per sacramenli mysterium ; ait enim : Qui edit carnem meam et bibil meum sanguinem, in me manet, et ego in eo (2) : Il est dans son Père par unité d'essence qu'il reçoit de luy, en vertu de sa génération éternelle ; nous sommes dans luy par l'union de nostre nature avec la sienne dans le mystère de l'Incarnation ; et il est de rechef dans nous par le sacrement de sa chair et de son sang, parce qu'il a dit : Celuy qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moy, et je demeure en luy. Ego sum in Pâtre, porte la glose, «»cul radius in soie ; et vos in me quasi palmiles in vile ; et ego in vobis, sicut vitis in palmite : Je suis dans mon Père comme le rayon est dans le soleil ; vous estes en moy comme les sarmens sont dans la vigne, et je suis en vous comme la vigne est dans son

(\) Ibid. — (2) Hilar., lib 8, de Trinit.

sarment, pourcoulei dam vos âmes la sève de la graoe, et vous !' »ire porli r du fruit.

» Ainsi Nostre*Seigueur dit disciples qu'il serait avec

eux, ei • u\ ;i\ir loua les Bdeles jusques b la tMmaftmmation lies siècles. » .«• qui m doit entendre non seulement qu'il \ serait peur lei protéger et les défendre extérieurement, mais pour leur om* niuoiquer encore dans l'intérieur la vie de la ftraee, leur départir les dousak Dieu, éclairer leur entendement, échauffes leur volonté, fortifier leur courage et les conduire dans toutes leur* nelions. Pour ce sujet, il prit le nom d'Jfmnaaiiuai, qui signifie : Dieu demeurant aveu nous et en nous, suivant cette parole il»- saint m m meèiê, afin de nous Banctifler, de nous déifier ei de nous diriger en souL De cette façon, Nostre-Seigueuf est en t vray chrestien, comme le chef dans son membre, pour in- Duersurlu) et le mouvoir; comme le roy dans son royaume, pour Iny donner ses ordres et ta gouverner selon ses loix ; comme un général dans son année, pour l'arranger et la meure en es al combattre et de vaincre ; comme ua père dans bs maison et dans sa famille, qu'il rement, qu'il défend et enrichit;

me un pilote dans son vaisseau, qu'il mené par les temp< < uses de ce monde, et à travers tous les dangers, as port du salut : comme le soleil au monde, qui, par sa lumière . t *;i eht> leur, donne la beauté, la force, le mouvement à tout ee qui est icy-bas ; comme l'ame dans son corps, pour l'animer de son esprit et le faire vivre une vie mm point animale, ni humainement mnable, mmit une vie devine ei mm vie de Jéeu il; de

• que toutes ses actions ne soient point naturelles, mais au* dessus de la nature, glorieuses a Dieu, et méritoires <ie la b< unie éternelle : et comme la raison et la prudence dans l'ame, pour régler toutes ses pensées, toutes ses affections et tout sentiments (1 )...

» Toute action chrétienne e-i consierêe ;'i Dieu, purée qu'elle

• die toujours, ou directement ou indirectement, pour >a gloire or son amour, ei il en retirera ;> jamais de l'honneur al de Is louange. Et elle lui eat consacrée p ir J< &us Christ, -mi Fils, qui, i si mort, a acheté et fait siens tous les hommes, acuité toutes leur- bonnes oeuvres, qu'il présente continuelleson Père, et qu'il lui réfère encore, en qualité de r, comme les actions de ses membres. < e-t particulièrement lesseiu qu'il l'est revestu de nostre nature, afin de pouvoir

tpirituti, I i. S.

rendre à Dieu, hors de Dieu, en soy et en sa tres-sainte humanité, en tous les hommes et en toutes les créatures, qui, au mystère de l'Incarnation, ont esté toutes unies et déifiées en sa personne, un honneur digne de son infinie majesté (t).

» Comme noslre ame présente à nostre corps le vivifie et luy communique sa vie, qui est une vie propre et proportionnée à la nature de nostre corps, vie végétante, sensitive et raisonnable, elle luy donne ensuite des facultez et des puissances pour exercer les fonctions de cette vie, et puis elle les luy fait produire, et, pour dire encore mieux, elle les produit elle-mesme en luy ; car c'est elle proprement qui voit dans ses yeux, qui entend dans ses oreilles, qui touche dans ses mains, qui se met en colère dans son cœur ; de mesme le Saint-Esprit confère sa vie à l'ame, à laquelle il est uni, vie sainte et divine, et vie convenable- à l'homme, en tant que Dieu l'a relevé au dessus de sa nature, et rendu capable de sa grâce et de sa gloire (2)...

» Qui adliœrel Domino, unus spiritus est, dit saint Paul, qui est uni à Dieu, devient un mesme esprit avec luy ; et comme il est pur, saint et parfait, et la pureté, la sainteté et la perfection essentielle, il n'est pas possible que l'ame qui lui est unie ne soit pure, sainte et parfaite, non plus qu'une chose qui est unie à la blancheur ne soit blanche.

» L'ame, dans cette union, devient belle, agréable et toute éclatante de lumière par les irradiations qu'elle reçoit de la Divinité, comme une nuée transparente que le soleil regarde, et laquelle il dore de ses rayons ; ou, pour mieux l'expliquer encore, ni plus ni moins que le fer, qui de soy est froid, obscur, grossier, chargé de rouille et d'ordures ; mis dans la fournaise, y perd toutes ces laideurs et se dépouille de tous ces défauts, et, en leur place, prend la chaleur, la clarté, la beauté et les autres propriétez du feu; de mesme l'ame, par le moyen de celte union divine, quœ priùs crat frigida, dit fort bien le pieux Louis de BloLs, jàm ardel; quœ prius crat lenebrosa, jàm lucet, quœ priùs crat dura, jàm mollis est, plane lola deicolor ; quia essentia cjus esscntià Dei perfusa es>, unusque spiritus cum eo «ffecta est, sicut aurum et œs in unam m't'illi ma.ssam con fiant ur : De froide qu'elle estait auparavant, devient ardente, d'obscure lumineuse, de dure molle, et toute teinte en couleur divine ; parce que son essence est environnée, imbuë et percée de celle de Dieu, avec qui elle devient un mesme

(1) IhH., chap. 2, sect. 8. — (2) Ibid., ch*p. ".

* COROI I \

esprit, tout ainsi que l'or et le cuivre fondus ensemble ne font qu'une mesme m:>--<- de métal 1). n

l «■ P. Alphonse Rodrigue! nous dit, en parlant do bonheur du ciel : • I orsqu'après noua rire comportés comme des serviteurs fidèles, nous entrerons dam la joie du Seigneur, et que. nous ron> enivrés de l'abondauee de son amour, alors nous serons tellement absorbés et transformés en lui. que nous ne nous sou-

viendrons plus «le nous-mêmes : nlntstious lui serons semblable.*,

parce que nout le verrons tel qu'il est Nous n'aimerons plus

rien que lui. et non* mêmes nous ne nous aimerons plus qu'en lui et pour lui.

» 0 amour saint et chaste I B'écrk *:iint Bernard en cet endroit; Ô douée et tendre affection ! è, pare e1 dnute intention de volonté ! intention d'autant plus droite et plus pure qu'il n'y reste plus au.un mélange d'intérêt propre! iffection d'autant plus tendre et plus douée .-ne idn ne sera louehé de rien qui ne soit divin! être épris de cette sorte, e est être déifié; ne affîei, de> /i cari est {%). Pour expliquer comment nous serons alors déifiés et transformés en Dieu, le même saint <e sert de trois comparaisons, et dit : Que

de même qu'une goutte d'eau jetée dans une grande quantité (le

vin perd toutes ses propriétés et prend la couleur et le goût du vin, de même qu'un fer rougi dans la fournaise ne parait pins du 1er, mais du feu : et enfin de même que quand l'air est éclaire des

rayons du soleil, il devient si lumineux, qu'il semble qu'il -oit la

lumière même : ainsi, quand non- serons dans la gloire, non», perdrons entièrement nos premières qualités, nous serons déifiés et transformés en Dieu, el non- n'aimerons rien que lui et en lui ; autrement, comment est-ce que Dieu teraiialon toute» choeei en tous, -i dan> l'homme il restait quelque chose de l'homme ! Il n'y

aura donc rien Ifl qui SOil mitre ; notre gloire même el notre joie

la gloirt et la joie de Dieu el non pas la notre, sui\anl CCS

les du Psalmiste : Vou» êtet ma f loir e el <•' si mus gui m'exaltez ("> ; et enfin nous ne mettrons point notre satisfaction en notre propre félicité, mais . e iers en Dieu seul que nous établirons notre contentement (4), •

> mille de la Pierre, dans -mi commentaire lor le prophète

. «h ip I, explique ain-i la dignité du chrelicn : • l .;, plus

grande dignité et élévation de l'homme est celle par laquelle nous

l i' Stint-Jart, Vffomm* $pirit*u 10. — (S H-th .

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