I I. AIRES
défaala de 1 1 nature que pour exciter plu vivement les passions. C'est bien là, si je ne me trompe, Pari profane, tel qu'il i*eal montré suf li fin du paganisme. Il reparaît loujoun avec le I i hertlnage et la corruption des mœurs, dontil est l'effet et comme l'expi i — i • » 1 1 fidèle.
Le second, l'art naturel on humain, reconnaît la vie intellectuelle el raisonnable; mail il représente diversement la nature, selon le but qu'il se propose. Veut-il satisfaire les passions de l'homme ? Il ne nous montre pas, comme le premier, la nature dans toute -.1 nudité ; il la voilera, mais de manière s rendre la
ni plu- \i\e ; son BBUVre, moins révoltante, sera plus \olup-
toeuse : le vice aura plus d'attraits. Si, au contraire, la vie raisonnable domine en lui, s'il veut, avanl tout, satisfaire l'intelligence, on ne trouvera rien dam ses OBuvres qui blesse h décence eu qui ehoque les mœurs ; tout, au contraire, portera l'empreinte de la raison et du bon sens, mais il B'arrétera là. Il procurera des jouissances s 1 '< -prit, a l'àme, mais ce seront des jouissances puremenl naturelles.
Le troisième, l'arl surnaturel ou catholique, a pour fin d'exprimer l'ordre surnaturel, el de porter l'homme à la contemplation et au désir des choses célestes. Mais Tordre surnaturel ne détruit »rdre naturel, il le présuppose, au contraire, et le perfectionne. L'art catholique devra doue rendre, dans toute -1 beauté, la vie <it- sens, la vie raisonnable el la vie divine. Il représentera donc l.i nature physique, non telle qu'elle est corrompue par le péché, m h- dans sa perfection, telle qu'elle existai! avanl la chute du premier homme : il représentera la nature raisonnable, m us
tu, s'il la montre ;>\ <•< ses défauts, ce sera pour rendre plus beau el plus éclatant i'1 triomphe de la vertu el de la l el doil être l'art catholique ; tel il - est
montré dans les siècles de foi vive el de piété sinci
9 . p h" l'arl profane, on entend l'an antique, connu chei les pal< m-, et, par l'arl chrétien, l*ari cultivé par les chrétiens, n'importe s quelle époque, il peut arriver que l'on confonde l'un l'autre, fcinsi, ce qu'on appelle vulgairement la RenohMmee ne nous semble que 1 1 résurrection de l'arl païen <"i pro-
fane, lu siècle de Louis K1V, la plus hune perfection, dans la littérature el dans les arts était une fidèle imitation de l'antiquité profane : les pi - savants, comme les plus babil* eulement
: déni ce qu'il y .1 de t <>* dans loua les chefs d'œuvre du aa monumenti vraiment surnaturels M leur ni qu'une dégradation de l'art antique. La grande
voix de Bossuet proclamant la sublimité du style des livres saints, n'était pas même écoutée. La raison en est simple ; c'est en vain que l'Evangile, que la doctrine et l'histoire de l'Eglise catholique offrent à l'artiste des modèles dans tous les genres ; il faut encore les voir et les comprendre. Or, l'artiste sans foi a des yeux et il ne voit point, il a des oreilles et il n'entend pas.; il ne voit, il ne comprend que la nature physique et raisonnable ; encore lui estelle en partie cachée. La grâce de Dieu seule rend visible le monde surnaturel ; elle restaure la nature et l'élève à l'ordre divin ; donc, seule, elle restaure l'art humain et le divinise.
En considérant les œuvres artistiques du moyen-âge, non seulement vous les admirez, vous les louez, vous ne vous lassez jamais de les contempler, mais involontairement vous vous jetez à genoux pour prier devant les tableaux ou les statues des saints et des martyrs, vous lisez dans leurs traits toutes les vertus qu'ils ont pratiquées, et vous vous sentez portés à les imiter. Les Pères de l'Eglise ne tarissent point sur les éloges qu'ils donnent à la peinture. Saint Grégoire dit qu'il a vu souvent un tableau, et qu'il n'a jamais pu le considérer sans verser des larmes ; c'était un tableau représentant le sacrifice d'Abraham. Saint Basile va plus loin, car il assure que les peintres font autant par leurs tableaux que les orateurs par leur éloquence. Un moine, nommé Méthodius, peignit, dans le huitième siècle, le Jugement dernier, qui convertit Bogoris, roi des Bulgares.
Des paysans, des ouvriers, des domestiques, s'en vont en pèlerinage visiter une vieille église gothique qui renferme une foule de chefs-d'œuvre dans tous les genres, et où sont conservées toutes les pieuses traditions de l'art. Tout les émeut, tout les attendrit, tout les édifie'; ils s'arrêtent, à chaque pa«, pour contempler les vieilles peintures dont la basilique est remplie : c'est une Nativité, une Annonciation, une Assomption, la Vierge et Y Enfant, la Fuite dans le Désert, le Couronnement d'épines, les Sacrements, la Descente de la Croix, les Femmes an saint Sépulcre. Us prient et ils pleurent ; surtout lorsqu'un de ces chants antiques, si ravissants d'harmonie, se fait entendre ; ils se croient transportés dans le ciel, au milieu des anges et des chérubins. Cependant, ils ignorent jusqu'au nom de ces œuvres qui font sur eux une si vive et si salutaire impression ; mais ils sentent la présence de l'Esprit divin qui les a produites.
Bien convaincus que Dieu est non seulement le beau idéal, mais la beauté même réalisée et infiniment parfaite, les artistes du moyen-âge s'unissaient à celte beauté incréée, l'aspiraient, si
COROLLA
je puis ain-i < i 1 r»" . par II prière, par lu contemplation, par le jeûne et i.i réception fréquente île la sainte Eucharistie. C'est ce qui fait de leurs oeuvres, des oeuvra i part, eu r;iri est porté à >a plus h. mie perfection ; on j reeonaaii quelque chose de si céleste et divin, «pic les saints ci les martyrs qu'ils nous représentant s.iii- « ne Mole-, l.un «le souilU r l'esprit ou le cœur, l'élêvent i purifient ; on voit «pie c'est la nature encore innocente ou réhabilitée par la grâce j c'estl'élu ouïe nouvel kdam, qui ne doit plus avoir un jour «l'autre vêtement que son innocence el sa gloire.
I es beaux-arts ne sont donc que l'expression noble et belle d'une pensée ou d'un certain ordre d'idées. Or, sans la gi l'homme ne peut même connaître complètement l'ordre naturel ; donc, sans la grâce, il u'\ aura jamais que l'art profane et sensuel, et I art naturel ou bumain dan- m déchéance, c'est à-dire trèslanparfait La -race est donc nécessaire, t° pour restaurer l'art naturel ; 8* pour le surnaluraliser ou l'élever jusqu'à l'ordre divin.