I.' - doivent révérer le sacrement de l'Eucharistie Bvec
unc telle uo bel respect et une dévotion <le cœur telle,
qu'ils soient en état de recevoir souvent ce pain qui est au-dessus toute substance, et que véritablement il soit la vie «le leur i santé perpétuelle île leur esprit, « afin qu'étant fortifiés par cette divine nourriture» ils puissent passer du | ge de
cette aiiaérable vie .i la patrie céleste, pour > manger sans aucun voile le même p un «lc> anges qu'ils mangent maintenant p >ui des voiles mii res (S
iu union substantielle du fidèle avec Dieu, ou la déification de I homme par 1 1 »mmc la fin <le tout l'en» ignemauaf
«if Jésus-Christ, ci surtout de la prière qu'il fait à son Père la v< illi- de sa mort.
« Jésus est notre chef, notre tige, en qualité d'homme, et de même nature que nous : en tant que Dieu, est de même nature
que . ri laboureur 01 ne lui, qui ne cesse <)<■ travailler
1 1 tout le fon lemcnt de notre espor de ce que i>>ui est a noua par Jésus-Christ. Comme homme, il ii- . l bomoie est Dieu, Dieu donc est à nous en Jésus ' hrist, ■ !■•,.>( dan le I ils, et le Fils est dans le Pi re, 7"/.' la aauVs* tance de ta Di r, tous les fruits et tous les dons
.i nous : le Saint-Esprit, qui est le dou substantiel, i
nous; et ce don nous est donné avec tous les dons dont il est plein. Voilà les richesses du chrétien (1). »
« Qu'ils soient un comme nous, qu ils soient un en nous. Il explique plus distinctement ce qu'il avait dit de notre unité. Qu'ils soient un comme nous, c'est-à-dire avec la proportion qui doit être entre l'original toujours parfait et d'imparfaites images. Mais lorsqu'il dit : Qu ils soient un en nous, il explique plus distinctement que l'unité est en Dieu comme dans la source, comme dans le centre, comme dans le principe, par qui et en qui nous sommes unis. Qu'ils soient un en nous; que nous soyons, non seulement le modèle, mais encore le lien de leur unité ; qu'ils aient, par nous et par grâce, ce que nous avons par nature et de nous-mêmes ; qu'ils soient des ruisseaux qui se réunissent en nous, comme dans la source d'où ils tirent tout. Ainsi ils vivront tous d'une même vie, et ils ne seront qu'un cœur et qu'une âme.
« Si les chrétiens sont un de cette sorte, ils sont heureux : car qu'y a-il de plus heureux que d'être un dans le Père et dans le Fils, que d'être un véritablement, persévéramment, sans que rien ne nous puisse séparer ? C'est ce qui nous sera donné dans la perfection au siècle futur : mais ce qu il nous faut commencer ici par la sincérité de notre concorde (2). »
« Je suis en eux et vous en moi ; afin qu'ils soient consommés, réduits en un : et que le monde connaisse que vous m'avez envoyé, et que vous les avez aimés comme vous m'avez aimé. Il revient toujours à cette sainte unité : elle fait les délices de son cœur ; et il ne peut quitter un sujet qui lui plait si fort. Il va toujours approfondissant de plus en plus cette matière : et il nous apprend ici que la source de cette unité, c'est qu'il est en nous comme son Père est en lui.
» Les saints Pères ont interprété ces paroles en cette sorte : je suis en eux par mon esprit ; je suis en eux par ma chair, que je leur donne dans l'Eucharistie. Je leur rends par ce moyen tout ce que j'ai pris d'eux : je leur donne en même temps tout ce que j'ai reçu de vous : ma divinité est à eux aussi bien que mon humanité. Dans l'humanité qui est à eux et en eux, ils trouvent la divinité qui lui est unie : et ils en peuvent jouir comme de leur bien. C'est donc ainsi que je suis en eux : et vous, mon Père, vous êtes en moi. Tout est donc en eux, tout est à eux. Que leur faut-il davantage pour être parfaitement consommés en un ? Et néanmoins voici encore quelque chose de plus touchant. C'est,
(1) Rossuel, Méditât,, 1* part., 2* jour. — (1)Ibid., 57° jour.
PREMIERE PARTII .
mon Père que vous la rima, tomme vous m'avez aimé. IN n^
enfants « i » i ** par idoptioa ei par p loe : «m moi, qui suis Fils
iture, j'ai trouvé oel admirable moyen de me les. unir
membres, Ifln que cei amour paternel, «im*
i tendît but eux : afin, continue-t-il, que l'amour dont vous m'avei aimé Mil en < m, comme je suis aussi en eux.
» ( » nomme, regarde donc combien tu es chéri de Dieu ! Quoi !
le momie te plan encore I Quoi! tu peux penser autre chose que
Dicii-imii).- . Il en fa m Irait munir de regret et de lonte. Il faut
lire ici dans une profonde admiration et action d< -. ta
sidérant, en goutani et que noue sommes a Dieu par léaus-
esi un mystère ini inénarrable. Oh, n le monde
nnailre, il connaîtrai! en même temps que .!■
Cftnisi esi vraimenl envoyé de Dieu; et qu'un Dieu envoyé au
monde ne pouvaii rien enseigner ni opérer de plus grand I). »
iésns-Cbrisl esl «loue en non-, comme son Père esi en lui ; il
nous donne non ce qu'il i reçu de son r, pe; sa divinité est à nous
comme ion humanité; toul esl en nous, tout esta nous.) Il y a
donc, entre Dieu et les saints, une union de substance a - m h s -
t.incc. <|ui commence sut la terre par la grâce sancuûan*
conservée et perfectionnée par l'Eawhaiistie, ei sera ennsonamée
dam le ciel. Le lionhcur du ciel esl donc la transformation de
riiouuue en Dieu, el «a déification e ^nsonunéo.
nt rbomas se propose «rue difficulté : 11 faut que de l'intelligenee qui cennaii a l'objet connu, il y ait quelque proportion, puisque l'objet connu esl une. perfection de l'être qui connaiL <>i\ il n'y a aucune proportion entre une intelligence créée el Dieu, ut infiniment éloignés l'un de l'autre : donc, une intelligenee créée ne peut voir L'essence de Dieu, l'.t il repond : H > i d -n\ sorti - de proportion! : l'une, qui esl la manière d'être d'une quantité rehuivemi nt i ans aune : ainsi le double* le tnple, une quantité égale sont des espèces de proportions. L'autre, ejtti. eut un.- habitude quelconque au un rapport d'un oinet a mi autre ainsi il peui j avoir proportion entre la tnéatun el Dieu, en tant quelle est a lui, comme reflet M i II eause tf ht puissance I Inote. l'.i loua ce rapport une inteligen< peut
•'ire proportionnée pour connaître Dieu En géométrie, on distingue des rapports d < --.due et de similitude : deux triangli - pan» \eni être inégaux et imiblatdi 11 : l'un sera trés-netit, et l'autre
QUATRIEME ENTRETIEN. r,<>
indéfiniment grand, et cependant il y a tant de rapports entre eux, qu'ils forment une proportion géométrique.
Pour mieux expliquer sa pensée, le saint docteur établît qu'aucune intelligence créée ne peut comprendre Dieu. Un objet n'est compris, dit-il, qu'autant qu'il est connu parfaitement; or, il n'est connu parfaitement, que lorsqu'il est connu autant qu'il est con naissable : mais Dieu est infiniment connaissable ou intelligible; c'est-à-dire, pour comprendre parfaitement un objet, il faut que l'intelligence égale cet objet, qu'il y ait une équation exacte entre l'intelligence qui connaît et l'objet qui est connu ; or, cette équation ne saurait exister qu'entre l'intelligence divine et la nature divine, qui sont toutes deux infinies. Puis, il ajoute : « Le mot compréhension a deux sens : ou il signifie que l'objet compris est renfermé dans celui qui le comprend ; et, dans ce sens, Dieu ne peut être compris par une intelligence créée ni par quelque autre chose, parce que, étant infini, il ne peut être renfermé dans aucun fini ; et c'est dans ce sens que nous disons ici qu'aucune intelligence créée ne peut comprendre Dieu ; ou bien le mot compréhension est pris dans un sens plus large, par opposition à celui de poursuite. Car celui qui a atteint quelqu'un est dit le comprendre (le saisir), quand déjà il le tient. Et c'est ainsi que Dieu est compris par les bienheureux, selon ce mot du Cantique des cantiques : Je l'ai tenu, je ne le lâcherai pas. Et, de celte manière, la compréhension est une des trois qualités de rame qui correspond à l'Espérance, comme la vision à la Foi et la jouissance à la Charité. Car nous ne tenons pas, nous ne possédons pas tout ce que nous voyons, parce que ce que nous voyons est éloigné de nous ou n'est pas en notre pouvoir. Nous ne jouissons pas non plus de toutes les choses'que nous possédons, soit parce qu'elles ne nous réjouissent pas, ou parce qu'elles ne sont pas la fin dernière de notre désir, pour le remplir et l'apaiser. Mais les bienheureux possèdent ces trois choses en Dieu, parce quils le voient lui-même, et qu'en le voyant ils le tiennent toujours présent à eux-mêmes, ayant en leur pouvoir de le voir toujours; et, qu'en le possédant, ils en jouissent comme de leur dernière fin, qui remplit tous leurs désirs (1). »
Il dit enfin que Dieu est incompréhensible, non pas dans ce -nis qu'il y ait quelque chose en lui qui ne soit pas vu par les bienbeureux, mais parce qu'il n'est pas vu aussi parfaitement qu'il ert visible : de même que lorsqu'une proposition démontrable est
(\)Sum. s. Thom. 1, p. q. 12, a. 7.