U PREMIERE PARTIE
dans une matière individuelle : n l- sont loua les eorps. H en est d'oiiin ■> dont les natures sont subsistantes par elles mêmes, et mou dans quelque matière, n qui cependant ne s ni pas leur propre rire, mais qui le possèdent seulement : telles son) les subslai iluclles que noua appelons anges. Le mode d'être pro| Dieu seul est qu'il soit son être subsistant. Il nous c^i donc i naturel de conn titre les i hoses matérielles, parce < jin* notre àmc, par laquelle nous connaissons, est la forme d'une matière ouïs Forme d'un corps. Elle ;» cependant deux facultés de connaître : l'une, qui est un acte d'un 01 gane corporel, ei il lui esi connaturel de connaitre les objets corporels dans leur individualité; d'où le sens ne connail «nu* lr^ objets singuliers. Mais une auire faculté di connaître de lame est l'intelligence, qui n'est point un acte ■ !• quelque 01 g me corporel : d'où, par l'intelligence, il nous es! connaturel de connaître les choses matérielles, non pas selon qu'elles sont matérielles, mais selon qu'on en f.iit abstraction par qne opération *lo l'inte)ligence. Ainsi, par l'inlelligencc, nous pom connaître les • ns ce qu'ils ont d'universel : ce qui est au-
dessus d< liais il est connaturel à i'iniell
de connaître les natures qui n'existent pas dans la matière qui est au-dessus tir la faculté naturelle de l'intelligence de I humaine, selon l'état de la \ ic présente, où elle est unit' à nu corps. Il reste donc que connaître l'être qui subsiste en lui nu ei par Lui-même est connaturel a la seule intelligence divin* dépasse la faculté naturelle <lr toute intelligence créée, parcç que nulle créature n'est son être, mais a son être d'un autre., Une ne peut donc voir Dieu par ess oe n'est
ru tant que Dieu s'unit à elle par sa grâce, comme quelque 1 1 d'intelligible par soi-même*
3 i II faut que tout ce qui est élevé a quelque chose, qui au-dessus de sa nature, soit disposé par quelque disposition qui soit au-dessus <l<' sa nature. Si l'air doit recevoir la forme du feu, il faut qu'il soit disposé par une certaine disposition à celle formç. Or, lorsqu'une inielliij • c \«'ii Dieu par essence, l'cssi
même de Dieu devient la forme intelligible de l'intelligence. I> <>u il faut que quelque disposition surnaturelle lui >oii suraj< pour qu'elle soit élevée s une si haute sublimité. Puis donc que tulté naturelle d'une intelligence créée ne sufOi pas poui ^"ii i . «senec de Dieu, comme nous venons <!<• le montrer, il faut qu'il lui mhi surajouté la faculté « I « - comprendre pai e di
»inc. El cette lugnaentation de puissance intelleetualle, bous i i| pelons illumination de l'inu .1 gence, comme ce qui est intel
ligible s'appelle lumière. Et c'est cette lumière dont il est dit dans I'Apocal., c. 21, que la clarté de Dieu I illuminera, savoir, la société des bienheureux qui voient Dieu. Et, selon celte lumière, ils deviennent dciformes, c'est-à-dire semblables à Dieu, selon cette parole de saint Jean, I. Epit., c. 5 : Lorsqu'il apparaîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons comme il est.
«La lumière créée (1) est nécessaire pour voir l'essence de Dieu, non que, par celte lumière, l'essence de Dieu devienne intelligible, puisqu'elle est intelligible par elle-même, mais pour que l'intelligence devienne capable de comprendre, ou que la puissance de connaître devienne plus puissante pour opérer par habitude. Ainsi la lumière corporelle est nécessaire pour la vue extérieure, en tant qu'elle fait un milieu transparent pourvoir; de sorte que l'œil, échauffé par la chaleur, peut se mouvoir.
« La lumière de gloire n'est pas nécessaire pour voir l'essence de Dieu, comme si elle était une certaine ressemblance ou repré sentation par laquelle Dieu soit vu, mais comme une certaine perfection de l'intelligence qui la fortifie pour voir Dieu. Et ainsi ce n'est pas un moyen ou milieu dans lequel on voit Dieu, mais sous lequel on voit Dieu (2). »
Il nous semble que toule l'argumentation de saint Thomas peut se résumer ainsi : Pour voir l'essence d'un être, il faut une puissance ou faculté de voir de même nature que l'essence de cet être; or, les bienheureux voient l'essence de Dieu, donc ils ont besoin d'une faculté de voir de même nature que l'essence divine, ou d'une faculté divine. Or, il n'est aucun être créé qui puisse avoir, par sa nature, une telle faculté. En effet, voir l'essence divine, c'est voir Dieu, comme Dieu se voit, et le connaître comme il se connaît; or, Dieu a un mode de se connaître qui n'est naturel qu'à lui, parce que c'est le mode de connaître de l'être qui existe par lui-même, et que Dieu seul existe par lui-même. Donc ce mode de connaître ne peut être naturel qu'à Dieu ; donc aucune intelligence créée, quelque parfaite qu'elle soit, ne peut connaître, par sa nature, l'essence de Dieu.
Mais voir Dieu tel qu'il est en lui-même, ou son essence, c'est le voir sans Ressemblance ou représentation ; or, pour voir Dieu sans ressemblance ou représentation, il faut que Dieu s'unisse immédiatement à l'intelligence, comme la lumière s'unit immé-
1 II s'agit d<: la lumière de gloire qui, considérée comme un effet de la grâce, est l'ielque chose de créé — (2 Sum. s. Ttaoïn. i, p. q. 12, art. 2, & et S.
tf, PREMIERE l'A!
dltitflSMiiti l'i-ii | * . » 1 1 1- voir la lumière, el qu'il la fasse partioipei , moM, • divin «le connaître. le participation a la nature
divine, celte déification par laquelle l'iniel'igen devient
fapabtf d< voir l'essence de Dieu, s'appelle lumière de gloire en tniii qu'elle déiûe l'inteilifence. Donc la lum ■ luire est
ur voir l'essence de Dieoi
i elle lumière de gloire, dans son principe, est h g neti*
ii mie, i «i la nature même de Dieu : dans Bon effet, e'eel lmiellicerne élevée a l'intelligence divine et rendue capable »le voir Dieu* On peul L'appeler une qualité, une habitude, une lum inhérent intelligence; et, dans ee Bens, elle est en
i qu'elle existe dam des étt ej ftnjs.
En supposant que la lumière Boil la substance du soleil, n pouNon» établir une comparaison <|in nou9 fera mieux comprendre eette véri • Noua ne voyons la substance <lu soleil que p propre substance, el non par une ressemblance ou repr< tentation quelcon |ue. «'«-tic union immédiate de la a ibstance «lu soleil :i Dolre oeil, donne à celui-ci la force de voir le soleil; car la lumière du soleil nourrit ei échauffe l'œil, el le rend capable <!«■ voir le soleil. Cela esî si vrai, que l'homme qui vit depuis longtemps dans le> ténèbres n'a pins les yeui asseï forts puni- n der le soleil.
9 iii François <l(> S île- expose ainsi la même vérité : « l.'enlendemenl ci i donc l'oss< nce divtni ntre-
mise d'espèce ou représentation ; mais il ne la verra pas néantsnofoe sans quelque excellente lumière qui le d esleve el
renforce pour faire une veuê si haute, ei d'un objet si sublime <i esclalant. Car comme la chouette a bien la veuê assez forte pour ht sombré lumière de la nuici sereine, mais non pas toutes pour la clarté du midy, qui esl trop brillante pour estre receoe par des yeux si troubles el imbecHles : ainsi nostre entendement, qui a bien asses de forée pour considérer les vérités naturelles
par son discours, el mesmes les cl - surnaturelles par la lu-
e de la i">, ne sçaurail pas néanlmoins, ny par la I re
de la nature, ny par la lumière de la foy, atteindre jusque*
de la substance divine en elTe-mcsme. < irquoi la
',- de la ctcrncllc a disposé de m* | oinl appliquer son
i nostre entendement, qu'elle ne l'ait préparé, revig
et habilité pour recevoir une veue' si eminente ei disprepor-
, naturelle, comme csi I > veuf de ht Dhi-
rni'-. i ii . ainsi le soleil, souverain obj< >reli
entre les ebo elles, ne s< présente point ù notre veul qu<
premier il n'envoie ses rayons par le moyen desquels nous le puissions voir, de sorte que nous ne le voyons que par sa lumière... Cette sacrée lumière de gloire trouvant nos entendements inhabiles et incapables de voir la divinité, elle les esleve, renforce et perfectionne si excellemment, que par une merveille incompréhensible ils regardent et contemplent l'abysme de la clarté divine fixement et droilement en elle-mesme, sans estre esblouis ny rebouchez de la grandeur infinie de son esclat.
> Tout ainsi donc que Dieu nous a donné la lumière de la raison par laquelle nous le pouvons cognoistre comme auteur de la nature, et la lumière de la foy par laquelle nous le considérons comme source de la grâce : de mesme il nous donnera la lumière de gloire par laquelle nous le contemplerons comme fontaine de la béatitude et vie éternelle ; mais fontaine, Théotime, que nous ne contemplerons pas de loin, comme nous le faisons maintetenant par la foy, ains que nous verrons par la lumière de gloire, plongez et abysmez en icelle (1). »
EFFETS DE LA GRACE OU DE LA PARTICIPATION A LA NATURE DIVINE SUR L'AME DE L'HOMME DANS LE CIEL.
Les bienheureux voient Dieu, le possèdent, en jouissent.
Messieurs,