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Nous avons démontre que les saints voient Dieu dans le ciel tel qu'il est, immédiatement. L'Eglise catholique, dépositaire et interprèle de la révélation, le croit et l'enseigne : les écrivains sacrés le publient; les docteurs le proclament et l'expliquent. Douce espérance, parole magnilique que l'Eternel a fait entendre dans
(1) Traité de l'Amour de Dieu, li*. 3, c. M.
tflHRK PARTIE.
ur le mont Sînai <n dans hi terre do promission : pafofté qui n été entendue partout, répercutée d'écho en écho, de gi
n péncrntions ;i ir:i\rr> les siècles, et I»' bruil des guettes eï le cri des passions n'onl pd l'étouffer t .>m i Fait; eWe • frapper les orëflleS des poètes fe( des philosophes dé tt lité.
Il est \r;)i que l:i r:ii<on humaine nr «nuruit f<iTii]>r<* n il r*11 j-:irf:ù-
•ni en quoi cOnshfté cette vision intuitive : car l'œil de l'homme un pas mi. <(ni oreille n'a pas entendu, son cœur n'a pas senti <•<■ qfue Dieo réserve 8 <ru\ qni l'aiment. Le mystère doit subs pendant toui le temps de l'épreuve. Mais puisque Dieu n parlé, il
- mrali y avoir contradiction, et nous défions toui philosophe rouver qu'il y n négation fel affirmation «l'un même f;iii con-
i> li' même rapport. Il y n plus la foi non* fait enireMur qu'il en doit être ainsi.
I ne f"i- r,- dogme Meh établi, toutes les antres vérités de I surnaturel «-n découlent comme les conséquences de leur principe, comme les propositions géométriques se déduisent tes
- des antres, ;iin>i qu'il est facile dé s'en convaincre, si ton veui prêter un peu d'attention è tout ce que nous «lit
sition de ce qui va suivre.
Lesefletsdc la déification sut Pâme do l'homme dans le ciel sont dé voir Dieu, «le le posséder ei d'en Jouir, d'avoir une oon- • parfaite de l'ordre surnaturel et il'' l'ordre naturel Conclusion. — If est de du catholique que le» iainttdans le ciel voient face à face Dieu un etïrine, c'est-à-dire ressenéé do i et les trois Personnes divines; el II est Certain qu'//< èmii) irfiwm -ut le» œuvre* de Dieu, mai» non ;>o.« tonte». (Ile de Florence enseigné expressément, comme nous ris vu, que les bienheureux voient, d'une vision claire ou Intuftive, Dieu un et triria 1 1. < lir, voir Dieu un é( trine, c'est N<ur même de Dléa et les trois Personnes dîvttn is verrons 'Dieu tel qu'il est [f)t dil saint Jean, c'esi tel qti il est en lui-même, et consÊquemmeot son essence, propriétés cl ses personnes : car -i quelque choSe resi >it cael i pour les bienheureux, il ne sérail pas vrai qu'Us le vissent
• Celui qui me voit, dil Jésus Christ, vol! aussi moi irce
i ri mon l'< re, at mon P< re est en moi La vie
éternelle consiste à vous connaître, vous qui êtes le seul Dieu véritable, et Jésus -Christ que vous avez envoyé (1). »
Saint Augustin enseigne que non seulement nous verrons Dieu, mais encore tous les mystères que nous croyons : « Là, n<>us verrons, dit-il, et noire cœur se réjouira. L Ecriture ne dit pas en cet endroit ce que nous verrons ; mais quoi ? si ce n'est pas Dieu. Et toutes ces choses que nous ne voyons pas, mais que nous croyons selon le mode de la capacité humaine, et dont nous nous faisons une idée incomparablement inférieure à ce qu'elles sont. Vous verrez, est-il dit, et votre cœur se réjouira. Ici vous croyez, là vous verrez (2). »
Saint Thomas prouve (3) que, tout étant indivisible en Dieu, on ne peut pas le connaître sans connaître tout ce qui est en lui. « La souveraine bonté de Dieu, dit-il, selon notre mode actuel de connaître, savoir par les effets, peut être connue sans la Trinité des personnes. Mais selon qu'il est connu en lui-même; comme il est vu par les bienheureux, il ne peut être connu sans la Trinité des personnes. Et c'est pourquoi la vision même des personnes divines nous conduit à la béatitude (4).
La vision intuitive consiste à voir Dieu, non plus par image ou représentation, non plus par intermédiaire aucun, mais par luimême et en lui-même. Or, si les saints ne voyaient pas, et l'essence divine, et les attributs divins, et les personnes divines, il y aurait quelque chose en Dieu qu'ils ne connaîtraient que par intermédiaire ou par raisonnement : ils ne le verraient pas en luimême, mais en quelque chose de lui-même.
Gonnaitre l'essence d'une chose, c'est la connaître dans tout ce qui la constitue et dans sa raison d'être. Or, la raison d'être de Dieu est son aséité, c'est-à-dire cet attribut par lequel il a en luimême son principe, sa nature, ses perfections, ses personnes; car il ne saurait être Dieu sans sa nature, ses perfections et ses personnes; il ne saurait être Dieu sans être éternel, sage, bon, juste, miséricordieux, infini; sans être Père, Fils et Saint-Esprit.
Le bonheur des saints est tellement parfait, que tous leurs désirs sont remplis : les Docteurs de l'Eglise l'enseignent et la nature semble l'exiger ; car celui dont les désirs ne sont pas complètement satisfaits, n'est pas dans un repos parfait : il n'est donc pas arrivé à sa fin. Or, si les saints ne voyaient pas tout ce qui est en Dieu, tous leurs désirs ne seraient pas remplis; pendant toute
(1) I. Joao., 17, 3. — (2) De civil., c. 21, lib. 20. — (3) Sum. 3, p. q 3, a. 5. — (4) Ibid., 2, 2, q 2, a. 8, ad. 3.