II
précédente par une bride osseuse assez mince ( Scarpa ) ( i ) , et est deux fois plus grande qu'elle , au moins en général. Dans les passereaux les deux fenêtres sont égales. Dans la classe des oiseaux chanteurs , la fenêtre du limaçon est trois fois plus grande que dans les autres ; elle est fermée par une membrane oblongue et plane , en quoi l'organisation des oiseaux s'éloigne de celle des mammifères.
Une tige simple et assez grêle , dirigée en dedans et terminée dans ce sens par une platine triangulaire fermant la fenêtre du vestibule , compose l'osselet unique des oiseaux (2) : on lui donne le nom de columeile. Sa partie interne est osseuse. Quelquefois, suivant l'observation de Scarpa , cette dernière est reçue dans un canal assez court au fond duquel on découvre les deux fenêtres. L'extrémité externe de la columeile est cartilagineuse et coudée à angle droit , pour s'appliquer contre la membrane du tympan en manière de rayon , comme le marteau des mammifères , mais suivant une autre direction : elle se porte d'un point pos-
(1) M. de Blainville l'a décrite comme une seconde fenêtre vestibulaire , et Yicq-d'Azyr a soutenu antérieurement qu'il n'existe pas de fenêtre cochléenne.
(2) Quelques auteurs l'ont décrit comme un osselet composé: Camper admettait au moins l'étrier et l'enclume réunis par des ligamens.
teneur et inférieur du contour de celte membrane vers le centre où elle se termine. La partie moyenne de la columelle est quelquefois distincte des deux précédentes par une consistance différente. — On voit que les extrémités de la columelle offrent une disposition analogue à celle du marteau et de l'enclume des mammifères , mais qu'elles s'en distinguent essentiellement en ce qu'elles appartiennent à une même tige , et qu'elles ne sont jamais simplement articulées.
Un muscle , analogue du muscle interne du marteau des mammifères , se fixe à l'occiput derrière l'union du conduit auditif aux os du crâne. II se dirige presque horizontalement en devant , perce le conduit par un tendon grêle , se réfléchit en dedans et s'insère à l'angle de torsion de la columelle. Dans cette dernière partie de son trajet , il est recouvert par la membrane interne du conduit. Scarpa s'attribue l'honneur de la découverte de ce muscle ; mais Yicq-d'Àzyr me paraît en avoir eu connaissance et l'avoir indiqué même , quoique d'une manière assez vague , en parlant de la bifurcation du manche de la columelle (i).
(i) Voy. Vicq-d'Azyr, loc. cit. Avant ces deux anatomistes, \alsalva avait reconnu deux muscles à l'osselet du pivert ; l'un fixé au cercle osseux du tympan 7 et Fautre à
La trompe dEusîachi représente un tube osseux et conique terminé dans un cul -de-sac commun, n'ayant qu'une ouverture médiane à la voûte du pharynx ( M. de Blainville ). Selon M. Cuvier, les deux trompes sont simplement rapprochées et s'ouvrent isolément. — Dans les cormorans et les genres voisins , l'orifice guttural âes trompes est imperceptible.
Une membrane muqueuse , prolongement de celle du pharynx, introduite dans la caisse par la trompe d'Eustachi , se déploie sur toutes les parties de la cavité du tympan et s'introduit dans ses cellules. Elle forme deux replis étendus entre les parois de la caisse et la coi um elle , et servant à limiter les mouvemeus de cet osselet. M. de Blainville hésite à prononcer sur la nature de ces freins ; Scarpa les considère comme âes ligamens particuliers.
3° Oreille interne.
Le labyrinthe est toujours uni solidement aux os du crâne , et plongé dans l'épaisseur de leur tissu spongieux. Il est rare qu'il forme une saillie à l'intérieur. — Les oiseaux aquatiques et les perroquets ont un labyrinthe fort petit. Son maximum de développement s'observe chez les oiseaux de proie nocturnes.
«ne saillie de la partie inférieure de la caisse ; tous deux terminés à la columelle. (Voy. Morgagai , Epist anat, FL)
Le vestibule a les mêmes rapports avec le tympan , les canaux et le limaçon , que celui des mammifères ; mais il paraît avoir généralement un plus grand développement proportionnel que chez ces derniers. — Gornpai etti décrit un aqueduc du vestibule , qu'aucun autre anatomiste n'a mentionné depuis. Cotugno l'a recherché inutilement.
Les canaux circulaires, toujours au nombre de trois, ont de l'analogie avec ceux des mammifères , quant à leur direction et à leurs rapports respectifs: l'un est vertical et antérieur, il est aussi le plus grand des trois ; un autre est vertical et postérieur (dans les pingoins, il est presque horizontal) , c'est le plus petit ; enfin, le troisième est horizontal et externe. L'origine de chacun d'eux est dilatée en ampoule. — Dans les oiseaux de proie nocturnes , ils sont plus larges que dans les oiseaux diurnes sans être plus longs. Les trois canaux des perroquets sont étroits, courts et à peu près égaux ; ils ont une grande longueur dans les bécasses. Le canal vertical antérieur des toucans forme un cercle presque entier. — Les canaux verticaux se réunissent, à leur terminaison, en un canal commun dont l'orifice est fort étroit. — Dans le point où les directions des canaux vertical postérieur et horizontal se croisent, il existe une communication de l'une à l'autre de leur cavité
osseuse. Dans les passereaux , il y a pénétration entière des mêmes canaux.
Le limaçon des oiseaux, ordinairement appelé sac {cornet à deux loges, Cuvier ; conduit droit, Yicq-d'Azyr), n'affecte pas la forme qu'on lui connaît dans les mammifères : c'est un simple tube formé de parois minces , recourbé légèrement , et dirigé d'avant en arrière et de dehors en dedans au-dessous du crâne. Il est séparé en deux rampes par une lame membraneuse fixée au filet osseux de séparation des deux fenêtres. Scarpa n'a pu s'assurer si les rampes communiquent entre elles dans les os frais. M. Cuvier» d'accord avec cet anatoiniste sur la détermination de la fenêtre cochiéenne , accorde à la cloison qui sépare les rampes deux lames cartilagineuses réunies par une membrane. Yicqd'Azyr n'admet ni cloison , ni distinction des rampes, ni communication directe du tympan et du conduit droit. M. de Blainville rejette aussi cette communication , et ne reconnaît de rudiment évident des rampes que dans les seuls oiseaux de proie nocturnes. Il n'a trouvé dans le limaçon qu'une seule ouverture , dont le diamètre est quelquefois rétréci par un repli membraneux, apparente dans le vestibule , et jamais directement opposée ni à l'une ni à l'autre des deux fenêtres. Suivant M. de Blainville encore , on trouve à l'intérieur du limaçon une petite
masse vésicuîaire, suspendue par une multitude de filets nerveux qui semblent la partager en deux ; une substance médullaire et pulpeuse y est contenue. — Le limaçon est Fort développé dans les oiseaux de proie nocturnes. Il est extrêmement petit dans les gallinacés, plus long et plus recourbé dans les oiseaux chanteurs que dans les autres. — Un aqueduc du limaçon a été décrit par Comparetti.
Les cavités de l'oreille interne sont tapissées par une membrane qui n'est , selon Scarpa , que le périoste de ses cavités, et forme la cloison membraneuse des rampes. — Une autre membrane forme ici, comme chez les mammifères, un sac suspendu au centre du vestibule par àes prolongemens étendus aux canaux circulaires. Ces prolongemens ou canaux membraneux ne s'anastomosent jamais , de quelque manière que les conduits osseux qui les contiennent communiquent ou même se pénètrent. — L'humeur de Cotugno peut être démontrée facilement dans le labyrinthe (Scarpa).
Le conduit auditif interne mérite à peine ce nom chez les oiseaux ; ce n'est le plus souvent qu'une simple dépression des os ; quelquefois même les pertuis par lesquels il pénètre dans le labyrinthe affleurent la surface du rocher.
( 1^3 ) Systèmes vasculaires.
Ils n'ont pas clé étudies.
Système nerveux.
Le nerf acoustique s'implante sur le corps restiforme dans un point correspondant au rapport de cette partie avec le trapèze, chez les mammifères. Son faisceau d'insertion est gros et unique ; des cordons grisâtres viennent quelquefois du plancher du quatrième ventricule se réunir à lui. — Le nerf auditif a un développement proportionnel , plus grand dans les oiseaux nocturnes que dans les autres. A cela près, son volume paraît relatif à la grosseur de l'oiseau, il égale o,mooi75 dans l'aigle royal (falco chrysaëtos), et o,mooo33 dans le serin (fring. canaria). — La distribution des nerfs à l'oreille interne est peu connue. Scarpa nous apprend (i) que l'acoustique se divise en quatre rameaux : trois se ramifient dans les ampoules membraneuses des canaux ; le quatrième s'étend , en forme de patte d'oie , à l'extrémité du limaçon. Le nerf facial est inséré très-près du nerf acoustique et un peu au-dessus de lui. Son volume est ordinairement proportionnel à celui de ce dernier. Dans l'aigle royal , il égale o,mooi33, et dans le serin o,™ooo4 o. — Yicq-d'Azyr n'a
(i) Scarpa , De audilu, loc. rit.
pu découvrir la corde du tambour, et Scarpa convient d'abord qu'il n'avait jamais suivi distinctement son trajet ( De fenestrâ ) ; mais
il résulte des nouvelles reclierches de ce dernier
{De auditu ), que la corde du tambour sort
du tympan ; cachée dans un conduit osseux particulier, après avoir reçu un filet d'anastomose du nerf vague , et se termine dans le palais et la cloison du nez. M. Desmoulins ( loc. cit. ) n'admet de nerf facial, proprement dit, que dans les palmipèdes , les effrayes et les ducs ; il est chez ces oiseaux un filet grêle et court du nerf distribué à l'oreille externe.
L'étude anatomique n'a pas été faite , sous ce point de vue , avec assez de soin. Les résultats sont encore moins nombreux que pour les mammifères. M. de Bîainville assure que l'ouverture de communication , établie entre les canaux osseux de quelques espèces, disparaît avec l'âge.
La séparation du nerf auditif en plusieurs filets s'effectue aisément par le séjour de l'embryon dans l'eau distillée : c'est de cette manière cjue M. Serres l'a observée chez le poulet et le faisan du cinquième au septième jour de l'incubation ; mais cet anatomiste n'indique ni l'épooue de la réunion des filets en un faisceau
( i23 ) unique, ni celle de l'insertion du nerf à la masse cérébro-spinale.
i° Oreille externe.
Un repli de la peau borde en arrière le conduit auditif du crocodile ; quelques auteurs l'ont considéré comme un rudiment du pavillon. Son épaisseur contient des fibres musculaires , dirigées du bord adhérent au bord libre ; on les croit propres à élargir le méat oriculaire au gré de Tanimal.
Le conduit auditif du crocodile est une fente allongée que protège l'opercule dont il vient d'être parlé. Dans les autres espèces, il n'existe pas même à l'état rudimentaire.
2° Oreille moyenne.
La caisse des reptiles offre quelques différences remarquables. Dans les chéloniens , elle est représentée par une simple gaine fibreuse. Chez les sauriens , elle est formée par une poche de la membrane pharyngienne comprise entre l'occipital latéral , l'occipital inférieur , l'apophyse ptérygoïde et l'os carré. M. Desmouïins indique une conformation particulière qu'il a observée sur le caméléon. La caisse, interposée entre les muscles cervicaux , s'étend sous l'omo-
( i26) pîate et se termine sous les deux premières côtes, en s'adossant à la membrane du poumon. — La caisse du tympan est très-petite dans le pipa ; elle est très-dé veloppée dans la salamandre à l'état de larve , mais on ne la retrouve plus dans la salamandre adulte , ni dans les serpens. Il resuite cependant des recherches de M. Pohl(i), qu'il existe chez tous les ophidiens un tube membraneux qui la représente.
M. de Blainville refuse une membrane du tympan aux ophidiens , aux caméléons et aux orvets. Geoffroy et Scarpa l'ont cependant démontrée chez ces derniers, et M. Cuvier l'admet aussi (2). — Sa forme légèrement convexe en dehors, chez les lézards , est presque plane dans les autres espèces. — Dans les sauriens, la membrane du tympan est quelquefois très-grande , et recouverte par la peau amincie à son niveau. Bans le pipa , elle est recouverte en outre par du tissu cellulaire et par quelques fibres charnues. — ■ Un anneau tendineux l'entoure dans les grenouilles et la fixe à l'os carré (Pohl).
(1) C.-E. Pohl : Expositio generalis anatomica organi auditûs per classes animaîium, Vindobonœ, 18 18.
(2) Geoffroy convient qu'elle est difficile à découvrir à cause de l'épaisseur des muscles et de la peau superposés. Les naturalistes ont cru long-temps les orvets privés de l'organe de l'ouïe, et les ont connus sous le nom de sourds* ( Voy. Dissertations sur V organe de Voiù'e , loc, cit.)
La trompe d'Eustàthi , chez le crocodile , .s'ouvre dans un petit sinus commun placé sous l'os basilaire. Dans les caméléons , elle s'ouvre séparément , et est formée par un canal fort étroit , long d'une ligne environ. Dans les grenouilles , une ouverture ovale et large la remplace ; elle ne paraît pas exister chez le pipa , et Geoffroy en a cherché inutilement les traces dans les crapauds et les serpens.
La caisse du crocodile communique par un orifice assez grand avec une cellule tympanique creusée dans l'occipital supérieur et l'inLer-pariétal. On observe dans le pipa un appendice de la caisse terminé en cul-de-sac et dirigé en arrière et en dedans.
La fenêtre vestibulaire est interposée généralement entre l'oreille interne et la caisse. Une exception digne de remarque se présente chez le pipa: la fenêtre du vestibule ferme l'extrémité d'un tube long d'un demi-pouce , creusé dans l'occipital , et terminé près du pli de l'épaule au côté externe de la tête. — La forme de cette ouverture est ovale chez les ophidiens et les sauriens ; elle est ronde chez les chéloniens. — Dans les reptiles de ceUe dernière classe , elle existe au fond d'un canal étroit , comme dans les oiseaux. — Son diamètre est d'autant plus petit , que la caisse communique plus librement avec la gorge.
M. de Blainville n'admet pas l'existence de la fenêtre ronde. M. Cuvicr a décrit sous ce nom, dans les lézards , une ouverture que M. Pohl assure (loc.cit.) n'être qu'un trou auditif interne servant au passage du nerf facial.
Les reptiles, de même que les oiseaux, n'ont qu'un seul osselet. Dans les chéloniens , il présente une extrémité interne, sub-cartilagineuse , en forme de pilon et creusée en entonnoir ; la partie moyenne est grêle et osseuse ; l'extrémité externe redevient cartilagineuse et forme un disque circulaire , convexe en dehors , que recouvrent la peau écaiileuse de l'animal et le tissu cellulaire sub-jacent. — Dans les crapauds et les grenouilles , la forme de l'osselet est la même (t). — La seule partie interne de l'osselet existe dans les salamandres ; les deux autres y sont employées à d'autres fonctions que celles de l'oreille. Dans les ophidiens , l'extrémité externe de la columelle s'amincit, et disparaît au milieu des fibres charnues qui l'entourent (Cuvier). Selon M. Pohl , cette extrémité se prolonge jusqu'à l'os carré auquel elle se fixe par un cartilage. — Dans le pipa, la columelle a une direction coudée ; dans les autres reptiles,
(i) M. de Blainville a cru devoir considérer comme trois osselets différens les trois parties de la columelle qui sont distinguées par leur consistance et leur forme, mais intimement unies par continuité de substance.
elle est droite ; dans toutes , la partie interné de cet osselet ferme la fenêtre vestibulaire.
La columelle des chéloniens est tirée en dedans par un petit muscle court et épais , étendu de l'occipital latéral à son extrémité externe >; et dirigé en avant et en dehors. Dans les grenouilles , ce petit muscle est vertical. Dans les crapauds , la partie interne de la columelle est tirée en arrière par un faisceau charnu détaché du muscle de l'épaule ; un pareil faisceau remplie les mêmes usages à l'égard de la lame cartilagineuse qui ferme la fenêtre vestibulaire de la salamandre.
3° Oreille interne*
L'oreille interne des chéloniens est plongée dans une substance cartilagineuse faisant partie du crâne. Celle des autres espèces est contenue dans une cavité osseuse. — Le vestibule des chéloniens présente deux sinus : l'un antérieur ,; l'autre postérieur et plus petit. — - Les canaux circulaires osseux n'existent que dans la seule famille des sauriens; dans les autres reptiles, des sillons plus ou moins profonds en tiennent lieu. — M. Cuvier admet dans les lézards et les crocodiles un limaçon conformé comme celui des oiseaux. M. Pohl assure , d'après le résultat de ses recherches sur plusieurs espèces de lézards,
que le limaçon rudimentaire de ces animaux' n'est jamais creux.
Le labyrinthe membraneux des reptiles se compose des canaux circulaires , comparables* pour le nombre et la disposition à ceux des mammifères, et du vestibule , point d'origine et de terminaison de ces canaux. — Chez le pipa , les canaux sont tellement déliés , dit M. de Blainville , qu'on peut à peine les apercevoir à. une assez forte loupe. — Ils sont longs et forment presque un cercle entier dans les lézards. Us ont échappé aux recherches que Geoffroy
en a faites dans la vipère , les couleuvres , où
ils existent cependant. — Toutes ces parties sont suspendues au centre de l'oreille interne par les filets d'un tissu celluleux très-fin, et sont environnées de toutes parts de l'humeur de Cotugno. — Dans le même liquide est encore plongé un sac membraneux rempli d'une substance gélatineuse, au centre de laquelle se trouve une matière crétacée , devenant friable par l'exsiccation , et formant trois petites pierres distinctes et trèsmolles chez les lézards , une seule , un peu plus consistante , chez les grenouilles et les salamandres. Dans les chéîoniens , ce sac membraneux est étendu aux deux sinus du vestibule.
Plusieurs petits trous servent à la transmission immédiate du nerf acoustique dans l'oreille interne. /' \
Systèmes vasculaireS, Ils n'ont pas été étudiés.
Système nerveux.
Le nerf acoustique des reptiles s'implante toujours sur la partie latérale de la moelle allongée ; il est en général fort grêle. La table dressée par M. Serres, fournit les deux résultats extrêmes qui suivent : dans la grenouille ( rana esculenta) o,mooioo ; dans Y ovv et (aiiguis fragiles ) o,mooo25. — L'isolement des fdets dont le nerf se compose est très-apparent chez les embryons des reptiles. L'observation n'a pas encore permis de fixer l'époque de leur réunion,] et celle de l'insertion à la moelle — La distribution du nerf acoustique se fait tout entière aux canaux membraneux et au sac de la substance crétacée. — Dans les chéloniens , l'un de ses rameaux est réservé au sac et à l'ampoule du canal postérieur ; le second s'épanouit sur les deux ampoules restantes.
Le nerf facial est inséré au-dessus du nerf acoustique dont il est quelquefois très-rapproché, — M. Pohi l'a recherché inutilement dans les salamandres où Scarpa l'a décrit. — Dans les chéloniens , il reçoit un rameau d'anastomose du trijumeau. — Dans toutes les espèces , il est transmis de la cavité du crâne dans celle de la
caisse par un trou particulier; puis il s'applique contre la columelle , et sort de la cavité du tympan sans y laisser de rameaux apparens.
ORGANISATION DE L'OREILLE CHEZ LES POISSONS (i).
i° Labyrinthe séparé de la cavité du crâne.
De chaque côté de la tétc des raies et des squales % on trouve, dans l'épaisseur des parois du crâne , une cavité composée et fermée de toutes parts, renfermant le labyrinthe membraneux suspendu par un réseau celluleux trèsdélié. — La cavité dont il s'agit communique avec une dépression de la partie moyenne de la région occipitale par deux ouvertures , dont Tune, postérieure et fermée par une membrane, est l'analogue de la fenêtre cochléenne des mammifères (Scarpa l'a comparée à la fenêtre ovale), et l'autre représente la fenêtre du vestibule des mêmes animaux.
Le labyrinthe membraneux se compose de trois canaux circulaires et d'un vestibule. Les
(i) Les différences extrêmes que présente l'organisation de l'oreille de ces animaux obligent à l'étudier dans plusieurs subdivisions de leur classe , que j'emprunte à M. "VY'eber , ainsi que la plupart des détails qui m'ont servi à la rédaction de cet article. ( Voyez Weber, De aure et auditu hominis ei ammalium, Lipsîa, 1820,
premiers , buîleux en un certain point de leur trajet, sont uniformément cylindriques dans le reste de leur longueur. L'un des canaux est vertical et postérieur, il représente un cercle entier et s'ouvre dans le vestibule membraneux par un tube latéral étroit ; un autre est antérieur et vertical , il communique de la même manière avec le vestibule ; enfin , le dernier est horizontal et s'ouvre à ses deux extrémités dans le renflement du canal antérieur (i). Scarpa assure que cette communication n'est pas réelle, et qu'il a tenté inutilement de faire passer dans le vestibule le mercure injecté dans les canaux , ou même l'air insufflé. — Le vestibule membraneux offre en arrière un étranglement, et en avant une cloison incomplète , par lesquels il se trouve décomposé en une partie moyenne et deux appendices. Par la fenêtre vestibulaire , il envoie un prolongement dans la dépression occipitale (2). Dans la plupart des espèces, ce prolongement se termine par trois conduits fort étroits , dont les embouchures peuvent être aperçues à la surface
(1) Dans une espèce particulière {squalus carcharias} , la conformation est toute différente ; la disposition des canaux y est exactement comparable à celle des mammifères.
(2) M. W eber le nomme sinus auditorius , et le compare à la caisse membraneuse du tympan des reptiles. On ne trouve , dans le squalus carcharias , ni prolongement semblable , ni fenêtre du vestibule.
t i34) de la peau qui recouvre la dépression occipitale, et qui sont pourvus à leur origine de replis valvulaires(i). Dans la raie torpille, il n'existe qu'un seul de ces conduits étroits. M. de Blainville n'en a pareillement observé qu'un dans le squale milandre, et il doute qu'il communique avec le vestibule. Monro paraît avoir observé ceux de la raie bouclée {râpa claçala), et les avoir pris pour des conduits auditifs externes ; Scarpa les croit de simples conduits muqueux. — Le labyrinthe membraneux est plongé dans une humeur particulière qui occupe en même temps ses cavités. — Une substance amylacée , recouverte d'une couche gélatineuse , est contenue dans chacune des divisions du vestibule membraneux.
Système nerveux.
Le nerf auditif est très-rapprochc du faisceau postérieur et d'insertion du nerf trijumeau. M. Wcber démontre qu'il ne communique point avec lui , comme le croyait Scarpa , qui l'a décrit d'après cette idée, et en a fait une division de la cinquième paire. — Il présente deux bran-
■»—lr.-. i lilim». ... , il il
(i) M. "Weber admet que ces conduits servent à rejeter l'humeur excédante du labyrinthe membraneux , et les assimile à la trompe d'Eustachi , sous le rapport des fonctions. Un muscle fixé au contour de la fenêtre cochléenne , et terminé à la peau , lui paraît destiné à comprimer le prolongement veslibulaiie et à faciliter l'excrétion dont il parle»
ches à son entrée dans le vestibule : l'antérieure destinée à la partie moyenne du vestibule et à son appendice postérieur , l'autre distribuée à l'appendice antérieur du vestibule et aux ampoules des canaux vertical antérieur et horizontal.
Le nerf auditif accessoire , branche de la huitième paire , reçoit un rameau très-délié de l'auditif, et envoie une branche à l'ampoule du canal postérieur. Dans la torpille , il n'existe pas , mais le rameau auditif le remplace. ( La paire vague , dans ce poisson, est réservée tout entière à l'appareil électrique. )
Les nerfs du vestibule membraneux sont diffluens ; ceux des canaux ont plus de consistance, et forment dans leurs ampoules une membrane semi-lunaire.
2° Labyrinthe communiquant librement avec la cavité du crane , ou separe par une
SIMPLE MEMBRANE (i).
Généralités sur l'oreille de ces poissons. Le labyrinthe s'y compose de parties solides et de parties membraneuses.
Le vestibule solide n'est souvent qu'une dé-
(i) Geoffroy (toc. cit. , pag. 106) décrit une membrane de séparation entre le cerveau et l'organe de l'ouïe des poissons ; Scarpa soutient qu'elle existe dans tous les poissons écailleux; enfin, M de Blainville l'aurait observée dans le turbot et les trigies. Mais M. Weber n'en admet
pression plus ou moins profonde de la surface interne des os temporal et occipital , comme dans un grand nombre de cyprins , par exemple.
Les canaux circulaires solides sont en nombre variable. Dans la loche des étangs , il n'existe ni vestibule , ni canaux. — Le canal vertical antérieur manque dans les cyprins. — L'anguille (murœna anguillà) est privée des deux verticaux à la fois. — Les trois canaux du brochet sont cartilagineux ; dans le hareng commun , c'est le vertical antérieur seulement. Dans la plupart des poissons, les canaux solides sont tous osseux. — La longueur proportionnelle des canaux varie d'une espèce à une autre.
Le vestibule membraneux est, comme chez les mammifères , un sac qui sert à la fois d'origine et d'aboutissant aux canaux circulaires.
Les canaux membraneux ont la même analogie avec ceux des mammifères pour le nombre et pour la disposition : deux canaux sont généralement verticaux , l'un antérieur et l'autre postérieur , le troisième est horizontal et externe. Dans les exocets , les trois canaux membraneux ont une direction à peu près horizontale. — L'origine de chaque canal est dilatée en ampoule, et l'embouchure des deux verticaux est fondue
l'existence dans aucun cas ; il soutient , au contraire , que les cavités de l'oreille et du crâne communiquent toujours largement entre elles;
en une seule , ouverte à la partie supérieure et moyenne du vestibule membraneux. Cette réunion des canaux n'existe pas dans la loche ; on la trouve , au contraire , dans les harengs , accompagnée d'une autre semblable , entre l'extrémité postérieure du canal vertical et l'extrémité correspondante de l'horizontal.
M. Desmoulins décrit , dans le cycloptère lumpus, un canal de quinze à vingt lignes, dirigé dans le plan du canal horizontal vers la surface du corps, où il est recouvert par la peau, offrant en ce point une mince épaisseur ; il le regarde comme l'analogue de la caisse du tambour chez les mammifères.
On nomme sac des pierres auditives , une poche membraneuse en communication avec le vestibule , soit immédiatement , comme dans les spares et les harengs , soit par l'intermédiaire d'un petit conduit , comme dans les cyprins. Lorsque cette dernière disposition existe , ce qui est le cas le plus ordinaire , le sac est reçu dans une petite cavité de la portion basilaire de î'os occipital.— Une cloison osseuse sépare entre eux les sacs des deux côtés. Il n'y a d'exception connue que pour la donzelle de la Méditerranée (ophidiurn barbatum). Dans le turbot, la même cloison est simplement percée d'un trou. — Le sac des pierres ne paraît pas communiquer avec la cavité du vestibule, car les injections de mer^
cure ne peuvent passer librement de l'un à l'autre. — Dans la plupart des espèces , une cloison moyenne partage le sac en deux loges (l'antérieure est ordinairement la plus grande); chacune contient une substance crétacée, nommée pierre auditive. — Selon M. de Blainviile, le sac des poissons est l'analogue de celui des oiseaux , ou du limaçon des mammifères.
Les pierres auditives sont généralement au nombre de trois : l'une contenue dans la partie antérieure du vestibule, et les deux autres dans le sac. — L'oreille du merlan n'en contient que deux ; une seule occupe le sac dans toute sa longueur. — Elles sont en quelque sorte suspendues dans ces cavités par des fibrilles celïuleuses. — Le volume des pierres croissant avec l'âge, M. Weber présume qu'elles sont pourvues de vaisseaux nourriciers. Geoffroy prétend y avoir observé un périoste fin , parsemé de vaisseaux que l'on découvre au microscope. — Les variétés de forme sont fort nombreuses, mais cette forme se reproduit invariablement la même dans une même espèce. — - Les différences relatives au volume des pierres et à l'état de leur surface .«ont aussi multipliées : cette dernière conserve l'empreinte des fiïels qui s'y épanouissent. La concrétion du vestibule est généralement plus lisse que les deux autres ; celles-ci présentent assez souvent des dentelures sur leurs bords. —
( i39) La couleur, la dureté et la fragilité' des pierres auditives se rapprochent de celles de la porcelaine.— L'analyse chimique faite par M. Chevreul y démontre une grande quantité de carbonate de chaux et un peu de matière animale. — Casserius, et quelques auteurs après lui , ont donné le nom d'osselets aux pierres auditives des poissons ; M. Geoffroy St.-Hilaire les assimile aux calculs de l'urine (i).
Les cavités du crâne et du labyrinthe membraneux sont remplies d'un liquide dont la saveur est salée , même dans les poissons de rivière , et tantôt d'une consistance oléagineuse ( les
harengs....), tantôt aqueuse (le brochet ). La
tête des cyprins contient à la fois ces deux humeurs ; la dernière entoure immédiatement le cerveau , et est séparée de la seconde par une membrane mince. — Elles sont fournies par l'exhalation des vaisseaux sanguins dans les mailles d'un tissu celluleux très-délié qui les emprisonne, et qui occupe tout l'intervalle qui existe entre le cerveau , les parties membraneuses de l'oreille
(i) La théorie de leur formation , proposée par ce naturaliste , est une de ses conceptions les plus hardies. Les pierres auditives lui paraissent le produit d'une sécrétion qui succède à l'ébranlement des nerfs de l'oreille , produit accumulé dans une cavité close de toutes parts, et dont la forme explique l'invariabilité de la configuration des pierres, (\oy. Menu du muséum dliist, nai., t,Xl, p% 2^1.)
et les parois du crâne. Cet intervalle est quelquefois très-grand : Camper assure que , dans quelques poissons , la cervelle n'occupe pas la dixième ou même la vingtième partie du crâne.
Systèmes vasculaires.
Ils n'ont pas été étudiés.
Système nerveux.
Xe nerf auditif s'implante sur les parties latérales du corps restiforme par un pédicule de couleur nacrée , intermédiaire au nerf acoustique et à la moelle , et distinct de leur substance (Desmoulins). — Un grand nombre d'anatomistes ont admis sa réunion à la cinquième paire par une insertion commune. M. Weber pense que cette relation, lorsqu'elle existe, ne s'établit que par la racine postérieure du trijumeau , et M. Desmoulins n'admet pas même ce dernier rapport : les filets d'origine de ces deux paires nerveuses lui paraissent distincts dans tous les cas. — Le nerf auditif de la raie bouclée est de o,moo3oo de diamètre ; celui de l'anguille est de o,mooo5o (Serres). — En général, la branche antérieure de ce nerf appartient à l'ampoule du canal vertical antérieur; sa branche postérieure se dirige vers l'ampoule du canal horizontal ; sa branche moyenne , la plus grosse des trois, s'épanouit dans le vestibule.
Le nerf auditif accessoire , aussi appelé nerf facial, s'insère quelquefois isolément; mais, en général , il est une branche du nerf vague ou du trijumeau. — Il fournil des rameaux à l'ampoule du canal vertical postérieur et au sac des pierres (i). — Son diamètre dans la raie bouclée est de o,moo2oo, et dans l'anguille de o,mooo67.
Les nerfs du vestibule et du sac forment , dans le point correspondant à l'emplacement; des pierres auditives , une membrane pulpeuse étendue au-dessous d'elles. — Ceux des ampoules s'étendent à l'intérieur sous forme de cloison semi-lunaire. Les recherches de Scarpa tendent à faire croire qu'ils ne se prolongent pas au-delà/
Quelques poissons présentent des parties surajoutées à celles qui viennent d'être énumérées.
A. a. Oreille des cyprins.
Sur la ligne médiane, au-dessous de la lame osseuse qui supporte la moelle allongée, on observe une cavité simple , contenant un sac membraneux nommé sinus impair, rattaché au labyrinthe par un conduit bifurqué dont chaque branche s'ouvre dans le tube de communication du sac des pierres auditives et du vestibule , après avoir fourni un prolongement en cul-de-sac dans un canal de même forme creusé dans l'épaisseur
(i) M. Desmoulins assure que les ampoules de tous les poissons osseux reçoivent leurs nerfs de l'auditif.
du temporal (i). — Le sinus impair envoie au* dehors du crâne, et de chaque côté de la colonne verte'brale , un appendice en forme de poche membraneuse , protégé par quatre osselets que M. Weber croit être ceux de l'ouïe (2). L'une
(1) M. Weber regarde comme un rudiment du sinus impair l'appendice du vestibule du brochet , observé et décrit pour la première fois par Camper (Joe, cit.) sous le nom de tensor bursœ. Scarpa le détermine autrement ; il n'est , suivant lui , qu'un rudiment d'un quatrième canal circulaire , communiquant avec le vertical postérieur.
(2) MM, Huscke et Geoffroy St.-Hilaire ont émis une autre opinion {yoy. Mém. du muséum, tom. XI, pagt i43 et pag. 258). La comparaison des premières vertèbres, soit avec les pièces du crâne , soit avec les vertèbres moyennes, les ont amenés à penser que les osselets de M. Weber n'étaient que des portions des premières vertèbres que leur adhérence à la vessie natatoire oblige à des mouvemens continuels , circonstance contraire à la soudure de cesparties à l'axe vertébral. — Antérieurement, M. Geoffroy St.-Hilaire avait assimilé les os operculaires aux osselets de l'ouïe : l'opercule lui paraissait être l'analogue de l'étrier, l'in ter-opercule l'analogue du marteau ; les deux os soudés qui composent le sub-opercule représentaient pour lui l'os lenticulaire et l'enclume (voy. Philosoph. anat., icr mém. , Paris, 18 18). M. Geoffroy St.-Hilaire a comparé depuis le pré-opercule au cadre du tympan , et il a cru cette détermination confirmée par une remarque , de laquelle il résulte que ces os se composent de trois pièces qui se soudent avec l'âge , et pour lesquelles il a proposé les dénominations de iympanal, serriai et uro-serrial {Mém. du muséum t tom XI , pag. 436. )
de ces pièces osseuses , placée à la partie supérieure et nommée os claustral, serait l'analogue de l'osselet lenticulaire des mammifères. — L'é-> trier, fixe au bord externe de l'os claustral , est retenu entre les deux premières vertèbres par deux apophyses aiguës qui s'y implantent et lui permettent cependant un mouvement de rotation autour d'elles, comme axe. — L'enclume est retenu de la même manière contre le corps de la seconde vertèbre et jouit de mouvemens pareils. — Le marteau s'articule avec le corps des seconde et troisième vertèbres. — La relation des trois derniers osselets entre eux s'établit par un tendon élargi, fixé à l'extrémité antérieure du marteau et à une apophyse de l'enclume qui le réfléchit vers l'étrier. L'extrémité postérieure du marteau adhère fortement à la tunique externe de la vessie natatoire, qui, chez les cyprins, s'ouvre dans le gosier par un canal étroit et tortueux. — Le système des osselets est renfermé dans une cavité auditive membraneuse , communiquant librement et largement avec la cavité du crâne par une ouverture analogue à la fenêtre du vestibule. La membrane tendineuse, qui forme cette cavité auditive , est comprise entre l'occipital et les trois premières vertèbres. Quelques faisceaux charnus , détachés des muscles voisins, s'y insèrent et ont pour fonction d'amplifier îa cavité auditive en se contractant. — Le sinus
ïmpaîr et ses appendices contiennent le m?me liquide que les autres parties du labyrinthe membraneux. — L'humeur oléagineuse du crâne se retrouve dans la cavité auditive,
A, b. Oreille du silurus glanis.
L'oreille de ce poisson présente une organisation fort analogue à celle des cyprins. On y
trouve un sinus impair et ses appendices ;
mais les osselets n'observent pas exactement les mêmes rapports avec la colonne vertébrale, et la cavité auditive membraneuse ne communique pas avec celle du crâne. — On trouve au sommet de la tête , entre les frontaux et les pariétaux , une fontanelle, ouverture impaire, allongée, recouverte par la peau seulement et faisant les fonctions de la fenêtre du vestibule des mammifères.
A. c. Oreille de la loche des étangs (cobitis fossilis).
On retrouve encore ici le sinus impair et ses appendices. — Les osselets de la cavité auditive sont immédiatement unis les uns aux autres. — La cavité auditive membraneuse est elle-même remplacée par des caisses du tympan situées de chaque côté et au-dessous du canal spinal , dans l'épaisseur des apophyses transverses de la seconde vertèbre. Les apophyses transverses de la troisième sont creusées d'une cavité commune
en communication avec les deux précédentes, et renfermant ia vessie natatoire , fixée , comme dans les cyprins, à une extrémité du marteau (i). — Les cavités des apophyses vertébrales offrent une ouverture externe recouverte par la peau, au-dessous de laquelle on aperçoit quelques fibres charnues faisant partie d'une toile celluleuse étendue à la surface de la vessie natatoire (2). — On retrouve enfin dans la loche les ouvertures analogues de la fenêtre du vestibule mentionnées dans les cyprins , mais complètement fermées par une membrane , et la fontanelle supérieure du silurus glanis.
B. a. Oreille des spares.
Le sac des pierres communique immédiatement avec le vestibule membraneux. Sa loge antérieure ne reçoit pas les nerfs de l'accessoire, comme dans les autres poissons , mais de l'auditif lui-même. — La vessie natatoire , étendue de ia
(1) Dans la loche franche ( cobitis harbaiida ) , les apophyses transverses de la troisième vertèbre contiennent chacune une cavité rattachée à celle du coté opposé par un canal osseux très-étroit et transversal.
(2) M. Wéber compare cette ouverture à celle du cadre du tympan des batraciens , et la vessie natatoire à la membrane de la caisse des mêmes animaux. La seule trompe d'Euslachi n'a point d'analogue , parce que la vessie natatoire est sans communication avec l'extérieur, comme il arrive au contraire dans le* cyprins.
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tête à l'anus et sans communication avec l'œsophage , envoie de chaque côté un prolongement antérieur, terminé en cul-de-sac au contour de l'ouverture analogue à la fenêtre vestibulaire r ouverture fermée par une membrane comme dans la loche. Cette disposition n'a pas lieu dans le spams auratus.
B. h. Oreille du hareng commun ( clupea harengus ). La vessie natatoire , ouverte au-dehors entre les ovaires et les uretères par son extrémité postérieure , présente en avant une bifurcation, dont chaque branche se subdivise aussitôt en deux autres contenues dans des conduits de la base du crâne , où elles se terminent en cul-desac globuleux. La branche postérieure est sans communication avec la cavité crânienne ; l'antérieure reçoit par adossement un prolongement sous forme de canal du vestibule membraneux. La cloison qui résulte de cet adossement est entourée d'un anneau cartilagineux, et représente une membrane du tympan fixée dans son cadre. — Un canal commun et large est étendu transversalement au-dessous du cerveau, et fait communiquer le vestibule membraneux d'un côté avec celui de l'autre (Weber). M. de Blainville admet deux canaux transverses : l'un compris entre les canaux verticaux antérieurs, et le second entre les verticaux postérieurs , tous deux passant au-dessous du cerveau.
t,. Oreille des lamproies ( petromyzon ).
L'oreille de ces poissons consiste simplement en une cavité cartilagineuse , offrant deux ouvertures du côté du crâne : Tune transmet un vaisseau sanguin, elle est fort petite; l'autre, placée au-dessous et plus grande , est fermée par une membrane qui présente un trou pour le passage du nerf auditif, et à laquelle est adhérent un sac analogue du vestibule membraneux des poissons plus élevés en organisation. — • Le sac dont il s'agit est tapissé par l'expansion pulpeuse du nerf auditif, et occupé par un fluide que l'on trouve aussi interposé entre lui et le vestibule cartilagineux. Il présente quelques replis à peu près circulaires, ébauche des canaux qui appartiennent à une organisation plus compliquée.
SÈCHE OCTOPODE (SEPIA OCTOPUS)*
Le siège de l'ouïe se reconnaît , à l'extérieur, à deux petites éminences situées à la face inférieure de l'anneau cartilagineux qui enveloppe le cerveau et l'œsophage. — L'organisation consiste en une cavité fermée de toutes parts et contenant un sac membraneux plus petit qu'elle, suspendu par un tissu cellulaire peu abondant.-— Une humeur aqueuse occupe l'intervalle com*
< i$8) pris entre le sac et les parois de la cavité car* tilagineuse ; elle remplit aussi le sac lui-même 7 au centre duquel on trouve une petite pierre crétacée. — Le nerf auditif, détache de la partie supérieure du ganglion cervical antérieur , et traversant après un court trajet les parois des deux vestibules, se dirige vers cette concrétion ; sa ténuitd le dérobe bientôt aux recherches.
ÉCREVISSE (ASTACUS FLUVIATILIS ).
A la partie inférieure de la tête et de chaque côté , au-dessous de la naissance de la grande antenne de l'écrevisse , on trouve un mamelon osseux creusé d'une cavité représentant le vestibule solide. Sa paroi interne est interrompue par une ouverture circulaire que ferme une membrane de même forme , convexe en-dehors, et nommée improprement membrane du tympan par quelques naturalistes. — A l'intérieur du vestibule osseux , on trouve un sac membraneux rempli de fluide comme celui de la sèche , et adhérent à la membrane de l'ouverture veslibulaire. — Le nerf acoustique est la plus reculée des trois divisions de la quatrième paire nerveuse détachée du ganglion, tenant lieu de cerveau (Scarpa). Il pénètre dans le vestibule membra,-
ncux et s'y présente sous l'apparence d'une pulpe flottant au milieu de l'humeur aqueuse.
M. Treviranus a découvert sur le sommet de la tête de la blatte orientale , entre les antennes et les yeux, deux ouvertures circulaires fermées par une membrane élastique de même forme, concave au-dehors, et correspondant par leur centre à une papille nerveuse distincte du cerveau par une couleur noirâtre (i).
M. Ramdhor a décrit l'organe de l'ouïe des abeilles, qui se compose d'une petite capsule membraneuse renfermant une gouttelette d'un liquide coloré en jaune , et pourvue de filets nerveux.
M. de Blainville considère comme oreille de la cigale, un orifice étroit et oblong, conduisant à un petit sac et situé de chaque côté de l'enveloppe cornée de la partie postérieure de la tête.
(i) M. H.-M. Edwards traduit que les éminences ner^ veuses dont il s'agit se dirigent vers les yeux ( Dict, class, d'hist. naturelle, art. oreille ). On lit dans l'ouvrage de M. Weber ( îoc. cit. ) : « In cerebri patefacti hemisphœriis duœ
proeminentlœ nerveœ in oculos incurrunt » Je soupçonne
que M. Edwards s'est mépris sur le sens de ce passage % auquel il me paraît avoir emprunté, ainsi que moi, la description de l'oreille de la blatte»
Il forme la conjecture que cet organe n est qu'une transformation de la trachée du dernier anneau céphalique , qui se présente sous l'apparence d'une vésicule.
M. Carus soupçonne que les fonctions de l'ouïe, chez le grillon , sont confiées à une membrane étendue sur l'articulation de l'antenne avec la, tête, et susceptible y par les mouvemens de la première , de divers degrés de tension et de relâchement. Mais il a été prouvé par des expériences directes , que l'ablation des antennes ne porte aucune atteinte à la faculté d'entendre ( Weber ). Le même fait réfute l'erreur de Barbut qui considérait généralement les antennes comme l'organe de l'ouïe des insectes. La situalion particulière de ces appendices et leur mobilité étaient les seules preuves sur lesquelles il étayait son opinion.
Comparetti a laissé des descriptions de l'oreille des araignées, des fourmis, des papillons... Cet organe s'y présenterait , suivant lui , avec un grand degré de complication. Il y aurait observé
des sacs et des canaux membraneux ; mais les
anatomistes qui se sont livrés aux mêmes recherches n'ont point confirmé ces résultats*