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DE LA NATURE DU SON

Long-temps avant que la science de l'acoustique existât , les philosophes s'étaient appliqués à deviner la nature du son : l'école d'Epicure la croyait une émanation moléculaire des corps sonores , comme la lumière en est une peutêtre de la substance du soleil. Rarement une hypothèse prématurée soutient l'épreuve des expériences : celle des émanations sonores est oubliée depuis long-temps.

L'étude des phénomènes mieux dirigée a fait reconnaître la circonstance principale de leur production: le mouvement vibratoire qui anime toutes les par àcules des corps qui résonnent. Q uelques écrivains modernes croient ce mouvement étranger à la matière qui les compose , et ont imaginé l'existence d'un fluide particulier dans lequel le son se forme et se propage. Suivant les uns , c'est un fluide d'une nature propre , infiniment subtil , et pénétrant intimement la substance de tous les corps ; suivant les autres , la matière sonore résulte de l'union de l'air

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atmosphérique a l'air polarisé (i).... Quelquesuns ont considéré le fluide électrique comme le véhicule du son.

Ces diverses tentatives n'ont eu aucun résultat pour la science , les auteurs de ces systèmes n'ayant offert que des théories incomplètes et hypothétiques comme la base sur laquelle on les avait fondées; d'ailleurs, les physiciens modernes s'appliquant à démontrer l'identité d'un grand nombre de principes différens dont l'ancienne physique était surchargée, et à les réduire le plus possible , l'introduction d'une matière sonore devait trouver un obstacle dans celle direction particulière des recherches.

Le son est un mouvement d'oscillation moléculaire des corps apprécié par l'oreille , un mouvement très-limité pendant lequel les molécules des corps sont entraînées dans des excursions opposées au-delà et en-deçà d'une position moyenne qui est celle du repos. Les questions d'acoustique se trouvent donc rattachées à la science du mouvement ; aussi les plus grands géomètres de notre époque se sont-ils exercés à les traiter sous ce point de vue.

Le défaut d'homogénéité dans les corps semble

(i) Geoffroy St-Hilaire. L'air polarisé dont il est ici question , ne serait lui-même qu'une combinaison de l'un des principes du calorique avec des molécules d'air.

porter obstacle a rétablissement des vibrations isochrones et régulières , dans lesquelles les physiciens ont cherché l'explication des différences caractéristiques du son proprement dit, ou son musical , et du bruit (i).

Les sons musicaux peuvent différer beaucoup entre eux par rapport au degré , à Y intensité , au timbre et à la durée. i° La gravité et l'acuité des sons que comprend le degré , varient avec les dimensions et la nature du corps sonore. Ces qualités sont liées au nombre des vibrations qui sert à les estimer. De deux sons que l'on compare , le plus aigu correspond à des vibrations plus rapides et par conséquent plus nombreuses, dans un même espace de temps (2). 20 L'intensité dépend de l'étendue de l'excursion des particules en vibration ; elle est un produit de l'activité de la Œiuse du son , et s'accroît en même temps

(1) M. AValter établit cette singulière distinction : « Le « bruit est l'expression de l'effort d'un corps mu méca- « niquement pour retourner à l'état de repos , et le sou, « est la tendance de ce qui est le plus intimement mu « au repos. » (Gall > Aiiat* et physioh du système nerveux, Préf.)

(2) Buffon a commis une erreur très-grave à ce sujet : le nombre des vibrations n'a d'autre effet , selon lui , que de rendre le son plus égal et plus sensible , et l'excursion des vibrations détermine seule le degré. ( Hist, naiur. de l'homme. )

Qu'elle. Sous le rapport des différences en intensité , on distingue des sons forts et des sons faibles. 3° Les physiciens rapportent la qualité du timbre à une disposition intime de la substance du corps ; mais ils ne spécifient pas sa nature particulière. M. Biot hasarde la conjecture que le timbre dépend du phénomène de la coexistence du son et de ses harmoniques : la gradation bien observée dans l'intensité des harmoniques serait l'essence d'un beau timbre , et la prédominance de l'une ou de plusieurs d'entre elles caractériserait le timbre particulier des diverses substances. M. Chladni rapporte les différences du timbre à un mélange de bruit et de son appréciable. 4° La durée ou la tenue des sons n'est que la persistance du mouvement moléculaire ; elle dépend donc de l'amplitude initiale des oscillations et de leur liberté , en ce qui concerne le corps sonore lui-même , et de la continuité d'action en ce qui concerne la cause du son.

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