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DEVELOPPEMENT DU MARTEAU ET DE L ENCLUME DANS LA SÉRIE ZOOLOGIQUE

Fi g. 1 Schéma des osselets des carnassiers , rongeurs, etc.

Fig. 2 Schéma du singe macaque.

Fig. 3 Schéma de l'homme adulte.

E. Enclume. a. Branche descendante.

M. Marteau, m. Manche.

c. Cadre du tympan.

De a à a", allongement de cette branche de l'enclume.

La raison en est simple, c'est que, quel que soit leur volume, l'enclume n'offre jamais chez eux un

allongement suffisant de sa branche stapéenne pour que l'on puisse la voir dans le plan de la cloison tympanique.

Chez ces animaux, autant le marteau est long, autant l'enclume est raccourcie et cachée : c'est là, certes ! un contraste remarquable.

A l'opposé, si nous jetons les yeux sur le tympan du singe (macaque ou autre) et de l'homme ; c'est un tableau bien différent.

Les osselets sont libres ; leurs rapports bien dégagés ; les formes plus grêles, plus allongées ; la branche stapéenne est longue, plus encore chez l'homme que chez le singe.

C'est ainsi que l'on trouve, par exemple, chez le macaque avec un manche de 5 millimètres, une branche verticale de l'enclume de 3 millim.

Chez le ouistiti. M. 4 1/2. E. 2 1/2. (M manche.) Chezle bengali. M. 2/3. E. 2 1/2.(E. branche stapéenne

de l'enclume.) Chez le nouveau-né de l'homme :

No 8. —

= 5 millim. forts.

= 3 millim. —

= 2 1/2 forts.

= 6 millim.

= 3 très-faible.

= 6 millim.

= 6 faible.

= 5 fort.

= 3 faible. .

=5 5 fort»

= 3 faible.

.— 3 faible

N° 11. - M. = No 12. — M. m

La différence est en moyenne de 2 millimètres entre la longueur du manche et celle de la branche stapéenne chez le nouveau-né de l'homme.

Chez l'adulte, on trouve à peu près les mêmes proportions. Cependant, souvent la différence est beaucoup moindre, et descend à 1 millimètre seulement.

A une longueur moyenne du marteau (manche) égale à 6 millimètres, par exemple, répond en général une longueur de la branche de l'enclume égale à 4 millimètres. On trouve cependant le rapport : ; 5 : 3 ; et souvent aussi celui : : 5 : 4, qui est très-supérieur. On voit aussi que l'oreille change peu avec les progrès de lage sous ce rapport spécial.

Le levier qui sert à la détente, à la décompression, à l'antagonisme, se développe donc de plus en plus à mesure que l'animal est placé plus haut dans l'échelle zoologique ; en même temps, chose curieuse, diminue la longueur du bras de levier de la tension, de la compression.

Il y a donc au sommet de l'échelle, une tendance à l'équilibre des forces qui régissent l'appareil d'accommodation et de conduction du son.

Les muscles moteurs ne diffèrent pas moins que les leviers ; et s'il est vrai de dire, avec J. Guérin, que la fonction fait l'organe, il est de toute évidence que la fonction auditive s'est profondément modifiée de l'animal à l'homme.

Il y a, dit Marey, une parfaite harmonie entre la forme des muscles et leur fonction : un muscle long indique un mouvement étendu; un muscle court annonce plus de force que de déplacement. Chez les animaux, qui ont fourni les mesures énumé-

rées plus haut, la forme du muscle interne du marteau est en rapport étroit et logique avec la longueur du bras de levier qu'il doit mouvoir. C'est un muscle pyriforme, épais, court, semblable à un gigot; sa .logette est aussi large que longue; son tendon est fort et court, et l'apophyse du marteau qui lui donne insertion est très-acuminée (elle ne l'est pas chez l'homme).

Chez l'homme, la forme est tout autre : allongé et grêle, le muscle interne du marteau a un tendon réfléchi et long. Ici, tout semble disposé pour des mouvements étendus, et qui ne peuvent avoir lieu que dans un certain plan, grâce à la réflexion du tendon, du bec de cuiller au manche, de la paroi interne fixe de la caisse, à la paroi externe mobile (le tympan).

Ainsi l'organe acoustique de l'homme offre de profondes différences avec celui de l'animal; ce n'est pas seulement dans lacontexture de son encéphale, qu'il y a des signes de son individualité ; l'oreille, l'organe du sens de l'ouïe offre une construction anatomique et un mode fonctionnel bien différents de ceux des animaux.

Or, nous avons vu ces modifications organiques se développer peu à peu et grandir à mesure que, des classes inférieures des vertébrés, nous avons monté au sommet de la création zoologique, vers l'homme. Cette évolution est donc une manifestation bien évidente d'un progrès constant vers la perfection. Les dispositions humaines de l'instrument acoustique ont une supériorité incontestable sur celles des autres animaux, et elles semblent créées pour servir mieux au développement intellectuel de l'homme : « Nihil in inteliectu, quod non fuit prius in sensu. »

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