APHORISME I
Il n’existe dans l’homme, au point de vue médical , que des organes et des fonctions, c’est-à-dire au point de vue pathologique.
Cette proposition nous a valu les reproches les
graves et les plus injurieux. Des esprits superficiels et malveillants, prenant isolément et d’une manière absolue cette proposition , sans égard pour son sens réel , ou plutôt dénaturant volontairement ce sens, nous ont taxé de matérialisme. Ils nous ont fait dire que nous n’admettions pas l’existence de l’âme, et que nous ne reconnaissions que des organes en repos ou en exercice, sains ou malades : et la plèbe des méchants a battu des mains. Bien peu de voix se sont élevées pour défendre une proposition si simple.
Ceci montre combien il est facile de critiquer et de se donner l'apparence de la victoire, en isolant une proposition. « Donnez-moi une ligne de l’écriture de quelqu’un, et je le ferai pendre. » Et puisque j’en suis sur ce sujet, je prie le lecteur de ne pas lire ou de ne pas réfuter une proposition détachée dè celles qui précèdent et de celles qui suivent, car les propositions ainsi isolées perdent leur complément, leur correctif et n’ont plus leur sens réel.
Certes, en disant : Il n’y a dans l’homme que des organes, les critiques ont raison ; mais en ajoutant : que l’âme est immortelle, inaltérable, qu’elle ne peut être malade, on comprend tout de suite pourquoi elle ne fait pas partie de celte proposition
purement pathologique; ce n’est certes pas en nier l’existence, c’est l’excepter, c’est la réserver.