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APHORISME IV

La vie n’est pas un fait principe; elle est un fait, sans doute, mais un fait effet, un fait résultat, ainsi que nous l’avons avancé depuis longtemps.

Un gland contient un chêne avec toutes les propriétés vitales dont il sera pourvu dans les siècles de son développement. De ce gland sortira un être qui sentira à sa manière, et dont le sentiment se développera graduellement, successivement avec l’évolution de ses organes.

Il se nourrira, par une espèce d’éclectisme, au moyen de l’absorption dans la terre des principes qui lui conviendront. Il absorbera ces principes, il s’en nourrira. Les vaisseaux séveux les feront circuler de bas en haut et du haut en bas, au moyen de propriétés acquises en même temps que l’accroissement.

Le végétal aura une respiration, c’est-à-dire une exhalation parles feuilles et une absorption.

Le gland tient tout cela dans son organisation, et, quoique échappant à notre observation, il contient aussi la condition de son développement intérieur. Ce que nous disons du gland, il faut le dire de toutes les graines, de toutes les plantes.

L’œuf est dans une disposition identique, et ainsi de suite de tous les êtres destinés à vivre. L’œuf humain ne fait pas une exception. Il doit se développer et vivre comme le gland, comme les graines, comme tous les germes possibles. Il ne possède pas encore l’irritabilité, la contractilité, la sensibilité, mais il acquerra ces propriétés à mesure que se montreront les organes nécessaires à l’exercice de leur manifestation. Mais ce ne sera pas une propriété qui s ajoutera à un organe nouveau; mais bien un organe nouveau qui, par son organisation, jouira d’une propriété nouvelle.

Mais, ajoute-t-on, le germe dont vous parlez est lui-même doué de la vie; donc il jouit d’une propriété, propriété dont l’attribut est de se développer et d’acquérir successivement les propriétés nouvelles qui s’ajoutent à des organes nouveaux. Eh bien ! non, il n’existe que l’organisation moléculaire qui leur donne la faculté de se développer. Mais, dit-on encore, ce gland ne diffère pas d’un gland mort. Il y a donc autre chose que l’organisation. Mais ici vous affirmez un fait que nous nions. Si le gland mort ne vous présente pas de différence organique avec le gland qui vil, c’est que vous ne l’avez pas encore trouvée; mais l’impitoyable logique le veut.

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