‹ De l'organicismeChapitre 22 sur 72 · APHORISME V · texte numérisé non relu

APHORISME V

La vie consiste dans l’aptitude des organes à agir. Celte aptitude dépend de la disposition intime, moléculaire des organes, et la succession des actes de l’organisme est la manifestation la plus évidente de la vie.

La vie n’est pas un être à part, indépendant et séparable du corps. Elle n’existe que là où il y a organisation.

Ainsi l’on comprend maintenant que l’organisation étant la cause de la vie, celle-ci est dans la dépendance de la première. La vie n’existe que là où il y a organisation. Qu’on nous cite un seul exemple où la vie existe seule, où elle puisse être ajoutée comme le calorique, l’électricité à un corps apte à la recevoir? Où est-elle? où l’a-t-on vue? qui l’a vue?

Mais la vie, dit-on , se sépare du corps et le laisse seul. Il y a des corps privés de la vie; donc le corps peut exister sans la vie, donc ce sont deux choses différentes; deux choses susceptibles d’exister l’une sans l’autre. Non, cela n’est pas.

Dans notre opinion , cela ne peut pas être. Si la vie cesse d’être, ce sera dans l’organisation qu’il faudra chercher la cause de cette ces-

sation. Ce sera parce que l’organisation aura subi quelque modification que la vie aura cessé : donc le corps sans la vie est un corps désorganisé, et non pas un corps abandonné; ce qui est bien différent.

Ici viennent en foule les objections de toute espèce, et d’abord celle-ci : que le corps mort est absolument organisé comme le corps vivant, et que l’anatomiste le plus exercé ne trouve rien de différent, et qu’en conséquence il devrait vivre.

Nous répéterons toujours que si l’on ne trouve rien, c’est que la science est encore à faire dans ces cas. Ils sont rares aujourd’hui ceux où l’on ne trouve aucune différence. Qu’on songe à ce qui était autrefois, où l’investigation cadavérique ne faisait rien trouver. Dans la majorité des cas, qu’on voie ce qui se passe de nos jours, où, soutenus, excités par l’impulsion de l’organicisme, les véritables investigateurs trouvent presque constamment la raison substantielle de la mort, et où son absence est une exception.

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