APHORISME VI
Lorsque l’organisation existe sans la vie, c’est que l’organisme est altéré de manière à s’opposer à
l’exercice des organes; peu importe que celte altération soit sensible; elle existe nécessairement, fatalement, car rien n’arrive pour rien.
Ce n’est point une objection sérieuse que celle de dire qu’il n’existe rien parce qu’on n’a rien trouvé ; cela prouve que l’on n’a rien trouvé, et voilà tout. Cela ne prouve pas qu’on ne trouvera jamais rien; car, pour cela, il faudrait être sûr qu’on est parvenu au dernier degré de perfection dans l’art de l’investigation. O outrecuidance humaine ! il y a cependant des gens qui croient y être arrivés! Lisez les écrits deRullier et de beaucoup d’autres. Les individus meurent , parce que la vie qui les animait les abandonne. Ils meurent, parce qu’ils ont perdu la vie. Voilà où en sont ces messieurs, et ils se croient fort savants!
La conséquence de ces propositions est importante, majeure, au point de vue médical. Existe-t-il quelque dérangement fonctionnel, c’est dans les organes qu’il faut en chercher la cause, c’est là qu’on doit la trouver; c’est là qu’est le siège du diagnostic local ; la partie la plus claire, la plus satisfaisante pour la raison ; la plus utile pour l’humanité, la plus glorieuse pour la science !