‹ De l'organicismeChapitre 24 sur 72 · APHORISME VII · texte numérisé non relu

APHORISME VII

Le système nerveux est la source des propriétés vitales.

La sensibilité, la contractilité, l’irritabilité sont le résultat de l’organisation cérébrale.

La sensibilité et les divisions admises par Bichat, Rullier, etc., est bien évidemment inhérente à l’organisation et dépend de celte organisation. Les nerfs reçoivent un choc, le transmettent à l’organe central, qui en reçoit l’impression, qui est saisie et transformée dans le sensorium commune. Voilà le mécanisme le plus simple; le nerf est l’organe sensible, c’est-à-dire organisé pour sentir et transmettre cette impression au centre nerveux. Tous les sens, disposés de la manière la plus admirable par les mains de Dieu, reçoivent leur excitant propre; qui, la lumière; qui, le son; qui, les odeurs; qui, les saveurs. Ils sont organisés, disposés pour cela.

Maintenant, voyons ce qui advient de la contractilité. L’animal veut se mouvoir; sa volonté imprime à son centre nerveux et par suite à ses nerfs une modification qui détermine le raccourcissement des fibres musculaires, disposées de manière à se rac-

urcir et à s’allonger alternativement, et le membre se fléchit ou s’allonge suivant le besoin de l’animal. Ainsi- la contractilité part du cerveau pour produire les actes dont elle est chargée, mais n’est pas une propriété indépendante, séparée de l’organisation.

Bien que ce soit là une des questions les plus intéressantes, je ne crois pas devoir insister davantage.

Les organes sont disposés pour sentir, ils sentent;

Les organes sont disposés pour se contracter, ils se contractent;

Des organes plus complexes sont disposés pour respirer, ils respirent; on ne s’est pas encore avisé de dire qu’il existait une respirabilüè ;

Il en est qui digèrent : on n’a pas encore établi une digestibilité ;

Les organes glanduleux sécrètent la salive, la bile, l’urine, le sperme, le mucus, etc. ; a-t-on eu la ridicule pensée de créer une sècrètabilitè?

La logique le voulait cependant; mais on s’est borné à voir dans ces organes une texture différente pour chacun d’eux ; on s’est contenté de cette différence, et l’on n’a pas môme songé à chercher ailleurs la faculté qui les faisait sécréter des liquides différents. Pourquoi pas, cependant? car leur tex-

ture n’explique pas plus ici pourquoi ils sécrèlent ces fluides , que la texture des nerfs n’explique leurs divers genres d’action.

Mais on donne d’autres preuves de l’existence de propriétés vitales indépendantes de l’organisation.

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