‹ De l'organicismeChapitre 25 sur 72 · APHORISME VIII · texte numérisé non relu

APHORISME VIII

Les propriétés dites vitales ne sont que des propriétés organiques.

Si la vie est le résultat de l’organisation, si la disposition moléculaire donnée par le Créateur aux organes leur donne la faculté de croître, de se développer, de se reproduire, les propriétés qu’on a nommées vitales ne peuvent être que l’effet de la même cause. C’est dans l’organisation du système nerveux que l’Auteur de la nature a placé la source de ces propriétés, et dans les dispositions moléculaires des organes.

On a dit que toutes ces discussions n’étaient que des disputes de mots, et qu on ne comprenait pas l’importance que nous y ajoutions ; que peu importait qu’on donnât à ces propriétés le nom ^organiques ou de vitales. C’est cependant laque se trouve toute la différence de la vieille médecine et de la doctrine nouvelle. En effet, si une propriété orga-

nique est dans un état morbide, vous en Irouverez la lésion dans la composition d’un organe; c’est là que vous devrez la chercher. Si c’est une propriété que vous appelez vitale qui est malade, où en chercherez-vous la cause? dans quel point, dans quel tissu la trouverez-vous? Vous serez forcés de traiter votre malade sans diagnostic.

On fait périr un animal, on électrisé ses muscles, ils se contractent après la mort. Voilà Y irritabilité. Mais d’ahord, l’animal étant mort , la contraction ne saurait dépendre d’une propriété vitale. Celle faculté de se contracter après la mort ne peut dépendre que de l’organisation du muscle mise en jeu par une innervation artificielle, succédanée de la véritable innervation. Cela prouve tout simplement l’analogie entre l’électricité et l’innervation, qu’elle peut jusqu’à un certain point remplacer.

Les propriétés vitales ne sont donc que le résultat de l’organisation et de l’action des organes de l’innervation ; du cerveau, de la moelle épinière, et du grand sympathique pour la vie organique. Vicq d’Azyr pensait qu’elles n’étaient que des fonctions; Magendie et Dupuylren se sont prononcés contre leur existence; et ces grands médecins avaient raison.

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