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APHORISME XLIV

La nature de la maladie est un des éléments nécessaires au diagnostic.

D’après ce que nous venons de dire, on voit que nous considérons la nature de la maladie comme apportant à son traitement un élément -des plus importants; ici le diagnostic local est en quelque sorte primé par cette nature morbifique; c’est dans les maladies spécifiques que se trouvent ces deux affections qu’on combat si heureusement par des moyens héroïques : le mercure comme traitement curatif, et la vaccine comme traitement préservatif. Ici, comme pour les fièvres intermittentes, l’empirisme triomphe, le diagnostic local perd de son importance, bien qu’il soit nécessaire d’en avoir un, et le traitement victorieux n’est dû qu’au hasard. Un jour viendra sans doute où toutes les maladies qui reconnaissent une cause spécifique trouveront aussi dans la nature un médicament spécifique, probablement aussi dû au hasard. Dans l’intérêt de l’humanité, nous faisons des vœux sincères pour que cette prévision s’accomplisse, dût-il en résulter quelques torts pour notre doctrine !

APPORÏSME XLV

Il existe des maladies simples , des maladies spéciales, des maladies spécifiques.

Dans un livre écrit d’après les doctrines organicistes, nous avons établi d’après leur nature, trois sortes de maladies :

1° Des maladies simples. Ce sont les plus nombreuses ; ce sont celles qui sont produites par des causes physiques : les inflammations viscérales, le plus grand nombre des affections chirurgicales; celles qui sont produites par l’influence de l’atmosphère, ses variations, le froid, le chaud, et par des causes traumatiques; elles ont pour caractère de n’affecter aucune forme particulière toujours la même, et de ne pas se transmettre par contagion.

2° Des maladies spéciales. Ce sont celles qui affectent une forme caraclérisque; laquelle forme trahit la présence d’une cause toujours la même, mais qui ne se transmettent pas d’un individu affecté à un individu non affecté, mais susceptible de le devenir : le zona, l’urticaire, le pemphigus, le prurigo, enlin un grand nombre des maladies de la peau.

3° Enfin les maladies spécifiques. Ce sont des

affections dont la forme extérieure est aussi toujours la môme, et qui ont la funeste prérogative de se transmettre d’un individu contaminé à un individu qui ne l’est pas, mais qui est susceptible de l’être. La rougeole, la scarlatine, la variole, la syphilis, la rage, etc., sont de cette catégorie.

On le voit, nous n’hésitons pas à faire ici ces concessions blâmées par Broussais et quelques organicistes. Nous ne croyons pas qu’elles nuisent en rien à nos principes, et en admettant comme bases de notre doctrine les lésions locales, nous n’avons jamais prétendu que ces lésions fussent toujours simples. Nous n’avons aucun intérêt à cela. Certainement la nature de la maladie influe sur son traitement, et bien qu’on ait été jusqu’à dire que la syphilis, par exemple, guérissait par un traitement simple, et n’exigeait pas un traitement spécifique, tous les médecins de quelque valeur n’ont pas partagé celle opinion ; opinion qui, d’ailleurs a fait trop de victimes!

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