‹ De l'organicismeChapitre 9 sur 72 · INANITÉ DES DOCTRINES VITALISTES · texte numérisé non relu

INANITÉ DES DOCTRINES VITALISTES

.le cherche vainement un travail un peu remarquable dû à une plume imprégnée des doctrines vitalistes; qu’on me dise un ouvrage, un seul de cette nature h qui l’on puisse attribuer le plus léger progrès, et je me tiens pour satisfait ; pour moi, je n’en connais pas.

L’organicisme n’eût-il produit que cet admirable

i résultat, que sa prédominance ne saurait être contestée, et quand même, sous le rapport doctrinal,

, ce système (car c’en est un, pris dans le sens raisonnable, quoi qu’on dise) laisserait quelque chose à désirer dans sa contexture, son incontestable utilité devrait le faire adopter universellement. N’est-ce pas une chose remarquable, en effet, que tout ce qui a été fait de bon ait été le fruit de cette philosophie, et que la philosophie contraire n’ait absolument rien produit? C’est quen effet, les doctrines métaphysiques, qu’on s’efforce en vain d appuyer sur les croyances religieuses, ne sont propres qu’à fausser et égarer l’esprit d’observation. On ne comprend pas que ces rêveries aient pu trouver place dans le domaine de l’art, et que la marche majestueuse et féconde de la science ait pu être un moment entravée par de semblables puérilités !

Nous pensions que les hypothèses des animistes et des vitalistes avaient pour toujours disparu de la science, sous les coups tout-puissants de la raison et de l’observation. Hélas! nous comptions sans l’esprit routinier qui entrave tous les progrès, sans les préjugés et l’entêtement qui arrêtent dès leurs premiers pas tous ceux qui s’efforcent de dissiper les vieilles erreurs, sans la jalousie et l’envie des esprits médiocres qui, ayant pour eux et pour leurs œuvres la plus naïve admiration, sont convaincus

qu’ils ne peuvent se tromper et qu’eux seuls sont danslevrai; disposition qui leur fait fermer les yeux à la lumière et opposer aux vérités nouvelles qui sortent des sentiers battus, la plus violente résistance; c’est, en effet, l’éternelle histoire de toutes les innovations. Il n’en existe pas qui, pour s’établir, n’ait eu à soutenir les luttes les plus obstinées. Combien de vérités n’ont-elles pas dû succomber sous ces oppositions aveugles ! Pauvre humanité !

Nous ne dirons rien des doctrines absolues justement abandonnées de nos jours : toutefois, ces doctrines n’étaient pas entièrement erronées ; leur plus grand tort est d’être exclusives et de ne pas embrasser tous les points de la science.

L’humorisme, qui a régné d’une manière si générale, ne comprenait pas, en effet, tous les points de la médecine.

Le solidisme n’était pas moins insuffisant. Ce dernier, paru au moment de la réaction contre l’humorisme, régna à peu près seul au commencement du siècle; mais Pinel et Bichat se défendirent d’être solidisles ni humoristes; mais furent l’un ou l’autre, et l’un et l’autre suivant les cas, et ils eurent raison. La doctrine de l’irritation penche vers le solidisme, mais ne le confesse pas; nous n’avons pas à nous en occuper ici.

Je pense qu’il suffira de lire ce qui précède pour

têlre frappé de la différence qui sépare ces doctrines delà nôtre, qu’il est inutile d’entrer dans plus de détails, et de combattre chacune des propositions qui les constituent. On a de la peine à croire que ces 'systèmes aient régné pendant quelque temps d’une manière absolue dans les écoles, et qu’aujourd’hui des médecins, qui ne sont pas sans valeur, emploient tous leurs efforts à les faire renaître. Mais il en a toujours été ainsi : Multa renascentur quœ i jam ceci (1ère.

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