‹ De l'organisation de l'enseignement dans l'Université de Paris, au MoyenÂge thèse présentée à la Faculté des lettres de ParisChapitre 14 sur 41 · D. RÉGENCE · texte numérisé non relu

D. RÉGENCE

Dès le xn* siècle, ttqtre ieholoi signifiait professer *. On

s'habitua à dire, par abréviation, regere. Magisier regens était un maître qui enseigoait.

On distinguait , parmi les maîtres , les régents» les non-ré« gents» et les régents d'honneur.

D'importants avantages étaient attachés à l'exercice de la régence. Cliaqae Nation assistait à vêpres le vendredi , et à une messe le samedi. Elle célébrait , en outre , par un grand office, la fête de son patron, la Purification, les fétes de Saint* Nicolas et de Sainte-Catherine. A tons ces offices , on distri* une certaine somme entre les mattres régents , à titre de droit

' St. Fac.>rt« Wieno. ( KoUar, I» m ) : Cùm inter actiu scholasticos Iiumanum iDgeninm décorantes actos disputativos ait pnedpaue necoon

fœcundatîvus intellectùs naturae rationnais

" Riihkopf, Geschichte der iehulr^ind-ErzUhUÊigtweun i» DeuUcMand (Brcmen, 179/i ), p, 179.

' Âbèlard, culamU,, cap. IX : Cùjn ulrique Uumis scbolab ieg«renl

d'aflsiitance. Lesseals régents avaient droit d'assister au iianqoet que la Nation donnait trois oo qnatre fois par an à ses frais Dans te rôle des bénéfioes» les régents étaient préférés

aux non régents.

Pour être considéré comme ragent , il fallait donner des leçons ordinaires dans des écoles possédées on louées par la Nation L'exercice de la régence était donc très-variable. On était régent une année , on ne Fêtait pins Pannée saivante. Les maîtres ne se vouaient pas exclusivement à renseignement dans la Faculté des arts ; souvent ils étudiaient en même temps en théologie, et leurs devoirs , comme étudiants , ne .n'accordaient pas toqfoors avec leurs fonctions de régents. L'exercice de leur régence était souvent irrégulier et sujet à des interruptions. La conduite des maîtres ressemblait d'ailleurs à celle des étudiants. £n idS5, la Nation de France admet la détention en prison comme une excuse légitime de rinterroptlon de la régence *.

Les rcgenis d'honneur (régentes honoris) participaient aux privilèges des vrais régents sans en exercer les fonctions. Les principaux des collèges, les chefs de pensionnats étaient admis à cette faveur \ Les boursiers de Sorbonne jouissaient du privilège d'être considérés comme régents pour le jour où il 'leur plaisait de disputer ou de faire leçon , rue du Fouarre

Les mattres ès-arts, qui enseignaient la grammaire et l^s lettres, étaient exclus, au xv* siècle, des avantages accordés

* Du Boulay , de Patronis h ttaUanum, Parisiis , 166â.

• Aussi on disait généralement au xv« siècle : Supplicarc pro regentia et 8choIis(B. V, 859).— Cf. S. F. A. 1275 (B. III, ft20). — Voir: Faclum historique et général contenant plusieurs mémoires instructifs pour servira la décision du procès entre les régents et les uon-régents de rUniveiailé de Pané. Paiis, 1678, k*^.

' B. IV, 9(5 : Si quis Infirmas Aient corpore vel caroere detenUis.

* De Pnuronii k mi., p. 157 : Anliqui régentes honoris principaliler leneotes coUegia.

• B. N. A. 1U7, lt{ novembre.

attx régents <. £n 1490, on proposa , dans la Nation d'Allemagne % de les admettre parmi les régents; mais il ne fut pas donné suite à cette proposition. An xvi* siècle, renseignement des lettres avait pris beaucoup d'importance ; ceux qui les enseignaient ne pouvaient plus être considérés comoie de simples maîtres d'école, depuis la fondation du collège royal. En 163A f ils demandèrent à l'Uni? ersité d*étre admis & la participation de tous les privilèges accordés aux régents. L'Université le leur accorda sans dilliculté, pensant que la ^ri\muiaire et la rhétorique doivent être comptées au nombre des arts libéraux ^ . .

Le nombre des régents variait beaucoup suivant les Nations. Vers 12BS » la Faculté des arts comptait environ 1^ maîtres *. En 4/i60, la Nation de France avait 61 régents. La Nation Picarde comptait^ en moyenne , entre 1477 et 1483 , 25 régents, La Nation Allemande avait » en moyenne» li régents , entre 1306 et 1400. U est probable que les proportions du nombre des régents entre les différentes Nations ne variaient pas sensiblement.

§ IV

Page 1