‹ De l'organisation de l'enseignement dans l'Université de Paris, au MoyenÂge thèse présentée à la Faculté des lettres de ParisChapitre 21 sur 41 · HO · texte numérisé non relu

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celte proviDce , an moios pendam trois aos , pour le paidoo de lears péchés Si qaelque professeur s'offrait de Ini^méDe, le mattre de Tordre devait en être averti aussitôt par les visiteurs. Les couvents où Ton enseip^nait la ihéologie étaient appelés sludia generaiia ou solemnia, £n 1303, il n*y avait iladium geMfoU que dans les couvents d'Oiford^ de Cologoe^ à ; Barcelone» de Bologne» de Montpellier et de Naplen*;ie couvent de Paris était à part. Ainsi les studia generaiia ciaieot communs ù plusieurs provmccs y et les sludia particulam étaient bornés à une seule; et ce fut sans doute l'origine de cette dénomination*

Plus tard» renseignement de la théologie ne fut plus réservé exclusivement aux sludia generaiia. En 1*288 , on ordonna aux provinces qui n'avaient pas de studium générale , d'établir un cours eitraordinaire sur les sentences» daoa trou couvents au moins

Pour Otre admis h otiidicr dans les sludia parlicularia , il (allait Être entré depuis deux ans dans Tordre » et avoir re^o préalablement une instruction religieuse \ Le cours de logique durait trois ans» le cours de physique deux ans Pour enseigner la logique » il fallait avoir suivi pendant deui ans un cours sur la logica nota, pendant deux autres années uu cours sur la piiysique» et être recommandé par le lecteur de théologie et le lecteur de physique. Pour ensei* | gner la pb jsique » il fallait avoir professé ou suivi pendant deux ans un cours sur le Livre des Sentences , et justifier de son habileté dans la dispute, par les certificats des lecteurs et du maUre des étudiants ^ Tout couvent qui avait

» Établis d'abord (12'iC-d) dans les provinces de Provence, Lorobardie, Allemagne , Anglelcrre. — 1303-27.

> iS8a-7 et 1514-9.

* IS^S, ISCK-IS.

" 1305-ia. ie traduis mUtraUa par physique. Cf. p. 101.

ua lecleur, devait avoir aussi un Frère capable de répéter aux étadiaDts la leçon de chaque jour'. Tout<(K<ltum partimlare devait avoir un nuidtre des éiudiantê [magister studmtîum) » chargé de surveiller et de diriger les études. Il devait rendre compte au prieur provincial de l'objet, de l'éiendue , de la méthode des leçons faites par les maîtres, et du nombre de leurs disputes. S'ils enseiguaient des propositions contraires à la doctrine de St. Thomas et de l'Eglise» ou s'ils laissaient les objections sans réponse, le maître des étudiants devait les avertir préalablement , et , s'il n'était pas écouté , faire son rapport au prieur provincial , qui destituait les coupables, il devait veiller à ce que le prieur du couvent laissât aux étudiants tontes les libertés auxquelles ils avaient droit En cas de refus, i! faisait son rapport au prieur provincial. Cliaque semaine il devait appeler devant lui les jeunes étudiants, et les examiner sur les leçons qu'ils avaient entendues. Il réprimandait les étudiants en présence des maîtres, et s'ils ne se corrigeaient pas, il les faisait renvoyer par le prieur» avec le consentement des maîtres *.

Ciiaque province avait le droit d'envoyer deux étudiants à chaque sludium générale^ Les prieurs provinciaux et les visiteurs devaient s'informer des jeunes moines qui montraient des dispositions, et en référer au chapitre provincial \ La province ofi était lesitidttim générale ^ n'y pouvait placer que vingt-quatre étudiants ^ Pour être admis dans un sludium générale, il fallait être suffisamment instruit eu logique et en physique , et avoir suivi pendant deux ans un cours sur le Livre des Sentences , dans quelque studium partimlare. Les témoignages des maîtres devaient faire espérer que l'étudiant

* im-57-58.

' Pfemièro mention (lu Magister êludentium, iVISt%-%h. Sur «es fonctions , voir l51S-ift-15-i6.

serait capable d'enseigner <. Chaque ^tudiant était entretenu

aux frais de sa province, qui pourvoyait à ses besoins en chapitre provincial *. It passait ordinairement deux ans dans le studium generaU ^ L'étudiant incapable ou négligent était renvoyé dans sa province. Chaque studium générale avait on lecteur principal ' ^ on soos-Iecteor oo eursor, et on maître tks étudia nts, Pour ôtrc lecteur principal, il fallait avoir suivi pendant deux ans un cours sur les benieuces, dans quelque sludium partieulare, étudié pendant deux autres années dans on siudium générale, et fait dans sa province on coors snr les Sentences ou un coors ordinaire de philosophie Le lec* teur principal était chnrg(^ de faire des leçons ordinaires sur les Sentences et des leçons extraordinaires sur la Bible. Le sous-lecteur ou cursor était un bachelier qui ne faisait que des leçons extraordinaires. Il devait faire pendant l'hiver on cours complet snr le Livre des Sentences, et après Pâques des leçons sur la aioraJe ou sur quelque traité de saiiiL Thomas ^ Il était d'abord choisi par les étudiants ; il fut ensuite institué par le chapitre général et le chapitre provincial \ Le maître des étudiants remplissait les mêmes fonctions qne dans les étudia particularia. Dans les sludia generaHa, îl adressait ses rapports au maître de l'ordre, et non au prieur provincial». D'abord, il était élu au commencement de Tannée scolaire par le prieur^ le sous-prieur, le lecteur principal et le sous-lecteur *. Plos tard, le sous-lecteur devenait de droit. Tannée suivante, maître des étudiants

< iSOS-iS, 1989-35.

* Cela résulte do 1305-3.

* Ijector principalk. Il ne devait y en avoir qo*an. I30$-I(î. » 1305-13-lft.

* 1258-18, 12li9-35, 1265.

' I3ia-y.

« i3t3-IM3-IO.

Le couvent de Paris avait one admîoistralion à part. Il était soumis immédiatement au mattre de l'ordre» qui le gouvernait à sa volonté Il avait deux leeteors des Sentences »

un lecteur de la Bible , et un mattre des étudiants. Les deux lecteurs des Seotences enseignaient^ l'un dans une salle dite écoles inUrieurti, et sans doute destinée aux seuls Frères ; l'autre dans une salle dite écoles êxtérimrss\^ia doute parce que les étrangers y étaient admis. Les trois lecteurs avaient chacun sous eux un bachelier qui faisait des leçons extraordiiiiiires. Chaque province avait le droit d'envoyer au couvent de Paris deux étudiants qu'elle entretenait à ses frais ^ Pour demander la licence , et , après l'avoir obtenue , pour commencer ou pour quitter ses leçons, il fallait avoir le consentement du maître de l'ordre , ou du prieur de la province de France *. Au sortir du couvent de Paris» on était immédiatement lecteur principal ^ On avait remarqué que ceux qui avaient étudié au couvent de Paris étaient plus recherchés que d'autres pour les fonctions administratives. L'ordre se trouvait ainsi privé des leçons de ses meilleurs professeurs. On défendit aux prieurs provinciaux de les appliquer au gouvernement , avant qu'ils eussent enseigné pendant plusieurs années **

Ces règlements arrêtés en chapitre général n'étalent pas toujours observés. L'ignorance, la négligence ou la mauvaise volonté des prieurs y ineUaient souvent obstacle. En général, ils ne voyaient qu'un surcroît de charges pour leur couvent dans la présence des étudiants , et ils les traitaient parfois assez mal. Pour assurer l'exécution des règlements ,

* 1264-19. Cet articto est répété à tous les chapitres.

* SoolsBinteriores— scolœ exleriores. (DionysiusGist«rciODsis,PW»cljrà», ap. QuœiHûMS in SmIenUttrum, Parisiis , Itfll ).

» izm-ih.

[es visiteurs devaieol parcourir chaque année les provinces , s'informer des progrès des étudiants , s'enquérir du nombre des leçons et des disputes des lectenrs, noter les contents qui manquaient de professeurs. Ils faisaient leur rapport an chapitre provincial ; le prieur et les tiéHuiteurstransmettaic nt ces observations au chapitre général ^ Dans chaque chapitre général f on accordait nne attention particulière à l'état des études ; on réformait les abus , on décrétait les innovations nécessaires, on punissait les désobéissauces. En 1261, l'ordre d'établir à Oxford un sludium générale n'avait pas été exécuté. Le prieur de la province d'Angleterre fut destitué et envoyé en Allemagne comme lecteur, avec défense de revenir en Angleterre sans rautorisation dn chapitre généraL II fut en outre condamiu' au pain et à l'eau pour sept jours , h sept flagellations et à sept messes. Ou suspendit de leurs fonctions pour sept ans les défini teors de la province qui avaient refusé d'admettre dans le couvent les Frères des autres provinces. Ils forent condamnés au pain et à l'eau pour treise jours , à treize flagellations et à treize messes Ceux d'entre eux qui étaient prieurs furent destitués. On avait négligé en Sicile d'établir un conrs de Bible; les déiiniteurs de la province furent condamnés an pain et à l'eau pour six jours et à autant de litanies

Le système d'études était imité de l'Université de Paris ; mais le gouvernement était bien supérieur au régime anarcbique de l'Université. Les Dominicains appliquèrent à l'organisation de leurs études les puissants moyens de gonvernement que l'unité de leur ordre et le principe d'obéissance passive mettaient à leur disposition ; ils purent ainsi obtenir, dans une certaine mesure , les avantages de la centralisation moderne. Les studia particularia étaient comme des collèges ;

les étudia generalia étaient de vraies écoles normales qui iournissaieot de lecteurs lesxludta parUcularia: enfin le couvent placé à Paris ^ dans rUniTersité théologique par excellence, était nne sorte d'école normale supérieure qui donnait des professeurs à tous les studia generalia. Ainsi les Frères des diverses provinces venaient s'inspirer du même esprit dans lecooveptde Paris; ils le répandaient dans les«<iidûi gm&ràUa, d'où il descendait dans les étudia partteutorto. Une surveillance incessante était exercée sur les études par le maître des étudiants, qui était comme le représentant du prieur provincial dans les sludia particularia, et du maître de l'ordre dans les studia geMralia, Une inspection régulière assurait l'exécution des règlements ; ces règlements enx-mémes étaient soumis à la révision des chapitres provinciaux et généraux , espèces de conseils de perfectionnement et d'administration , qui pourvoyaient aux besoius nouveaux et brisaient les désobéissances.

Cette organisation fut imitée par les autres ordres religieux *. Chaque ordre eut ses studia gmiêraUa, et à Paris un couvent qui formait des maîtres pour les sludia generalia. Chacun de

ces ordres était comme une sorte d'i^mversité , qui disposait d'un personnel nombreux, de grandes richesses, et qui pouvait à la rigueur se suffire à elle-même. Les Fraociscains obtinrent même » en 1876 , du pape Grégoire XI « pour leur ministre général , la faculté de conférer la licence dans les chapitres généraux, après un examen où il serait assiste par quatre maîtres en théologie V Ils pouvaient ainsi se passer complètement du concours de l'Université de Paris. Mais, en le pape Martin V leur retira ce privilège ^ Il n'était pas fort précieux. Des grades ne peuvent avoir de valeur qu'autant qu'ils sont conférés par une autorité revêtue d'un caractère public , par une sorte de tribunal supérieur et

* Cf. lus statuts dos Bcrcardins ( Fciib., iV., i , 1G5 ). « B. IV, hh7-hftd.

désintéressé. Ces grades ^ que les mendiants se conféraient à eax-mêmes , n'avaient pas plus de signification que les éloges qu'un père donne à son fils.

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