‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 29 sur 68 · C. Dans les reptiles écailleux · texte numérisé non relu

C. Dans les reptiles écailleux

Les différences générales qu’offre l’enveloppe extérieure ' dans la première classe des reptiles consistent en ce que le derme est presque toujours fort adhérent à la couche musculeuse ou même osseuse souS-posée ; que son tissu est ordinairement dense et peu perméable.

Le réseau vasculaire est en général peu considérable, peu Le réseau vasculaire.

distinct.

Le pigmentum colorant existe rarement sur la peau pro- Le pigmentum, prement dite, mais le plus souvent à la surface de ses parties développées en écailles.

La couche nerveuse paraît être presque nulle. La couche ner-

* * veuse.

Enfin l’épiderme quelquefois très-mince, est le plus sou- L’épiderme, vent très-développé à cause de la grande quantité d’écailles qui recouvrent la peau.

On trouve en effet dans cette classe assez hétéroclite d’a- Dos écailles.

; nimaux, une de ces modifications de la partie extérieure de la , peau auxquelles on donne ordinairement le nom écailles ; i mais les écailles des reptiles nous semblent manifestement

Dji LA PEAU

différer de ce que nous avons nommé ainsi dans les pangolins, parmi les mammifères, de même qu’elles différeol des écailles des poissons. En effet on peut les regarder comme n’étant autre chose qu’une sorte de saillie ou de pincement d’une partie du derme et de ses couches superposées. Leur solidité n’est due qu’au grand développement de la partie épidermique. Si ces légères modifications de la peau sont circonscrites par des lignes ou espaces où l’épiderme est beaucoup plus mince , ou si elles sont trèspeu élevées, il en résulte àe?, plaques écailleuses } si elles s’élèvent davantage ^ur le plan de la peau, mais verticalement, elles forment des tubercules écailleux plus ou moins saillans ; enfin si ces saillies sont déprimées et s’appliquent obliquement sur la peau de manière à s’imbriquer les unes les autres , ce sont des écailles proprement dites, surtout si la partie épidermique de ces écailles acquiert un très-grand développement ; mais elles ont peu d’analogie avec les véritables écailles des poissons (1).

L’étude de la grandeur proportionnelle de ces écailles, de leur forme ovale , carrée^ triangulaire , pointue ^ large ou étroite, de leur superficie lisse on carénée, de leur implantation, de leur disposition en quinconce ou verticillée , four-

(i) On pourra distinguer les écailles en trois genres :

1“ Les écailles épidermiques;

2° Les écailles dermiques;

3" Les écailles piliques ou phanériques.

Le premier genre comprend les espèces qui sont produites par un renflement ou un pincement de la peau dans toutes ses parties , et qui saille plus ou moins à la surface du derme , en s’imbriquant ou non.

Je distingue deux espèces principales dans ce genre. a. Les unes ne sont que des renflemens plus ou moins considérables et verticaux ; ce sont les 'plaques, les tutercules squammeux dont on voit tant d’exemples sur les pâtes des oiseaux et sur les tortues.

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nit d’excellens caractères à la zoologie. Nous nous bornerons à faire observer ici que les écailles et même les tubercules et les plaques sont souvent plus grandes dans les lignes médianes supérieure et inférieure.

Mois ce que l’épiderme des reptiles écailleux offre de plus singulier , c’est qu’il se renouvelle souvent tout-à-fait, de manière à ce que celui qui est rejeté forme une sorte de gaine qui représente exactement l’animal. Il en résulte qu’à de certaines époques la peau peut avoir deux épidermes, l’un qui vient de se former, et l’autre qui est détaché sans être encore tombé, et que sa coloration est plus vive, immédiatement après l’apparition du nouvel'éplderme.

On trouve le plus souvent des ongles à l’extrémité des doigts des reptiles écailleux qui ont des membres; mais leur structure ni même leur forme ne présente rien de particulier.

Il n’existe de véritables cornes que dans l’iguane cornu elle céraste. Leur structure paraît être la même que celle des cornes creuses. Il en est de même de celle qui termine la queue de certaines espèces de serpens et les ergots des boas.

Je ne connais pas de cryptes répandus généralement à la surface de la peau des reptiles ; il est cependant probable I qu’il en existe dans les geckos.

6. Les autres sont des rcnflemens assez considérables comprimés, ou des lames obliques qui peuvent plus ou moins se dépasser les unes les . autres , ou s’imbriquer comme le font les tuiles des toits.

Le second genre ne renferme qu’une espèce, c’est celle dans la portion du derme de laquelle il se développe une partie solide plus ou I moins muqueuse ou osseuse qui s’imbrique; c’est la véritable écaille * des poissons qui me parait différer de celle des reptiles , en ce que lorsque celle-ci est solide, résistante, c’est au moyen de l’épiderme.

Le second genre ne comprend aussi qu’une espèce , ce sont les « écailles des pangolins , qui sont de véritables ongles.

Des ongles.

Des cornes.

Dans les cryptes.

Le peaussier.

Des (lilTérencos spdcia.les

Dans

les tortues.

On en connaît un amas au bord de la mSchoire inférieure du crocodile, et une série le long de la face interne de là cuisse dans un grand nombre de sauriens.

Le peaussier n’existe plus d’une manière distincte dans cette classe d’animaux, si ce n’est peut-être à la face abdominale de plusieurs serpens.

Les différences que présentent les groupes ou ordres qui constituent cette classe sont assez grandes si l’on s’arrête surtout à la disposition du derme devenu appareil protecteur, mais peu considérables dans les parties réellement essentielles de la peau.

On peut dire d’une manière générale qne la disposition est d’autant plus squameuse qu’on se rapproche davantage de l’extrémité de la classe.

Dans les tortues ou cbéloniens le derme est en général fort .épais, d’un tissu assez serré et résistant. La couche vasculaire me paraît peu distincte; le dépôt colorant est cependant évident, il est fluant ou presque liquide ; les papilles nerveuses semblent presque nulles; mais l’épiderme est en général fort épais, surtout dans les parties qui ne sont pas susceptibles de mouvement, où il prend la forme de tubercules ou d’écailles ; dans les autres parties il est plus mince, et couvert de très-petites papilles assez espacées.

Je ne connais pas d’appareil crypteux dans cet ordre de reptiles , non plus que de poils simples.

Il n’existe pas non plus de peaussier.

Les différences que l’enveî*oppe générale présente dans les tortues sont assez peu considérables ; quelquefois elle forme des espèces de prolongemens appendiculaires, comme dans la tortue matamata au cou et sous la mâchoire inférieure. Dans les émydes et surtout dans les trionyx , il y a une membrane interdigitale assez étendue et flexible.

Le derme est toujours plus épais dans les endroits où il n’est pas immédiatement appliqué sur le système osseux : il

DANS LES REPTILES ECAILLEUX

l’esl pai- conséqiienl moins sur la tête , le dos ou la carapace, le ventre ou le plastron. Mais alors il est complètement et très-fortement adhérent.

Il l’est également moins t\ la partie inférieure du corps et au côté interne des membres.

L’épaisseur de l’épiderme est aussi plus considérable en dessus qu’en dessous, au côté externe qu’au côté interne, en général dans les endroits les plus exposés au contact des corps extérieurs. C’est dans ces endroits qu’il prend la disposition de tubercules de forme variable, souvent un peu squammeux ou imbriqués, comme sur les membres.

Sur la tête et sur le dos> les plaques de l’épiderme affectent des figures déterminées dont la. considération h’est pas sans utilité en zoologie, en ce qu’il y en a toujours le même nombre dans chaque espèce , et qu’elles ont la même forme. Celles qui recouvrent la tête se nomment on les divise en labiales , nasales , sourcilières , interorbitaires , lacrymales ou antorbitaires , postorbitaires, pariétales et occipitales, suivant leur place à la surface de la tête.

Toute la ligne dorsale est couverte par une série de grandes plaques bien symétriques que je désignerai par la dénomij nation de rachidiennes. De chaque côté il y en a une autre i rangée, elles sont donc paires, ce sont les plaques costales.

I Enfin toute la circonférence du corps est bordée par une sé-

rie de plaques plus petites et également paires , si ce n’est la médiane antéi ieure; ce sont les plaques marginales.

La partie inférieure du corps ou le plastron est aussi recouverte par de grandes plaques carrées; ce sont les plaques sternales.

La nature du séjour a aussi quelque influence sur l’enveloppe des chéloniens, ce qui se trouve assez bien concorder avec les'pctits groupes génériques qu’on établit dans celte famille.

Ainsi plus les espèces sont aquatiques ou moins elles sor-

DE LA PEAU

tenl de l’eau , plus le derme est distinct des tissus sous-jacens, et surtout sur le corps proprement dit : c’est ce que l’on voit évidemment en comparant successivement les tortues tout-à-fait terrestres , les émydes, les chélonées, les trionyx et les dermochélydes.

Le pigmentum existe avec des couleurs ordinairement assez ternes dans les espèces marines et fluviatiles; mais les émydes et les tortues de terre présentent souvent des couleurs vives, noires, jaunes et même d’un beau rouge carmin.

Le système de coloration est le plus souvent uniforme ; il est quelquefois varié par plaques , par rayons, ou piqueté de petites taches plus claires que le fond.

Le sexe, l’âge et même le climat paraissent ne pas modifier la vivacité ni le système de coloration.

Le séjour produit une influence sur l’épaisseur et la dureté de l’épiderme. Dans les espèces terrestres il est renflé en tubercules souvent fort gros sur les membres et surtout au côté externe. Dans les espèces demi-aquatiques ces tubercules sont beaucoup moins gros ; ils le sont encore moins et ne forment que de petites plaques dans les tortues marines ou les chélonées proprement dites. Les trionyx ou tortues de fleuve ont l’épiderme presque lisse, et enfin les dermochélydes l’ont fort mince, en sorte que leur peau très-molle leur a valu le nom de tortues à cuir.

Mais c’est surtout dans les plaques épidermiques qui recouvrent le corps proprement dit que se remarquent les plus grandes différences. On trouve en effet des espèces qui ont ces plaques bien épaisses, bien distinctes, mais non imbriquées , d’autres les ont complètement imbriquées ; enfin il en est oû l’épiderme est assez mince et n’est pas subdivisé en plaques , comme dans la tortue à cuir.

L’existence, le développement et la forme des ongles sont également en rapport avec le séjour de l’espèce, ou mieux avec le sol sur lequel elle s’appuie. Ainsi les tortues terrestres

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ont des ongles gros et obtus; les tortues vaseuses les ont plus ou moins longs et pointus ; les espèces fluvialiles, comme les trionyx, les ont à peu près de même forme, mais tous les doigts n’en sont pas pourvus ; les chélonées en ont encore moins, puisqu’il n’y en a qu’un ou deux aux membres antérieurs comme aux postérieurs; enfin les dermochélydes n’en ont pas du tout.

Dans l’ordre des ém^'^do-sauriens ou des crocodiles, l’enveloppe cutanée a beaucoup de rapports avec ce qu’elle est dans les cbéloniens.

Le derme est complètement adhérent, surtout sur le crâne, où il semble faire corps avec les os. Il est épais et d’un tissu ferme et serré, principalement aux parties supérieures du corps; il l’est en effet un peu moins sous le ventre, sur les fiancs, surtout à l’endroit de la jonction des membres et dans les expansions inlerdigilales.

11 est encore rendu beaucoup plus épais et plus résistant au cou , sur le dos et même au commencement de la queue et sur les flancs, parce qu’il se développe dans son intérieur des espèces de plaques ou boucliers osseux de forme et de disposition fixes pour chaque espèce. Ces écailles appartiennent à la même sorte que celles des poissons.

Je ne connais rien de remarquable dans les parties de la peau intermédiaire au derme et à l’épiderme. Le pigmenlum est cependant assez considérable, du moins sous le ventre, où il est blanc et argenté.

Le système de coloration est presque toujours uniforme , ou varié irrégulièrement, les parties supérieures et inférieures étant de couleurs opposées.

L’épiderme est encore assez épais. Il forme , comme dans les tortues, de larges plaques carrées qui recouvrent le corps dans toutes ses parties inférieures depuis une extrémité jusqu’à l’autre, ou qui se relèvent en crête sur le dos et sur la queue.

Dans les crocodiles.

1 Ùii

DTÎ LA PEAU

Dnns les sau»

riens.

Ceckoïdes.

Les ongles sont peu considérables, et il n’en existe pas à tous les doigts. Les deux externes en manquent.

Il y a un amas de cryptes situé de chaque côté, entre les .deux branches de la mâchoire inférieure; ils forment une petite glande ovale , comprimée , adhérente sous le derme , et qui s’ouvre à l’extérieur dans une fente longitudinale cachée dans les plis de la peau du gosier : elle produit une substance à odeur de musc qui s’exhale, dit -on , surtout en abondance à l’époque du rut.

On trouve en outre que chaque plaque squammeuse du corps offre au milieu de son bord postérieur un point qui semble poreux. Il en est de même de ceux qui sont épars sur la peau qui revêt la mâchoire inférieure.

Dans les crocodiles on ne peut pas dire qu’il y ait de peaussier, véritable ; cependant des muscles superficiels delà colonne vertébrale, il se détache une double série de petits muscles qui se portent les juns d’avant en arrière, et les autres d’arrière en avant pour se terminer par des tendons distincts à chaque rangée des tubercules écailleux du dos et de la queue. Il en résulte que chaque tubercule a deux de ces muscles , et qu’il y en a quatre séries au dos, et deux seulement à la queue, ce qui dépend de la disposition des plaques.

J’ai aussi observé une petite bande musculaire , qui de la peau vers l’angle postérieur de l’omoplate, se porte verticalement à la peau qui couvre le grand pectoral dans la région axillaire.

Le sous-ordre des sauriens offre, dans la structure de la peau, des différences qui se rapportent plus à la forme plus ou moins squammeuse de sa surface qu’au développement de chacune de ses parties. On en trouve cependant quelquesunes sous ce dernier rapport.

Dans les geckos la peau est en général plus molle, plus nue, plus muqueuse et moins adhérente.

Le derme est médiocrement épais, mais il se relève à sa

DANS LES REPTILES ÉCAILLEUX

surface en petites saillies déprimées, formant des apparences d’écailles qui tendent à s’imbriquer d’une manière fort régulière.

Le réseau vasculaire est peu distinct. Le pigmentum est blanc , piqueté de très-petits points noirs; aussi le système de coloration est-il assez singulièrement varié.

L’épiderme est proportionnellement fort mince, surtout quand il est anciennement formé, mais un peu moins à la surface des tubercules que sur la peau qui les sépare.

Il arrive quelquefois qu’on trouve deux couches à l’épiderme, l’une plus molle qui vient d’être formée, et l’autre prête à tomber.

Les ongles sont extrêmement petits, mais ils sont fort aigus. Plusieurs espèces semblent en manquer au pouce et même aux autres doigts ; mais plutôt à cause de leur extrême petitesse que par leur absence totale. En effet, j’ai trouvé un ongle même au pouce rudimentaire d’une petite espèce de gecko de l’île de France , qui semble au premier aspect n’avoir que quatre doigts.

La plupart des espèces de cette famille offrent sous les doigts une disposition de pelotes assez singulière , et qu’on ne rencontre guère ailleurs (i). La peau, dans une partie plus ou moins considérable de la longueur des doigts, s’élargit et déborde beaucoup la largeur des phalanges ; il en résulte alors une sorte de disque dont la surface supérieure n’offre I rien de remarquable. L’inférieure, au contraire, est striée transversalement par des saillies squammiformes, séparées j par des sillons proportionnels et quelquefois divisées en deux

(i) Je dois cependant faire observer qu’il est quelques mammifères. ■ de l’ordre des rougeurs , etplusieurs oiseaux, qui offrent quelque chose ' d’analogue dans une disposition squammiforme du derme [et de l’cpii derme de la partie inférieure des doigts. Mais jamais ces espèces d’ecailles transverscs ne sont visqueuses , ni garnies de crochets.

DE 1,A l'EAL

Aganioïdes.

parties par une ligne longitudinale. Ces saillies du derme, qui s’imbriquent un peu, sont sans doute pourvues, dans une portion de leur surface et surtout dans leurs intervalles, de pores crypteux, ce que je ne puis absolument assurer; mais ce qu’il y a de certain , c’est que leur bord libre est armé dans toute sa largeur par une sorte d’ongle divisé en un très-grand nombre de dents de peigne extrêmement fines et un peu courbées à' l’extrémité.

La proportion de la disposition poreuse et de celle en crochets du disque des doigts des geckos , l’étendue de ce disque , la division ou l’intégrité des lames squammeuses qui la composent, le nombre même de ces lames, offrent des différences qui, combinées avec le développement des ongles, présentent des caractères propres à distinguer les espèces et même les sous-genres des geckoïdes.

Il est probable que la peau des geckos est pourvue de cryptes , puisqu’il paraît qu’elle exhale une humeur d’une nature vireuse ; mais je n’ai pu m’assurer de leur existence.

Un petit nombre d’espèces ont des pores fémoraux : ces pores diffèrent de ceux des autres sauriens que nous allons décrire tout à l’heure, parce que leur orifice est ovale.

Dans la famille des agames, qui renferme les caméléons, la peau est encore assez peu épaisse. Le derme est même trèsmince dans ces derniers, surtout aux endroits où il n’est pas renflé en petits tubercules. Ces saillies plus ou moins considérables simulent quelquefois des espèces d’écailles. Dans le caméléon elles ressemblent un peu à des têtes de clous; dans les agames proprement dits elles forment autour des oreilles des faisceaux d’épines. Le réseau vasculaii’e et le pigmentum sont au contraire fort épais, et plus que le derme lui-même. Quant à l’épidenne il est en général très-mince, si ce n’est dans les endroits où il recouvre quelque saillie du derme.

Ce grand développement du réseau vasculaire dans la peau des agamoïdes nous permettra jusqu’à un certain point d’ex-

DANS LES REPTILES ÉCAILLEUX

pliquer la singulière faculté dont jouissent la plupart des es>^ pèces de cette famille, et surtout les caméléons , de changer presque instantanément de couleur, suivant les circonstances extérieures excitantes ou débilitantes.

Le système de coloration des agamoïdes est en général unirforme, et quelquefois varié par plaques.

Les ongles sont souvent assez forts, quoique moins que dans la famille suivante, et ils sont en même nombre que les doigts.

On trouve assez souvent dans cette famille et dans celle des iguanes que l’enveloppe extérieure forme des expansions plus ou moins considérables, et quelquefois susceptibles de dilatation par l’introduction de l’air dans les poches internes qu’elle revêt. Dans ce cas il en résulte ce qu’on nomme goitre, qui se trouve toujours sous la gorge. La seule différence dans la peau qui les forme, c’est que le derme est en général plus mince et surtout plus élastique. D’autres fois ces prolongemens de la peau occupent la ligne dorsale, ce qui constitue une crête qui se prolonge plus ou moins, et peut être soutenue par des rayons osseux ou non : la struc-^ ture de la peau est la même que sur les autres parties du corps. Enfin dans le genre des dragons , la peau forme de larges expansions pleuro -gastriques un peu comme dans les polatouches, mais avec cette différence qu’elles sont i soutenues par les côtes, comme nous le verrons en traitant

I de l’appareil de la locomotion. J’ignore si la peau y offre ' quelques modifications; mais cela est peu probable.

La famille des iguanes et celle des tupinambis ont une peau ; fort épaisse, surtout à la queue. Le derme en fait la plus

II grande partie. Son tissu est serré; il est partagé en petits Il renflemens subsquammiformes régulièrement disposés, mais ( qui ne s’imbriquent pas. Le réseau vasculaire est évidem- I ment moins considérable. Le pigmenlum est souvent vivement coloré.

Iguanoïde»,

Laccrtoïiles.

l3(i DE LA I*E AU

Le syslème île coloration csl uiiilbrine dans les iguanes, et souvent varié par bandes verticales ou piqueté dans les lupinambis.

Les lausses écailles formées par l’épiderme prennent la même figure que les saillies du derme.

L’appareil crypteux général est nul; mais on commence à voir dans plusieurs espèces ce qu’on nomme des pores fémoraux. Ce sont de petits utriculcs ou cryptes cachés sous chaque tubercule écailleux du bord interne de la cuisse. Ils versent leur fluide par un pore distinct qui traverse le milieu de chaque écaille , et leur réunion forme une série longitudinale. Le nombre de ces pores est fixe pour chaque espèce.

Tous ces animaux ont autant d’ongles que de doigts, et ces ongles sont toujours très-forts, comprimés, arqués et aigus.

La peau des reptiles de la famille des véritables lézards diffère Jassez peu de ce que nous venons de voir dans la famille précédente ; c’est dans un assez grand nombre d’espèces de ce groupe que l’on commence à trouver toutes les parties inférieures du tronc et de la queue, couvertes de larges plaques squameuses tout-à-fait différentes des écailles qui recouvrent les parties supérieures, et qui sont plus ou moins imbriquées. Ces plaques ont alors une sorte de peaussier analogue à ce qui a lieu dans les couleuvres, etc.

Dans les espèces dont les pieds tendent à manquer ou manquent tout-à-fait, l’enveloppe devient de plus en plus protectrice ou squammeuse, comme cela se voit dans les scinques et dans les orvets.

On trouve même dans ces animaux une espèce d’écailles tiès-rapprochée de celles des poissons. Dans les scinques le derme est fort mince, et il est presque entièrement recouvert par de petites poches plates formées par les deux couches vasculaire et de pigmenlum. C’est dans chacune de ces

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poches que se trouve une écaille subosscuse, cassante, composée d’un nombre fixe de petites pièces parallélogrammiques, disposées sur deux rangs et d’une manière tout-ù-fait régulière.

La peau des orvets a beaucoup d’analogie avec celle des scinques : les écailles sont également dermiques, mais elles n’ont pas tout-à-fait la même structure. Elles sont très -adhérentes au derme.

Du reste la disposition du réseau vasculaire et celle du pigmentuin sont comme dans les familles précédentes.

Le système de coloration est plus ordinairement par bandes longitudinales ; mais il est aussi quelquefois uniforme.

L’âge paraît avoir une influence remarquable sur cette coloration de la peau. Ainsi dans les lézards proprement dits , il est plusieurs espèces qui passent par des couleurs et même des dispositions de couleurs toutes differentes de ce qu’elles seront dans l’état adulte.

Le climat , et surtout la chaleur et la lumière solaires influent aussi beaucoup sur la coloration des lézards.

L’épiderme en se moulant plus ou moins complètement sur les dispositions du derme, forme dans la plupart des espèces de ce groupe des plaques céphaliques affectant des formes et des dispositions différentes dans chaque groupe naturel, et même peut-être dans chaque espèce distincte.

Les ongles dans tes espèces qui sont pourvues de doigts sont encore assez forts, mais beaucoup moins que dans les deux familles précédentes. Dans les scinques et surtout dans les chalcides , les seps, etc., ils diminuent de plus en plus, et tendent même à disparaître.

On trouve encore dans tous tes véritables lézards les pores fémoraux dont nous avons parlé dans la famille précédente.

Le sous-ordre des ophydiens offre une enveloppe de plus en plus protectrice et par conséquent moins sensible.

Le derme est cependant en général assez peu épais, et

Dans les ophydiens.

DE LA EEAU

surtout son tissu est peu dense , peu serré. J’ai observe qu’au cou, toujours fort long dans ces animaux, ce peu de densité du tissu du derme est surtout fort remarquable, il est même notablement élastique daus les boas, les couleuvres, les vipères et les serpens à sonnettes.

Ce derme est très-rarement lisse à sa surface extérieure ; il présente le plus ordinairement des saillies de figure un peu variable, quelquefois carrée, le plus souvent ressemblant à des feuilles de myrte , ce qui contribue à former ce qu’on nomme les écailles.

Le réseau vasculaire m’a paru fort peu considérable.

Le pigmentum existe d’une manière manifeste , et il varie beaucoup en couleur. En effet dans ce groupe d’animaux on remarque toutes les espèces de couleurs et toutes leurs nuances, souvent extrêmement vives.

Le système de coloration est aussi extrêmement varié, et l’on trouve à peu près toutes les sortes.

L’épiderme, généralement assez épais, suit ordinairement toutes les formes de la superficie du derme, mais quelquefois il les dépasse beaucoup , et alors il en résulte des écailles véritablement imbriquées.

Tous ces animaux, comme les reptiles en général, changent la totalité de leur épiderme à la fois , et alors leurs couleurs paraissent plus vives.

Un très -petit nombre offre de véritables ongles, à moins qu’on ne regarde comme tels l’écaille conique qui recouvre l’extrémité du corps de plusieurs espèces de serpens, ou mieux peut-être le cône corné qui revêt les crochets des boas.

Je ne connais pas de cryptes généralement répandus dans toute la peau des serpens , et quoique certaines espèces de couleuvres et les serpens à sonnettes exhalent une odeur pénétrante , elle ne paraît pas due à un fluide sécrété par des organes particuliers.

DANS LES REPTILES ÉCAILLEUX. 13g

On trouve dans les simanes et les amphisbènes des premiers genres de ce groupe, des pores analogues à ceux qui existent aux cuisses de plusieurs sauriens; mais ils ne pouvaient se trouver à la même place; et c’est sous chaque écaille qui borde en avant l’orifice de l’anus qu’ils se remarquent. Leur réunion forme un fer à cheval. Quant à leur structure elle est la même que celle des pores fémoraux.

Il existe dans un assez grand nombre d’espèces un peaus-r sier composé de fibres longitudinales et parallèles, n’oc-r cupant peut-être pas toute la surface squammifère : du moins il est bien évident sous les plaques abdominales, au bord antérieur de chacune desquelles il s’attache successivement , en allant d’arrière en avant.

Les différences qu’offrent les serpens dans les différentes parties de leur enveloppe extérieure j sont en général assez peu considérables , si ce n’est peut-être dans la forme des saillies du derme et de l’épiderme, et ces différences ont beaucoup d’analogie avec ce que nous avons vu dans le sousordre des sauriens.

On trouve en effet chez eux des plaques proprement dites, c’est-à-dire des renflemens très-peu saillans , quelquefois petits et égaux, et plus souvent encore proportionnellement beaucoup plus larges les uns que les autres, et dont aucune partie de la circonférence ne déborde.

On y voit aussi de véritables plaques, quant à la grandeur proportionnelle, mais dont le bord postérieur est libre dans une étendue plus ou moins considérable, et alors il s’imbrique sur l’écaille voisine : c’est sous le ventre que cette espèce se trouve.

Mais le plus souvent ce sont de petites saillies squammiformes , c’est-à-dire qui débordent plus ou moins à leur extrémité postérieure, de manière à former des écailles imbriquée.s.

Ces écailles, de forme variable, peuvent être lisses, ou

DE LA PEAU

l/fO

relevées dans leur milieu par une ligne saillante; ce sont les écailles carénées.

Il est rare de trouver que tout le corps soit entièrement couvert de la même sorte de renflement squammeux. »

Souvent la tête est revêtue de grandes plaques dont la Ibrme et la disposition ont quelque chose de fixe. Je les divise de même que dans les chéloniens et dans les sauriens en prœmaxillaires i maxillaires, mandibulaires , ou labiales, nasales, inter-nasales, frontales , lacrymales, onantorbitaires, sourcilières, postorbitaires, interorbitaires, pariétales et occipitales. Leur dénomination- les définit suffisamment.

Souvent aussi les parties inférieures du tronc, depuis l’angle des mâchoires jusqu’à l’extrémité de la queue, sont revêtues de plaques simples ou de plaques squammiformes,. qui occupent une plus ou moins grande partie de leur largeur.

Elles ne forment ordinairement qu’un rang; mais il arrive aussi qu’elles en forment deux, comme sous la queue des , couleuvres et sous le cou de quelques espèces.

Les zoologistes font la plus grande attention à la combinaison de ces plaques et à leur forme pour la distinction des genres et des espèces. Quant au nombre des plaques abdominales et caudales dont on a voulu également se servir pour la distinction des espèces de couleuvres, de vipères, il est certain qu’il varie un peu avec l’âge.

D. Dans la classe des reptiles nus ou amphybiens.

Différences gé- La scconde classe des reptiles ou celle des nudipelliféres,

nérales. ^ ^

comme l’indique le nom classique que je leur ai donné, doit offrir des différences notables dans la structure de l’enveloppe cutanée ; en effet elle devient presque subitement dépouillée de véritable épiderme , de tout appareil phanéreux; au contraire l’appareil crypteux se développe eu rapport in-

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