DANS LES REPTILES NUS OU AMPHYBIENS
verse, au point que la peau devient presque semblable à la partie de l’enveloppe générale que nous connaîtrons sous le nom de membrane muqueuse.
Quoique dans la première famille de cette classe la peau soit presque entièrement séparée des tissus sous-jacens; ce- I pendant dans toutes les autres elle est parfaitement et complètement adhérente.
Le derme est en général assez épais, mais assez peu dense et d’un tissu peu fibreux.
La membrane vasculaire est considérable, aussi le système 1 vasculaire qui se rend à la peau est-il proportionnel.
Le pigmentum est généralement assez épais, du moins dans lies parties vivement colorées. On trouve qu’il peut offrir ^presque toutes les couleurs, et les plus brillantes.
Le système nerveux est probablement aussi assez développé , à en juger par la quantité de nerfs qui se rendent à la ^ peau ; mais il n’y forme pas de papilles.
Quant à l’épiderme, il paraît être tout-à-fait nul, et n’être : formé que par une couche de mucus adhérente : cette couche ^se détache de temps en temps, et l’animal la rejette comme 1 les serpens font de leur épiderme.
Jamais il n’y a de traces de poils ni même d’ongles (i).
Les cryptes de la peau sont au contraire excessivement r nombreux, et en effet le derme est percé d’un très-grand L nombre de pores , comme les feuilles du mille-pertuis. Le I; fluide qu’ils sécrètent est presque entièrement muqueux.
Il n’y a plus de peaussier.
Les différences que l’enveloppe cutanée de ces animaux f peut présenter ne sont pas considérables.
(i) J’ai vu cependant quelques espèces chez lesquelles par la macér ration il tombait de l’extrémité de trois doigts seulement de petits * étuis coniques , comme de l’extrémité de la queue de quelques serpens : c ce sont réellement des espèces d’ongles.
Différences
spéciales.
DE LA PEAU
Dans les batraciens.
A peine y a-t-il un peu moins d’épaisseur dans les parties inférieures du tronc et internes des membres : les espèces cependant qui ont quelques tubercules les ont plus nombreux et plus gros en dessus qu’en dessous.
L’âge n’apporte pas non plus des différences bien sensibles, autres que celles qui sont générales à tout le type, ou bien elles tiennent à ce que l’animal n’a pas pendant une partie de sa vie active la forme qu’il aura dans le reste , comme dans les têtards des véritables batraciens qui ont une queue qu’ils perdront par absorption , à un âge plus ou moins avancé.
Comme ces animaux vivent pour la plupart dans l’eau , dans des lieux humides, ou ne sortent que la nuit, la considération du séjour n’entraîne pas de différences un peu notables. Cependant les espèces évidemment terrestres ont la peau plus dense, plus tuberculeuse que les autres.
Les plus grandes différences peuvent mieux être rapportées à chaque groupe.
Dans l’ordre des batraciens proprement dits , la peau offre cette singulière disposition de n’adhérer que vers l’attache des membres, de manière à pouvoir être aisément insufflée comme un sac : elle forme rarement des prolongemens tentaculaires, comme dans le pipa, mais plus souvent des expansions interdigitales dans toutes les espèces essentiellement aquatiques.
Les pipas ont du reste cette peau plus sèche même que les crapauds; elle est couverte d’un très-grand nombre de petits tubercules ou grains, comme crétacés.
Les crapauds ont la peau plus molle et souvent renflée par des amas de tubercules plus ou moins considérables. Les cryptes qui les forment paraissent produire un fluide particulier.
On remarque surtout en arrière de chaque œil un amas de cryptes dont les orifices sont très- visibles; c’est ce qu’on nomme des glandes parotides.
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Les grenouilles ont la peau beaucoup plus lisse, et n’ont I pas ces espèces de parotides.
La peau des rainettes est encore plus lisse ; elles n’ont pas non plus de parotides; mais l’extrémité de leurs doigts est I renflée en dessous en pelotes transverses , qui forment comme ide petits coussinets. Le derme y est évidemment plus pulipeux qu’ailleurs : au-dessous est un petit amas presque entièrement vasculaire, ce qui fait présumer qu’il se produit à la surface de la peau une certaine matière visqueuse ; mais je n’ai pu voir les cryptes ni les pores.
Dans la famille des pseudo-sauriens qui comprend les sa- . Dans
^ 1 r les pseuüo*
lamandres , les protécs et les sirènes, le derme devient de saunens :plus en plus gélatineux, moins fibreux ; il est fortement ad- ;bérent aux tissus sous-jacens.
Dans les salamandres terrestres et aquatiques , la peau est encore comme finement granulaire; dans les premières il y a des glandes parotides qui n’existent plus dans les autres.
Mais ce que les dernières offrent de plus remarquable, c’est que chaque année, à l’époque des amours, il pousse dans toute la ligne dorsale du corps et de la queue des individus mSles, une crête molle fort large qui disparaît et s’absorbe quand i l’acte de la reproduction a été exécuté, à peu près comme la I queue des têtards de grenouilles.
Les cryptes nombreux du reste de la peau versent une humeur blanchâtre.
1 Dans les protées, la peau est presque entièrement gélaj tineuse et transparente ; le derme est cependant assez épais ;
I il est percé par un très-grand nombre de petits trous dans ! chacun desquels est logé un crypte muqueux.
I Je n’ai pu du reste y démontrer de pigmentum ni d’épi- I derme véritable.
Le derme m’a semblé tapissé dans toute son étendue par une couche musculaire fort mince.
Je n’ai pas fait l’anatomie de la peau de la sirène; mais il
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est plus que probable qu’elle ne doit pas différer beaucoup de celle des salamandres, non plus que celle de la cæcilie qui est entièrement nue et visqueuse.
E. Dans la classe des poissons.
Sous le rapport de l’enYeloppe générale , considérée comme nous le faisons ici, les poissons offrent extrêmement peu de ressemblance et bien plus, souvent dans un même groupe générique , conçu, il est vrai J un peu largement et à la manière linnéenne , ou trouve des différences notables, surtout dans l’appareil de protection.
DiHërences gé- Qu peut Cependant dire que, dans cette classe, le derme ordinairement fort adhérent aux tissus sous-jacens , n’en est jamais assez séparé pour être mobile; que lorsqu’il ne présente pas quelque chose d’anomal ou d’extraordinaire il est beaucoup plus muqueux ou gélatineux que fibreux; que son tissu est peu serré, et que le pigmentum est souvent nacré, et l’épiderme proprement dit fort mince et peut-être nul.
C’est à la surface de ce derme que se développe l’appareil protecteur le plus ordinaire dans les.poissons, ou ce qu’on désigne sous le nom d’écailles ; elles n’ont pas de bulbe producteur comme les poils et les plumes; elles ne sont pas formées par le pincement du derme, comme dans la plupart des reptiles, mais plus ou moins adhérentes au derme, elles sont renfermées et libres en grande partie dans une sorte de poche trèsaplatie formée par un pincement de la membrane vasculaire et du pigmentum ; aussi faut-il déchirer cette poche pour les en faire sortir. Elles me paraissent produites par la face interne de la poche vasculaire et composée de cônes excessivement aplatis, et chacun d’eux de lignes cornées, muqueuses, qui s’irradient en partant d’une base plus ou moins élargie, suivant la forme de l’écaille, qui est excessivement variable.
Le réseau vasculaire est donc souvent assez abondant.
Le pigmentum, qui peut offrir les couleurs les plus vives et tous les systèmes de coloration, est souvent d’une belle couleur d’argent ou même d’or.
L’épiderme proprement dit est fort mince ou mieux peutêtre tout-à-fait nul.
On ne trouve jamais dans cette classe de véritables poils j tels que nous les avons définis, mais bien des saillies de la |)artie solide du derme , d’où il résulte des espèces de poils, de piquans ou même d’appendices^ comme dans une singulière espèce de syngnathe des mers de la Nouvelle-Hollande ou des cornes, comme dans plusieurs coffres, ou des espèces de lames tranchantes , comme on en voit de chaque côté du pédicule de la queue dans plusieurs espèces de balistes, de chætodons.
L’appareil crypteux est au contraire fort considérable ; du moins s’il en faut juger par la grande quantité de mucus qui lubréfie le corps d’un assez grand nombre de poissons ; car il est difficile de démontrer les cryptes eux-mêmes. On voit souvent des pores que l’on croit verser cette mucosité , rangés d’une manière symétrique autour de la tête ou sur les côtés du corps, le long de la ligne latérale.
Je ne connais aucun poisson qui offre des traces d’un peaussier général, ni même de peaussier spécial.
Ce que je viens de dire de général sur la peau des pois- différences sons appartient à ce qu’on peut appeler l’état normal de la rSiê^iVpeaiK classe ; mais il y a un grand nombre d’anomalies qu’il serait bien long de faire connaître, d’autant plus qu’elles ne sont en rapport avec aucune de < nos considérations habituelles. '
Nous allons donc nous borner à l’exposition des principales , en les rangeant sous un certain nombre de types généraux.
On trouve quelquefois que la peau est nue, extrêmement visqueuse, visqueuse, et presque entièrement gélatineuse, comme dans les inyxinés, les lamproies, les cycloptères et les baudroies; le derme est alors assez épais, mais presque gélatineux.
DE LA PEAU
Wiie.
Lisse.
Squammeuse.
Squammos-
:seuse.
Dans un plus grand nombre de cas elle est encore nue , du moins en apparence et dans l’étal Irais, car à l’état sec on commence à y apercevoir de très-petites écailles ; mais elle est dcjA un peu moins visqueuse ; les anguilles , les murènes , les murénophis , les blennies, plusieurs espèces de silures, les loches , etc. , ont une peau de cette espèce dont le derme épais est fort résistant.
Une autre espèce de peau que l’on rencontre encore dans un assea grand nombre de poissons , et surtout sous le ventre, est celle dans laquelle il n’y a pas d’écailles distinctes, mais qui est couverte d’un épiderme lisse au-dessus d’un pigmentum ordinairement nacré, et qui n’est par conséquent pas visqueuse. Les maquereaux, les chimères, les xiphias, Irichiures, styléphores, gasterostées, et même les rémoras ou échènes , sont dans ce cas.
La quatrième espèce est la peau normale des poissons, celle qui est régulièrement squammeuse et qui se trouve dans la plus grande partie des espèces de poissons abdominaux et thoraciques, comme les saumons, les harengs, les carpes, les perches, les spares, les labres, les scares, etc.
Il faut en distinguer peut-être la peau dans laquelle les écailles sont beaucoup plus adhérentes et finement dentelées à leur bord libre, comme dans la nombreuse famille des chælodons.
Je donnerai le nom de peau squammosseuse à celle dont les écailles ont une forme assez normale, mais qui sont plus ou moins osseuses. La peau des lepisostées est dans ce cas, ainsi que celle d’un assez grand nombre d’espèces de trigles, de cottes, de silures et même de gaslérostées.
Les balistes doivent aussi être rapprochés de celte section ; leur derme est fort mince, blanc, très-vasculaire. La partie qui passe sur. les écailles pour les comprendre dans son intérieur, est extrêmement mince et difficilement perceptible.
La peau est quelquefois solidifiée par la réunion de pièces
Osseuse.
DANS lES POISSONS,
complètement osseuses , ou seulement mucoso-cornées et très-dures; mais ces pièces n’ont pas la forme d’écailles , et ne s’imbriquent pas; elles se réunissent au contraire par leurs bords de manières assez variables, et il en résulte une sorte de carapace solide et fort dilficile à entamer : telle est la peau des ostracions ou coffres, de quelques diodons, des syngnathes, des hippocampes et même des esturgeons.
Dans les ostracions le derme, est fort épais; il est, dans la plus grande partie de son étendue , solidifié , épaissi par des espèces d’iiexagones plus ou moins réguliers, et séparés par un très-petit espace de peau un peu flexible; ainsi il doit y avoir une certaine mobilité entre les pièces de ce coffre. Ces hexagones sont composés d’une pièce centrale autour de laquelle se rangent six pièces triangulaires sommet tronqué , dont la base forme le côté de l’hexagone, et dont la surface est hérissée de petits tubercules; en dehors de la partie du derme qui les recouvre est un pigmentum d’un blanc argenté.
Dans les syngnathes, c’est à peu près la même structure générale, de même que dans les hippocampes qui semblent avoir le corps enveloppé par une sorte de squelette; mais dans ces derniers, les tubercules osseux de la peau sont fort singuliers et beaucoup plus solidement réunis; d’une pointe médiocre assez courte, il en naît quatre autres à angles droits qui ont des formes et proportions diflerentes ; elles vont se rejoindre et s’appliquer contre les correspondantes d’un tubercule voisin, en avant, en arrière, en dessus et en dessous; et comme ces tubercules se disposent par rangs aussi nombreux qu’il y a de vertèbres, il en résulte que le corps a sept côtés, parce que le nombre des tubercules est de sept à la poitrine, et que la queue est tétragone parce qu’il n’y en a que quatre dans cette partie.
Les esturgeons ont aussi une peau solidifiée par de larges plaques véritablement osseuses, qui sur la tête se rapprochent assez en s’imbriquant, ou en se pénétrant, pour former un