‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 31 sur 68 · JO · texte numérisé non relu

JO

DE LA PE AO

Rude.

casque presque complet. Au corps , au contraire, ces plaques se disposent par rangées longitudinales qui lui donnent un peu aussi une forme polygone.

La solidité et l’ossification de ces parties du derme sont d’autant plus remarquables dans ces 'poissons, que le véritable squelette est tendre et cartilagineux.

Dans une espèce de trigle la tête est recouverte par des pièces osseuses , jointes par des sutures dentelées comme les os du crSne de l’homme, en sorte qu’il semble que le crâne soit tout-à-fait à découvert; et en effet le nombre de ces pièces est fixe , et elles sont rangées d’une manière bien régulière.

Enfin la dernière espèce de peau qu’on trouve dans les poissons est la peau rude, c’est-à-dire celle dans le tissu de laquelle il se développe des tubercules plus ou moins osseux , le plus souvent fort pointus et quelquefois ayant quelque chose de la forme des écailles; ils sont toujours profondément implantés et par conséquent très- adhérens. On remarque cette espèce de peau dans un grand nombre de poissons cartilagineux, mais avec des différences spécifiques assez nonibieuses.

Je rapporte à cette espèce la peau des tétraodons et des diodons.

Dans ce groupe , le derme dans l’état ordinaire est épais , et à ce qu’il paraît fort extensible; il est évidemment trèsfibreux, et ses fibres sont croisées dans tous les sens. C’est dans les couches de ce derme que sont implantés les piquans ou épines qui arment la peau ; ils sont calcaréo-cornés, fort durs , triquètres et élargis à leur base par trois apophyses dont l’antérieure est la plus courte ; c’est à elle que s’attachent quelques fibres musculaires des muscles de l’abdomen. Au-dessus du derme est un pigmentum nacré et un épiderme extrêmement mince.

‘ Les piquans dans le repos sont couchés comme des poils,

DANS LES ÏOISSONS.

et presque cachés dans une gaîne que leur forme la peau , et ce n’est que par le gonflement du corps , suivi de l’action du petit muscle de la base, qu’ils se redressent.

Dans les diodons les'piquans de la peau ont la même structure, mais il n’en existe qu’à l’abdomen, et ils sont beaucoup plus petits. *

Toute la famille des sélaques a aussi une peau de cette nature. Mais les parties dures qui la rendent plus ou moins rude sont extrêmement variables pour la forme, pour la disposition , et même pour la distribution. Quelquefois extrêmement fines et à peine perceptibles , le plus souvent elles forment des pointes dures, plus ou moins recourbées en arrière, et dont la base élargie est ordinairement divisée en plusieurs petites racines et fort adhérentes au derme. Dans quelques espèces ce sont des espèces de gros tubercules, comme dans la ligne dorsale de la raie séphen; d’autres fois elles sont un peu aplaties , imbriquées comme dans les roussettes , et surtout dans le squale humantin , qui fournissent ce que les ouvriers nomment peau de chien de mer. Dans le squale bouclé , les piquans de la peau se rassemblent et forment des groupes ou de petites plaques.

Dans la raie bouclée , ce qu’on nomme les boucles ne sont ! autre chose que de ces parties dures de la peau; elles sont formées par une base très-large, en partie creuse, d’un tissu et de nature crétacée , du milieu de laquelle s’élève un crochet I pointu beaucoup plus dur et un peu translucide.

Ces tubercules épineux du derme des sélaques ne varient I pas seulement suivant l’espèce, ils diffèrent aussi suivant la ! place qu’ils occupent sur le même animal : ainsi ceux de la 1 ligne dorsale et caudale sont toujours les plus gros; il en est souvent de même de ceux qui sont au-dessus des yeux. Plusieurs espèces, comme les pasténagues et les raies aigles,

■ ont à la queue un ou deux aiguillons encore beaucoup plus disproportionnés, de forme variable, souvent dentelés sur

iSo liE l\ T>ÈAU

les bords, et qui leur servent d’arme offensive ; ils sont en-» tièreinent calcaires.

Il y a même des différences qui tiennent au sexe. En effet, dans un assez grand nombre de raies, on trouve que les individus mâles ont sur la peau de l’extrémité des nageoires pectorales, des rangées d’aiguillons recourljcs qui n’existent pas dans les femelles.

Nous plaçons également dans cette espèce de derme des poissons, celui qui revêt le cycloptère lump et un grand nombre de lophies.

Différences D’après ce que nous venons de dire sur les principales

Spéciaips dpns ^ ^

la peau^.^sui- modifications que la peau peut offrir dans la classe des poissons, il est aisé de voir que ces différences ne sont que fort Dégroupé, peu en rapport avec les groupes zoologiques; on pourra cependant faire l’observation que les espèces qui appartiennent à la sous-classe des poissons cartilagineux p’onl jamais de peau véritablement écailleuse; Inais qu’elle est nue, rude ou couverte de boucliers osseux. Il en est de même de la dernière section de la première sous-classe , que j’ai désignée à cause de cela par la dénomination d’hétéroderrries ; ce ne sont pas non plus de véritables écailles qui recouvrent la peau , mais des plaques losangiques, hérissées de soies, comme dans les halistes, des plaques polygones, comme dans les coffres, des aiguillons, comme dans les tétraodons, ou enfin des plaques tuberculeuses irrégulièrement éparses, comme dans les lumps.

Dans tous les autres poissons, ou bien la peau est nue, lisse , muqueuse ou non , ou les pièces solides qui la revêtent , qu^elles soient cornéo-muqueuses ou calcaires, sont toujours disposées en écailles , dont la forme, la solidité, la grandeur, sont susceptibles des plus grandes variations, ta partie du On remarque dans la plupart de ces animaux quelques différences dans l’enveloppe cutanée, suivant la partie du corps qu’elle recouvre ; mais elles ne sont pas fort considé-

DANS lES POISSONS. l5l

rables; à peine le derme est-il plus épais en dessus qu’en dessous; il est plus mince sur la tête, et surtout entre les rayons des nageoires où il devait être flexible; c’est ce qu’on voit très-bien dans les poissons volans. Il est fort rare que dans les espèces écailleuses il existe des écailles sur la peau des nageoires et même sur celle de la tête : cela est cependant plus commun pour celle-ci.

Très-souvent les écailles qui bordent la ligne. latérale diffèrent des autres par quelque caractère de forme, de grandeur ou d’épaisseur. Souvent elles sont percées chacune d’un petit orifice, ce qui forme une série plus ou moins droite, étendue de la tête à la queue , et dont la considération ne laisse pas que d’être assez importante en zoologie.

L’habitation des poissons paraît avoir quelque influence sur la nature de leur peau ; aussi les espèces qui vivent dans la vase ont ordinairement la peau nue et plus ou moins visqueuse, comme les blennies, les anguilles, les lamproies les espèces au contraire qui vivent plus ou moins à la surface des eaux, qui font de grandes courses, ont la peau dure et couverte d’épines ou d’écailles.

On peut faire la même observation pour la forme. Un poisson anguilliforme a le plus souvent la peau nue.

Quant aux couleurs et au système de coloration de la peau des poissons, il serait difficile de trouver quelque chose qui leur soit propre. On remarque en effet dans ces animaux toutes les espèces de couleurs et toutes les nuances et mélanges dont elles sont susceptibles; ce qu’elles ont d’assez remarquable cependant est leur fugacité, telle que souvent elles changent beaucoup ou même disparaissent avec la vie, ou seulement en sortant l’animal de l’eau.

La disposition générale par laquelle les parties supérieures du corps sont presque toujours plus vivement colorées que les inférieures qui sont le plus souvent blanches, se remarque presque constamment dans les poissons et même dans les

L’habitation.

La forme.

Dans la coloration.

DE LA PEAU

espèces qui nagent sur le flanc; c’est le côté qui est exposé à la lumière qui est coloré, comme dans les pleuronectes.

D’après cette observation il est aisé de voir que le climat doit avoir une grande influence sur la coloration de la peau des poissons ; et en effet les espèces des pays chauds ont en général des couleurs plus variées et plus vives que celles des mers polaires.

J’ignore si l’âge et les sexes exercent aussi une influence sur la couleur de la peau des poissons ; mais cela ne paraît pas probable.

Quant aux systèmes de coloration on trouve dans celte classe toutes les espèces que nous avons établies; et quoiqu’on remarque aussi que chaque famille naturelle en affecte une particulière, cela est peut-être moins évident que dans les deux premières classes d’animaux vertébrés.

Des (liK'etenccs Nous avons délà fait remarquer que l’épiderme propre-

clans le système •* T T r r i

cZu*jcïïii sys- GSt uul OU presquc nul dans les poissons , ou qu’il

terne lacunaire, ggj. remplacé par une sorte de mucosité. Il faut cependant

regarder comme lui appartenant l’espèce de couche lisse et transparente qui recouvre la peau des maquereaux, des xiphias, et de tous les poissons dont la peau est lisse sans être muqueuse.

Comme cette mucosité qui lubréfie. l’enveloppe cutanée des poissons est beaucoup plus abondante dans certaines espèces que dans d’autres, on est porté à croire que le nombre des cryptes qui la produisent est bien plus considérable dans les premières. On trouve en effet que les myxinés, les lamproies, les anguilles, les blennies, lesgymmoles électriques, poissons en général très-visqueux , présentent , sur la tête , les mâchoires, et dans la longueur de la ligne latérale, un plus ou moins grand nombre de trous ou de pores arrondis, bien symétriquement disposés, que l’on regarde généralement comme la source de la viscosité; mais cela n’est rien moins que certain, car je n’ai pu apercevoir de cryptes autour de

ces pores, et il semble que toutes les parties de la peau l’excrètent au lieu d’épidemie. A plus forte raison n’est-il pas évident que les lacunes singulières que l’on voit sous le derme même d’un assez grand nombre de poissons, et qui se prolongent souvent dans toute la longueur de leur CK)rps, appartiennent à l’appareil crypteux. Nous allons çependant en dire quelque chose ici. Nous prendrons pour exemple ce qui existe dans le congre {murœna conter. Linn. ). Dans ce poisson on voit de chaque côté du museau un nombre fixe de pores , ou mieux, d’orifices béants disposés symétriquement à droite et à gauche : c’est le commencement des canaux, souvent sous-cutanés, quelquefois cartilagineux, quelquefois même inter-osseux qui régnent dans toute la longueur de l’animal, en se renflant d’espace en espace, et en offrant aussi des orifices extérieurs plus ou moins serrés. L’intérieur de ces canaux est tapissé par une membrane muqueuse assez vasculaire , mais qui n’est pas plus crypteuse que les membranes de cette espèce; et en effet la cavité qu’elle forme est toujours entièrement vide ou seulement pleine d’air, comme lledi l’a fait observer depuis longtemps.

Cette grande lacune , ou cette espèce de canal est simple , de chaque côté dans toute la longueur du corps ; mais elle commence en avant ou à la tête par une double racine , l’une supérieure , et l’autre inférieure.

La racine supérieure est elle -même formée de deux branches, l’une frontale, et l’autre maxillaire ; la première commence en avant, en dedans du tube des narines, par trois grands orifices à bords saillans placés verticalement d’avant en arrière; le canal dans lequel ils s’ouvrent communique bientôt dans une poche ovale située sous la peau , audessus de celle des narines, mais sans avoir de communication avec elle; il se prolonge ensuite dans un espace interosseux, et enfin se termine à la racine du front, dans un

D.Tns le congre, A la Içte.

l54 I-A. TE ATI

sinus médian assez large et sous-cutané, formant en arrière dans la ligne médiane, un cul-de-sac. Au côté un peu externe de la paroi inférieure de ce sinus, est de chaque côté un trou inter-osseux, ovale : le canal s’y continue; mais il en sort bientôt, redevient sous-cutané, et forme en arrière de l’œil trois'dilatations ou poches placées l’une au-dessus de l’autre : la première ou supérieure est la plus grande; la troisième ou inférieure a un très-grand orifice à son côté externe et postérieur. C’est dans cette dernière poche que vient se terminer, par un canal sous-orbitaire étroit, la branche maxillaire de la racine supérieure, qui avait commencé par un orifice rebordé à la racine du tube de la narine, et s’était renflée en trois petites poches en avant de l’œil. De cette poche angulaire , post-orbitaire , naît plus profondément un canal assez long qui remonte de bas en haut, et d’avant en arrière sur les côtés du erône jusque vers la nuque; il est d’abord renfermé dans un véritable tube cartilagineux situé derrière l’œil; il devient ensuite inter-osseux dans l’apophyse orbi taire externe, puis dans les parois mêmes du crâne, où il se place au côté externe de la cavité auditive, mais sans communiquer directement avec elle; à sa sortie des os entre le pariétal et l’occipital, il est de nouveau continué dans un tube cartilagineux presque droit, qui traverse les fibres du muscle temporal, et qui s’ouvre par un oriflee arrondi , bien distinct, un peu saillant dans un second sinus placé à la nuque, et dans lequel vient aussi se terminer la racine inférieure de chaque ligne latéralé.

Cette racine inférieure n’a qu’une branche; elle commence vers l’extrémité antérieure de la mâchoire à son bord un peu externe ; les cinq premiers renflemens que le canal forme sont sous-cutanés, et chacun avec un orifice, mais non rebordé; la prolongation du canal devient fort étroite et inter-osseuse entre le cinquième et le sixième renflement, De septième et le huitième forment des poches placées près-

DANS LES rOISSONS. ^ 55

«^iie sur l’opercule ; elles se dirigent en haut et d’avant en ar*irière; le canal devient de nouveau inter-osseux entre le ■sixième , le septième et le huitième renflement; enfin de ce dernier part un assez long canal cartilagineux, formant une sorte de canal auditif qui vient aussi s’ouvfir dans le sinus occipital.

Ce sinus est en effet placé en dessus et de chaque côté de l’occiput : il est assez grand, triangulaire et sous-cutané. Nous connaissons déjà deux des orifices qui s’y ouvrent; il y en a encore deux autres. L’un , supérieur ou interne ; il est à l’extrémité d’un tube cartilagineux fort court, cylindrique, qui se porte directement vers la ligne médiane; le canal qu’il contribue à former se prolonge dans un autre tube également cartilagineux, et se termine enfin au sinciput, dans un renflement sous-cutané médian , et percé d’un orifice également médian. Ainsi le système lacunaire d’un côté, communique avec celui de l’autre en cet endroit. Enfin le quatrième orifice du sinus latéro-occipital est postérieur : il s’ouvre en effet dans un tube sous-cutané, fîbro-carlilagineux qui descend d’abord, et qui, lorsqu’il est parvenu vers le milieu des flancs, se continue dans toute la longueur du corps. Ce canal est composé de petits tubes cartilagineux placés bout about; etcommechacun est cchancré en dehorsà ses extrémités, c’est dans les espaces membraneux qui remplissent ces échancrures, que se trouvent les petits trous ou pores de la peau qui forment une série longitudinale. Au reste, ce canal latéral ne contient pas davantage d’humeur muqueuse que ceux de la tête.

Lorsque ce sinus est parvenu vers le milieu des flancs, il se continue en un canal qui règne dans toute la longueur du poisson ; il est pour ainsi dire formé de plusieurs tubercules durs, entre lesquels saillent des espèces de papilles perforées. En insufflant la cavité occipitale , on gonfle le sinus et son canal, et l’air^ne sort que par les trous des papilles : mais ce

Au corps.

DE LA PEAU

Dans les autres poissons, et de la ligne lalcrale.

Dans les se'- Jaques.

qu’il y a de singulier, c’est que ces lacunes de la peau sont toujours vides, et ne contiennent aucune humeur muqueuse.

Dans les autres poissons , il paraît que cette grande lacune céphalique et latérale existe également, et comme les pores externes sont percés dans les écailles, il en résulte une disposition extérieure du corps du poisson , à laquelle on donne le nom de ligne latérale , et dont la considération est de quelque importance en ichthyologie. En effet, les écailles qui la forment ont presque toujours quelque chose de différent des autres pour la grandeur et la figure. Cette ligne latérale externe concorde quelquefois exactement avec la ligne de séparation du muscle long dorsal , et du sacrolombaire, et alors elle est droite dans toute sa longueur, et accompagnée par un nerf qu’on a cru lui être particulier, fort à tort, comme nous le verrons plus tard. Mais le plus souvent la ligne latérale est plus ou moins courbe à son origine, surtout ; car il est rare que vers la queue elle ne devienne pas tout-à-fait droite , et alors dans sa partie courbe elle ne suit plus la ligne de séparation musculaire, et n’est plus accompagnée par le nerf. Quelquefois la ligne latérale véritable ne correspond pas du tout à la ligne de séparation des muscles, et il semble qu’il ait deux lignes latérales, comme dans le cyprin biponctué.

Dans les sélaques, c’est-à-dire dans les raies, les squales et les chimères, cet appareil lacunaire forme à la tête des canaux extrêmement sinueux qui en occupent aussi les deux faces avant de se continuer dans la ligne latérale, mais avec une disposition souvent assez anomale. Dans les raies, par exemple, la manière dont la tête est embrassée par le prolongement antérieur des membres , a nécessité la position de ces canaux tout-à-fait en dessus et en dessous. La partie inférieure esl la plus compliquée ; elle commence à la pointe du museau par deux tubes presque parallèles : l’interne va se terminer tout entier dans un très-petit sinus

iB'j

médian situé au-devant de la lèvre supérieure; l’externe, après deux gi-andes sinuosités, se divise une première fois 'pour fournir un rameau récurrent en avant, et qui sert de continuation avec la partie supérieure; puis après un court trajet il se partage de nouveau en deux branches , dont l’une^ interne, se porte transversalement à travers le lobe de la lèvre supérieure dans le sinus médian, et l’autre se prolonge beaucoup en arrière, en formant une grande anse sinueuse; enfin, parvenu en avant dans la substance gélatineuse qui sépare le prolongement de la nageoire de celui du vomer, il la traverse comme son premier rameau , et s’abouche avec la partie supérieure du système. Celle-ci est donc formée de >dcux racines, l’une interne et l’autre externe , qui se dirigent ià peu j)rès parallèlement, en se renflant en une sorte de vé- .sicule allongée avant de se porter en arrière de l’œil.

Dans les squales, le système lacunaire est beaucoup plus simple, mais à peu près le même; il n’y a inférieurement qu’une seule racine, et point de sinus médian servant de communication , d’un côté à l’autre. Au-dessous de l’œil, ce icanal radical, après quelques inflexions, se divise en deux [branches, l’une post-orbitaire, et l’autre, récurrente, qui se [porte en avant, se recourbe en dessus, et s’abouche avec la r racine de la partie supérieure.

Dans la chimère , la saillie de ces tubes sous la peau les rrend beaucoup plus évidens; et l’on y reconnaît aisément iiune disposition fort rapprochée de ce que nous avons dél' Crit dans le congre. Ainsi il y a une racine tout-à-fait supéjtrieure, et une latérale qui commence par plusieurs branches jl labiales : le canal de réunion entoure l’œil à sa partie inféjrrieure et postérieure; arrivé aux côtés de l’occiput, il fournil !ien dedans une branche transverse de réunion des deux côtés ,

^''çt donne naissance ensuite à la ligne latérale qui se prolonge S' comme à l’ordinaire.

5 Mais le rapport sous lequel les poissons varient le plus, et Des uurérence.s

DE LA PEAU

dans les expansions cutaiices , ou

lophioderme.

Considérées en général dans les os léozuaires.

Spécialement dans les poissons.

dont la considération est d’une grande importance non-seulement pour quelques-unes de leurs habitudes, mais encore pour leur disposition méthodique , c’est celui des expan-* sions que leur enveloppe est susceptible de former surdilTérens pointsde leur corps. Nous n’entendons cependant pas par-là les prolongemens tentaculaires du pourtour de leur bouche , dont nous traiterons plus loin à l’article de la peau considérée comme le siège du toucher actif; ni même les expansions membraneuses qui réunissent les doigts ou les rayons des membres pectoraux et pelviens pour en former des nageoires, parce qu’elles appartiennent uniquement à l’appareil de la locomotion, et qu’il suffira de dire que leur étendue et leur flexibilité est proportionnelle à la longueur des doigts et à leur mobilité. Nous ne parlerons en ce moment que de ces expansions plus ou moins membraneuses qui augmentent la superficie du corps du poisson dans les lignes médianes supérieure et inférieure, et que l’on désigne improprement peut être sous la même dénomination de nageoires que les membres.

Ces expansions cutanées commencent déjà dans certains mammifères qui nequittent jamais l’eau, comme les cétacés; mais chez euxlbrtpeu étendues dansla lignemédiane,où il n’y a jamais qu’une seule nageoire dorsale , elles existent de chaque côté de la terminaison de la colonne vertébrale , et elles y forment une large nageoire horizontale , plus ou moins bifurquée. La classe des oiseaux ne nous a offert rien ; de semblable. Plusieurs reptiles écailleux ont le dos pourvu , d’une crête cutanée, quelquefois même soutenue par les apo- ' physes épineuses des vertèbres ; et des reptiles nus en ont | une totalement adipeuse. Mais c’est dans la classic des poissons du type des ostéozoaires le plus nécessairement aqua- ' tiques, que ces expansions de la peau dans la ligne médiane acquièrent tout le développement et toute la fixité dont elles sont susceptibles. On les connaît en ichthyologie sous lu i

nom de nageoires impaires , par opposition ayec les nageoires que forment les membres, que l’on appelle nageoires paires. On les divise ensuite d’après leur position, en dorsales, caudale et anales, suivant leur position dans la ligne médiane supérieure, terminale ou inférieure. Nous préférons les comprendre toutes sousle nom générique de lophiodenne (1), en désignant la partie supérieure par la dénomination de dorsale, déjà reçue, l’inférieure parcelle àe ventrale, au lieu d’anale, et enfin celle qui termine le corps, et qui est composée de la dorsale et de la ventrale, nous l’appellerons terminale au lieu de caudale. Mais avant que d’entrer dans plus de détails sur les différences qu’offre le lophioderme dans les poissons, étudions 4in peu son organisation.

Cette expansion cutanée est quelquefois entièrement formée par la peau , et alors elle reste molle, et c’est ce qu’on nomme nageoire adipeuse ; mais dans le très-grand nombre de cas , elle est soutenue par des parties solides de la nature des pièces du squelette, et qui sont désignées par le nom de rayons. Ces rayons se meuvent sur des supports également solides, qu’on ne peut regarder comme des prolongemens articulés des apophyses épineuses des vertèbres avec lesquelles cependant ils sont souvent en connexion. Il arrive quelquefois en effet qu’il n’y a aucune relation entre ces rayons, leurs supports et les vertèbrel. Cela est surtout évident pour les poissons cartilagineux, dont les vertèbres ont à peine ou manquent totalement d’apophyses épineuses. Bien plus dans les lamproies , dont la colonne vertébrale est molle et presque membraneuse, le lophioderme a cependant des rayons.

Les pièces osseuses ou cartilagineuses qui soutiennent cette expansion cutanée dans ses différentes parties se sub-

De Son organisa iioD>

(1) Mot composé des deux mots grecs >o<poç-ou , <îfpfA«, et qui veut dire une crût» formée par la feavi.

DE LA PEAU

divisent en rayons simples et en rayons composés ou divisés. Les rayons simples sont quelquefois mous, flexibles, mais le plus souvent ils sont roides , d’où le nom de rayons épineux sous lequel on les désigne. Ils débordent constamment le lophioderme, et semblent une espèce de phanére. Les rayons divisés sont toujours plus ou moins mous.

Tous ces rayons, du moins quand ils sont osseux, doivent être considérés comme formés de deux filets ou parties symétriques collées l’une contre l’autre. Dans les rayons épineux la réunion est si intime qu’il en résulte un seul piquant bifurqué à sa base seulement ; mais dans les autres, et même dans les simples, la séparation des deux parties est fort aisée. Les rayons complexes diffèrent essentiellement en ce que chaque moitié latérale est formée de plusieurs petits rayons qui s’écartent à l’extrémité. Du reste, dans les uns comme dans les autres des rayons mous, chaque filet est lui-même composé d’un très-grand nombre de- petites pièces cylindriques ou articles, d’où dérive la flexibilité de toutes ses parties.

Ces rayons sont ensuite articulés base à base sur les supports : ce sont des pièces ordinairement triangulaires, de longueur et de largeur proportionnelle aux rayons qu’elles supportent, et qui s’enfoncent dans la ligne médiane entre les deux séries de muscles de la colonne vertébrale, en se collant ordinairement au bord postérieur d’une apophyse épineuse supérieure ou inférieure, et quelquefois s’articulant avec elle, comme à la nageoire terminale, où dans ce but ces apophyses sont élargies et souvent soudées.

C’est sur les parties latérales de ces supports que s’attachent les petits muscles qui agissent sur les rayons, et par conséquent sur le lophioderme. Il y en a deux de chaque côté de chaque support, et ils se terminent à la hase du rayon correspondant, l’un en avant, l’autre en arrière, pour produire son abaissement et son élévation. Nous n’avons près-

DANS LES POISSONS. l6l

que pas besoin de dire que la longueur et la grosseur de ces petits muscles sont proportionnelles à la force et à l’usage des rayons , et surtout à leur mobilité.

Cette espèce de charpente osseuse est ensuite recouverte par la peaü ou l’enveloppe cutanée, quelquefois sans former aucune interruption entre les rayons, comme dans le lophiodermedes anguilles, par exemple; et le plus souvent en s’échancrant plus ou moins entre eux, et rarement jusqu’à la base. Ce sont ces échancrures entre les diflëren tes parties du lophioderme qui forment les nageoires impaires, quand un certain nombre derayons sont réunis en groupe. Les pinnules ne sont, pour ainsi dire, qu’une de ces nageoires décomposées, de même que les rayons qui précèdent quelquefois les rayons réunis. '

Le plus ordinairement la peau du lophioderme diffère de celle du reste du corps en ce qu’elle est nue ou sans écailles et très-fine , surtout entre les rayons. Quelquefois elle est au contraire épaisse, du moins sur ceux-ci, et écailleuse à leur base. Enfin , quoique le plus souvent beaucoup dépassée parles rayons, et surtout dans les rayons épineux, elle se prolonge quelquefois au delà, en formant de petites membranes tentaculaires, comme dans certaines espèces de labres , et encore mieux dans la baudroie.

Les couleurs de ces expansions de la peau n’offrent rien de plus remarquable que celle du reste de l’enveloppe ; elle j est cependant ordinairement noirâtre.

Le lophioderme des poissons dont nous venons d’étudier la structurent la disposition générales, offre un grand nombre ■ dé différences.

Quoiqu’il existe dans la très-grande partie des poissons ,

I au moins dans quelques-unes de ses divisions, il paraît que ' la cœcilie de Brander n’en a aucune trace ; ce qui a déterminé i M. Duméril à la nommer aptérichthe, parce qu’en outre ce f poisson n’a pas d’appendices locomoteurs.

Ses didcreuces.

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