‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 32 sur 68 · I> E 1, A P E A IJ · texte numérisé non relu

I> E 1, A P E A IJ

Bnin sa Jivi- ^iuii ■

Eli parlie.

Dorsale.

Venlrale ou anale.

Mais c’csl siulout sous le rapport de riiilégriié et de la division en diflerenles parties du lophioderme, la prédoiDinance de telle ou telle de ces parties, cpie les poissons diffèrent le plus.

11 est quelquelbis d’un seul morceau , étendu du dos à l’anus, comme dans les anguilles, les lamproies, quelques silures, et en général les poissons enchélisomes.

D’autres fois il est interrompu sur la ligne dorsale et sur la ligne ventrale, à quelque distance de l’extrémité; d’où résulte la séparation en partie ou nageoire dorsale, en partie ou nageoire ventrale, et enfin en parlie ou nageoire terminale ou caudale.

La nageoire dorsale, ordinairement la plus développée, est cependant quelquefois tout-à-fait nulle, comme dans les gymnotes et les aptéronotes , ce qui même leur a valu ce nom ; d’autres fois au contraire elle occupe toute la longueur du dos, comme dans la dorade, les lophionotes, le trichiure, «ans aucune interruption ; mais presque toujours elle est divisée en deux ou même trois parties. La portion qui est sur la tête est la nageoire céphalique , la seconde pourrait être nommée dorsale , et la troisième caudale. La proportion de ces parties de la nageoire dorsale, leur séparation plus ou moins tranchée, et même l’absence de telle ou telle de ces parties, fournissent des caractères spécifiques et même subgénériques assez bons.

La nageoire ventrale offre i\ peu près les mêmes considérations; ainsi elle est quelquefois tout-à-fait nulle, comme dans toute la famille des raies : elle est souvent unique ou indivise, comme dans la plupart des poissons , et placée en arrière de l’anus : on la désigne alors par la dénomination de nageoire anale. Elle est dans le plus grand nombre des cas presque semblable à la partie postérieure de la dorsale, et même lui est souvent opposée. Aussi quand celle-ci se subdivise en deux parties ou se décompose en pinnules, comme

13 VN s LES roi S S ON S, 1 65

dans les merlans ou dans les maquereaux, la veiilrale se partage de même.

Il est fort rare qu’il y ail une partie de la nageoire ventrale en avant de l’anus; on en voit cependant un exemple dans certaines espèces de balistes.

Lu portion terminale du lopliioderme, ou ce qu’on nomme communément nageoire caudale, est, comme nous l’avons dit plus haut, formée en partie par la nageoire dorsale, en partie par la nageoire ventrale, dontlesra}"onsse sont abaissés plus ou moins dans la direction du tronc jusqu’à la terminaison de la ligne latérale, en formant le plus souvent une sorte d’éventail vertical.

Les deux parties composantes de celte nageoire terminale ne sont pas toujours absolument semblables; le plus souvent c’est la supérieure ou dorsale qui est la plus longue, comme dans les esturgeons , les squales ; mais il arrive aussi qu’elle soit la plus courte ; les exocets sont dans ce cas.

La considération de la longueur proportionnelle dés rayons qui entrent dans sa composition, ne laisse pas que d’être d’une assez grande importance , peut-être même dans la locomotion, mais surtout comme fournissant dé b'ons caractères zoologiques. Si lés rayons décroissent rapidement du premier terminal jusqu’au dernier , c’est-à-dire jusqu’à celui qui est le plus rapproché de la ligne de séparation des deux parties, on dit la nageoire terminale plus ou moins profondément hifarquee : les harengs, les maquereaux l’ont ainsi ; à mesure que le décroissement est moindre et moins rapide, la nageoire est échancrée, ou même seulement si tous les rayons sont sensiblement égaux, elle carrée ; et enfin si les derniers deviennent d’abord un peu plus longs , la nageoire est arrondie ou lancéolée quand ils le sont beaucoup plus que les autres : les gobies, les éléolres sont surtout dans ce cas.

11 va encore une forme assez particulière de nageoire

Termînnlp ou cuudale.

lerminale , c’csl celle dans laquelle chaque partie composante est un peu excavée, ; il en résulte que par leur réunion le bord de la nageoire caudale est en général semi-lunaire, avec les cornes prolongées, le milieu étant un peu convexe et arrondi. Les scares ont souvent cette forme de queue.

Dans sa slruc- La structure des pièces osseuses ou des rayons qui soutiennent le lophioderme offre aussi des différences dont l’étude générale peut être utile à l’histoire naturelle età la classification des poissons. Nous avons déjà fait observer que dans la sousclasse des poissons cartilagineux, les rayons sont toujours de la même nature ; ils sont constamment simples, mous, flexibles, et composés d’un très -grand nombre de petites pièces (i) ; ils ne sont pas mobiles entre eux; aussi la peau qui les recouvre est-elle absolument semblable à celle du reste du corps.

Dans les poissons osseux ©n observe au contraire souvent que les rayons de la nature du squelette sont épineux ou naous , et ceux-ci simples ou complexes.

Les rayons simples se trouvent toujours ù la partie antérieure des différentes portions du lophioderme, et surtout à la nageoire dorsale ; il y en a aussi presque constamment à la racine de la nageoire terminale , qui n’atteignent que rarement son bord postérieur.

Les rayons simples épineux ne se remtffquent non plus qu’au commencement des portions dorsale et ventrale du lophioderme, et surtout à la première, où ils sont quelquefois très-nombreux. Ils le sont toujours beaucoup moins à la ventrale.

Quant aux rayons mous complexes , ils forment la plus

(i) Je ne connais d’exception que dans les squales épineux et les chimères : il y a en effet au-devant de chaque nageoire dorsale une très forte épine.

DANS LES POISSONS. l6i>

grande parlie des divisions du lophiodcruie, el quelquefois toutes en sont composées.

C’est sur cette considération de la nature des rayons du loplîioderme des poissons, qu’est établie la division de ces animaux en acanthoptérygiens et en malacoptérygiens, dont nous parlerons en zoologie. C’est ensuite sur celle de l’étendue du loplîioderme lui-même , sur la proportion de ses divisions, la longueur proportionnelle des rayons épineux ou non qui le soutiennent, et sur le nombre assez fixe de ces rayons dans chaque parlie, que sont établies des coupes de différentes sortes dans les poissons : nous en verrons en effet' des applications nombreuses en zoologie. Nous nous bornerons à faire observer que les espèces anguilliformes n’ont presque jamais de rayons épineux, et qu’elles ont au contraire presque toujours le lophioderme d’une seule pièce (i). Les poissons qu’à cause de la position des membres pelviens nous nommerons abdominaux, sont presque toujours aussi malacoptérygiens, ainsi que les jugulaires, tandis que les poissons thoraciques sont très-fréquemment acanthoptérygiens.

Nous ne nous arrêterons pas davantage à l’éxposilion des autres différences que le lophioderme présente dans quel^ ques-unes de ses parties, comme le prolongement énorme de plusieurs de ses rayons, leur élargissement, parce qu’elles appartiennent à la zoologie. Mais nous croyons devoir donner quelques détails sur une singulière anomalie que sa partie dorso-céphalique ofFie dans les rémoras ou échénéis j car la plaque ovale qui occupe le dessus de toute la tête et du' commencement du dos dans ce genre de poissons, n’est réelle-

De l'anomalie qu'offre le l’c'mora.

(i) Une des plus fortes exceptions à cette règle, est celle d’une grande espece de myxiné que j’ai observée en Angleterre; tout le lopbioderme est décomposé en rayons tentaculaires.

lÜf)

ment qu’une partie du lophioderme, avec une disposition et un usage tout particuliers.

Sa composition est cependant réellement la même que celle du lophioderme en général; les supports forment toujours une série de pièces médianes triangulaires, dirigées très-obliquement d’avant en arrière, le sommet en arrière et en bas , la base en haut et en avant. Cellê-ci est divisée en deux tubercules latéraux sur lesquels s’articule, comme de coutume , un rayon de la nageoire ; mais au lieu que les deux parties latérales et similaires de chacun de ses rayons soient réunies et collées l’une contre l’autre, et élevées plus ou moins verticalement pour former une crête, elles sont au contraire divisées jusqu’à la base, et déjetées à angle droit horizontalement et transversalement en dehors; et comme elles sont retenues dans cette position par la peau qui passe d’un demi-rayon à l’autre, il en résulte une grande plaque ovale et partagée par la ligne dorsale en deux parties latérales bien symétriques et relevées d’autant de côtes qu’il y a de rayons à la nageoire.. Celle plaque, un peu enfoncée dans son centre, est en outre bordée dans toute sa circonférence par un bourrelet cutané assez épais. Chaque demi-rayon ainsi engagé sous la peau et appliqué sur les muscles de la colonne vertébrale , n’est mobile qu’à ses extrémités, qui font l’office de pivot. Son bord supérieur et postérieur, ou libre, est un pe.u. concave et armé de plusieurs rangées de petits crochets recourbés en’ arrière; l’autre bord, qui est antérieur et engagé, est au contraire un peu convexe, et il donne naissance, à une large apophyse squammeuse , presque horizontale, et qui se porte qn arrière, imbriquée par le demirayon suivant : c’est à elle que s’insèrent les muscles principaux qui doivent mouvoir ces espèces de petites planchettes sur leur axe.

Ces muscles sont de deux sortes : les uns appartiennent réellement à la nageoire modifiée; ils naissent en effet des

|iarlics latérales des supports, et se terminent par de petits tendons distincts à l’articulation de chaque demi-rayon, en avant ou en arrière, suivant qu’ils doivent le faire tourner en- avant ou en arrièi’e. Les autres muscles sont beaucoup plus considérables, puisqu’ils occupent tout le bord inférieur de chaque demi-rayon; ils forment aussi deux faisceaux; mais le plus considérable est celui dont les muscles composans se portent d’avant en arrière pour s’attacher à toute l’apophyse squammeuse. Ces muscles vertébraux, devenus peaussiers, ont une disposition assez analogue à ce que nous avons vu dans le crocodile, pour les plaques osseuses de son dos.

Article II. De la peau dans les entomozoaires ^ ou dans les animaux articulés.

Dans ce groupe immense d’animaux on commence presque brusquement à apercevoir un tout autre système d’enveloppe extérieure ou de peau , en ce qu’en général elle s’est plus ou moins solidiûée pour donner un point d’appui à la fdjre contractile ou musculaire , et pour former un appareil passif de loeomotion dont l’usage a quelque chose de celui d’un véritable squelette. Il en est nécessairement résulté qu’elle ne pouvait être absolument de la même nature dans tous ses points, et que d’espace en espace il y a des parties plus molles, plus flexibles qui semblent la couper, la partager en tronçons endurcis. C’est de cette disposition de la peau qu’est tiré le nom d’nropov , d’insectes ou d’animaux articulés, sous lequel on désigne ce type depuis Aristote jusqu’ici , parce ■ que non-seulement le tronc proprement dit, mais encore tous les appendices qui s’y ajoutent sont plus ou moins frac- ! turés en dilTérentes pièces ou morceaux.

I La peau des entomozoaires offre donc pour caractère géné-

Consiiléi niions et diliercncps générales.

DE LA PEAU

I).ins la cnnche musculaire.

Dans le derme;

Le réseau v.ascnlaire.

Le piginenlum.

L'épiderme.

L'appareil

crypleux.

L'appareil

pliaiiéreux.

ral, ou du moins dans le très-grand nombre de cas, d’être alternativement dure et flexible ; mais cette solidiûcation partielle peut avoir lieu dans deux parties dilïérentes de la peau, savoir dans le derme lui-même et dans l’épiderrne, comme nous en avons trouvé des exemples dans les mammifères. La matière qui produit cette solidification peut aussi être de deux sortes, calcaire ou cornée.

Dans ces animaux la couche musculaire est nécessairement adhérente au derme ou à la peau , puisque celle-ci devient la partie passive de l’appareil de la locomotion ; c’est presque l’in verse de ce qui a lieu dans les animaux vertébrés les plus élevés, où toute la fibre musculaire s’en est presque complètement détachée.

Le derme proprement dit est généralement assez peu épais , quelquefois d’un tissu fort et serré, mais souvent tellement mince et mou, qu’il est difficile là apercevoir, par exemple dans les larves des insectes hexapodes; mais lorsque l’animal est parvenu à l’état adulte, état auquel il ne prend plus d’accroissement, le derme acquiert une épaisseur considérable.

Le réseau vasculaire existe-t-il dans ces animaux? c’est ce qui ne me paraît pas certain, même dans les espèces qui ont une circulation non contestée.

Le pigmentura est cependant évident dans toutes les espèces qui vivent à la clarté du jour; il est même souvent remarquable par la vivacité de ses couleurs.

L’épiderme existe aussi fort souvent d’une manière trèsévidente , et même dans les individus qui ne sont pas parvenus au degré d’accroissement qu’ils doivent avoir, c’est lui qui donne la solidité à la peau, comme dans les chenilles; alors il peut être rejeté à mesure que l’animal s’accroît.

L’appareil crypteux est assez rarement un peu développé dans les entomozoaires.

Quant au système pileux, je ne pense pas qu’il existe ja-

t)ANS LES ENTOMOZO AIRES. 1%

mais; il se trouve, il est vrai, bien souvent des prolongemens extérieurs piliformes ; mais il me paraît indubitable que ce sont des prolongemens du derme lui-même et de l’épiderme.

Les différences que les animaux articulés présentent dans leur enveloppe extérieure sont extrêmement considérables, au point qu’il faudrait prendre successivement chaque groupe pour les connaître complètement. Nous allons nous borner à l’exposition des principales. Nous ferons d’abord observer qu’elles sont de deux sortes : les unes tiennent à la forme et à la distribution des pièces solides dont la peau se compose;

. et ces différences étant déterminées par des modifications idans l’appareil de la locomotion, et par conséquent dans les imouvemens dont elles sont susceptibles , ne doivent pas être envisagées dans ce moment. Nous ne devons étudier ici que lies modifications de structure, d’épaisseur de la peau envisa- ;gée comme organe de toucher passif et de protection. Nous ; allons tâcher de les rapporter à quelques chefs généraux, quoique cela soit souvent assez difficile.

On peut cependant voir un ensemble de différences qui

|i tiennent à la dégradation organique ; ainsi en général, moins 1 l’enlomozoaire est élevé dans l’échelle , plus son enveloppe c est molle; moins ses parties sont distinctes, plus la fibre 1 musculaire se confond avec le derme. Ainsi les apodes i intestinaux ou non , ont la véritable peau peu épaisse ,

1 muqueuse, contractile presque dans tous les sens, sans ap j pareil protecteur, mais avec un appareil crjpteux trés-dé- ’veloppé; dans les chétopodes, qui viennent ensuite, la ! peau est encore quelquefois extrêmement molle et mu- (.qucusc, parce qu’un certain nombre de ces animaux peuvent ‘se mettre à l’abri dans des espèces de tubes ou de fourreaux (cornés ou calcaires, qu’ils forment par excrétion ou par flagglutinalion. Mais les espèces qui vivent extérieurement ont ■ déjà la peau plus épaisse, plus résistante.

Diflërencoï

suivant

Ln place clans la série.

Le séjour.

L'àge.

i;7U DE LA l'EAU

Les inyrinpodcs qui ne sont plus forcés de vivre dans l’eau commencciil à offrir une peau un peu plus dure, plus cornée et quelquefois même subcrélacée.

Cette dureté augmente encore dans les tétradécapodes en général J où elle est plus ordinairement crétacée.

Elle arrive presque à son , comme organe pro-

tecteur, dans les décapodes, où la partie solide de la peau est tout-à-fait calcaire et résistante.

Les octopodes ont cependant la peau généralement plus molle; elle redevient cornée dans ce groupe.

Enfin , quoique de la même nature , elle acquiert de l’épaisseur et de la solidité à mesure que dans les insectes hexapodes on avance davantage vers les coléoptères.

On voit donc que cet accroissement de dureté et de solidité dans l’enveloppe extérieure des animaux articulés , concorde assez bien avec les circonstances plus ou moins défavorables au milieu desquelles chaque groupe devait vivre; aussi ceux qui vivent dans l’eau ou dans la terre sont en général moins bien protégés que ceux qui vivent à l’air libre.

La solidité delà peau, sa résistance, répondent aussi assez bien à l’état plus ou moins avancé de la vie, et surtout dans les espèces i\ métamorphoses; ainsi parmi ces dernières, l’insecte parfait a presque toujours la peau plus épaisse, plus dure que sa chrysalide, et celle-ci que sa larve, qui est obligée de changer la partie solide de son enveloppe à mesure qu’elle prend de l’accroissement. Les espèces qui sortent de l’œuf dans un état complet ont aussi alors la peau extrêmement molle et ordinairement blanche ; elles sont également forcées de changer la même partie de leur enveloppe, jusqu’à ce qu’elles soient parvenues à leur entier développement; mais alors elles ne la changent pas davantage que les hexapodes parfaits. En effet, les crustacés, qui changent de peau tant qu’ils augmentent en volume , ne le font

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