IX
une sorte d’épiderme plus ou moins épais.
La coquille des animaux mollusques, quoique évidemment .-7 développée dans l’intérieur de la peau , peut donc être consi- ' | dorée comme un corps véritablement mort, excrété, et par | conséquent analogue, jusqu’à un certain point, à la partie morte ou produite du poil, qui a entraîné on effet aussi avec 'ÿ? elle une matière colorante recouverte d’une couche d’épiderme, mais qui reste en communication organique avec S l’animal , du moins par .sa lame interne.
DANS LES MALACOZOAIRES. 1 S5
Il ne faut nullement regarder comme analogue de la co* quille ni même de la pièce qu’on nomme opercule, l’excrétion calcaire que l’on trouve quelquefois ù l’ouverture de certaines coquilles; elle est en effet d’une tout autre nature, elle est entièrement extérieure, et elle n’est produite que par des molécules agglutinées, mais ne formant pas de véritables couches, ne tenant pas organiquement à l’animal; c’est ce qui forme Vépiphragme ou la cloison calcaire, dont plusieurs mollusques testacés terrestres ferment leur véritable coquille pendant l’hybernation.
Les différences que les animaux mollusques nous montrent dans leur enveloppe extérieure, à laquelle on donne le nom de manteau , dans la portion qui revêt le corps proprement dit, sont assez nombreuses et surtout dans l’étendue, la forme, et la composition du corps protecteur.
La peau, considérée dans toutes ses parties , ne se borne pas toujours à revêtir la tête, le corps et quelques appendices dont celle-là est pourvue ; mais elle se dilate et forme ordinairement une large expansion qui enveloppe le corps de l’animal, comme une sorte de manteau, ou bien des lames, des digitations, des franges plus ou moins allongées.
Le derme est en général d’autant plus épais, que l’espèce est moins testacée; ainsi les poulpes ont la peau moins mince, plus résistante que les sèches et les calmars , qui appartiennent à la même famille. Il y a encore plus de différence entre la peau des limaces, des doris, des onchidies et celle des patelles , des sigarets et des buccins.
Lorsque la coquille est trop petite pour couvrir tout l’animal, alors on trouve une différence proportionnelle dans l’épaisseur du derme qui n’est pas découvert et de celui qui l’est, comme on en voit des exemples dans les laplysies, les bullccs, les parmacelles, etc.
Les mollusques acéphalés conchifères sont de tous les mollusques ceux qui ont en général le derme le plus fin , même
Différences tpe'ciiiles dans
L’étendue de la peau.
Dans le dcrmc’.
DE LA PE Al!
Dans le réseau ' vasculaire.
eu comprenant dans sa composition la fibre contractile, dont on ne peut le séparer. Ceux de cette classe qui n’ont pas de coquilles sont aussi ceux chez lesquels il est le plus épais, le plus dur, au point d’être quelquefois cartilagineux , comme dans les ascidies et surtout dans les biphores.
Les circonstances dans lesquelles les mollusques devaient vivre, paraissent aussi avoir déterminé quelques différences dans la nature et dans l’épaisseur du derme ; en effet les espèces qui vivent constamment ou passagèrement à l’air libre, ont celte partie de la peau plus épaisse, plus dure, plus tuberculeuse que celles qui ne sortent jamais des eaux ou que celles-ci n’abandonnent jamais.
Le derme diffère aussi suivant les parties de l’animal qu’il recouvre ; ainsi, outre la grande différence qui existe entre les parties recouvertes de coquilles et celles qui ne le sont pas, il est certain que le derme des parties supérieures du corpsest toujours plus épais, plusdur etplus tuberculeux que celui des parties inférieures; ce qui est en général en rapport inverse avec la couche musculaire sous-posée dans lesespèces dont le derme exhale une coquille. La partie de ce dernier qui la forme , ou le manteau , est toujours plus épaisse sur les bords et surtout en avant; c’est alors ce qu’on nomme quelquefois le collier, parce qu’en cet endroit la peau semble former un anneau autour du pédicule de jonction de la masse des viscères avec le thorax. Dans les mollusques bivalves , les bords du manteau sont aussi beaucoup plus épais que le reste, et ils sont souvent bordés de tentacules nombreux et très-sensibles.
Le réseau vasculaire de la peau des mollusques n’est pas assez évident pour que l’on puisse être arrivé à connaître les différences qu’il peut présenter ; et cependant si l’on admet que la mucosité soit produite par de véritables cryptes muqueux, alors on présumerait laquantilédu système vasculaire d’après la quantité de ce mucus.
DANS LES MALACOZOAIEES.
Le pigmenlum est assez rarement évident , puisqu’un grand nombre d’espèces ont la plus grande partie de leur corps qui n’est jamais exposée à la lumière; mais dans les espèces qui sont entièrement nues ou dans les parties extérieures de celles qui ne le sont pas , il m’a semblé voir que son épaisseur est en rapport avec la vivacité de la coloration.
On trouve du reste que cette coloration peut être due aux couleurs les plus variées, qu’elle est toujours plus vive aux parties exposées à la lumière que dans les autres.
On remarque aussi la plupart des systèmes de coloration.
On est également obligé, pour déterminer les différences dans la couche nerveuse , de supposer que son développement est proportionnel à la sensibilité de la peau; et en effet, on trouve que cela concorde assez bien avec la quantité desystème i nerveux qui s’y rend. Du moins dans les céphalés , les espèces qui n’ont pas de coquilles, ont évidemment le système nerveux cutané plus développé que les autres, comme on le voit dans les limaces comparées aux colimaçons qui en sont si rapprochés ; on verra aussi qu’il est toujours beaucoup i plus abondant aux parties antérieures du corps ou dans les lanières qui le dépassent en avant ou sur les côtés; cela est surtout évident pour la peau qui environne la bouche et les orifices des organes de la génération , ainsi que pour celle des tentacules, qui, il est vrai, deviennent presque des organes de loucher actif.
Mais dans les espèces acéphales le système nerveux dislinct est en général très-peu développé , et cependant la sen- ! sibilité de la peau paraît considérable, surtout dans les bords I du manteau.
Quant à l’épiderme qui se trouve à la surface de la peau elle-même, il est tout-à-fait nul, ou s’il existe, on voit évidemment ici que ce n’est que du mucus concret.
’ On trouve parmi les mollusques un assez grand nombre de différences sous le rapport de la quantité de ce mucus et
D.Tns le pignientum et la coloration.
Dans la couche nerveuse.
Dans l’epidcrme cl le mucus calcaires.
13E LA Ï>EAU
sur sa nature plus ou moins calcaire. J’ai déjà annoncé plus haut que j’étais loin d’assurer qu’il fût produit ou sécrété par de ■vcri'lables cryptes; mais il est certain qu’il sort de la peau par de.'j orifices ou pores bien évidens. Le plus souvent ces pores sont répartis également à la surface de la peau ; quelquefois , au contraire, ils se rapprochent davantage dans de certains endroits , comme sur le bord du collier des espèces testacées ; enfin , on trouve un exemple d’un amas de ces pores s’ouvrant dans une sorte de petite cavité commune à la partie postérieure du dos des limaces rouges et de l’iiélicarion. On remarque aussi dans ce genre d’animaux, que le derme est sillonné d’espèces de rigoles anastomosées qui scmbhmt servir à une sorte d’irrigation de la peau.
Dnnsiaco- Mai s la partie de l’enveloppe des mollusques qui est sus-
qiiillü suiviiiit ■ ^ ^ ^ *
ceptible du plus grand nombre de différences, est certainement la coquille ou le corps protecteur.
Elhîpcut être étudiée sous le rapport de sa formation, delà place qu’elle occupe dans la peau du mollusque, de sa structure ou de son organisation, de sa composition chimique, de sa place à la surface du corps de l’animal , du nombre de pièces dont elle se compose, et enfin de sa forme générale et particulière . Quant à la manière dont les différentes pièces dont elle peut être composée , s’agencent, se réunissent et se meuvent entre elles, cela appartient évidemment à l’appareil de la loconi'otion.
Son mode de Le inode de formation des coquilles me semble devoir
lormaliou.
toujours être le môme ; c’est-à-dire par exhalation de mucus entraînant avec lui , et réunissant des molécules calcaires ou cornées, qui se disposent les unes à côté des autres, et forment ainsi des couches plus ou moins nombreuses. De ces couches, la dernière formée est la seule qui adhère à l’animal; elle est la plus molle, la plus membraneuse; plus les autres sont externes , et plus elles sont dures et calcaires. Nous avons déjà vu quelles sont les différences que le corps
Sa place.
DANS LES M ALACOZO AI RES. 187
prolecteur de la peau peut présenter quant à sa place dans son épaisseur.
Sa structure offre un bien plus grand nombre de différences.
La plus commune dans les deux classes de mollusques est évidemment la structure lamclleuse ou feuilletée, comme celle de l’huître ou d’un colimaçon, par exemple :ce sont des lames extrêmement minces qui s’imbriquent d’une manière plus ou moins serrée ; il en résulte alors un tissu de dureté et de densité différentes, à la surface duquel on aperçoit plus ou moins les traces ou les bords des lames imbriquées ; c’est ce qu’on nomme stries cl' accroissement, La coquille de l’huître ordinaire est un exemple d’une structure lamelleuse trèslâche (1), et celle du peigne pèlerin d’un tissu au contraire i très-dense et très-serré : en général les coquilles mates ou I non nacrées ont cette structure.
La structure la plus opposée à la précédente est celle dans laquelle les molécules de chaque couche sont disposées de i manière à former des fihres verticales au plan de la couche : c’est la structure fibreuse. Ces coquilles sont extrêmement • cassantes ; je n’en connais d’exemple que dans les coquilles M des mollusques acéphales. Quelques jambonneaux l’offrent |l par excellence ; mais ils ne sont pas les seuls.
! La troisième est composée des deux précédentes, c’est-àdire d’une succession de couches alternativement fibreuses et lamelleuses : c’est aussi dans une espèce de jambonneau que je l’ai remarquée. Elle pourra être distinguée par la dénomination Ae fibro-lanielleuse.
(i) On remarque dans la structure de la coquille de l’huître, quelque chose dont je n’ai pu encore trouver l’explication : c’est qu’à un cer- ' tain endroit de l’intérieur de la valve droite, la lame nouvellement ï formée est séparée de celle qui l’avait été immédiatement avant, par tun espace plus ou moins considérable, rempli d’un fluide limpide et ' extrêmement putrescible.
Saslruclurc qui peut être la- ■nuUeusc.
l'ihreuse.-
t'iljro-lamel-
leusc.
Nacrée.
\ilreuse.
Cellulaire.
188 DE tA PEAU
On trouve une structure fort rapprochée de celle-ci dans les coquilles nacrées, qu’elles soient composées d’une ou de dcuxpièces. La partie nacrée ra’a semblé toujours lamelleusc, tandis que l’autre est plus ou moins fibreuse ; les turbos m’en ont offert un exemple évident; les unios sont aussi dans le même cas : mais en outre la couche fibreuse externe est recouverte par un épiderme fort épais. La coquille des véritables moules ne diffère guère de cette espèce qu’en ce que la couche fibreuse est beaucoup plus épaisse que l’autre, et que ses fibres sont d’autant plus obliques qu’elles sont plus voisines du bord.
Je donnerai le nom de structure vitreuse à celle de la coquille des porcelaines et de quelques genres voisins, parce que la couche interne, quoique lamelleuse, est cependant extrêmement dure, comme vitreuse, luisante et fort mince; la seconde et la troisième couche sont fibreuses ; et les fibres de celles-ci ont un aspect comme corné, beaucoup moins dur. Mais ce qui différencie cette espèce de coquille de toutes les autres, c’est qu’à un certain âge les replis de la peau ou du manteau , en l’enveloppant, déposent à sa surface externe une couche adventive , comme vernissée, dont la structure est beaucoup plus granuleuse que celle des autres couches. Il en résulte que la coquille augmente en épaisseur par ses deux surfaces, et qu’elle peut avoir deux modes de coloration , l’un qui appartient à sa partie primitive, et l’autre à sa partie adventive.
La coquille du genre scarabé, parmi les auricules, paraît avoir une structure fort analogue à celle des porcelaines; il n’est cependant pas probable qu’elle ait le même mode de formation.
Enfin la structure la plus singulière est celle de l’os des sèches. C’est un corps crétacé , symétrique , aplati , bombé dans les deux sens, c’est-à-dire en dessus comme en dessous, dans presque toute son étendue , et qui n’offre d’apparence de
cavité que vers le sommet qui est tout-ù-fait postérieur et eu forme de petite pointe. Cette partie postérieure est formée par une lame dure, comme vitrée, qui se prolonge sur toute la face supérieure du corps protecteur; mais toute l’étendue de son disque est fortement épaissie en dessous par une succession de couches et de lames qui se débordent les unes les autres, et qui sont réunies entre elles par de très-petites cloisons verticales et serrées : cette partie de la coquille est beaucoup plus tendre que l’écorce supé- ' rieure.
La lame dorsale des calmars paraît n’avoir pas cette partie iiinférieure de l’os de la sèche, et n’être composée que de la [l.lame supérieure qui est le plus souvent en forme de lame lûd’épée et extrêmement mince.
Sous le rapport de la composition chimique, on trouve laussi quelques différences dans la coquille des mollusques. dEn effet, quoique dans le plus grand nombre de cas elle soit ccalcaire, il arrive aussi quelquefois que la substance muqqueuse la compose presque tout entière; on trouve plus î'jouvent que c’est de la matière cornée ; il est vrai que cette L’composition ne se voit que dans une pièce que nous allons connaître sous le nom d’opercule.
Le nombre des pièces qui composent l’enveloppe protecrtrice des animaux mollusques étant fixe pour chaque groupe ) )ien déterminé, a dû être depuis long-temps étudié par les îoonchyologistes. On nomme chacune de ces pièces valve, !:t leur ensemble coquille. Elle peut n’être composée absolument que d’une seule pièce; et l’on appelle alors cette •iîspèce de coquille univalve; mais cette dénomination ne me I »araît rigoureusement juste que pour les coquilles inopercufées ; car dans celles dont l’ouverture peut être plus ou nnoins complètement fermée par une pièce souvent fort épaisse et très-dure, quelquefois même articulée avec la pièce principale, elle n’est réellement plus convenable. On pour-
Sa composition chimique.
Le nombre des pièces dont elle se compose , d’où systèiiie
Univalve.
1C)0 DE LA PEAU
Subbivaivo. rait les désigner par la dénoininaiion de sulbivabes. C’est ce qu’on nomme ordinairement coquilles operculées : ces deux systèmes de coquilles n’existent que dans la classe des mollusques céphalés.
Bivalve. Un troisième système est celui dans lequel la coquille est constamment formée de deux pièces ou valves, ordinairement presque égales entre elles, et qui peuvent se mouvoir plus ou moins complètement l’une sur l’autre : c’est dans la classe des mollusques, acéphalés que se remarque cette coquille , qui prend le nom de bivalve.
Tubivaive. Enfin il est un quatrième système dans lequel, outre les deux pièces principales du corps protecteur, il se dépose à la surface de la peau, mais sans adhérence réelle avec elle, quelques petites pièces accessoires, comme dans les pholades, et même quelquefois un tube qui enveloppe l’animal et sa coquille véritable, alors il est vrai beaucoup plus petite que le corps du mollusque , comme cela se voit dans les fistulanes : c’est à ce système que l’on donne le nom de coquille
MuUivaive. multivalve. Je préférerai celui de tubivalve, et je réserverai la dénomination de multivalve pour désigner un dernier système; c’est celui que forme la coquille singulière qui revêt le corps des animaux subarticulés ou intermédiaires au type des entomozoaires et à celui des malacozoaires , et qui est en effet composée d’un plus ou moins grand nombre de véritables valves appartenant réellement à- la peau , à laquelle elles adhèrent.
Leur (lisposi- Mais ces valvcs se disposent d’une manière différente à la
liou à la surface „ , , , ,, a, .
de l’animiL SUffclCC uC 13. pCOU (|U 6lIeS revctcnl.
Dans le système des univalves et des subbivalves, c’est toujours , à ce qu’il paraît , le' dos de l’animal que la coquille et son opercule recouvrent.
Dans le second système , ou celui des bivalves véritables, les deux pièces se placent ou sous 4e ventre et sur le dos de l’animal, comme dans les palliobranches, ou sur ses flancs,
DANS LES MALACOZO AIRES. IQl
comme dans tous les lamellibranches , c’est-à-dire dans le plus grand nombre des espèces.
Les tubivalves ofTrent cela de particulier, que les deux valves principales sont latérales , comme dans les lamellibranches ; et les valves accessoires sont dorsales, comme dans les pholades, ou enveloppent tout le corps de l’animal et
même souvent sa véritable coquille ; c’est le cas des fistulanes.
Quant aux véritables raultivalves, les valves qui composent la coquille présentent trois dispositions particulières : dans l’une elles sont placées tout autour du corps, en s'engrenant constamment par les bords, de manière à former souvent une sorte de couronne; d’où le nom de coquille muiti valve coronale. Dans la seconde espèce, les valves nombreuses se placent aussi tout autour du corps; mais elles se touclient souvent à peine, et jamais elles ne s’engrènent : ce sont les coquilles multivalves^/yiiammew^eir. Enfin dans latroi- ■ sièrne espèce , les valves n’occupent que le dos de l’animal , et sont placées les unes à la suite des autres, et forment par j conséquent une série, ce quLleur a valu la dénomination de t» coquille multivalve sériale. On trouve les deux premières ssortes dans les nématopodes , et la seconde dans les polyjplaxiphores.
Il ne nous reste plus qu’à parler des différences de forme qque peuvent présenter les coquilles des animaux mollusques.
Une valve, quelle qu’elle soit, présente une surface exiterne ordinairement convexe; c’est le dos où se trouve le i sommet qui n’est que le point d’origine de la coquille, une surface interne ordinairement concave, qui forme la cavité de la :valve, dont le commencement est Vouverture, et une cir- :oonférence qui la borde à l’endroit de réunion des deux iiiurfaces , et à laquelle on donne en effet le nom de hord.
La valve peut être régulière ou irrégulière, symétrique ou • ton symétrique.
Une valve est régulière lorsque tous les points de son bord
La forme , d’où la (léfiuitioa des di Ifi'ientes par Lies d'une valve.
Dos.
Sommet.
Cavité.
Ouverlure.
Bord.
D’une v.alvc régulière.
DE LA PEAU
IiTcgulière.
Symétrique ou équilatérale.
Asymétrique
ou
inéquilatérale.
Du mode d’onroulemeiit d’une valve.
Longitudinal.
Transversal.
llélicoïde.
D'où la définition
De la spire.
De ses tours.
sont sur le même plan, et que par conséquent tous peuvent toucher à la fois les points correspondans d’une surface plane; elle est plus ou moins irrégulière dans le cas contraire.
Une valve est symétrique ou équilatérale lorsqu’elle peut être partagée en deux parties égales par un plan qui passe par son sommet : elle est asymétrique, ou elle est plus ou moins inéquilatérale lorsque le plan la divise en deux parties plus ou moins inégales ; l’une à droite et l’autre à gauche, ou l’une en avant et l’autre en arrière , suivant la position de la valve sur l’animal.
Cette valve peut aussi être tout-à-fait plane, très-rarement convexe sur les deux côtés , comme dans l’os de la sèche ; mais très-souvent elle est fortement convexe sur une face , et concave de l’autre. Alors la cavité devient proportionnelle, et la valve s’élève en formant un cône plus ou moins allongé.
Ce cône peut rester droit et vertical , ou il peut se courber, s’enrouler sur lui-même de manière à perdre plus ou moins de son élévation , et à prendre une forme générale toute particulière, suivant le mode d’enroulement.
11 n’y a réellement que trois modes d’enroulement; le premier, que je nommerai longitudinal ^ parce qu’il se fait dans la direction longitudinale du corps de l’animal, d’avant en arrière ou d’arrière en avant, ce qui est extrêmement rare ; le second, transversal , parce qu’il a lieu de droite à gauche, ou de gauche à droite de l’animal, mais toujours perpendiculairement au précédent; et le troisième, que je nommerai llélicoïde , qui est pjus ou moins rapproché de l’un des deux premiers, suivant que la ligne courbe qu’il forme s’éloigne plus ou moins verticalement ou horizontalement du point autour duquel elle s’enroule. C’est à cette dernière espèce d’enroulement d’une valve qu’on donne le nom de spire ^ elle est composée d’un plus ou moins grand nombre de tours, ce qui dépend de la forme du cône spiral; mais ce qui pro-
DANS LES MALACOZOAIRES. 19Ô
vient (le son mouvement plus ou moins rapide d’enroulement, dans un sens ou dans un autre, c’est la hauteur ou la dépression de la spire, dont la considération est purement zoologique.
Le plus souvent c’est de gauche à droite que l’enroulement de la spire d’une valve se fait; c’est même l’état normal; mais il arrive aussi que certaines espèces de coquilles, ou quelques individus d’une même espèce présentent l’anomalie d’une spire tournée de droite à gauche. Ces coquilles portent le nom de sénés très ou de gauches.
Dans les trois modes d’enroulement du cône calcaire, le point ou la ligne fictive autour de laquelle cet enroulement I se fait, se nomme Vaxe de la coquille. Si le côté interne du I cône qui s’enroule reste toujours à une distance plus ou I moins considérable de cet axe, il en résultera un trou ou I une cavité plus ou moins allongée, suivant le mode d’enrou- I lement ; c’est Vombilic de la coquille. Mais si au contraire
' le côté interne du cône en s’enroulant atteint ou même dé«
passe l’axe fictif, il y aura une sorte de pénétration ou d’échancrure du cône spiral, et il se produira autour de l’axe et à sa place une espèce de pilier tordu que l’on désigne sous le nom de co lamelle , dont la disposition est étudiée avec soin en zoologie.
Nous avons vu plus haut que le commencement de la cavité de la valve s’appelait son ouverture ou sa bouche; et ! que sa circonférence en formait le bord. C’est ô ce bord,
S considéré dans son entier, que l’on donne le nom de péris- \ tome. Quand on le considère au contraire dans ses parties j droite ou gauche, il se subdivise en ce qu’on nomme lèvres^ désignées aussi par les noms de droite ou de gauche ^ suivant leurs rapports avec l’animal.
I Lorsque la valve est peu profondément excavée ou peu I élevée, et surtout qu’elle est droite ou ù peine enroulée,
( l’ouverture est celle du cône, et n’est pas modifiée.
D'une coquille sénc'Slre ou dcxlre.
De l’ombilic.
De la columolle.
De l’ouverture U’uiie valve.
Péristoine divisé en
Lèvrc.s droite, gaucho.
DE LA PE AL
Inlcrno ou culumpllaire exlerne.
J)e la aivitc d une valve.
Elle ne l’est pas encore davantage lorsque le cône qu’elle l'orme s’enroule longitudinalement od transversalement, et même en spirale, tant que l’axe fictil' n’est pas atteint; mais il n’en est pas de même lorsqu’il est dépassé, alors l’ouverture est modifiée, c’est-à-dire qu’elle diffère de ce qu’elle auroit été si le cône eût été complet. L’avant-dernier tour de l’enroulement, de quelque espèce qu’il soit, pénètre plus on moins dans l’ouverture du dernier tour, et il en résulte que dans les coquilles enroulées en spirale, la columellc se prolonge plus ou moins dans cette ouverture dont elle forme le bord ou la lèvre gauche : c’est à cause de cela qu’on l’appelle quelquefois Ihvre interne ou colurnellaire ^ de même que par opposition la lèvre droite est dite externe.
Celte ouverture ainsi modifiée ou non, peut être entière ou échancrée, prolongée ou non dans sa partie antérieure en tube plus ou moins long; elle peut être ronde, ovale, anguleuse , différences dont l’élude minutieuse regarde plus particulièrement la zoologie.
Il en est de même des tubercules, cordons, varices, et en général des saillies qui hérissent quelquefois la surface d’une coquille , ou des stries , des sillons plus ou moins profonds qui la sillonnent , soit verticalement en descendant du sommet à la base, soit transversalement dans une direction perpendiculaire : ces modifications qui sont dues à des lanières dont les bords du manteau peuvent être pourvus , ne donnant lieu qu’à des considérations tout-à-fait spéciales, doivent être renvoyées aux principes de zoologie.
La face interne de la valve, constamment lisse, forme une cavité plus ou moins profonde qui, dans le plus grand nombre de cas est unique ; mais aussi quelquefois elle est subdivisée en deux par une cloison horizontale , et plus souvent encore elle est partagée en un grand nombre de loges par une succession de cloisons verticales produites par la partie postérieure du corps de l’animal qui s’est successi-
DANS LES MALACOZO AIRES
veinent avancé. Ces espèces de coquilles se désignent sous le nom de polythalames , par opposition à celui de monoihalames que Ton donne aux autres.
Les différentes formes de valves que nous venons de faire connaître, varient suivant le système de coquille auquel elles appartiennent : ainsi dans le système univalve, on trouve que la valve est rarement fort plate, elle est un peu moins rarement plus excavée et simplement conique; mais le plus ordinairement elle est enroulée longitudinalement, transversalement et encore beaucoup plus souvent en spirale.
Dans le système subbivalve on ne voit presque que cette dernière forme, du moins dans la pièce principale : l’autre ou l’opercule est ordinairement plate ^ quoique également enroulée. La composition chimique', la forme , la grandeur proportionnelle de cette pièce , ainsi que ses rapports avec la pièce principale , fournissent de bons caractères à la zoologie.
Le système bivalve offre le plus souvent une forme toute plate, ou une forme conique très-aplatie avec un sommet fort peu saillant et très-rarement enroulé. Lès deux pièces composantes, semblables ou dissemblables, d’où résulte la distinction des coquilles bivalves en équivalves et en inéquivalves , se touchent ou ne se touchent pas complètement par leur bord, ce qui forme les coquilles bivalves closes ou bâillantes; elles se joignent ensemble et se meuvent l’une sur l’autre à l’aide d’un système d’articulation , de ligamens et de muscles dont l’étude appartient à la locomotion.
Le système tubivalve ne diffère guère du précédent poulies deux pièces principales de la coquille , qui cependant ne s’articulent plus directement entre elles, et qui sont toujours bâillantes; mais il en diffère beaucoup par la forme du tube quelquefois complètement fermé à une de ses extrémités, que prend une des pièces de la coquille.
Dans l’une des divisions du système multivalvc, celui que
Polylhalanje.
Monolhalatnc.
De la forme des valves , en rapport avec le syslènic ,
univalve.
Subhivalve.
Bivalve.
Tubivalve.
TVluUivalve coronal.
1)E LA PEAU
MuUlvalve sqiiaininifoi'- 111 e.
’iMallivalvc
férial.
Des diltcrcncos clans la coloration.
nous avons nommé coronal, les valves circulaires ne peu vent que diiricilement être comparées à des valves ordinaires : elles s’engrènent les unes les autres par les bords. Quant aux pièces operculaires, elles sont plus ou moins squammiCormes, ou pyramidales.
Dans la seconde sorte, les valves plus ou moins grandes sont toujours squammiformcs et organisées comme dans le système bivalve.
Celles de la troisième sorte sont le plus souvent transverses et courbées en arc ; elles s’imbriquent souvent d’avant en arrière , mais jamais elles ne s’engrènent. La première et la dernière diffèrent sensiblement des autres.
Mais le corps protecteur de l’enveloppe des mollusques peut encore offrir quelques différences suivant l’espèce de couleur et le système de coloration , ainsi que dans l’épaisseur et la forme de l’épiderme.
Les coquilles peuvent offrir toutes les espèces de couleurs depuis les teintes les plus vives jusqu’aux plus lavées, et cela dans tous les systèmes de coloration ; mais c’est presque toujours la face externe qui les revêt. L’interne est à peu près constamment blanche ou seulement nacrée , et s’il y a quelque coloration, ce n’est guère qu’aux bords.
La couleur nacrée ou irisée des coquilles lient tellement à la disposition physique des molécules , que l’on peut , en prenant une empreinte des très-fines anfractuosités qu’elles présentent, avec une substance assez fluide pour s’y mouler, comme de la cire A cacheter, obtenir une surface irisée : c’est ainsi que l’on peut expliquer le fait de moules fossiles de cornes d’ammon, qui sont irisées comme l’était la coquille.
On ne trouve non plus jamais d’épiderme qu’é la surface externe des coquilles, et ce n’est pas à beaucoup près dans toutes les espèces. Cet épiderme, d’une épaisseur assez variable, est ordinairement lisse; quelquefois il se relève en
DANS LES MALAC07.0 AIRES. 1Q7
petites écailles plus ou moins serrées , ou en poils quelquefois assez longs, comme dans beaucoup d’hélices.
L’âge, le sexe, et même le séjour, ont assez peu d’influence pour déterminer quelques variations dans les différentes parties de la peau des mollusques, si ce n’est dans le corps protecteur ou dans la coquille. Ainsi celle-ci est en I général d’autant plus mince, plus muqueuse, d’un tissu moins dense , moins hérissée de tubercules ; elle a son épiderme d’autant plus épais , et enfin d’autant moins de tours de spire , et l’ombilic d'autant moins caché quand elle est spirivalve, que l’animal est plus jeune ; la coloration est à son plus grand degré de vivacité à un âge à peu près intermédiaire.
Ün ne peut trouver de différence entre les deux sexes que ' dans les espèces qui les ont séparés; alors la coquille du , mâle m’a toujours paru plus petite, et sa spire plus pointue ; celle de la femelle est au contraire , plus grosse et plus ventrue.
i Le séjour sur la terre, dans les eaux douces ou salées, se I trouve aussi concorder avec quelques différences dans l’épais- I seur de la partie calcaire et surtout dans celle de l’épiderme i des coquilles; ainsi les espèces terrestres et fluviatiles sont ! en général plus minces que les marines; l’épiderme est
surtout plus épais dans les bivalves d’eau douce, que dans celles de mer.
Enfin il paraît que le climat produit sur l’intensité , la vi* j vacité de la coloration des coquilles, le même résultat que j sur celle de la peau des animaux des types précédens.
Il me resterait maintenant à pai ler des différences que I 1 enveloppe extérieure des mollusques présente suivant les ! groupes naturels auxquels ils appartiennent ; mais elles sont j tellement en rapport avec la zoologie, que ce serait faire un ( double emploi que d’en parler ici. Nous nous bornerons à I quelques observations générales sur la disposition du manteau..
! plutôt que sur la peau elle-même et sur la coquille.
De.« ilUfcrences suivan‘1 l'iîgc.
Le sexe.
Le séjour.
Le climat.
Les groupes naturels..
DE LA PEAU
Dans les M. C dioKiues.
A. Dans les cèphalophores.
Dans la elasse des malacozoaires-céphalophores , la peau qui recouvre le corps et qui forme le manteau,, est extrêmement variable sous les rapports de l’épaisseur, de l’état lisse ou tuberculeux de sa surface, des prolongemens plus ou moins considérables dont elle est pourvue, spécialement sur ses bords, et surtout pour la manière dont elle enveloppe le corps lui-même , ou la masse des viscères , en formant quelques cavités. Nous ferons abstraction en ce moment de l’épaississement de l’enveloppe extérieure ou de l’espèce de pied qui occupe la partie inférieure du corps, ce qui a fait donner à beaucoup de ces mollusques céphalés le nom de gastéropodes , parce que cette modification appartient à la locomotion. Noos ne parlerons que de la peau qui revêt les parties supérieures du corps.
Dans l’ordre des cryptobranclies ou des sèches, le manteau le plus souvent nu, forme autour du corps une sorte de sac ouvert dans presque toute sa circonférence antérieure, dans lequel sont cachées les branchies, et que nous verrons servir à la locomotion dans plusieurs de ces animaux, qui n’ont en effet pas de pied.
C’est sur la peau d’un genre de cet ordre, celui des calmars, que se voit une singularité de coloration fort remarquable. Des taches Colorées en rouge plus ou moins vif dont elle est parsemée assez irrégulièrement, sont dans une sorte de mouvement de systole et de diastole continuel ; c’est-à-dire que parvenues à toute l’étendue dont elles sont susceptibles, elles diminuent peu à peu jusqu’à devenir presque imperceptibles, pour augmenter ensuite graduellement de nouveau, et ainsi de suite.
Les autres mollusques céphalés dioiques n’offrent presque rien dans leur manteau qui leur soit particulier. Chez tous
DANS LES MALACOZO AIRES
î il est recouvert par une coquille spirale, et il est par conséquent fort mince ; il forme au-dessus du dos une cavité plus 1 ou moins considérable dans laquelle sont contenues les branchies. Le bord de cette cavité se prolonge assez souvent pour former un tube quelquefois fort long, et qui sert é la I respiration; d’autres fois, au contraire, le bord du manteau est uni; mais à la partie inférieure du bord de la même cavité, on trouve à droite et à gauche, et quelquefois d’un i seul côté, un appendice plus ou moins prolongé, comme dans les vivipares, les ampullaires.
On remarque aussi dans plusieurs de ces animaux que les 1 flancs sont quelquefois pourvus d’espèces d’appendices assez singuliers dont on ignore l’usage , comme dans quelques natices, dans plusieurs turbots; ces appendices ne me parais- I sent pas appartenir au manteau proprement dit, mais être j attachés au-dessus du pied. On en voit dans la jantbine qui I servent peut-être à la locomotion. Lescyprées, les olives et ^ i quelques genres voisins en ont de bien plus larges encore i dont elles recouvrent leur coquille quand elles rampent;
! quelquefois le lobe d’un côté est plus grand que celui de ! l’autre : les cyprées sont dans ce cas. Dans le péribole d’A- I danson ces expansions sont recouvertes de très-petits tenta- I cules.
' Dans cette sous-classe je n’ai jamais trouvé que le manj teau fût bordé de cils tentaculaires.
Celle des mollusques céphalés hermaphrodites offre un bien Hermapliro plus grand nombre de différences dans la manière dont la ^
peau enveloppe le corps, et assez peu dans sa structure.
Les espèces qui ont une coquille ne diffèrent pas encore beaucoup de ce qui existe dans la sous-classe précédente; cependant celles qui respirent l’air en nature, comme les pidmobranches , ont une disposition de la partie antérieure du manteau , telle qu’elle forme une cavité qui ne communique avec l’air que par un orifice arrondi, et le bord libre
iiOO
DE LA PEAU
est assex épais et assez serré autour du corps pour qu’il en résulte une espèce d’anneau auquel on a donné le nom de collier.
Dans les espèces nues de ce même groupe des pulmobranches, c’est-à-dire dans les limaces, on trouve que la même partie du manteau est séparée du reste de la peau par un sillon plus ou moins marqué, et forme une espèce de bouclier qui recouvre la cavité pulmonaire, et dans l’épaisseur duquel est un rudiment de coquille.
Dans ces animaux, la peau étant nue, devient beaucoup plus épaisse , moins lisse et plus visqueuse.
L’ordre des chismobranches qui renferme le sigaret et genres voisins, offre souvent la coquille tout-à-fait interne, et du reste le manteau est disposé comme dans les céphalés dioïques gastéropodes.
Les monopleurobranches , c'est-à-dire les laplysies et les bullées ont aussi presque toujours une coquille intérieure; mais le manteau forme la cavité branchiale ordinairement sur le côté droit; quelquefois, mais rarement sur le milieu du dos. Dans une espèce, l’animal de l’ombracule, une partie de la peau du dos est très-tuberculeuse.
Les ptérobranclies nus ou conchifères ne me paraissent jamais avoir de repli du manteau , propre à former une cavité, leur peau est peu épaisse, et leur coquille est en général fort mince et quelquefois comme gélatineuse.
Les polybranches, comme les glaucus, les cavolines, les tritonies , les scyllées, les cyclobranches, c’est-à-dire les doris, les onchidies et les inférobranches véritables n’ont jamais de coquille; leur peau est le plus souvent épaisse, tuberculeuse, et le manteau déborde plus ou moins le pied ou la face abdominale , sans former de cavité , si ce n’est peut-être dans quelques espèces de doris pour les branchies. La peau des nucléobranches ou des Croies, des carinaires mêmes , quoiqu’elles aient une petite coquille , est subcarli-
DANS LES MALACOZOAIUES.
lagîneuse et hérissée de tubercules : elle enveloppe exactement le corps de l’animal. Il y a cependant un manteau fort mince sous la coquille.
La sous-classe des mollusques céphalés monoïques n’est jamais sans coquille, et par conséquent la peau est toujours fort mince : mais dans toutes les espèces elle forme constamment un véritable manteau qui enveloppe tout le corps de l’animal et même son pied, et dont les bords libres et flottans tout autour, sont éjiaissis et garnis de filamens tentaculaires souvent fort singuliers et sur plusieurs rangs ; c’est ce (|ue l’un voit dans les véritables patelles, dans les fissureiles, les émarginules, et surtout dans les oreilles de mer. On trouve aussi que chez eux la partie antérieure de ce manteau forme une cavité respiralrice qui communique de différente manière avec le fluide extérieur, comme nous le verrons plus lard.
Les hipponices , au contraire, de ce qui a lieu dans le trèsgrand nombre des autres mollusques céphalés, ont la partie inférieure du corps revêtue par une peau qui diffère à peine de celle du dos; en sorte que le corps semble être compris entre deux lobes du manteau qui se seraient réunis dans presque toute leur circonférence, si ce n’est en avant. C’est un passage évident aux palliobranches de la classe suivante.
B. Dans les acéphalophores.
La disposition du manteau dans la dernière sous-classe des malacozoaires céphalophores , conduit tout naturellement à ce qui existe dans la classe des acéphalophores. Chez eux, en effet, le manteau en général très-mince , forme deux larges lobes entre lesquels tout le corps de l’animal est constamment enveloppé.
Dans l’ordre des palliobranches, l’un de ces lobes est sur le dos, et l’autre sous le ventre, et ils sont léunis dans pres-
Monoïques.
Dans les M.A.
palliol'ranchesi
Lamellibran-
ches.
que toute leur circonférence , si ce n’est en avant, à peu près comme dans les hipponices.
Dans celui des lamellibranches qui comprend la plus grande partie des animaux de cette classe, les deux lobes du manteau sont latéraux, l’un à droite et l’autre à gauche. Ordinairement libres dans toute la naoitié inférieure de leur étendue , et même au delà, comme dans les huîtres , ils sont quelquefois réunis dans la plus grande partie de leur circonférence, si ce n’est en avant et en arrière et encore de ce côté leur réunion est souvent complétée par l’addition ou le prolongement de deux tubes plus ou moins distincts qui servent à l’entrée et à la sortie des matières récrémentitielles et excrémentitielles. Cette disposition est surtout évidente dans les pholades et genres voisins, ou dans les tubivalves.'
La partie libre des bords de ce manteau est souvent pourvue de papilles tentaculaires, quelquefois sur plusieurs rangées, et dont la forme et la disposition est propre à chaque genre naturel. Nous en parlerons avec un peu plus de détails à l’article du toucher actif.
Quant^aux différences qu’offre la coquille dans les familles de malacozoaires , nous noterons seulement que l’on trouve des espèces nues ou sans coquille dans les deux classes des céphalés et des acéphalés ; mais avec cette différence que dans cette dernière classe, elles appartiennent toutes au dernier ordre qu’on y établit, tandis que dans la première, il peut se trouver des espèces nues et des espèces testifères presque dans toutes les familles , et cependant plus dans les unes que dans les autres. L’on ne voit de coquilles univalves et même de snbbivalves que dans la classe des céphalés, les coquilles bivalves ne s’étant rencontrées jusqu’ici que dans les acéphalés. Les hipponices qui terminent la première, ont cependant une sorte de coquille bivalve; en ce que la face inférieure de leur corps, où devrait être le pied , produit comme l’antre une pièce calcaire; mais celle-ci est toute plate, la-
DANS LES M ALAC OZO AIRES. 205
tnelleuse , souvent fort épaisse ; on l’a nommée support. C’est un véritable passage aux bivalves palliobrancbes chez lesquels les valves de la coquille sont l’une dorsale et l’autre veutrale.
Les coquilles polythames ou cloisonnées, n’existent à ce q u’il paraît que dans l’ordre des cryptobranches ou des sèches.
Les coquilles monothalames operculées n’appartiennent qu’à des mollusques céphalés qui ont les sexes séparés; du reste on conçoit que dans chaque famille d’univalves, on trouve presque toutes les formes de coquilles.
Je donnerai un peu plus de détails sur la structure spéciale de l’enveloppe cutanée dans les familles qui commencent ou qui terminent le type des malacozoaires , parce qu’elles dif- I fèrent d’une manière notable de l’état normal de la peau dans celui-ci, et qu’elles établissent une sorte de passage à celui qui précède ou à celui qui suit, en formant ainsi des espèces d’anomalies.
Le passage du type des animaux articulés extérieurement aux mollusques, se fait par deux groupes d’animaux dont la coquille est multivaive, mais avec des dispositions toutes |j différentes, celui des cirripèdes et celui des oscabrions.
I Dans les cirripèdes , on trouve dans l’enveloppe cutanée une combinaison qui tient à la fois de l’animal articulé et du mollusque ; en effet, le tronc, comme nous le verrons plus tard, sans être bien nettement articulé, si ce n’est peutêtre en arrière où il se termine par un abdomen caudiforme, est pourvu à droite et à gauche dans presque toute sa longueur, de singuliers appendices cin iformes très-longs, disposés bien régulièrement par paires, et composés d’un grand nombre d’articulations ; alors la peau qui revêt ces appendices est alternativement dure et cornée, comme dans les entomozoaircs : mais ce qui est d’un mollusque, c’est que le tronc, proprement dit, est envelopj)é par un véritable manteau en forme de sac, fermé vers l’exlrémilé céphalique et ouvert de
Oati« les némalopoUcs.
DE LA PEAU
Analifes-
Ualancs.
l’autre. C’est dans les parois ou à la surface de ce sac que sc développent les différentes pièces qui composent la coquille et qui se disposent suivant deux systèmes bien distincts.
Dans le premier, celui des analifes, la peau du corps de l’animal est toujours plus ou moins prolongée en un tube dermo-gélatineux qui se fixe aux corps sous-marins, et elle-même est couverte de cinq pièces principales qui peuvent se toucher ou non ; la première est dorsale, médiane ou symétrique; les quatre autres sont au contraire latérales et par conséquent paires, elles bordent de chaque côté et ferment ainsi l’orifice ou la fente du manteau par lequel sortent les appendices cirriformes de l’animal; aussi je les nommerai operculaires.
Outre les cinq pièces principales on trouve souvent, dans un assez grand nombre d’espèces, à la base du corps, au point où il se joint au pédicule, un plus ou moins grand nombre de petites pièces accessoires dont la disposition est fixe pour chaque espèce. Il arrive même que le pédicule soit entièrement couvert de très-petites écailles calcaires; mais nous ne devons noter que les cinq qui se placent dans les intervalles que laissent entre elles les cinq pièces principales, et qui semblent former un second rang, que l’on peut désigner par la dénomination de coronaires. Elles ont une disposition inverse des principales, c’est-à-dire que la valve médiane est ventrale; les quatre autres sont latérales, deux de chaque côté. Nous allons voir qu’on peut les regarder comme formant la partie tubuleuse du second sj’^stème de coquille de cette classe d’animaux, en y comprenant toutefois la valve dorsale des pièces principales.
Ce second système se trouve dans la famille des balanes. Dans ces animaux , en effet, la coquille est formée de deux parties, l’une à laquelle on réserve ce nom parce qu’elle est beaucoup plus développée, et l’autre que l’on appelle l’opercule , parce qu’elle semble fermer le tube formé par la coquille proprement dite.
DANS LES MOLLU SCARTICULÉS.
Celle-ci, beaucoup plus solide, est composée de six pièces ide forme un peu variable (i), deux médianes ou symétriques, tet quatre latérales ou paires. Des deux médianes , la supérrieurc ou dorsale est toujours moins large que l’inférieure vou ventrale, et des deux paires latérales la supérieure est iaussi constamment plus grande que l’inférieure qui diminim même peu à peu au point de disparaître dans quelques ecspèces.
Ces espèces de valves dont la forme est plus ou moins ilrapézoïdale et quelquefois triangulaire, sont ordinairement ( épaisses et souvent très-celluleuses à l’intérieur. On distingue liordinairement à leur surface deux parties dont l’une est sstriée ti’ansversalement et plus mince. La pièce supérieure a , lüe chaque côté, une lame interne sur laquelle s’appuie la valve aléro-supère ; la pièce inférieure ou la plus grande s’apj)3uie au contraire sur les pièces laléral-infères ; ces diffenrentes pièces en outre s’engrènent latéralement entre elles E3n même temps qu’elles s’imbriquent d’une manière assez l'jolide , en sorte qu’elles forment souvent une sorte de couronne ou de tube arrondi ou sub-pentagone ouvert aux deux icxtrémités.
Il arrive cependant quelquefois que l’extrémité céphai lique qui est ici inférieure à cause de la station de l’animal, '3St fermée par une autre pièce calcaire, quelquefois en forme ! le patelle qui se joint avec le cercle des six autres. Cette r/alve basilaire ne se voit constamment que dans un assez ' oetit nombre d’espèces.
Quant à l’orifice supérieur il est toujours formé par un >aetit prolongement du manteau , quelquefois disposé en
(i) Je n’igüore pas qu’il existe quelques espèces de balanes dans ccsquellcs les auteurs décrivent un moins grand nombre de pièces; tinais cela tient à une sorte d’avortement des deux pièces latérales infé-
! leurcs.