‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 36 sur 68 · DE LA V E A L · texte numérisé non relu

DE LA V E A L

Dans les polyplaxiphores.

tube et solidifié par les deux paires de petites valves dont on lait l’opercule et qui sont les analogues des deux paires qui bordent l’orifice du manteau des anatifes. Là paire supérieure est toujours la plus petite ; quand elle est articulée c’est avec la valve latéro-supère , l’articulation de l’inférieure étant avec la valve latéral-inlere. *

La disposition , la forme et même le nombre apparent des valves principales de celte coquille, ainsi que de celles qui servent d’opercule, la présence ou l’absence de la valve basilaire , ne laissent pas que d’offrir un assez grand nombre de différences, qui sont employées pour servir de caractères zoologiques.

La seconde classe des mollusques articulés, ou celle qui renferme les oscabrions , présente encore dans la structure de son enveloppe cutanée une disposition qui lui est propre. Le derme est généralement épais, quelquefois même revêtu d’un grand nombre de petits tubercules écailleux calcaires , ou même de productions piliformes; mais ce qu’il a de plus singulier c’est qu’il offre, dans certaines espèces, des faisceaux de soies cornéo - calcaires , disposées par paires, comme dans la classe des chétopodes , parmi les entomozoaires , et

qu’en outre le dos est protégé plus ou moins complètement par des valves tout-à-fait calcaires, comme dans les mollusques, mais formant un système particulier, celui que nous avons nommé serial.

Ces valves dont la composition chimique est entièrement crétacée , ne sont jamais au-dessus de huit : il me paraît également probable qu’elles ne sont jamais non plus au-dessous de ce nombre ( i ). Elles sont placées les unes à la suite des autres dans toute la longueur du dos ; quelquefois assez larges

(i) Les zoologistes citent cependant quelques espèces qui n’auraient que six volves.

DANS LES MOLLtSC ARTICULÉS. 20'^

pour le couvrir tout entier, il arrive aussi qu’elles soient presque rudimentaires , et dans ce cas, elles sont cachées dans la peau et l’on ne juge de leur existence que par un petit trou ou pore extérieur. Les deux terminales, l’une I céphalique, l’autre anale, sont ordinairement dérai-circullaires : les six autres forment un parallélogramme transverfe, courbé , dont le bord anterieur est plus mince pour s’imbri- , quer sous le postérieur de la précédente. Leur partie libre est souvent tuberculeuse, et son aire, divisée en trois parties, ll’une médiane, plus grande, a ses stries longitudinales; et les i latérales triangulaires les ont dans une direction opposée.

Le passage des animaux mollusques aux actinozoaires s’établit au moyen de deux ou trois familles extrêmement sinj.gulières, non-seulement par la structure même de leur eniveloppe cutanée, mais parce qu’un plus ou moins grand inombre d’individus se réunissent par celle enveloppe, et ! forment ainsi des animaux presque composés.

C’est parmi les ascidies et les biphores que l’on remarque I cette singularité.

L’enveloppe extérieure desascidies n’esten aucune manière (calcaire ; dans quelques espèces où elle est molle et plus ou I moins flexible, il paraît qu’elle est contractile, au moins par ? sa face interne ; dans le reste elle est transparerUe , un peu I comme cartilagineuse, quelquefois lisse et d’autres fois hé- I rissée de tubercules plus ou moins durs ; c’est évidemment l’analogue de la partie externe de la peau des autres raollus- >ques, de celle qui se trouve en dehors de la coquille, mais mon pas de la coquille elle-même. Ordinairement beaucoup plus épaisse à sa partie céphalique , ici inférieure à cause de ila position de l’animal , c’est par elle qu’elle adhère aux corps ■ jous-marins , d’abord par son état glutineux , et ensuite en )Dénétrant dans leurs plus fines anfractuosités.

Il est probable que c’est de la même manière que dans certaines espèces, un plus ou moins grand nombre d’individus

Dans les Hélé robranches.

Ascidiens-

DE LA PEAU

.SalpieDs.

se réunissent en s’agfglulinant entre eux, de manière à simuler un animal composé, comme dans les bolrylI,es et quelques genres voisins.

Dans les biphores ou salpas , la peau est encore plus singulière ; elle est d’abord d’une épaisseur sou vent considérable, surtout dans certains endroits du corps où elle se renfle et forme des saillies plus ou moins épineuses et creuses, à l’aide desquelles les individus s’attachent ou se réunissent suivant des formes déterminées pour chaque espèce; mais en outre elle est parfaitement transparente ou hyaline , et tout-àfait cartilagineuse et par conséquent inflexible.

On trouve aussi dans cette famille des espèces dans lesquelles les individus agglutinés à l’état d’œuf ou de germe, forment un tout, une masse d’une forme déterminée et qui ne peut plus être réduite à ses élémens cornposans, sans rupture ou déchirure de la matière sub-cartilagineuse qui les sépare. Les pyrosomes nous offrent un exemple de cette espèce d’adhérence organique.

Article IV. Dans les aelinozo aires.

Si dans les premiers types des animaux pairs ou symétriques, nous avons trouvé que la structure de l’enveloppe extérieure avait dans chacun d’eux quelque chose de commun, il n’en est plus tout-à fait de même dans les animaux rayonnés ; en effet, quoique la tendance générale de l’organisation de la peau soit vers unamincissement graduel , vers une confusion croissante avec le tissu sous-jacent, et enûn vers une sorte de disparition totale, lorsque l’animal est réduit à n’êlre presque plus qu’une gelée transparente , et à ne pouvoir plus abandonner même un moment, le liquide dans lequel il est né, il est cependant évident que chaque classe de ce type, offre une espèce d’enveloppe cutanée qui lui est propre; c’est ce qui nous force à i’étudier de suite dans chacune de ces classes.

DANS LES ACTINOZO AIRES. 2O9

A. Dans les annelidait'es .

Le petit groupe qui comprend les siponcles et qui forme un passage des derniers entomozoaires aux premiers actinozoaires, n’offre pas dans' la structure de la peau de diffél'ences avec ce qui a lieu dans la classe des véritables apodes.

B. Dans les e'chinodermaires.

Dans les holothuries on remarque aussi beaucoup d’analogie sous ce rapport. Le derme est cependant plus épais , il est plus ou moins flexible , de couleur blanche , d’un tissu assez serré et assez bien distinct de la couche musculaire sous-posée. Au-dessus de lui on voit évidemment un piginentum coloré , mais sans réseau vasculaire. La grande sensibilité de cette peau ne permet guère de douter qu’il ne s’y rende aussi quelques nerfs distincts. La mucosité abondante qui s’en exhale doit également faire admettre que les lacunes muqueuses y sont très-nombreuses. Quant à l’épiderme, il paraît qu’il est entièrement nul.

Mais ce qui devient caractéristique de la peau de cette fa* mille, ainsi que de celle des deux suivantes que l’on réunit sous le nom d^échinodermaires , c’est que de cette peau il sort des organes fort singuliers , rangés le plus ordinairement dans une disposition radiaire, et qu’on ne peut guère comparer qu’aux petits tentacules qui bordent le manteau des mollusques acéphalés. Ce sont en effet de petits cylindres creux, très-extensibles, renflés à leur extrémité en un petit disque formant ventouse et contractiles dans toutes leurs parties. Nous verrons plus loin qu’ils servent à la locomotion de ces animaux.

Dans les deux autres familles des éch'inodermaires , celles qui renferment les oursins et les étoiles de mer, la peau pré-

Holollî’.u'ics.

DE LA PEAU

Oursins.

sente une disposition bien dilTérenle, en ce qu’elle est encroûtée ou solidifiée p;ir un dépôt calcaire, plus ou moins abondant, et qu’elle est en outre hérissée d’espèces de poils ou do tubercules également calcaires, d’où a été tirée la dénomination d’échinodermes qu’on leur a donnée.

Dans les oursins, le derme proprement dit paraît être fort peu résistant, extrêmement mince et comme gélatineux; c’est dans son épaisseur que se développe ou se dépose la substance crétacée , qui est au contraire, fort épaisse et trèssolide. Elle n’est pas déposée dans les mailles du derme, elle ne lorme pas de couches concentriques comme dans les coquilles véritables ; mais le têt n’est composé que de grains agglutinés les uns à côté des autres et comme cristallisés ( i}. Quoiqu’il soit complètement inflexible et immobile, le têt des oursins n’est cependant pas d’une seule pièce ; il est au contraire composé d’un très-grand nombre de petits polygones qui se joignent, se disposent suivant un ordre Oxe, en s’engrénant par le bord , de manière à former des espèces de côtes de melon qui sont ordinairement au nombre de vingt ; les polygones des unes sont percées par de petits trous, disposés sur deux rangs, et circonscrivant ainsi sur le têt des espaces qu’on a comparés à des allées de jardin , d’où est venu le nom à'ambulacres qu’on leur a donné ; nous nommerons donc ces pièces ambulacraires. Dans un grand nombre de cas toutes ces pièces sont percées par les pores tentaculaires, depuis le sommet jusqu’à la bouche ; mais il arrive aussi , qu’elles ne le sont que dans une plus ou moins grande longueur de la côte qu’elles forment. Il en résulte, dans le premier cas, ce qu’on nomme ambulacrc complet, et dans le second arnbulacre borné. Celui-ci peut être dorsal, s’il

(i) C’est très-probîbicment à celte structure qu’est duc la ctistallisalion spalhique conslanlc des oursins fossiles et de leurs baguettes.

DANS LES ACTINOZ.O AIRES

^n’occupe qu’une petite partie du dos du têt , ou marginal ^ s’il se prolonge jusqu’au bord. Entre les cinq doubles rangées qu’elles produisent sont cinq autres doubles rangées de polygones, que je désignerai par la dénomination iVinierambulacmires ; ils ne sont jamais percés de trous, et sont ordinairement plus grands ou plus larges. Outre ces pièces principales du têt d’un oursin , il en est encore quelques-unes qui recouvrent la peau qui entoure les ouvertures du canal intestinal. A la bouche , ce ne sont que de très-petits tubercules; mais dans la région de l’anus il n’en est pas toujours ainsi ; par exemple dans les véritables oursins, on trouve que la plaque anale est formée par dix pièces qui se disposent en croix de Malte, chacune correspondant à une double rangée de polygones. Les cinq plus grandes sont percées par un trou ou pore par où se fait la terminaison des ovaires. Les cinq autres ont aussi un très-petit trou, dont j’ignore l’usage. Je nommerai ces polygones du têt des oursins les plaques génitales. Il faut aussi remarquer que l’une d’elles est renflée et finement tuberculeuse dans une partie de son étendue. Ces trois espèces de pièces calcaires , et surtout les deux premières, sont parsemées à l’extérieur de tubercules variables dans leur grosseur proportionnelle et dans leur disposition régulière ou irrégulière. Quelquefois ils sont entiers, d’autres fois ils sont percés par un trou, mais toujours ils sont arrondis.

Ces tubercules saillans ou contenus dans un enfoncement de la pièce calcaire , servent à l’articulation d’organes extrêmement singuliers, qui simulent quelquefois des espèces de poils, par leur finesse et leur disposition couchée, mais qui le plus souvent forment des piquans , de figure , de longueur et de grosseur extrêmement variables. Ils hérissent ainsi l’enveloppe de ces atiimaux , de manière à les faire ressembler un peu à un hérisson, d’où les noms de hérisson de mer et d’onnm qu'on leur a donnés.

1) E 1. /V 1> E fc-

Il est extrêmement JilTicile de concevoir la production de ces singuliers organes. Ils sont parfaitement calcaires, mais

d’un tissu tiès-peu serré et léger, comme poreux; creux à leur base et quelquefois même dans une plus grande partie de leur étendue, ils semblent formés d’un petit nombre de couches qui poussent de dedans en deliors , nn peu comme dans la tige des plantes monocotylédones; les couches externes les plus anciennes sont composées de lajons qui convergent vers le centre et qui sillonnent la surface du piquant , tandis que la matière du centre est comme médullaire. Ainsi le piquant pousse par son extrémité , comme le monocot}'lédone , c’est donc un système d’accroissement nouveau dans le règne animal , mais que nous retrouverons dans les coraux.

Ces piquans se terminent toujours inférieurement par une petite excavation correspondant au tubercule , ef au-dessus d’elle est un bourrelet plus ou moins saillant, autour duquel s’attache la peau qui les meut; il en résulte qu’ils adhèrent assez fortement à l’enveloppe cutanée.

Je ne m’arrêterai pas à décrire la forme extrêmement variée du corps et de l’extrémité de ces piquans, parce que cela appartient à la zoologie ; je dirai seulement que sur le même animal ils peuvent être tous presque semblabies et répartis d’une manière fort irrégulière , tandis que d’autres fois ils sont extrêmement dissemblables ; et alors , les plus gros se disposent comme les tubercules qui les portent, c’est-à-dire par rangées.

Je ne crois pas non plus devoir traiter des différences de la peau des oursins; il me sulfira de dire, que le nombre, la disposition , l’épaisseur , la distinction des polygones calcaires qui la soutiennent, offrent de très - bons caractères pour la distinction des coupes génériques, qui jusqu’ici ne me semblent pas avoir toujours été heureuses.

Une autre dépendance de la peau des oursins est le système

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de suçoirs tentaculaires qui traversent les pores formant les ainbulacres de leur têt , et que nous avons déjà vus exister dans les holothuries. Comme ils servent essentiellement à la locomotion, nous nous réservons d’en parler au moment où nous traiterons de l’appareil de cette fonction. .

Les astéries ou étoiles de mer ont encore une disposition particulière d’enveloppe extérieure. Le derme est plus distinct que dans les oursins ; on voit mieux que les parties solides et calcaires se développent dans son intérieur. Ces parties forment des épines ou des écailles plus ou moins immobiles, et qui offrent des dispositions propres à chacun des groupes de cet ordre.

Dans les astéries proprement dites , c’est-à-dire dans les espèces dont le corps n’est pas pourvu d’appendices, mais qui se subdivise plus ou moins profondément en rayons creusés inférieurement par un sillon étendu dans toute leur longueur, les parties supérieures ont la peau quelquefois molle, et le plus souvent solidifiée par un plus ou moins grand I nombre de pièces irrégulières et comme anastomosées en j réseau. Elles sont quelquefois presque lisses , mais ordinaij reracnt elles sont hérissées de tubercules de différente grosseur, disposés plus ou moins irrégulièrement et qui fournissent d’excellens caractères spécifiques. Les parties latérales et inférieures sont au contraire soutenues par déplus grandes pièces beaucoup plus régulièrement disposées. Elles acquièrent quelquefois un très-grand développement comme dans l’astérie parquetée ; elles me paraissent toujours former trois séries , une supérieure, la seconde tout-à-fait latérale, et l’autre inférieure. C’est celle-ci qui se joint avec lu série des pièces que je nomme ambulacraires , parce que c’est entre elles (pie sortent les suçoirs tentaculaires, comme dans les oursins. Les deux dernières séries de pièces latérales portent les épines mobiles; elles sont donc les analogues des interarnbidacraircs des oursins. Ces épines varient du reste pour la.

Aslcrk’s.

Proprement

dites.

DE LA l'EAL

Ophiures.

figure el pour le nombre des rangées qu’elles l'orment* Ü en est surtout de bien singulières par leur ressemblance avec un grain de blé : quant aux pièces ambulacraires elles sont bien régulières , bien symétriques , et elles simulent dans la ligne médiane inférieure du rayon une sorte de rachis qui le soutient et qui permet le mouvement entre ses nombreuses articulations , un peu comme dans une espèce de colonne vertébrale.

Dans la seconde section de l’ordre des astéj’ies, ou dans la famille des ophiures, qui comprend les espèces dont le corps non-subdivisé est pourvu d’appendices coniques , sans trace de sillon inférieur, la solidification delà peau est un peu différente. Sur le corps proprement dit, elle est ordinairement plus membraneuse et sans tubercules saillans ; celle des appendices est plus solide dans les véritables ophiures que dans les aslrophytes ou têtes de Méduse; en effet, dans celles-ci elle est fort mince et cou verte partout de très-petits tubercules granuleux, tandis que dans les ophiures elle est beaucoup plus épaisse; les pièces calc^iircs y sont disposées en écailles , bien régulièrement rangées en-dessus ; il n’y a qu’une série de pièces latérales portant les épines , et la ligne médiane ou ambulacraire est occupée par une série d’écaillès symétriques presque comme dans certaines espèces de serpens; je n’ai pas vu qu’il y eût de trous pour le passage des suçoirs tentaculaires dans les ophiures; peut-être en effet ces organes n’existent-ils pas dans ce groupe, ou ne se trouvent-ils qu’autour de la bouche ?

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