‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 37 sur 68 · C. Dans les arachnodermaires , ou médmes · texte numérisé non relu

C. Dans les arachnodermaires , ou médmes

La classe qui comprend la famille immense des méduses offre , au contraire de ce que nous venons de voir dans les èchinodermes , une peau ou enveloppe tellement fine , que j’ai cru pouvoir dans mon système de zoologie, désigner

DAKS LES ACTINO ZO AIRE S. 21D

les animaux que j’y comprends par le nom à' arachnoder'^ maires } en effet leur peau est si excessivement mince , que l’on peut à peine la séparer de la partie gélatineuse qui constitue la masse générale de l’animul. 11 arrive cependant aussi que dans eerlaines espèces il se dépose dans celle peau , mais j’ignore dans quelle partie, une malière plus solide et quelquefois même subcrétacée , comme dans les porpites , les vélelles, etc. C’est dans celte classe d’animaux que l’on a remarqué la propriété singulière à laquelle on a donné le nom d’urtication; parce que le contact de leur peau avec celle de l’homme produit des phénomènes qui ont quelque analogie avec ceux déterminés par les orties. Il paraît que cela est dû à une humeur versée à la surface de l’enveloppe de l’animal ; mais comment est-elle produite ? c’est ce qu"*on ignore.

D. Dans les zoanthaires .

J’aurais dû placer la petite classe des zoanthaires, qui comprend les actinies, près de la section des holothuries , sous le point de vue qui nous occupe; en effet le système cutané de ces animaux a les plus grands rapports ; le derme est cependant évidemment moins distinct et plus confondu avec la fihre musculaire sous-posée , aussi est-il encore plus contractile dans tous ses points ; on y voit souvent une grande quantité de piginenluni coloré, et surtout une malière visqueuse extrêmement abondante, qui sort de tous les pores de cette peau. Je n’ai pu cependant apercevoir de cryptes distincts.

E. Dans les polypiaires.

Quoique les pnlypiaires soient quelquefois assez gros pour qu’on puisse en faire l’anatomie , je ne sache pas qu’elle ait été étjcore essayée dans beaucoup d’espèces; mais d’après l’ana-

DE LA PEAU

logie avec ce qui existe clans les actinies qui en sont si rapprochées, on doit être à peu près certain que la structure de l'enveloppe extérieure doit être à peu près la même ; et que , par conséquent, il doit y avoir presque confusion de toutes les parties , et qu’elle jouit é la fois de toutes les propriétés de la peau. Dans les caryophyllées simples et dans les tubipores que j’ai examinés, ce n’est réellement qu’une pellicule comme gélatineuse, assez résistante cependant, et dans laquelle on voit une multitude de petits grains.

Ce qu’elle offre de plus remarquable, c’est que dans un grand nombre d’espèces , il s’exhale des différentes parties de celle peau une grande quantité de matière crétacée, qui se déposant de manières différentes , suivant la forme de l’animal , lui fournit une sorte de loge dans laquelle il se retire et se met plus ou moins complètement à l’abri. C’est encore une espèce de corps protecteur, différente de celles que nous avons connues jusqu’ici ; on peut la considérer comme l’enveloppe de l’œuf qui serait persistante et qui renfermerait continuellement l’animal. Ces petites loges peuvent être simples ou réunies ; par leur agglutination il en résulte ce qu’on nomme un polypier, qui peut être corné ou calcaire, encroûtant, lamelleux ou pbytoïde, c’est-àdire ramifié à la manière des arbres. Ce sont ces formes des polypiers qui ont servi à rétablissement des genres de cette classe , beaucoup plus que les animaux eux-mêmes , comme nous le verrons en zoologie.

F. Dans les zoophytaircs.

Dans la classe des zoopbytes véritables la peau ou le derme de chaque animal composant, n’est pas plus distincte que dans les polypes; mais celle de la partie commune ou de la tige semble l’être un peu davantage. Ce n’est cependant pas dans la penualule , ni dans les véritables alcyons qui en sont

DANS LES ACTINOZOAIRES.

si rapprochés; on trouve en effet dans ces animaux que cette tige est entièrement composée de tissu contractile, comparable un peu à celui du cœur des animaux vertébrés, mais sans apparence de derme proprement dit.

L’espèce d’écorce vivante qui entoure l’arbre du corail, des gorgones et des genres voisins, ne peut être considérée comme une peau ou enveloppe proprement dite; c’est un tissu homogène constituant la partie commune et vivante du zoophyte.

Article V. Dans les amorphozoaires.

Les bétéromorpbes ou animaux sans forme régulière , parmi lesquels se placent les éponges, les faux alcyons et les véritables infusoires ( i ) , n’ont plus d’apparence de peau , telle qu’elle a été définie plus haut, à moins qu’on n’entende sous ce nom la partie de leur tissu qui les circonscrit. Ce' n’est souvent qu’une matière fluente ou à peine perceptible, comme dans les éponges et dans les infusoires ; par conséquent on peut dire qu’à ce terme d’animalité la peau n’existe plus; elle est entièrement confondue par sa structure et ses propriétés avec la masse du tissu cellulaire qui constitue tout l’animal, et dont en effet nous avons vu qu’elle dérive, même dans les animaux les plus élevés.

Nous terminerons donc ici l’examen de l’organisation de l’enveloppe extérieure des animaux considérée comme l’organe à l’aide duquel ils aperçoivent les corps extérieurs plus ou moins malgré leur volonté, d’où dérive la faculté du toucher proprement dit ou du toucher passif, qui est en rapport inverse avec celle de se mettre à l’abri de ces mêmes

(i) Nous devons faire ici l’observation que sous ce nom d’infusoires nous ne comprenons pas tous les animaux que Muller a désignés ainsi.

2lS DE l’appareil DU TACT

corps extérieurs. Il nous reste mainlen.-int à étudier les modifications que la peau ou l’enveloppe extérieure a éprouvées pour devenir dans certaines de ses parties une sorte d’organe spécial, un organe de toucher actif ou de tact (i). Nous allons voir que celte modification est nécessairement bornée aux extrémités du corps ou des appendices. C’est à elle que nous devons réellement ce que nous pouvons connaître de positif sur la forme des corps.

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