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avec ce qu’elles sont presque toujours à l’état solide. Dans les corps organisés , au contraire , les combinaisons sont ternaires ou même quaternaires, et toujours elles sont extrêmement mobiles, parce que la saturation est rarement complète , le principal comburant ou l’oxygène ne se trouvant presque jamais combiné en suffisante quantité avec les élémens combustibles pour les saturer , et pour empêcher qu’ils ne soient sollicités par d’autres affinités. Les combinaisons organiques sont en outre rarement à l’état solide ; le plus souvent elles sont liquides ou même gazeuses. Sans doute , comme ajoute le savant chimiste que nous venons de citer, on trouve que les combinaisons organiques ont quelques rapports avec les composés inorganiques combustibles, au point que l’on est parvenu à former de toutes pièces un petit nombre de composés ternaires semblables à quelques composés organiques, ce qui semble lier la nature inorganique à la nature organique ; et l’on observe dans les corps organisés des composés binaires et solides. Cependant on ne peut nier que les points de liaison ne soient fort rares , qu’il y ait une différence essentielle entre les combinaisons que forment les deux espèces de corps que nous comparons en ce moment , et qu’elle ne se trouve en harmonie avec leurs conditions d’existence, avec la facilité de la destruction dans les uns et sa difficulté dans les autres.
INTRODUCTION. Xllj
Si , dans les substances qui entrent dans la composition des corps inorganiques et des corps organiques , et surtout dans les combinaisons qu elles forment , il y a déjà des différences si importantes , il s’en trouve encore de plus nombreuses, de plus élevées , même dans la manière dont leurs molécules se disposent dans le tout ou dans la structure. Les corps bruts peuvent être souvent et complètement homogènes, ou formés d’une seule substance simple ou combinée ; jamais les corps organisés. Les premiers peuvent être composés d’une substance gazeuse , fluide ou solide seule , tandis que dans les seconds toutes les trois existent nécessairement à la fois. Enfin , jamais les corps inorganiques ne sont formés d’un tissu aréolaire primitif, dans les mailles duquel se déposent les molécules composantes. Le tissu cellulaire est , au contraire , la base de tous les corps organisés. Encore moins trouve-t-on dans ceux-là des assemblages de ce tissu primitif modifié , dans la forme comme dans la composition , et formant des organes , au contraire de ce qui existe dans ceux-ci, où il, n’est aucune des parties distinctes qui n’ait une structure et une composition toute différentes , et cela même à l’état de mort.
La forme extérieure qu’affecte la réunion des molécules composantes dans les deux règnes qui se partagent la nature, suffirait presque aussi pour b;s faire distinguer.
INTRODUCTION
Un corps inorganique en masse simple, ou complexe, n’a jamais une forme déterminée, et , par conséquent , ne peut entrer dans la comparaison. Il n’y a que le minéral proprement dit et la molécule minérale qui soient susceptibles d’en avoir imej et cette forme est toujours limitée par des surfaces planes , d’où il résulte un solide géométrique et complètement commensurable. La forme des corps organisés est, au contraire, constamment circonscrite par des surfaces courbes dans l’un des deux sens au moins j et souvent dans tous les deux , d^où il résulte qu’elle est plus ou moins irrégulièrement arrondie.
Ainsi , d’après ce que nous venons de dire des différens points de l’état statique sous lesquels on peut comparer les corps inorganiques et organiques , il est évident qu’ils diffèrent entre eux d’une manière presque tout-à-fait tranchée ; les différences ne sont pas moins sensibles lorsqu’on établit la comparaison entre ces deux ordres de corps sous le point de vue dynamique.
Quoi qu’on en ait dit, il y a formation ou naissance dans le règne inorganique comme dans le règne organique ; mais il faut toujours soigneusement distinguer la molécule minérale et le minéral de la masse minérale , et encore plus de la roche minérale. La molécule minérale est une combinaison d’éléinens déterminés , affectant une forme également déterminée ; le minéral est un
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assemblage d’un certain nombre de ces molécules , affectant la même forme ou une forme qui en dérive , c’est le crystal. La masse minérale est un assemblage de molécules minérales de la même sorte , mais non discernables, et n’affectant plus de forme fixe; enfin , la roche est un assemblage de minéraux de différentes espèces , le plus souvent assez gros pour être discernés.
La formation , dans le premier cas , est véritable et régulière ; un certain nombre de molécules de deux substances simples ou composées se joignent par attraction réciproque , et se disposent entre elles de manière à présenter une formé déterminée.
Dans le moment où les molécules composantes s’attirent , agissent les unes sur les autres pour former la molécule minérale , il y a réellement quelque chose de la vie ; mais cela n’a lieu que pendant le moment excessivement court où cette attraction se fait ; aussitôt que la combinaison est achevée , la molécule minérale est formée ; c’est un corps complètement brut , dans lequel il n’y a plus trace de mouvement.
Le même raisonnement peut être admis jusqu’à un certain point pour la formation du crystal ; mais d’une manière évidemment moins rigoureuse, puisque c’est un assemblage de molécules minérales : elle est alors plus complètement mécanique,
La formation dans les masses minérales simples ou complexes n’a plus rien de régulier, n’est plus
XV] INTRODUCTION
qu’une agrégation plus ou moins forte ; aussi estelle complètement accidentelle , et la masse peut s’accroître d’une manière indéfinie.
Dans les corps organises , la formation à laquelle on donne le nom de naissance n’est pas plus une évolution que dans les corps bruts ; mais un certain nombre de molécules élémentaires se réunissent entre elles dans des circonstances d’autant plus circonscrites , d’autant plus limitées , que l’on s’élève davantage dans l’échelle des deux séries qui forment le règne organique. Les circonstances -se limitent enfin d’une manière si complète , que, dans les êtres les plus complexes , c’est dans un lieu particulier de leur corps que cette réunion se fait, et elle ne peut même être effective et s’accroître que par l’action ou l’introduction de molécules produites par un autre individu. Mais la naissance n’en a pas moins été spontanée; elle est seulement la suite plus ou moins nécessaire de la vie de l’individu, ce qui n’a jamais lieu dans le règne inorganique. Dans les corps qui le composent, en effet, les individus, dans leur succession , sont complètement indépendans les uns des autres.
Ces considérations sur la naissance des corps de la nature étaient nécessaires pour apprécier à sa juste valeur la différence que l’on établit entre les corps bruts et les corps organisés , en les comparant sous le rapport de l’accroissement . qui prend
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