‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 50 sur 68 · I-icvres · texte numérisé non relu

I-icvres

niî l’appareil de l’odorat

L’ordre des rongeurs offre pour différence générale que l’organe de l’olfaction est beaucoup moins développé que dans les carnassiers , et même que dans les animaux ongulés ; mais ils diffèrent assez peu entre eux.

Dans les écureuils, les loirs, les marmottes, les rats, les hamsters, surtout dans les ondatras, la cavité olffictive trèsétroite est encore plus ou moins fortement rétrécie entre les orbites. Les cornets supérieurs sont petits et très-peu divisés ; l’inférieur, très-remonté à cause de la grande extension des os incisifs, est encore beaucoup plus simple.

Quant au nez, il est fort court et très-peu mobile, à peu près comme dans tous les autres rongeurs; il est couvert de poils, si ce n’est dans Je milieu de la cloison, ce qui forme une fente qui se prolonge le long de la lèvre- supérieure.

Dans les porcs-épics, la cavité olfactive est beaucoup plus grande, plus même que celle du cerveau; et cependant les cornets ethmoïdaux ne sont ni très- étendus , ni trèsnombreux. Le supérieur ou nasal forme une longue lame recourbée qui se prolonge jusqu’à l’extrémité antérieure de la cavité, en cachant en dehors le cornet inférieur ; celui-ci est du reste assez court, et ne forme qu’une seule lame recourbée.

Le sinus maxillaire est assez grand; il n’y a pas de sinus sphénoïdal; quant au sinus supérieur, il ne se borne pas à rds frontal, mais il pénètre dans celui du nez; il est par conséquent fort grand.

Le nez du porc-épic est remarquable par sa grosseur ; mais du reste il n’offre rien de particulier.

La famille des lièvres a la cavité olfactive en général assez étroite; les cornets ethmoïdaux ne sont divisés qu’en trois lames principales qui se rattachent indubitablement au vomer, dont elles ne sont qu’une dépendance. Le cornet inférieur n’est formé que par une seule écaille ovale , appliquée

DANS LES MAMMIFÈRES. 2gS

contre l’os maxillaire, et dont les deux laces sont pourvues de quelques lames longitudinales.

Le sinus maxillaire est toujours fort étroit : il n’y a aucune trace des deux autres.

Les mammifères de la famille des agoutis ont plus de rapport dans l’appareil de l’olfaction avec les porcs-épics qu’avec les lièvres; la partie etbmoïdale de l’appareil est séparée de l’antérieure ou maxillaire par un bourst'uflement considérable de la paroi interne du sinus maxillaire qui est trèsgrand. Di] reste, l’ethmoïde n’a, outre un petit prolongement fronto-nasal , que quatre lames longitudinales assez courtes, fort éloignées de toucber le cornet antérieur, qui n’est presque composé que d’une lame verticale atlacbée par un pédicule médian.

Dans ces animaux, l’os incisif fournit aussi une espèce de petit cornet à la partie antérieure et inférieure de la cavité ; et les os du nez en ont également un fort singulier qui plonge presque verticalement en arrière du cornet inférieur, et dont l’ouvertiu’e est en avant.

Il n’y a pas d’autre sinus que le maxillaire.

L’éléphant présente dans la partie essentielle de l’appareil de l’olfaction, un certain nombre de rapports avec ce qui a lieu dans les rongeurs. La cavité est médiocre : ce qu’elle offre de plus singulier, c’est qu’elle est courbée presque à angle droit dans sa longueur; c’est dans la partie antérieure que se trouve le coinef inférieur qui est simple, et disposé un peu comme dans l’homme; et c’est au sommet de la partie postérieure qu’existent les cornets ethmoïdaux qui m’ont paru assez peu subdivisés.

Les sinus supérieurs sont énormes, puisqu’ils se continuent dans une série de nombreuses, cellules qui séparent les deux tables de tons les os du crûne.

Quant au nez, il est converti en un organe de préhension dont nous parlerons plus loin à l’article des anomalies.

Agoutis.

Dans

1 elcphanl.

Dans les A.

ongulés.

Cheval.

âg6 DE l’appareil de l’odorat

Dans Tordre des véritables ondulés ou des mammifères à sabots, Tappareil de Tolfaclion est en général plus développé que dan.s celui des rongeurs et que dans les quadrumanes; d’abord la cavité olfactive elle-même prise en générale , s’est considérablement accrue par la grande étendue des appendices de la mastication; mais en outre les cornets supérieurs sont assez nombreux; et quoique l’inférieur n’arrive jamais à une aussi grande subdivision que dans les carnassiers , il est cependant souvent assez replié sur lui-même. Ajoutons que c’est dans ce groupe que se trouvent les sinus les plus développés. Quant au nez, il offre un grand nombre de dilférences.

Je ne connais rien sur Torgane de Tolfaclion du daman, et aucun auteur n’en a parlé. Nous apprenons seulement de Pall as que le nez est nu , et qu’il est partagé par un sillon qui se prolonge le long de la lèvre supérieure.

Celui du tapir n’est pas beaucoup mieux connu, du moins dans ses parties essentielles. On sait seulement que ses narines prolongées en un assez long tube flexible dans tous les sens, ont dans les muscles qui les meuvent quelque chose d’intermédiaire à Téléphant et au cheval. Nous en parlerons plus loin.

Les rhinocéros ont les narines grandes, latérales, et le nez dépassé par la lèvre supérieure préhensile : aucune de ses parties n’est nue.

Le cheval offre encore une modification particulière de l’appareil de l’olfaction , du moins pour le nez et les narines ; car dans les parties essentielles, on ne trouve rien de bien remarquable; Tethmoïde est assez petit ; ses lames sont peu nombreuses ; et le cornet inférieur est simple ; les sinus sont cependant profonds. Quant au nez, il est large , carré, peu proéminent, presque immobile en totalité; mais au contraire mou, flexible dans ses parties composantes, de manière à ce que ses orifices sont susceptibles de beaucoup de changemens. Par une

disposition particulière de la peau qui les forme j ils sont extrêmement éloignés l’un de l’autre, ce qui produit en ap-> parence une cloison fort épaisse. Cela lient à ce qu’en dehors de la -vérilable narine qui est une grande fente longitudinale et cachée, existe un repli cutané en forme de cul-desac profond , dont l’ouverture est en avant. Les hippotornistes nomment ce cul-de-sac fausse narine. Ce nez qu’ils désignent par la dénomination de naseaux est tellement flexible qu’il ne contient pas de cartilage dorsal proprement dit : on trouve seulement que la narine véritable estsoutenue dans son bord par un cartilage marginal s eini- lunaire des hippotomistes) : sa branche interne, longue et étroite, touche à la cloison, et l’autre large et presque carrée est supéro- ' externe.

Les muscles du nez du cheval sont fort développés et plus ou moins confondus avec ceux de la lèvre supérieure qui est très-prolongée et également mobile; ainsi le dilatateur ou l’élévateur propre est large et de forme pyramidale , d’où lui est venu le nom de pyramidal que lui donnent les hippotomistes; il naît de l’os maxillaire par un tendon, et s’élargit dans tout le bord externe de la fausse narine à laquelle il appartient presque tout entier. Il faut regarder comme une simple subdivision de celui - ci , la partie interne du maxillaire de Bourgelat qui passe en dedans du pyramidal pour aller à la même partie de la narine , tandis que la portion externe appartient à la lèvre elle-même. Le petit muscle pyramidal qui est placé au bord supérieur du grand, et qui du bord antérieur du maxillaire va en dedans de la fausse narine, vers la terminaison cartilagineuse du cornet inférieur, est aussi un muscle dilatateur, Le transverse véritable est un petit muscle, qui de l'os du nez, se porte à la partie supérieure de la fausse narine : c’est le muscle court de Bourgelat. Quant au transverse de ce même hippotomiste, c’est l’analogue du muscle abaisseur

29S DE e’apI'AREIL de l’o DORAT

de Iti iicirine. Dans It ehevul, il esl lorl épaisj et se porte transversalement d’un cartilage marginal à l’autre, conlondu par son bord antérieur avec le muscle orlnculaire des lèvres.

Le muscle extenseur latéral ou releveur du nez, que nous avons vu dans les carnassiers à museau prolongé, se terminer sur le dos de cet organe, devient dans le cheval un muscle releveur puissant de la lèvre supérieure.

L’hippopotame qui commence la section des ongulés à système de doigts pairs, ressemble beaucoup au cheval pour la partie intérieure de l’appareil; les cornets elbmoïdaux étant assez peu considérables, et l'inférieur simple; mais le nez paraît très - dilFérenl ; les narines sont fort petites, étroites , semi-lunaires , sans repli cutané et très-distantes l’une de l’antre Je ne connais pas du reste la structure du nez de cet animal.

Le cochon offre l’appareil de l’olfaction le plus compliqué de tout le groupe.

Les masses de l’ethmnïde sont assez considérables; le cornet supérieur ou frontal est bien distinct; il se prolonge en avant, en formant plusieurs anfractuosités dont la plus grande se continue avec une sorte de cornet de l’os du nez correspondant. Quant au cornet iniérieur, il est très-long, et se compose de deux lames enroulées en coi net et portées sur une lame servant de pédicule commun.

Les sinus sont énormes, et surtout les supérieurs, qui avec l’âge dédoublent tous les os du crâne. L’inférieur ne se borne pas au sphénoïde antérieur; mais il se prolonge dans le postérieur; et ce qui est plus singulier, c’est qu’il descend dan^les apophyses ptérygoïdes , et remonte dans l’apophyse malaire du temporal. Le sinus maxillaire pénètre aussi dans l’os zygomatique.

Le nez du cochon est modifié en un organe propre à fouiller, à chercher la nourriture dans la terre ; nous en parlerons à l’article des anomalies.

Les animaux ruminans, sous le rapport de l’organe de Les rummans, l’ollaclion, comme sous beaucoup d’autres, sont presque entièrement semblables ; ils ne diffèrent guère que par la forme du nez.

La cavité olfactive proportionnelle à la longueur du museau, est toujours fort grande; les lames ethmoïdales sont au nombre de quatre à cinq disposées presque parallèlement.

Le cornet inférieur forme une sorte de boîte prismatique, composée de deux ou trois replis qui s’enveloppent; il est très-allongé.

Les sinus sont assez développés : ce que le supérieur ou frontal offre de plus remarquable, c’est qu’il se continue dans les prolongemens qui soutiennent les cornes ou les armes , dont le front de beaucoup de ruminons est armé.

Le nez des animaux ruminans offre deux formes particulières : dans l’une, les narines toujours à peu près ovales et un peu sigmoïdes, sont à peu près parallèles, très-distantes l’une de l’autre, et au milieu d’un large mufle; tous les cerfs, une partie des antilopes, les bœufs, sont dans ce cas. Dans l'autre forme, les narines convergent vers la cloison médiane, de manière à être fort peu éloignées à leur extrémité inférieure et antérieure. Dans ce cas>-il n’y a jamais de mufle véritable, et la cloison des narines offre une fente qui partage aussi la lèvre supérieure en deux. Les chameaux, les lamas, un certain nombre d’espèces d’antilopes, les chèvres, les moutons, ont cette espèce de nez.

Malgré cette différence dans la forme du nez des ruminans, il paraît qu’il est cependant à peu près toujours composé de même. N'étant jamais mobile en totalité, il en résulte que le cartilage nasal est peu solide, peu épais, et forme une espèce de canal qui est seulement plus mince dans certains endroits, de manière qu’on peut y reconnaître la cloison , le cartilage dorsal et même l’alaire, d’une manière assez distincte. Quant aux muscles, l’élévateur cdmmun n’envoie pas

Dans les dideJphes.

000 DE l’aPPAïïEIL DE l’odOEAT

évidemment de fibres ù la narine ; mais au-dessous de lui est un élévateur propre , ou dilatateur, qui de l’os maxillaire se porte au cartilage Jaléral auquel il s’insère par un tenclon ; il y a aussi un incisif assez évident qui peut abaisser le bord înlérieui; de la narine, un peu renflé en bourrelet.

Dans les mammifères de la sous-classe des didelphes, on ne trouve aucune modification qui leur soit exclusivement propre, comme on devait bien s’y attendre. On y observe même les différences générales que nous avons signalées dans la première sous-classe, et qui concordent assez bien avec l’espèce de nourriture; ainsi les especes carnassières ont l’appareil de l’olfaction plus développé que celles qui sont essentiellement herbivores, et les édentés ont souvent des masses etbmoïdales fort considérables; les sarigues, par exemple, ont la lame criblée très-grande et profondément excavée. Le cornet inférieur est aussi très-allongé ; remplissant presque toute la partie inférieure des fosses nasales, il se dichotomise un assez grand nombre de fois pour paraître presque celluleux : le nez est aussi assez conformé comme celui des carnassiers, il est nu et terminal.

Les phalangers offrent déjà une diminution évidente dans la grandeur de la lame criblée et dans l’étendue et la division du cornet inférieur.

Les phascolomes sont presque dans le cas des rongeurs ordinaires; l’ethmoïde est fort petit; le cornet supérieur se prolonge e'n une longue lame sous l’os du nez, et le cornet inférieur ou maxillaire est peu considérable , comme bulleux et très-loin d’atteindre le bord de l’ouverture antérieure. Le sinus maxillaire est aussi peu large; le sphénoïdal est nul, et le frontal est presque comme dans le porc-épic.

Le nez paraît en effet semblable à celui des rongeurs.

L’échidné et l’ornithorhynque sont aussi très-rapprochés sous ce rapport, des édentés monodelphes : la cavité est en général allongée, étroite d’abord, puis ensuite élargie.

DANS LES MAMMIFÈRES. 3oi

Dans le premier , l’os elhmoïde est énorme ; il forme une «saillie considérable dans l’intérieur du crSne; elle est percée,

, ainsi que la fosse ethmoïdale, d’une infinité de trous. Les I âmes verticales de cet os sont proportionnelles à son étenlue. Le cornet inférieur est au contraire très -petit, fort illongé, simple et terminé en pointe, en avant comme en arrière.

Le nez est presque nul; je n’en connais pas la composition; les ouvertures des narines ne sont que deux petits orifices arrondis, très-rapprochés l’un de l’autre.

L’ornithorhjnque paraît avoir son appareil d’olfaction moins développé. D’après ce que dit M. Home, on y voit i;jne disposition assez analogue à ce qui existe dans les mamüiiifères avec cette différence importante, que la cavité cérétorale ne communique avec l’olfactive que par un seul assez [:5rand trou , et non par une lame criblée. Des deux cornets ri]u’il admet de chaque côté, le postérieur ethmoïdal est (•plus court que l’antérieur ou que l’inférieur qui se dirige Idongitudinalement, et dont la surface externe est très-irréjjulière.

Quant au nez, il en existe encore moins peut-être que I lans l’écbidné : les orifices des narines sont de simples f trous ronds , très-rapprochés entre eux, et percés dans la imembrane qui remplit le grand espace inter-maxillaire.

Il ne nous reste plus pour terminer cet examen de l’apparceil de l’olfaction dans la première classe des ostéozoaires , qqu’à décrire les anomalies qu’il peut présenter.

Ces anomalies sont comme toutes celles que l’on peut renpjontrer dans les organes extérieurs de deux sortes; elles f peuvent être déterminées pour un but particulier , pour un i jsage qui n’appartient pas à la fonction spéciale de l’or- ^çane, mais qui est évident, ou bien pour un usage tout-àiffait inconnu.

I Nous rangeons dans la première catégorie les modifica-

L'échiüné.

L’ornithorhyn.

que.

Des anomalies de l’appareil de l’odorat.

lO Pour fouiller, ou du Vouloir.

3üa 13E l'ai’paueil de l’odorat

lions (les narines ou du nez, déterminées par la nécessité qu’a l’animal i“de se servir de son nez pour fouiller dans la terre et y chercher sa nourriture; 2° de s’en servir comme organe plus ou moins parfait de préhension ; S” enfin de plonger dans, l’eau, d’y poursuivre, d’y saisir et même d’y ; avaler sa proie. i

Dans la seconde catégorie, je n’aurai à faire connaître que la modification du nez des chauve-souris.

Dans le premier cas le nez seul est modifié, et il est converti en ce qu’on nomme un boutoir. On peut dire que.l’o- ' rigine de cette modification est dans le nez des carnassiers, et surtout des espèces chez lesquelles il est très-prolongé , ' comme dans le coati. Le boutoir n’en diffère en effet qu’en ce que la partie antérieure de la cloison des narines est pro- ^ longée par un os élargi à son extrémité ; en ce que les 1 muscles moteurs de ce boutoir sont beaucoup plus subdi- j visés, plus épais, enfin que la peau qui le termine plus ou , moins nue, reçoit une grande quantité de nerfs. '

Dans la taupe, qui appartient au groupe des carnassiers , le : muscle élévateur commun forme un faisceau considérable qui • s’insère sur les parties latéralès de la tête, jusque derrière j et au-dessus du conduit auditif. Ce faisceau se subdivise ensuite en trois muscles, le supérieur va sur le dos du bou-. toir, où il forme avec son congénère une membrane tendineuse; l’inférieur se comporte de même au-dessous de ce même boutoir ; tandis que le muscle latéral subdivisé en deux, va par deux tendons se terminer au coté externe dit cartilage marginal.

Il y a en outre un petit muscle abaisseur ordinaire, et un.' dorsal transverse, en grande partie fibreux, qui enveloppe.' les muscles longitudinaux.

Dans le cochon, le boutoir est moins long, mais encore' plus solide que celui de la taupe ; il est du reste mû par des muscles à peu près disposés de même; mais qui se pro-;.

DANS LES MAMMIFiHES.

longent beaucoup moins eu arrière ; le plus supérieur vient do l’os lacrymal ; son lendoii se termine presque au bord d rsal du boutoir : il en vient deux latéraux de l’os maxillaire. Un autre beaucoup plus petit, et sur uu plan plus profond, se porte obliquement de l’os nasal au cartilage marginal ; c’est l’analogue du muscle court dans le cheval. Enfin l’incisif est considérable.

Ce boutoir du cochon est terminé par une large plaque verticale nue, un peu visqueuse, dans laquelle sont percés les orifices des narines en forme de petits trous ronds.

La seconde espèce de modification du nez, est celle qui le convertit en un organe de préhension ; pour cela il se prolonge plus ou moins, mais seulement dans ses parties dermoïdes et musculaires : c’est ce qui forme ce qu’on nomme une trompe.

Le tapir est le mammifère ( i ) où l’on commence à observer un premier degré de développement de cet organe.

Je n’ai pas disséqué la trompe du tapir; c’est d’après M. Cu vier que j’en parle : elle est composée du prolongement de la membrane des narines, formant deux tuyaux membraneux, et de celui de la peau , entre lesquels sont des fibres musculaires de deux sortes, les unes intrinsèques, se portant de l’enveloppe externe à l’interne, et les autres extrinsèques : celles-ci proviennent de dilférens muscles longitudinaux. Le releveur direct est fourni par un tendon qui pro-

(i) D’après Péron, une grande espèce de phoque aurait aussi un nez flexible et prolongé; mais on en ignore complètement la structure. J’ai même pensé que la figure qu’il a donnée de son phoque à tiompe, pourrait bien être inexacte. Ce qu’il y a de certain, c’est que le mâle d’une grande espèce de phoque des mère du Sud [fbooa leonina, Linné) , offre une singulière modification du nez, en ce qu’il peut être gonflé et érigé comme une sorte de vessie; peut-être cela est-il dû au grand développement du système vasculaire.

2° Pour saisir de la trompe.

Du tapir.

De rélépbant.

Sa forme extérieure.

3o4 l’appakeil de l’üdohai

vient du cervico-nasal , (;t qui se fixe à la base de la trompe.

Il y en a un antre analogue au releveur de la lèvre su]>érieure du cheval, avec celte dilFérence que c’est au-dessus des naseaux qu’il se termine dans le tapir; enfin les fibres longitudinales sont fournies par deux portions dujnuscle releveur commun, qui viennent d’au-dessous de l’œil.

Mais c’est dans l’éléphant que la modification proboscidale du nez est arrivée au summum de son développement. Je vais la décrire avec quelques détails , d’après mes propres observations.

La trompe de l’éléphant forme une masse conique énorme, flexihle dans tous les sens et dans tous les points, susceptible de se raccourcir et de s’allonger; mais dans son état ordinaire, pouvant aisément atteindre à terre sans que l’animal soit obligé de baisser la tête. La peau qui la recouvre à l’extérieur, ne diffère pas de celle du reste du corps; on y remarque seulement des rides transversales nombreuses qui lui donnent un peu la disposition subarticulée, et dans lesquelles se passent les mouvemens de raccourcissement et d’allongement. Elle est traversée dans toute sa longueur par j la continuation des fosses nasales qui forment deux longs j tubes, séparés entre eux par une cloison beaucoup plus j épaisse, et surtout d’une structure toute différente que celle des narines proprement dites : elle est en effet en grande partie musculaire, comme nous allons le voir tout à l’heure. Elle commence en haut au bord antérieur du septum cartilagineux, et elle se termine obliquement dans l’espèce de I petit entonnoir que forme le nez à son extrémité. Nous I avons déjà fait observer que le bord de cet orifice, qui I semble unique, se divise en deux parties, l’une postérieure I ou le talon, la paume, et l’autre antérieure qui se pro- I longe en forme de doigt. I

La membrane qui tapisse ces tubes n’est donc que la I continuation de la membrane des narines; mais elle n’en I,

tnlérieuro.

DANS LES MAMMIFÈRES. 3o5

offre pas la modification olfactive; elle est assez sèche , assez lisse, quoique un peu crypteuse, et toujours fort adhérente au tissu sous-jacent; vers son extrémité extérieure, c’est-adire dans l’évasement de la trompe, elle est ridée irrégulièrement, à peu près comme la peau du dos de la main de l’homme.

La cavité proboscidale, dans sa continuation avec la fosse nasale correspondante, ne m’a offert ni valvule, ni rétrécissement évident; elle va même toujours en s’élargissant graduellement jusqu’à la flexion de la cavité nasale, c’est-àdire au delà du cornet inférieur, ou sous le cartilage dorsal du nez qui est assez large, scutiforme, mais peu prolongé, puisqu’il dépasse à peine le cornet inférieur. L’os du nez, comme nous le verrons plus tard, est encore beaucoup plus remonté et très-court.

Les muscles qui meuvent cet organe en totalité ou dans ses différentes parties, sont de deux sortes; les uns sont réellement d’abord extrinsèques, parce qu’ils ont leur origine aux os de la tête ; mais ils deviennent peu à peu tout-àfait intrinsèques, en ce qu’ils sont continués dans toute la longueur de la trompe, par de nouveaux faisceaux qui naissent dans l’écartement de ceux qui viennent de finir, et qui se succèdent ainsi jusqu’à l’extrémité de l’organe où ils se confondent tous en formant un tissu contractile presque homogène, à peu près comme dans la partie antérieure de la langue des mammifères. J’en compte trois de chaque côté ; mais comme le supérieur et l’inférieur d’un côté se réunissent à ceux de l’autre, je ne vais les décrire que sous trois titres seulement. Ce sont, comme dans les autres mammifères: 1° un muscle élévateur formé par une masse énorme qui prend son attache supérieure par plusieurs faisceaux distincts à la ligne supérieure élu frpnty à l’os du nez , au cartilage dorsal, au côté externe de l’ouverture nasale; de cesdiffé- I rens points , les faisceaux composans , placés de champ , con-

Ses muscles

Extrinsèques

Élévateur dor sal.

5o(j DK r/Al>PAREIL DE l/ODORAT

vergent vers l’axe de la trompe, en adhérant par leur bord supérieur à la peau , et par l’autre à un tissu cellulaire serré , d’où naissent d’autres petits muscles qui vont aux conduits.

Éievat^eur latë- 2“ Un musclc élévateur comiiiun qui est latéral, un peu inférieur, et plus superficiel, naît en dehors du maxillaire, au-dessous de l’orbite , de toute la face externe de l’os incisif, et enfin de la circonférence de l’alvéole de la défense. Ses fibres, formant une couche plus mince sur ses deux bords où elle s’applique sur le muscle élévateur et sur le suivant, se partagent en petits muscles assez distincts , posés à plat , qui se portent d’abord obliquement de dehors en dedans, puis d’autant plus dans la direction delà trompe, qu’ils approchent davantage de son extrémité: ils se terminent d’abord à la lèvre elle-même , puis successivement dans toute la. longueur de la trompe, mais sans jamais atteindre Abaisseur. le canal des narines. 3" Un muscle abaisseur qui est encore beaucoup plus épais même que le supérieur; il occupe toute la moitié inférieure de la trompe, sans cependant dépasser le bord inférieur des canaux ; caché eu dehors et en haut parle bord inférieur de l’élévateur dorsal, dont il est séparé parle faisceau des artères et des nerfs , en dehors et en dessous par l’élévateur commun , il n’est tout-à-fait sous-cutané que dans sa partie inférieure. Il naît de l’os incisif dans la plus grande partie de sa surface antérieure et môme postérieure, ainsi que du rebord alvéolaire confondu avec l’élévateur commun. Ses premiers faisceaux vont obliquement de l’os incisif à la partie inférieure du canal nasal, plus ou moins immédiatement; mais tous les autres sont verticaux, et vont réellement de la peau à ce même canal; les fibres deviennent de plus en plus perpendiculaires àCelui-ci, et par conséquent parallèles entre elles ; les faisceaux médians s’écartent même un peu en dehors de manière à former au milieu de la partie inférieure de la masse proboscîdale un assez large espace , rempli par un tissu cellulaire veineux, et par des fibres musculaires transverses.

Ainsi le mode de terminaison des faisceaux d’origine et des faisceaux nouveaux de ce muscle abaisseur, est tout différent de ce qui a lieu pour l’élévateur propre et même pour l’élévateur commun. Ces faisceaux sont du reste de moins en moins distincts, é mesure qu’ils approchent de l’extrémité de l’organe où ils s’irradient à tous les points de la peau qui forme le bourrelet inférieur de l’orifice de la trompe.

Les muscles intrinsèques sont ceux qui n’ont aucune attache au système osseux, et qui sont au-dessous de la couche épaisse formée par les précédons. Ces muscles intrinsèques sont de deux sortes : les premiers , dont on peut encore trouver l’analogue dans quelques fibres transverses du muscle incisif des autres mammifères qui se répéteraient dans toute la longueur de la cloison; ce sont de petits faisceaux transverses qui, d’abord plus longs, occupent l’espace concave formé par l’écartement des fibres internes du muscle abaisseur, et qui ensuite existent aussi dans la cloison épaisse qui sépare les canaux membraneux.

Il est plus difficile de trouver l’analogue de la seconde sorte des muscles intrinsèques de la trompe; ils sont au-dessous de la couche épaisse formée par les muscles extrinsèques, et surtout par l’élévateur, entre les faisceaux desquels ils prennent naissance du tissu cellulaire qui les sépare, et même de celui de la peau, pour se terminer aux conduits fibro-muqueux. La direction de leurs fibres est donc tout-à-fait perpendiculaire à celle des muscles longitudinaux ; mais les longues cloisons qu’elles forment leur si3nt parallèles; en sorte qu’on peut concevoir qu’il y a autant de muscles que la cloison a de fibres. Ces espèces de cloisons sont séparées entre elles par beaucoup de graisse, et c’est au point de leur origine du tissu cellulaire qui les sépare des lames du muscle élévateur, que se trouvent les cordons nerveux, les artères et les veines qui nourrissent et animent ce nez pro-

Intrinsèques

Pour vivre dans l’ea-ii.

Dans les phoques , etc

Bans

les célacés.

5o8 DF. l’a VP A RE IL DE l’oDORAT

boscHal, et qui sont proportionnels à son énorme développement.

La modification anomale que nous venons de faire connaître dans l’éléphant, n’a essentiellement lieu que dans la partie accessoire qui forme l’orifice antérieur de la cavité olfactive ou dans le nez : celle dont nous allons maintenant nous occuper est beaucoup plus profonde, puisqu’elle existe non-seulement dans cette partie, mais encore dans l’organe lui-même ou dans la membrane pituitaire : elle se trouve en rapport avec la nécessité de plus en plus grande où se trouve l’animal de vivre au milieu d’un fluide qu’il ne peut respirer, ou dans l’eau , et par conséquent elle concorde avec l’appareil de la respiration , comme nous le verrons plus tard.

Cette modification n’arrive cependant pas de suite à son summum : elle commence d’abord par n’être perceptible que dans la forme des orifices extérieurs des narines qui sont moins ouverts, et qui sont même quelquefois complètement fermés dans l’état de repos. La loutre, parmi les carnassiers, l’ondatra, et surtout le castor parmi les rongeurs, le lamantin , le dugon, l’hippopotame parmi les ongulés, et peut-être l’ornithorbynque parmi les didelpbes, sont dans le premier cas à ce qu’il me semble; mais les phoques sont certainement dans le second. L’ouverture de la narine alors n’est qu’une simple fente courbée en C, formée par les deux branches du cartilage de l’orifice dont l’externe se colle exactement sur l’interne. Il en résulte qu’il faut un effort musculaire pour ouvrir la narine; et il est produit par le muscle que nous avons appelé le dilatateur des narines , alors plus développé qu’il n’est habituellement.

Mais c’est dans les véritables cétacés que la modification est la plus profonde, au point que l’appareil de l’olfaction ordinaire ne sert plus qu’à la respiration , et quelquefois à la sortie de l’eau que l’animal a introduite dans la cavité

buccale avec sa proie. D’abord , pour la facilité de celte fonction , au lieu que la cavité olfactive se trouve dans la direction horizontale ou dans le prolongement du tronc , elle suit celle qu’a prise la tête de la trachée-artère ou le larynx qui se recourbe en haut , presque à angle droit ^ pour se terminer à la racine du front; il en résulte que, quoique située réellement entre les mêmes os que dans les autres mammifères, cette cavité est beaucoup moins grande, tout-à-fait verticale et réellement réduite au canal respiratoire. On n’y aperçoit en effet aucune trace des cornets supérieurs ou ethmoïdaux. ,0n pourrait penser qu’ils ont été tout-à-fait rejetés en dehors , et qu’ils existent sous une forme souvent assez bizarre, dans une espèce de sinus maxillaire creusé à la racine de cet os sous la voûte orbitaire, en dedans et en avant de l’œil, et qui se continue en haut et un peu en arrière pour former une sorte de sinus frontal. Mais je serais plus porté à penser que l’os quelquefois en forme de poire, qui se trouve dans ce sinus , est le rudiment du cornet inférieur. Quoi qu’il en soit, la cavité qui le contient n’a certainement aucune communication avec le canal nasal , ni même avec l’extérieur; au contraire, elle communique en arrière avec un autre sinus situé en dehors de l’apophyse ptérygoïde, et qui se trouve en rapport avec la trompe d’Eustache. Je suis également certain qu’elle ne se prolonge pas en avant dans l’écartement des os incisifs, écartement qui est entièrement rempli par la cloison cartilagineuse du vomer.

La membrane qui tapisse cette cavité nasale est dure, sèche, fibreuse, ne reçoit qu’un extrêmement petit nombre de vaisseaux et de nerfs , en un mot n’offre aucun des caractères d’une membrane olfactive. Celle qui se trouve dans le sinus maxillaire est évidemment plus molle et surtout beaucoup plus vasculaire : on remarque en effet qu’elle est tapissée par un lacis veineux. Ainsi la disposition de la membrane olfactive des cétacés, en suj!l[>osant que celle du sinus le

Cavité oll active.

Membrane

oll'aclive.

T)E l'apPAKETL de r/ODOPAT

soit, est toiit-à-lail opposée à ce qui a lieu dans les mammileres ordinaires : c’esi la partie supérieure ou elhmoïdale qui est la plus sèche, et l’inférieure ou maxillaire qui est la plus molle. Elle me semble le devenir encore davantage , et par conséquent plus olfactive, lorsqu’elle est parvenue vers l’orifice extérieur; elle forme en effet dans le bourrelet fibromusculaire qui le ferme, des espèces de poches bien symétriques, c’est-à-dire semblables à droite et à gauche, mais qui paraissent varier de forme et d’étendue suivant les espèces. J’en ai trouvé trois de chaque côté dans le marsouin ordinaire : la première est antérieure et inférieure ; on y trouve des espèces de replis ou de circonvolutions formées par une sorte de cartilage fort compliqué, et sur lequel est appliquée la membrane. Cette poche communique par une large ouverture avec la cavité nasale. La seconde est au contraire supérieure ; de chaque côté de la cloison est l’orifice qui y conduit; elle forme des anfractuosités assez nombreuses et irrégulières, creusées dans une sorte de masse fibreuse. De sa partie antérieure et inférieure naît un long prolongement qui passe derrière la poche antérieure , et qui se recourbe vers la ligne médiane, de manière à toucher celui du côté opposé. Enfin la troisième poche nasale est plus petite et plus simple; elle existe au-dessous d’une espèce de tampon dont nous allons parler, et qui sert à fermer l’orifice des narines.

La membrane qui tapisse ces différentes poches est noire, molle, et pourvue d’un grand nombre de petites papilles : elle adhère pèu à la surface des corps qu’elle revêt.

Dans le dauphin, je n’ai trouvé que les de\ix poches principales; l’antérieure et inférieure moins profonde, moins plissée que dans le marsouin ; et la^ supérieure qui ne forme pas d’anfractuosités, et qui descend immédiatement appliquée sur les os du museau.

Le marsouin à front bdftbé offre encore une disposition un

peu différente, sinon dans la poche antérieure et superficielle qui est à peu près comme dans le marsouin ordinaire, mais dans celle qui est supérieure et collée contre les os > elle a en effet trois culs-de-sac considérables, dont l’un se recourbe en dedans, et dont les deux autres se prolongent le long de la racine du museau : elle communique du reste toujours avec l’entrée de la cavité nasale par une assez petite ouverture oblique.

Les orifices de cette singulière cavité olfactive sont aussi profondément modifiés. Le postérieur , par une disposition particulière des muscles du voile du palais que nous connaîtrons plus tard , peut embrasser complètement la trachée-artère qui remonte dans les fosses nasales; et l’antérieur est aussi totalement fermé dans l’état de repos, à l’aide d’une espèce de tampon fibro-rausculairedont il nous reste à donner la description.

Une première singularité de Torifice extérieur des narines des cétacés, c’est leur position à la partie la plus élevée de la ligne dorsale, depuis l’extrémité plus ou moins antérieure, comme dans les cachalots, jusqu’à l’occiput ou à l’origine du cou, comme dans certains dauphins; et cependant leur orifice osseux est toujours à la racine du front; mais dans le cas où l’orifice cutané n’est pas à la même place, il se prolonge à l’état membraneux, soit en avant, soit en arrière.

Une autre chose particulière à la plupart des cétacés, c’est que la cloison des narines qui est alors totalement osseuse, ne se prolonge que fort rarement jusqu’à l’extérieur, en sorte qu’il n’y a alors qu’un seul orifice extérieur pour les deux narines.

On donne à cet orifice le nom d’6^^’en^ ; quand il est simple, il forme une fente semi-lunaire dont les cornes sont le plus souvent dirigées en arrière, mais qui le sont aussi quelquefois en avant.

Cette fente transversale est formée par deux bourrelets :

Orifices , Postérieur.

Extérieur ou évent.

Des muscles.

5i2 de i/aptareil de l’odorat

l’un supérieur, peu mobile, est partagé en deux parties par la cloison des narines; l’autre, inl'érieur, beaucoup plus mobile, est composé de deux lèvres, une externe, plus molle, plus mince ; et l’autre, interne, se moulant exactement sur le bourrelet supérieur contre lequel elle s’applique.

La substance qui compose ces bourrelets, et surtout l’inférieur, est d’un tissu fibreux si serré, qu’elle semble presque cartilagineuse.

Le muscle principal, qui, en déprimant le tampon inférieur, ouvre l’orifice des narines, est un muscle abaisseur qui, né de toute la partie antérieure et supérieure de Tos incisif, se termine dans le bourrelet inférieur : ses fibres sont entremêlées d’une grande quantité de graisse. Les autres sont dilatateurs : l’un est superficiel ; il naît de toute la circonférence de la crête frontale, en dessous de l’orbite et même de l’os de la pommette, et ses fibres convergentes vont se terminer au bourrelet supérieur, presque dans la ligne médiane. L’autre muscle dilatateur est caché en partie par le précédent; il est plus latéral; ses fibres prennent leur origine vers l’arcade zygomatique, et elles vont se terminer vers l’angle de l’évent, et surtout à la poche superficielle qu’elles doivent dilater. Ainsi les muscles des narines des dauphins, sont un abaisseur ou incisif, un élévateur direct et un élévateur latéral ; comme dans les autres mammifères.

Telle est la disposition de l’orifice extérieur des narines dans les cétacés , chez lesquels il semble unique , et se trouve presque immédiatement correspondre à l’orifice osseux. J’ignore complètement ce qu’il est chez ceux qui ont deux orifices distincts, comme les baleines, ainsi que chez ceux qui ont un tube membraneux plus ou moins long , entre l’orifice osseux et l’orifice cutané, comme les cachalots. Aucun auteur n’en a parlé; mais il est fort probable que les différences ne sont pas grandes , avec ce que nous venons de décrire dans les dauphins.

Il nous reste, pour terminer ce qui regarde l’appareil de l’oltaclion dans les mammifères , à dire quelque chose sur l’anomalie que présentent plusieurs espèces de chéiroptères, anomalie qu’il nous acté impossible jusqu’ici de rapporter A aucune raison un peu plausible , et qui consiste dans des replis et des expansions membraneuses, environnant l’orifice des narines. Un assez grand nombre' d’animaux de cette famille n’en offrent cependant aucun indice ; telles sont les roussettes, les chauve-souris proprement dites, les noctilions, dont les narines sont à peu près ce qu’elles sont dans les autres mammifères. Les orifices sont cependant ordinairement très-distants, ce qui est dû à la forme du cartilage tubiforme qui est fort renflé en dedans , un peu comme dans le*s sapajous : mais dans les phyllostomes il n’en est plus ainsi; la cavité nasale est assez peu considérable, et surtout très-courte. Les cornets sont en général peu subdivisés, et ne forment que quelques lames irrégulières. Il n’y a de sinus que le maxillaire, et la lame criblée n’a presque qu’un seul trou. Le nez proprement dit est au contraire extrêmement développé , non pas en longueur, mais en largeur, pour boucher l’orifice osseux qui est très-grand. Il est cependant toujours formé du cartilage tubiforme et de la portion alaire. Le premier se relève dans la ligne médiane, où il avait contribué à prolonger la cloison ; après un élargissement qui produit de chaque côté une sorte de petit oper- . cule sur l’orifice de la narine, il se relève, se prolonge en t avant en formant un petit capuchon ; du dos de cette ^ avance s’élève ensuite au milieu du front une crête qui se dilate en une feuille triangulaire dont la face antérieure prér sente quatre petites excavations symétriques. Cette feuille est plus ou moins libre; il n’en est pas de même du cartilage alaire; celui d’un côté, réuni à l’autre , forme en avant et en dehors de l’ouverture des narines une large expansion qui ressemble un peu à un fer à cheval échancré dans le milieu

Anomalie pour un usage inconnu , de cerUius chéiroptères.

Gonsliléra lions et différences générales.

5l4 de l’appareil de i/o do K at

(le son bord antérieur, et qui recouvre la plus grande partie de la lèvre supérieure. Ce cartilage se joint du reste à la portion phylloïde par une excavation ou repli bien marqué.

L’orifice de la narine est une petite fente sigmoïde, percée au coté interne de ce cartilage qui lui fournit aussi une petite lame externe operculiforme ; mais elle est cependant bien évidemment ouverte dans l’état de mort.

La peau qui revêt ces expansions cartilagineuses est à peu près nue, ou n’est couverte que de quelques poils rares et longs, surtout sur la feuille.

Les muscles moteurs de la plaque qu’elles forment sont, comme dans les autres mammifères : i° un muscle dorsal, qui de l’os frontal et nasal se porte à la racine de la feuille: 2" un muscle élévateur propre , plus considérable , provenant de l’os maxillaire, et se terminant sous le cartilage alaire; 3“ et enfin la portion incisive du muscle de la lèvre supérieure.

La description que je viens de donner est faite d’après l’espèce dont le nez est le plus compliqué, c’est-à-dire d’après le rhinolophe de nos pays. Dans les phyllostomes proprement dits, et dans les mégadermes, les différenoes paraissent ne consister que dans une proportion moins grande des deux parties de la plaque nasale et dans sa forme, et elles deviennent des caractères purement zoologiques.

B. Dans les oiseaux.

A n’en juger que d’après l’appareil de l’olfaction , et d’après les raisons établies à priori dans les considérations générales sur ce sens, on serait porté à croire que cette classe d’animaux aurait l’odorat moins fin que les mammifères, et cependant les faits, comme nous le verrons dans la physiologie, semblent déposer contre cette induction : peut-être, il est vrai, cela tient-il à la place extrêmement favorable que les

DANS LES OISEAUX. O 1 b

oiseaux occupent ordinairement dans l’espace , et qui leur permet de recueillir avec la plus grande facilité les molécules odorantes dans leur expansion ; mais c’est ce que nous ne déciderons pas en ce moment.

La membrane olfactive présente du reste à peu près les mêmes modifications que dans les mammifères; peut-être cependant est -elle un peu moins fibreuse, et le système crypteux y produit- il une plus grande quantité de matière visqueuse. , . < ,

Quant à la cavité, elle est aussi à peu près semblablement formée; mais elle est généralement plus petite. D’abord elle commence bien en avant de la sortie du nerf qui s’y rend, et ensuite elle ne se prolonge jamais jusqu’à l’extrémité des mâchoires; aussi n’y a-t-il pas de nez proprement dit. Le sac olfactif est cependant compris entre les mêmes os que dans les mammifères; il est également divisé en partie supérieure et en partie inférieure ; mais il diffère surtout en ce que ses replis ne sont que fort rarement soutenus par des lames osseuses, mais seulement par des lames cartilagineuses qui forment une masse unique, cylindroïde , appliquée contre les parties latérales de la cloison et dans la gouttière qu’elle forme avec l’os maxillaire, le præmaxillaire ; aussi peut-on l’enlever tout entière. On y dikingue trois parties : la postérieure ou la plus supérieure touche immédiatement à l’orbite; c’est une sorte de vésicule cartilagineuse fort mince, ordinairement en forme d’entonnoir, dont la concavité est interne ou du côté des narines, et la convexité externe du côté du sinus suboculaire ; la seconde est formée par un long repli cartilagineux étendu d’avant en arrière, et plus ou moins enroulé sur lui-même ; c’est l’analogue du cornet inférieur des mammifères. Séparée en-dessus par un sillon assez profond de la précédente , et en avant de la troisième par un autre sinus , son bord libre est inférieur, et sa convexité en dehors; mais elle est tapissée sur ses deux faces par

Dans la membrane olfactive.

Dans la cavité , et les cornets.

Dans les ori fices.

Postérieur.

Antérieur.

5l6 DE LAPPAllEIL DE L’oDOnAT

la membrane pituitaire, qui est fort rouge. Son extrémité postérieure se voit quelquefois à l’orifice guttural des narines. Son sinus ou méat communique avec l’air extérieur par une sorte de canal formé par le côté interne de la troisième partie, et par la cloison médiane. Cette troisième partie est plus grande, plus externe et plus antérieure; c’est évidemment l’analogue du cartilage des narines dans les mammifères; elle forme l’orifice même des narines ; aussi est-elle recouverte en partie par la membrane cornée extérieure. La substance cartilagineuse qui la constitue est plus épaisse, plus blanche; elle se compose ordinairement de trois replis ou cornets principaux; un interne qui borde l’orifice du véritable canal olfactif, et deux autres, l’un supérieur et l’autre inférieur, entre lesquels est l’orifice de la fausse narine.

Il n’y a presque jamais de sinus, à moins qu’on ne puisse regarder comme tel une espèce de poche souvent fort grande, entièrement membraneuse , quelquefois cependant développée dans les anfractuosités de l’os lacrymal, qui se porte en arrière dans l’orbite, au-dessous du globe de l’œil; mais elle ne communique pas avec la cavité olfactive ; elle me paraît plutôt appartenir à la cavité auditive , comme nous le verrons plus loin.

La forme et la disposition des deux orifices de la cavité nasale dans les oiseaux, diffèrent aussi beaucoup de ce qui a lieu dans les mammifères; ainsi le postérieur ou guttural semble d’abord unique, et n’être formé que par une fente plus ou moins allongée , ordinairement dentelée sur ses bords ; mais en écartant ceux-ci , ce que l’on fait aisément , parce qu’ils sont membraneux, on trouve l’orifice appartenant à chaque narine disposé à peu près comme dans les mammifères, et n’étant pas plus que chez eux susceptible d’être ouvert ni fermé.

La disposition de l’orifice antérieur est tout-à-fait différente de ce qui existe dans la première classe des animaux

DANS LKS OISEAUX. JIJ

vertébi’c3. En effet, par un arrangement particulier des os præmaxillaires dont la branche montante va s’articuler directement avec le frontal de chaque côté de la ligne médiane, il est résulté que les os propres du nez ont été rejetés en dehors, séparés l’im de l’autre par toute l’épaisseur des deux I branches montantes des os incisifs. Alors les orifices des narines sont plus ou moins distans entre eux, suivant la largeur de ceux-ci, comme s’il y avait une cloison fort épaisse.

Ils sont en outre quelquefois extrêmement remontés ou rapprochés du front; jamais ils ne se trouvent au niveau de l’extrémité des mâchoires. Joignons à cela que très-rarement il existe au devant de l’orifice osseux une disposition !de cartilage qui le prolongerait en formant un véritable nez. (L’orifice, tout-à-fait extérieur, n’est quelquefois qu’un trou qqui semble percé dans la peau, on dans la corne du bec. >Souvent cependant il y a au bord supérieur une petite 1 écaille dermo - cartilagineuse , immobile, qui couvre cet Darifice et le convertit en une fente plus ou moins allongée; .elle appartient au cartilage de l’ouverture ; mais jamais cet ))rifice n’est susceptible d’être dilaté ou rétréci, aussi n’y a-t-il Kiucun muscle des narines.

On trouve encore assez souvent dans cette classe une sinl'pilarité assez remarquable qui consiste en ce que, entre la 1 ame verticale de l’ethmoïde elle vomer, il y a un espace hide plus ou moins considérable, qui fait communiquer un rrifice des narines avec l’autre.

Quoique les différences que les oiseaux présentent dans appareil de l’olfaction soient en général beaucoup moins onsîdérables que dans les mammifères, il en existe cepenant quelques-unes : elles ne me paraissent pas être beau- I oup plus en relation avec l’espèce dé nourriture qu’avec liucune autre cause. Cependant les espèces carnassières , iomme les oiseaux de proie, et surtout les espèces lâches,

I lit l’ensemble de l’appareil plus développé que celles (jui ne

DiUërcnoes

spéciales.

Dans les replis chez

Les perroquets.

Les oiseaux de proie.

3i8 DE i/appareil de l’odoiiat

le sont pas; mais il me semble que les différences sont plus évidentes dans chaque famille naturelle (i). Les principales se remarquent dans la forme et surtout dans la proportion des replis cartilagineux.

Les perroquets ont l’appareil en général peu développé; la partie supérieure est simple; la partie moyenne forme un cornet assez court, roulé sur lui-même de bas en haut; et l’antérieure qui entre un peu dans la composition de la narine extérieure est très-petite , et produit une lame qui saille dans l’orifice, en formant une espèce de fausse narine.

Les oiseaux de proie diurnes, me paraissent assez différer entre eux sous ce rapport , ce qui tient sans doute au développement plus ou moins considérable de la base du bec.

Dans la buse, la poche supérieure est assez peu distincte; le cornet moyen est au contraire grand, fort allongé et enroulé deux fois environ sur lui-même. Le cartilage de l’ou- j verture est également large , bombé , en grande partie exté- ' rieur : un appendice arrondi forme aussi une espèce de fausse narine , et est un peu visible dan.s l’orifice.

Le faucon, dont le bec est beaucoup plus court, a ses replis de la membrane olfactive beaucoup plus serrés et tourmentés; le cartilage de l’orifice est à peine extérieur ; le ; cornet inférieur est très-flexueux , presque vertical , et le supérieur est assez renflé.

Les oiseaux de proie nocturnes n’offrent pas beaucoup de différences avec ce qui a lieu. dans la buse ; la partie supérieure ; étant peu étendue , le cornet moyen fort allongé , et le carti- j| lage de l’ouverture assez visible à l’extérieur, étant aussi pourvu d’un petit appendice arrondi formant une fausse na- ; rine : il est un peu osseux inférieurement.

(i) Je ne dis pas dans chaque ordre, parce qu’ii y en a fort peu del véritablement naturels. I

L’orifice antérieur est ovale , et le postérieur un peu plus étroit est distinct de celui de l’autre côté. J’ai bien vu dans la hulotte un petit sinus membraneux sous l’os palatin, et dont l’ouverture arrondie est en arrière, tout près de l’orifice guttural. Les anfractuosités de l’os lacrymal sont aussi fort nombreuses dans cet oiseau.

Quant aux animaux de cette classe, que nous réunissons sous le nom de grimpeurs, il y a presque autant de variations que de véritables genres.

Dans les pics , j’ai trouvé que la partie supérieure est petite et peu distincte; le cornet inférieur est également peu étendu; le cartilage marginal est au contraire très-considérable, quoiqu’il soit à peine visible à l’extérieur. Il se prolonge en un long cornet, ayant dans sa moitié postérieure une écaille formant fausse narine, et en dedans le bord in- ! férieur du cornet est comme osseux.

Les martins-pêcheurs ont la cavité olfactive plus petite, ainsi que la lame moyenne : le cartilage externe forme un [petit opercule.

Le martinet a un cornet inférieur fort grand , çt faisant jodeux ou trois tours ; le supérieur est presque nul ; le cartilage r nasal est visible à l’extérieur ; il est grand, et forme une |i fausse narine assez profonde.

i Les passereaux, et surtout les véritables, diffèrent beau- Lespassereaus.

|i:coup moins entre eux sous ce rapport; on trouve en général

Il le cornet supérieur simple et peu profond; l’inférieur est

J aussi médiocre; mais l’antérieur ou marginal, entre plus ou

imoins dans l’occlusion de l’ouverture osseuse suivant la

.grandeur de celle-ci; et .son appendice externe se dispose

tassez souvent en se recourbant en cornet, de manière à

(former une sorte d’écaile opercullaire, comme dans les

joaerles, etc. ; mais ce que cette partie offre de plus rqmar-

iquable , c’est qu’elle est véritablement osseuse dan.s sa partie

rinférieure, et que sa face convexe, qui est interne, fournit

Lf>s pigeons.

Les gallinacés.

Les échassiers.

520 DE l’appareil DE l’oDORAT

(leux OU trois crêtes longitudinales qui répondent à une disposition analogue de la cloison des narines. J’ai très-bien vu cette disposition dans la rousserolle , dans le gros-bec même , quoiqu’il n’y ait pas d’écaille operculaire. Les pies-grièches ont cependant la disposition générale de la buse; le loriot a l’appareil de l’olfaction encore moins développé , mais toujours dans la même forme générale.

L’organe d’olfaction des pigeons est en général peu développé; il n’y a point de cornet supérieur proprement dit, mais seulement un entonnoir membraneux : le cornet inférieur est court et peu enroulé ; le cartilage de l’orifice est en grande partie extérieur, formant une écaille très-bombée; la fausse narine est assez grande. L’orifice guttural est presque aussi long que la cavité elle-même : la cloison n’est pas percée.

Les gallinacés ont proportionnellement le cornet supérieur | très-petit; le cornet inférieur ne fait qu’un tour et demi: le cartilage nasal est triangulaire; il saille aussi beaucoup à l’extérieur, en forme de large écaille : la cloison n’est pas percée.

Les échassiers se divisent sous ce rapport, comme sous tous les autres , en quatre familles. j

La première , qui contient les outardes , me semble avoir les cornets olfactifs presque comme les gallinacés.

La seconde, qui se compose des hérons, grues, cigo- ^ gnes, etc. , a sa cavité olfactive fort petite, formant un petit , sac triangulaire, collé en dedans de la grande poche pala- f line. On n’y trouve qu’un très-petit repli cartilagineux, analogue du cornet inférieur et étendu, comme lui, d’arrière en avant.

Dans ces oiseaux, la cloison médiane ne se prolonge pas entre les orifices osseux, d’où il résulte un grand trou qui fait communiquer une narine avec l’autre.

La troisième famille , dans laquelle se rangent toutes les es-

DiVNS LES OISEAUX.

pèces à bec plus ou moins grêle et cylindrique, comme les ibis , les bécasses , la cavité nasale est encore beaucoup plus petite , et les cornets presque entièrement nuis ; ce n’est qu’une petite poche triangulaire, ouverte en arrière et en avant, et ayant à sa partie tout-à-fait supérieure un petit cornet fortement courbé en S, et dirigé en avant. Les deux narines communiquent encore entre elles par une fente percéè entre le vomer et la cloison ethmoïdale.

Enfln la quatrième, ou celle des poules d’eau et des rfiles, a un petit cornet supérieur, triangulaire, ^distinct dans la cavité en entonnoir; le cornet inférieur fort grêle et à peine enroulé , et le cartilage d’ouverture simplement tubuleux, et en grande partie sous le derme.

L’ordre des palmipèdes doit aussi être divisé en plusieurs familles , sous le rapport qui nous occupe.

La première , qui comprend les mouettes , a la plus grande ressemblance dans l’appareil de l’olfaction avec ce qui a lieu dans la seconde ou celle des pétrels, si ce n’est dans la manière dont se dispose le cartilage de l’orifice. II me suffira donc de décrire ce qui est dans ceux-ci.

La cavité olfactive est en général fort développée ; la partie supérieure se divise en deux poches, une qui se porte sous la racine du bec ou sous les os incisifs, et une autre extérieure, plus irrégulière, à parois plus cartilagineuses, située au devant de l’os lacrymal. La partie moyenne est formée par un grand cornet qui s’enroule deux fois sur lui-même.

Enfin la partie inférieure, ou le cartilage marginal est presque entièrement, sous le derme corné; il se dispose en un long tube qui prolonge les narines bien au delà de l’ouverture osseuse, en se rapprochant plus ou moins de celui du côté opposé. Quelquefois les deux tubes sont tellement confondus, qu’ils semblent n’en former qu’un , même avec une seule ouverture par l’échancrure de la cloison.

La troisième , dans laquelle nous rangeons les pélicans

Leî

palmipèiks.

Dans la position et la forme (les orifices.

022 DE l’appareil DE l’oDORAT

et genres voisins, offre une disposition toute différente, non-seulement en ce que la cavité olfactive est en général extrêmement petite , avec un cornet inférieur peu sensible ; mais surtout par l’absence presque totale du cartilage marginal ; aussi l’orifice osseux est-il à peine perceptible , même sur le squelette ; l’orifice guttural existe cependant toujours comme à l’ordinaire.

Enfin les familles des canards et des plongeurs diffèrent encore entre elles.

Dans le canard, par exemple , la partie supérieure est divisée en deux poches, à peu près comme dans les pétrels; le cornet médian est aussi assez développé. Quant à l’antérieur, il est comme dans les mouettes; il est assez simple, avec un petit appendice formant une fausse narine.

L’oie ressemble presque complètement au canard sous ce rapport; mais avec un développement général évidemment moins considérable.

Les plongeons et les grèbes ont un appareil olfactif presque semblable à ce qui existe dans les râles , mais peut-être un peu plus développé.

Il est fort probable qu’il ne l’eSt pas davantage dans les pingoins et les manchots; mais c’est ce que je ne puis assurer, ne l’ayant pas examiné.

On trouve aussi parmi les oiseaux, des différences assez nombreuses dans la position et dans la forme des orifices , mais surtout de l’externe ou des narines ; et comme elles sont visibles à l’extérieur , èt constantes dans les familles naturelles, les ornithologistes en tirent de fort bons caractères zoologiques. Ils étudient leur position dans la partie cornée du bec , ou dans la partie molle ou membraneuse de sa base; ils envisagent aussi leur position relative sur le bec, par rapport à sa longueur et à sa hauteur, suivant qu’elles sont basilaires, médiaires on bien dorsales, latérales ou marginales. Elles «ont basilaires ou médianes quand elles

sont percées à la racine du bec , ou dans la moilié de sa longueur; elles sont dorsales , comme dans les todiers, lorsqu’elles sont fort rapprochées de la ligne médiane supérieure; latérales, lorsqu’elles sont à peu près dans le milieu de la hauteur du bec, comme dans la plupart des oiseaux, et enfin marginales quand c’est sur le bord même du bec qu’elles sont percées, comme dans les macareux, les pingoins, etc.

Leur forme est encore plus variable que leur position , d’où l’on tire les épithètes de ronde', ovale, linéaire, etc., qui s’entendent d’elles-mêmes; et elle dépend beaucoup de la disposition du cartilage marginal.

Leur terminaison offre encofe quelques différences qui tiennent à la même causée; quelquefois elles ressemblent à des trous giraples , comme dans les perroquets ; d’autres fois elles sont h l’extrémité d’une sorte de tube très-court , comme dans les engoulevens et les coucous, et alors je les nomme rebordées , ou d’un tube beaucoup plus long, comme dans les pétrels; enfin le plus souvent elles sont operculées, c’est-à-dire recouv«ertes à leur bord supérieur par une sorte d’écaille plus ou moins renflée, qui fait un peu l’office d’opercule , quoiqu’elle ne soit pas mobile, et dont nous avons vu plus haut l’origine. ’■

Le mode de terminaison le plus singulier dans les narines des oiseaux, est celui qui se remarque dans la faraillê des cormorans. En effet, ce n’est qu’avec beaucoup de difflèiillé qu’on peut les apercevoir sur l’animal vivant, à la ratine 'du bec sous forme d’une très-petite fissure : c’est ce qui m’a déterminé à désigner cette famille d’oiseaux par la 'dênotiàinnixon àe cryptorhiniens. ’

J’ignore si l’ûge a quelque influence sur le dévclbpjiemenl des anfractuosités olfactives des oiseaux; mais cela esï fort probable , puisque cela est évident chez les raam-mifèrès.

324 l’appareil de l’odorat

Considérations et diHërences générales.

Diitéreuces spéciales dans

Les tortues.

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