C. Dans les reptiles
Les deux classes de reptiles offrent une dégradation beaucoup plus évidente dans l’appareil de l’odoration , au point que ce n’est presque plus dans les dernières espèces qui respirent l’air en nature, que le canal de la respiration , et même dans celles qui paraissent rester pendant un temps extrêmement long de leur vie à l’état imparfait sous le rapport de cette fonction , la cavité nasale n’est plus qu’une petite bourse presque sans orifice postérieur.
Les reptiles écailleux, sous ce rapport comme sous tous les autres, sont beaucoup moins dégradés, et ils se rapprochent d’une manière générale de ce que nous venons de voir dans les oiseaux. Malheureusement ils diffèrent cependant trop entre eux pour que nous ne soyons pas obligés de passer en revue chacun des groupes naturels que la zoologie y établit.
Dans les tortues , la cavité olfactive est en général médiocre , ou mieux assez petite , ovale , et presque indépendante des os dans l’écartement desquels elle se place : elle est formée en dehors par un périoste noir qui tapisse les os , et en outre par un cartilage qui n’a pas à l’intérieur exactement la même forme que la cavité osseuse. Il rentre en effet en dedans aux endroits où il est plus épais , de manière à former trois cavités assez distinctes; l’une antérieure, où est percé l’orifice des narines ; une seconde médiane plus petite , et une troisième plus grande et postérieure. Ces deux dernières sont plus nettement séparées par un repli plus épais qui produit ainsi un commencement de cornet analogue à celui que nous avons nommé médian chez les oiseaux.
S’il n’y a que des rudimens de cornets, il n’y a absolument aucune trace de sinus creusé dans les os.
La membrane pituitaire qui double la poche olfactive, est
DANS LES REPTILES. 325
formée de deux couches; l’une noire et vasculaire; l’autre d’un gris blanchâtre.
L’orifice postérieur est à la partie inférieure de la troisième loge; il ne peut en aucune manière être modifié.
L’antérieur est un petit trou rond ou ovale, et toujours béant, percé dans une partie de la peau qui remplit l’ouverture osseuse.
Les dlfTérences qu’offrent les chéloniens dans la partie essentielle de l’appareil de l’olfaction , doivent être extrêmement peu considérables : elles le sont un peu davantage dans les orifices, et surtout dans le nasal. Toutes les tortues proprement dites, les émydes, les chélonées, les dermo-chélides ont cet orifice formé comme il vient d’être dit; mais les chélides et surtout les trionyx l’ont à l’extrémité d*une petite trompe dermo-musculaire , extensible, mats dont je ne connais pas la structure.
Le crocodile a l’organe de l’odorat plus parfait que les Le crocodile, tortues et que les autres reptiles.
La membrane olfactive m’a paru en effet plus molle et plus épaisse.
La poche qu’elle double est fort étendue, non-seulement à cause de la singulière disposition du canal respiratoire qui commencepresque au bout du museau pour se terminer sous l’os basilaire, mais encore parce qu’il y a trois anfractuosités ou grandes cellules sub-cartilagineuses au devant de l’orbite , et un véritable cornet assez allongé et bilobé à leur côté interne. C’est sous l’extrémité antérieure de ce cornet que commencent en arrière le canal pharyngien , qui se prolonge jusqu’à l’occipital, et en avant le canal nasal. Celui-ci est évidemment formé par un cartilage mince et cylindrique. Il se termine, en se recourbant en haut, dans une masse charnue qui bouche l’orifice osseux, ét dans laquelle est percée la narine. Celle-ci, tout-à-fait supérieure , est sigmoïde, la concavité en arrière et fermée dans l’état de repos. C’est la
5^6 DE l’appareil de lodorat
lèvre postérieure qui est la plus lar^e, et qui peut être écartée de l’autre par un muscle dorsal fort épais, dont l’origine est à la pointe de l’os du nez et à l’os incisif. Quant à l’orifice pharyngien , il est complètement immutable.
Les reptiles quer enferment les sous-ordres des sauriens et des ophydiens, diffèrent beaucoup moins entre eux. La membrane olfactive devient en général noirâtre , et surtout moins étendue; le sac qu’elle tapisse est en effet fort peu allongé , ovale, et ordinairement sans repli; il est cependant encore souvent un peu cartilagineux et même quelquefois osseux; mais il n’y a réellement pas de véritables cornets, et encore moins de sinus. Le canal respiratoire devient par conséquent de moins en moins distinct, et ses deux orifices se rapprochent déplus en plus, au point que l’ouverture pharyngienne est quelquefois avant la moitié de la longueur de la voûte palatine. Elle est toujours distincte, latérale, arrondie, et communique avec la voûte palatine par une large fente. Quant à l’orifice antérieur, il est au contraire fort petit, immobile, formé par un petit cartilage nasal, et plus ou moins rejeté sur les côtés du museau , absolument comme dans les oiseaux, et pour la même raison, l’articulation dans la ligne médiane de la branche montante des deux os incisifs, ce qui n’a lieu ni dans les tortues, ni dans les crocodiles.,
Les différences ne sont pour ainsi dire que des nuances.
Les geckos, dont le sac nasal est en général médiocre, ont une sorte de cornet produit par la saillie dans l’intérieur de la cav^ilé nasale d’une, petite apophyse de l’os maxillaire. L’orifice extérieur est un trou arrondi.
Les agamoïdes, e’est-à-dire les anolis, les agames, les caméléons ressemblent beaucoup sous ce rapport aux geckos. Il y a dans la petite cavité nasale du dragon, dit M. Tiedman, un petit cornet allongé et membraneux, outre un petit repli cutané.
DANS LES REPTILES
Les iguanes n’en diffèrent pas non plus beaucoup : l’orifice extérieur est seulement plus grand; il est toujours arrondi.
Les tupinambis m’ont semblé avoir une cavité nasale un peu plus grande, moins terminale ou plus reculée : l’ouverture extérieure est en forme de fente assez longue, recouverte par une écaille operculaire , quoique immobile; elle est sur les parties latérales du museau.
Les lézards n’offrent rien de patticulier ; la poche est encore entièrement couverte par les os, et surtout par les os du nez; elle est comme partagée en deux parties par un étranglement formé par une apophyse montante de l’os palatin ; une antérieure servant de canal , et une postérieure , où est la véritable membrane pituitaire noirâtre. C’est à son côté externe qu’est l’orifice pharyngien. Le nasal est trèspetit, rond, oblique, avec un rudiment de fausse narine.
L’appareil olfactif est peut-être encore plus simple dans Les ophydîens. les ophydiens, et moins développé à cause de la brièveté du museau ; il devient surtout plus à découvert dans les intervalles que laissent entre eux les os qu’il écarte pour se loger; dans les couleuvres et dans les vipères , l’os du nez ne le recouvre qu’à sa partie supérieure ; c’est un sac large, ovale, court, à peine fibreux extérieurement, et doublé çar une ^
! membrane pituitaire assez molle et presque noire ; il n’y a I aucune trace de replis autre que ceux produits par la saillie de quelq[ues-uns des os qui entourent le sac. L’orifice pharyngien est un trou assez grand situé au milieu environ de sa face inférieure, et qui s’ouvre au palais, dans un enfoncement commun et médian , différence avec ce qui a lieu dans les sauriens. Quant à l’orifice extérieur, il est tout-àfait semblable à ce que nous avons vu dans ce groupe.
.Les autres ophydiens ne diffèrent guère de ce que nous venons de voir dans les couleuvres, qu’en ce que le sac est plus ou moins complètement recouvert par l’os du nez, et
Consiilérations et difiërences générales.
Ditïérences spéciales dans
ie pipa.
5atS DE l’appareil de l’odorat
que les orifices sont plus ou moins disians ou rapprochés; les amphysbènes, les typhlops ont leur sac nasal entièrement intérieur ; et sous ce rapport les cœcilies paraissent se rapprocher (le ce groupe de serpens : les rouleaux, lesplaiures et les hydrophis sont presque dans le même cas , mais avec une disposition osseuse un peu différente, comme nous le verrons plus tard : les trigonocéphales , les crotales ressemblent beaucoup aux vipères sous ce rapport. L’acrochorde et les boas, dont*le sac est aussi fort à découvert, offrent celte particularité que sa partie antérieure ou l’analogue du cartilage des narines est osseuse.
D. Dans les ' amphy biens.
Les différences principales que nous présentent l’appareil de l’olfaction dans cette classe d’animaux, indiquent évidemment une véritable dégradation, et tiennent surtout à la diminution du canal respiratoire, et par conséquent à ce que ces animaux deviennent de plus en plus aquatiques. Le sac olfactif, quoique toujours en rapport avec les mêmes os, sort plus ou moins complètement de leur écartement, et est souvent entièrement sous-cutané. Son orifice interne ou pharyngien se rapproche déplus en plus de l’externe; il peut même exister hors du palais et être percé sous la lèvre supérieure.
Les batraciens proprement dits nous montrent une cavité olfactive généralement assez petite, et dont l’ouverture interne est très-antérieure.
Dans le pipa, la poche olfactive est cylindrique, déprimée et entièrement cachée sous l’os du nez. La membrane fibreuse est distincte de la membrane pituitaire qui est épaisse.
L’ouverture externe est très-grande, transverse à l’extrémité d’un tube presque aussi grand que la eavité, et trèsrapprochéc de la ligne médiane.
DANS LES AMPHYBIENS. 029
Dans les crapauds , les grenouilles et les rainettes qui sont parfaitement semblables sous ce rapport , la membrane olfactive est molle, noire et assez épaisse; la poche qu’elle tapisse est à peine fibreuse; elle n’est point recouverte par les os, si ce n’est par le nasal à son côté externe ; il n’y a à son intérieur aucune saillie qui augmenterait l’étendue de la membrane olfactive. L’orifice interne, toujours très-antérieur, et fort distant de la ligne médiane est ovale, grand et entièrement membraneux : î’orifice antérieur est pourvu d’une sorte de demi -opercule inférieur , à peine cartilagineux, et susceptible de quelques mouvemens.
Dans les salamandres, la poche olfactive est encore moins cartilagineuse; elle est ovale, assez grande; la membrane n’y forme aucun repli, aucune anfractuosité; elle est du reste assez muqueuse. L’orifice postérieur n’est qu’un trou ovale : l’antérieur est bordé par un petit repli de la peau , surtout au côté externe, mais sans trace de cartilage.
L’axolotl ressemble complètement aux salamandres sous ce rapport.
Le protée, que nous ne connaissons peut-être pas à son état parfait, a aussi la cavité olfactive ovale et assez grande , un peu comme dans les salamandres : mais la membrane olfactive se dispose comme dans beaucoup de poissons ; elle forme un petit canal cylindrique qui n’est pas renfermé dans l’écartement des os de la mâchoire, mais au milieu ! d’un amas graisseux. En l’ouvrant on voit que la membrane olfactive forme un grand nombre de petits plis qui tombent I perpendiculairement sur une légère saillie longitudinale. Les orifices de cette poche olfactive sont aussi assez singuliers; l’externe est excessivement petit, triangulaire et situé à l’extrémité supérieure du museau; et l’interne est en dedans de 1 la lèvre supérieure, et non dans la cavité buccale.
La sirène, dont je ne connais cependant pas la structure des narines, a aussi l’orificc interne sons le bord presque
Les grenouilles, etc.
Les
salamandres.
Le prole'e.
Considérations et différences générales.
Pifférencesspé-
ciales.
33o DÉ l’appaïïeil de l’odorat
antérieur de la lèvre supérieure ; c’est une très-petite fente assez difficile à apercevoir.
D’après la forme de la cavité osseuse dans les cœcilies, il est probable que l’appareil olfactif est plus complet que dans les genres précédons ; il est au moins complètement interosseux; son orifice extérieur est arrondi, et le postérieur de même forme est vers le milieu de la voûte palatine assez éloigné de la ligne médiane.
E. Dans les poissons.
La forme et la disposition de l’organe de l’odorat dans les reptiles amphybiens, et surtout dans les espèces encore à l’état de larve, nous conduisent tout naturellement à ce qui existe dans les poissons. En effet, le caractère distinctif de l’appareil olfactif dans cette classe est de former une poche membraneuse plus ou moins étendue, souvent encore interposée entre les os de la face , ouverte par un orifice simple ou double à l’extérieur, mais jamais à l’intérieur; en sorte que la partie que nous avons désignée sous le nom de canal respiratoire , et qui est essentiellement attachée à l’organe de la respiration aérienne, manque ici complètement. Un autre caractère de l’appareil olfactif de cette classe d’animaux, c’ést que les replis de la membrane olfactive, quand il en existe, ce qui est assez fréquent, sont appliqués sur ceux de la membrane extérieure , fibreuse, et disposés d’une manière bien régulière et souvent symétrique.
Quant à la position générale de l’organe, il est toujours antérieur; mais quelquefois il est en dessous du museau, quoique dans le .plus grand nombre de cas il soit en dessus.
Les différences que nous allons voir dans l’organe de l’oU faction chez les poissons, ne peuvent que difficilement être rapportées à des titres généraux. Ainsi , comme toutes les espèces de cette classe paraissent être plus ou moins carnas-
sières, i! ne doit point y av^cir de difi'éf'ences qui tiendraient à l’espèce de nourriture : comme toutes vivent dans le même milieu, qu’elles ne peuvent que très -rarement quitter, le séjour ne peut non plus avoir d’influence pour modifier l’appareil de l’olfaction dans les poissons.
Nous ne devons donc nous occuper que des dififércnces qui tiennent aux groupes naturels.
Daus tou>s les poissons osseux que j’ai pu observer , la poche olfactive est toujours comprise entre l’os lacrymal qui la recouvre plus ou moins en arrière et en dehors, l’os du nez en dessus , l’os præ-maxillaire en avant, et le vomer en dedans : mais ces os ne la cachent pas toujours complètement.
Sa forme et sa grandeur sont du reste assez variables, et sont en rapport avec celles du museau.
La membrane fibreuse n& m’a jamais paru bien distincte de la membrane pituitaire, surtout dans tout le côté extérieur de la cavité. Elle forme cependant presque toujours au côté interne et postérieur de celle-ci, une masse ovale dont le milieu offre une saillie plus ou moins allongée, de chaque côté de laquelle naissent sous un angle variable des lames ou des plis plus ou moins nombreux.
La membrane olfactive s’applique sur ces dispositions de 'i la membrane fibreuse.
C’est au côté externe que se 'trouve la communication M extérieure; elle se fait presque toujours par deux orifices, dont la position , la forme , les grandeurs relatives sont extrêmement variables : ce qu’elles ont de constant, c’est que l’orifice postérieur est toujours béant, et percé comme un ' trou dans la paroi , tandis que l’antérieur paraît être contrac- ' tile , et en effet il est toujours bordé par une partie musoulo- !' dermoïde , quelquefois même prolongée en une sorte de ' tube : cette dernière disposition est surtout fort prononcée I dans les espèces anguilliformes qui vivent dans la vase.
Suivant le groupe; dans les poissons osseux.
332 DE l’appâtieie de i/odoeat
scÿinn.mo- Parmi les poissons véritablement abdominaux, on indique abdominaux. quelques familles qui n’ont qu’un seul orifice aux narines , mais cela est-il certain?
Les brochets se distinguent par la position reculée de la cavité olfactive, qui est ovale, et dont les deux orifices presque égaux sont séparés par une bride cutanée peu large.
Les saumons ont aussi deux orifices assez rapprochés , presque égaux. La membrane plissée forme une espèce de palmette.
Les carpes ont l’appareil généralement assez développé, les orifices très-rapprochés , très-grands, surtout le postérieur qui est semi-lunaire; l’antérieur est percé dans une sorte d’opercule qui pénètre dans son excavation.
Les harengs, les aloses me paraissent n’avoir qu’un seul orifice postérieur fort grand.
Les silures semblent aussi, pour la plupart, n’avoir qu’un seul orifice aux narines; mais les observations sont-elles bien exactes ?
Les cobites ont aussi une assez grande cavité olfactive ronde; les deux orifices sont distans : le postérieur est énorme pour un si petit poisson : l’antérieur est à l’extrémité d’un tube assez long.
Les amies ont aussi l’ouverture nasale antérieui’e prolongée en un long tube.
Les exocets ont une forme de narine particulière. La cavité est fort petite; elle n’a qu’un seul grand orifice; mais il est jusqu’à un certain point divisé en deux par la saillie d’une espèce de petite cupule que je crois la partie plissée.
Les muges et surtout les polynèmes, dont ie museau est fort court, ont les deux orifices de la cavité olfactive souvent fort rapprochés et presque arrondis.
iboraciques. Parmi les poissons thoraciques , on trouve que la cavité olfactive est en général assez petite; la membrane plissée est beaucoup plus petite encore, et plus ou moins antérieure
et interne, et située immédiatement au dedans de l’orilice antérieur; mais ensuite la proportion de cet orifice avec le postérieur, varie beaucoup. Les mulets, labres, crénilabres et même les perches , les ténianotes ont toujours l’orifice postérieur le plus grand.
Les chétodons sont dans le cas contraire, et la cavité olfactive est fort petite.
Dans les scombres, elle est au contraire fort grande, et elle se prolonge en arrière , en avant sous l’os maxillaire, de manière à n’être séparée de la cavité buccale que par la membrane palatine. Cependant la portion plissée n’est pas ^grande; les plis naissent d’un petit bouton médian. Quant ;aux orifices , ils sont assez distans, et le postérieur est sous fforme de fente verticale.
Les trigles ont aussi ce prolongement sous-maxillaire de la icavité nasale, et la partie radiée, ovale et petite; mais les rorifices extérieurs sont fort rapprochés au milieu du museau :
1 l’antérieur circulaire est extrêmement petit et rond; le posttérieur est ovale, allongé.
Les rémoras ont de même la cavité olfactive très-peu conssidérable, la portion plissée formant une petite masse arprondie; les orifices très-rapprochés, le postérieur étroit et iFvertical.
Les cottes ont au contraire les orifices distans; mais le |)postérieur est extrêmement petit et au bord supérieur de i ’orbite : l’antérieur a un petit tube. La cavité est comme partagée en deux par l’os lacrymal.
I Parmi les poissons jugulaires, je ne vois non plus rien de particulier.
Les vives n’ont pas les plis de la membrane bien marqués; îla cavité est petite; elle a toujours deux orifices ; l’antérieur ai l’extrémité d'un petit tube, et l’autre très - remonté au Jbord supérieur de l’orbite, et excessivepient petit.
Dans les gades la cavité est médiocre, la partie plissée
Hétérodermes,
334 «E r/APPAREIL DE l’o DORAT
ovale, les deux orifices presque égaux, ranlérieur bordé en arrière par un demi-tube.
Les pleurouectes ont leurs narines disposées, une à droite et l’autre à gauche, mais non complètement symétriques, celle du côté des yeux étant plus basse que l'autre. La cavité est du reste assez grande ; la partie plissée est ovale comme dans les gades : des deux ouvertures, la postérieure est O’vale et un peu plus grande que l’antérieure, qui est à l’extrémité d’un demi-tube , c’est-à-dire que la membrane qui le forme n’occupe que la moitié postérieure de l’ouverture.
Dans la section des dipodes , les gymnotes m’ont paru n’avoir qu’un seul orifice à leur narine, et c’est l’antérieur; il est à l’extrémité d’jin petit tube ; mais je ne voudrais pas assurer qu’il n’y ait réellement que celui-là.
Les anguilles en ont certainement deux : la cavité olfactive est fort longue et presque entièrement occupée dans sa paroi interne par un appareil plissé , dont l’axe est trèslong et les lames très-membraneuses et très-fines. Les deux orifices sont très-distans et médiocres; le postérieur est ovale un peu au devant de l’oeil ; l’antérieur est à l’extrémité d’un assez long tube qui se trouve presque au bout du museau.
Le groupe de poissons que je désigne par la dénomination d’hétérodermes n’offre pas davantage quelque chose de commun dans l’appareil de l’olfaction.
Les cycloptères ont la poche de l’odorat petite , arrondie , avec deux orifices en général très-rernontés ; le supérieur est si excessivement petit qu’il est fort difficile à voir; il est audessus et en dedans de l’œil : l’antérieur est tubuleux.
Les baudroies , d’après ce qu’en disent MM. Cuvier et Du- | méril, ont leur organe d’olfaction en forme de petite cupule.
' Les syngnathes paraissent avoir cet organe assez singulier : dans l’hippocampe, j’ai trouvé de chaque côté une sorte de petit appendice dentelé et extérieur, formant une espèce d’opercule, et dont le bord postérieur offre un assez grand
«rifice. Daos le syngnathe typhlé de Manille , il y a deux orifices bien distincts quoique fort rapprochés, le postérieur rebordé, et l’antérieur, à l’extrémité d’un petit tube en forme d’appeo(Hce. Dans celui de nos côtés la cavité a évideuoment deux orifices distincts, quoique fort rapprochés , et tous deux tubuleux.
Dans le pégase volant, la cavité est arrondie et formée en dehors par une membrane circulaire dans le milieu de laquelle est un petit bouton percé d’un trou.
Les balistes ont deux orifices fort rapprochés entre eux ; l’antérieur étant un peu plus grand et rebordé , la poche est ronde, et les plis naissent d’un bouton ; les centrisques paraissent dans le même cas, du moins pour les orifices.
Les tétraodons ont les deux ouvertures presque semblables, dirigées obliquement l’une au-devant de l’autre : la cavité est petite, et la membrane plissée longitudinalement.
Les coffres ressemblent beaucoup aux tétraodons sous ce rapport.
Dans les diodons, je n’ai pu trouver sur un seul individu que j’ai observé à la poche olfactive qui est très-petite , qu’un •seul orifice ovale et percé à la base du tranchant d’une es- , ^pèce de petit appendice charnu auriforrae.
I Les premières familles de la sous-classe des poissons car- Dans les pois
sons cartilagi
jt tilagineux ont encore beaucoup d’analogie sous le rapport neux. |ode l’appareil de l’olfaction, avec ce qui existe dans les autres (poissons.
Ainsi les esturgeons qui ont la cavité nasale grande et enttièrement remplie par une masse fibro-muqueuse presque rronde, partagée en un grand nombre de lames qui s’irradient (d’une rondelle circulaire, ont encore deux orifices extérieurs Lbien* distincts , presque égaux et situés au devant de l’œil.
ILes lames olfactives offrent cela de particulier qu’elles sont (encore subdivisées par des lamelles secondaires qui en buaissent à angle droit.
f>36 Dli i/aPPAREIL de i/o do R AT
Mais les chimères , les raies et les squales offrent une disposition particulière dans la position , plus , il est vrai , que dans la composition de l’organe de l’olfaction ; il est en eff.-t toujours à la face inférieure du museau de l’animal^ plus ou moins en avant de la bouche. La poche qu’il forme est ovale et très -grande, surtout dans^les raies. Les lames fibro- muqueuses sont très-nombreuses, et s’irradient d’une sorte d’axe longitudinal. Quant à l’ouverture, elle est grande, unique; mais le plus souvent elle est partagée en deux, et plus ou moins fermée par une sorte d’opercule cutané qui naît de son bord antérieur ou postérieur.
Dans les squales , la narine est en général un peu moins inférieure que dans les raies; elle est toujours complètement séparée de la bouche : quant à l’appendice cutané, sa forme et sa grandeur varient dans chaque petite famille; les roussettes ou scyllorhiniens, par exemple, ont cet appendice prolongé en une espèce de tentacule souvent fort long.
Dans les marteaux ( sq. zygœna. L. ) la narine est placée au bord antérieur et externe de l’élargissement singulier de la tête.
Les chimères, sous ce rapport , sont plus rapprochées des raies , en ce que la narine est tout-à-fait inférieure , immédiatement en avant de la lèvre supérieure ; elle est assez grande, profonde ; la membrane plissée est ovale, et les plis tombent des deux côtés d’une ligne longitudinale. L’orifice est presque rond, et de son bord antérieur naît un lobe cutané étroit qui doit pouvoir le clorre presque complètement. La cavité nasale communique aussi avec la bouche en dehors de son angle , un peu comme dans les raies.
Les raies ont de même la narine tout-à-fait inférieure et plus grande que les squales ; son ouverture est aussi subdivisée en deux par une petite avance de la peau de son bord antérieur; et ce qui leur est particulier, c’est que la narine communique avec le côté correspondant de la bouche par un
r>ANS LES POISSONS. 557
sillon profond creusé en dehors de la lèvre supérieure. On trouve quelques différences dans chaque famille; ainsi les raies cornues ou dicérohales ont les narines beaucoup plus petites que les raies ordinaires.
EnGn, dans la dernière famille des poissons, ou dans les cycloctomes, on observe une singularité lout-à-fait nouvelle dans l’appareil de l’olfaction, et qui consiste en ce qu’il n’est plus pair, mais symétrique. Il forme en effet une petite poche ovale, située exactement dans la ligne médiane, et qui n’a qu’un orifice ovalaire également médian ; elle est tapissée à l’intérieur par une membrane molle, plissée longitudinalement et noire ; c’est ce que quelques auteurs ont désigné dans ces poissons sous le nom d’évent, en supposant à tort qu’il y avait toujours une communication avec la gorge. Cet orifice est assez loin du bordsupérieur de l’ouverture buccale dans les lamproies; mais il est dans le bord même chez les myxinés entre deux appendices tentaculaires. Mais une différence importante que présentent ces animaux, c’est que quoique dans l’un et dans l’autre la cavité nasale se continue en arrière par un canal distinct, au-dessous de la poche olfactive, jusque dans l’arrière-bouche; dans les lamproies , ce canal se termine indubitablement' par un cul-de-sac, comme je m’en suis assuré après M. Duméril; tandis que dans les myxinés, ce canal a un orifice assez large, en avant d’une sorte de voile du palais qui se porte en arrière dans la gorge.
Article II. De V organe et de V appareil de l’odorat dans
les entomozoaii es.
Dans ce type d’animaux comme dans le suivant, les physiologistes ne sont pas d’accord sur le siège de cette fonction, quoique aucun ne puisse nier qu’un grand nombre d’insectes et plusieurs mollusques aperçoivent les corps à l’aide de l’o- 1 . !22
Considérai ions générales.
55S DE l’appaïïeil de l’odoiiat
dorât; ninis ici l’analogie qui nous avait guidés d’une manière sûre depuis l’homme jusqu’au dernier des poissons, venant i\ manquer dans plusieurs points, comme nous le verrons en détail dans notre physiologie, les anatomistes varient d’opinion. En effet , les uns parlant d’un principe qu’un corps pour être odorant a besoin d’être préalablement dissous dans un fluide gazeux, et ne peut être porté à la membrane sentante que par l’air, ont pensé que dans les entomozoaires la partie de la peau modifiée pour l’olfaction devait être à l’entrée de l’air dans l’animal, et par conséquent sur le bord des stigmates; et que dans les mollusques qui respirent l’air en nature, ce devait être à la marge du sac pulmonaires D’autres, au contraire, partant de la structure d’une membrane olfactive , ont cru que dans les mollusques toute la peau que nous avons vue en effet être souvent fort analogue ù une membrane pituitaire , devait apercevoir les odeurs dans tous ses points. Enfin, un assez grand nombre d’auteurs s’appuyant sur une simple analogie de position, ont pensé que le siège de l’olfaction dans les animaux pairs inosseux devait être sur la première paire d’appendices de l’animal, comme cela a lieu dans les animaux pairs osseux. C’est l’ojiiniun que nous adoptons comme la plus probable, parce qu’elle se trouve d’accord avec plusieurs considérations a prion, et surtout avec la spécialité du système nerveux, que nous croyons d’autant plus nécessaire que la fonction sensoriale l’est davantage elle -même, et qu’en outre elle donne lieu à beaucoup moins d’objections que les autres opinions, comme nous le verrons dans la seconde partie de ce Traité.
Dans cette manière de voir, la plus grande différence que l’appareil de l’oHaclion des animaux pairs inosseux présente avec ce qui a lieu dans les ostéozoaires , c’est que la peau plus ou moins modifiée ne tapisse plus une cavité, une poche, logée dans le tissu même de la tête; mais qu’elle revêt l’ex-