‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 52 sur 68 · DANS LES ENTOMOZO A ILES · texte numérisé non relu

DANS LES ENTOMOZO A ILES

trémité d’un appendice qui peut saillir plus ou moins au-devant de l’animal , d’où sont résultées nécessairement plusieurs imperfections inhérentes à cette disposition même.

Ces appendices, dans les entomozoaires, que nous envisageons maintenant spécialement, portent le nom cVantenncs ; ils n’existent pas absolument dans tous les animaux de ce type, comme nous le verrons en traitant de l’appareil de la locomotion ; mais le plus grand nombre en est pourvu.

La modification de la peau qui les revêt est en général fort peu olfactive, surtout dans la plus grande partie de l’étendue de l’organe où elle est alternativement dure et molle, comme dans le reste du corps; mais à l’extrémité, elle m’a paru toujours plus tendre, plus flexible; on peut s’en assurer sur les nécrophores, qui ont un odorat si fin. En général on s’est encore peu occupé des modifications qu’elle peut présenter.

Il n’en a pas été de même du substratum de cette mem^ brane ou des antennes elles-mêmes : les entomologistes y ont fait la plus grande attention, en ont étudié les différentes parties avec un soin extrêmement minutieux, et s’en sont servis pour établir un grand nombre de coupes génériques. Nous ne devons pas entrer en ce moment dans ces détails, que nous tâcherons de réduire à quelques principes, lorsque nous traiterons de l’appareil de la locomotion. Nous nous bornerons à dire que le nombre des pièces ou articulations qui existent dans leur composition, la proportion, la forme de ces pièces est d’une fixité telle, qu’il n’y a rien d’étonnant que la zoologie s’en soit servie avec tant d’avantage. Nous donnerons seulement ici quelque chose sur le développement plus ou moins considérable des antennes dans les différens groupes d’entomozoaires.

Tous les animaux qui forment la classe des hexapodes en sont pourvus, à un très-petit noinbre d’anomalies près.

Il me semble assez remarquable qu’elles décroissent d’é-

Daus Jes entomozoaires ou des antennes.

Dans

les liexapodes

Les oclopodes.

Les décapodes.

Les

héléropodes el les

télradécapodes.

Les

myriapodes.

Les cbélopodcs.

Dans les inolluscarlicutës.

540 DE l’aPPAEEIL de l’oDOEAT

tendue i\ mesure que des lépidoptères, des coléoptères et des orthoptères, on descend successivement aux hèiuipières, aux hyménoptères, aux diptères et aux aptères.

De ces derniers animaux on passe par des nuances insensibles aux oclopodes, chez lesquels il n’y a plus de traces d’antennes; en sorte qu’il est assez difficile de concevoir chez eux où se trouve le siège de roHaclion, si toutefois ils en jouissent , ce qui me paraît assez peu probable.

Les décapodes, qui ont au contraire un odorat extrêmement fin, comme tous les entomozoaires qui se nourrissent de substances animales à l’état de putréfaction plus ou moins avancée, ont toujours deux paires d’antennes, quelquefois extrêmement petites, comme les crabes, et d’autres fois très- longues , comme les écrevisses : quelle est celle qui est le siège de l’olfaction ? c’est ce que je n’oserais décider; mais je croirais volontiers que c’est la première.

La plus grande partie des héléropodes ou des malacostracés des auteurs, et les télradécapodes sont dans le môme cas.

Les myriapodes n’en ont plus qu’une paire, comme les hexapodes.

Enfin chez les chétopodes, les appendices que l’on doit considérer comme analogues des antennes , ne diffèrent presque en rien de certaines parties des autres appendices ; et en effet ils forment des faisceaux plus ou moins considérables sur les premiers anneaux du corps.

Quant aux apodes, ils n’offrent plus aucune trace d’antennes; aussi est-il plus que probable qu’ils n’aperçoivent pas les odeurs.

Les deux classes d’animaux qui forment le sous-type des molluscarliculés, n’offrent non plus aucun organe que l’on puisse soupçonner être le siège de l’organe de l’olfaction : en cflet, les nématopodes, de même que les polyplaxiphores n’ont ni antennes ni tentacules.

DANS LES MALACOZO AILES

3ii

Article III. De Vorgane et de Vappareil de V olfaction dans les malacozoaires.

Dans cc type d’animaux, les organes que nous regardons icnucuies. comme le support de la membrane olfactive, ou la première •paire d’appendices, portent le nom de tentacules , parce qu’on les a regardés, mais à tort, comme propres à tTiler, à toucher : leur place est sur la tête ; il ne faut pas les confondre avec des lobes appendiculaires qui se trouvent souvent de chaque côté de la bouche de plusieurs espèces de mollusques, et qui sont des dépendances de la lèvre supé- >

rieure.

La peau qui revêt ces appendices ne m’a pas paru beaucoup différer de celle du reste du corps; elle me semble cependant plus fine, plus lisse à leur extrémité, et surtout elle reçoit une bien plus grande quantité de nerfs.

Quant à la forme, à la grandeur et même un peu à la position, les tentacules offrent un assez grand nombre de 1 différences que les zoologistes ont en général moins étudiées que dans les entomozoaires , mais qui ne confirment pas moins assez bien les groupes naturels.

Dans la famille des sèches , il me semble que les espèces de pans les m.

* ^ céphalophores

I lanières brachiales qui entourent la bouche, ne doivent être Jioiques. considérées que comme des dépendances de la préhension buccale. J’admets donc que dans ces animaux il n’y a pas de tentacules olfactifs.

!Le groupe des syphonobranches en a au contraire presque toujours une paire, de forme et de grandeur assez variables, et qui diffèrent surtout beaucoup, en ce que souvent les yeux sont portés sur un renflement de leur base, ou même I dans une partie de leur longueur.

Les murex, et probablement tous les genres qui en ont été démembrés, ont les tentacules pointus, médiocres, con-

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tractiles, et portant vers le quart inférieur de leur hauîenr les tubercules oculifères : les pourpres, les casques, les ccrithes véritables sont dans le même cas , ainsi que les cyprées , les olives, les marginelles, les colombelles.

Les cônes ont les yeux encore plus avancés sur la longueur des tentacules, dont la pointe très -fine les dépasse assez peu.

Les strombes, les ptérocères ont une seule paire d’appendices tentaculaires, qui se divise en deux à l’extrémité. Le tentacule proprement dit est cylindrique, obtus, interne et plus court que la bifurcation oculifère.

Je connais une espèce de vis, pourvue, il est vrai, d’un opercule assez considérable qui n’a pas d’autres tentacules que ceux des yeux : ils sont extrêmement petits, aplatis, triangulaires, et portent les yeux au sommet.

Les buccins proprement dits ont au contraire les tentacules tout-à-fait indépendans des yeux.

Les véritables vis paraissent être dans le même cas.

Les volutes ont aussi les tentacules triangulaires, aplatis, sans connexion avec les yeux.

/ Dans la section des mollusques acéphalés asypbobranches, les tentacules de forme un peu variable sont souvent indépendans des yeux.

Toutes les espèces de toupies et de turbos ont ces tentacules assez gros et coniques.

Les monodontes paraissent les avoir ciliés.

Dans les scalaires, ils sont subulés, et renflés dans une partie de leur base pour porter les yeux.

Les cyçlostomes ont aussi assez souvent les tentacules gros, sub-coniques, et portant les yeux à l’extrémité d’un renflement qui se joint à leur base.

Les. phasiannelles , les ampullaires , les hélicines , etc. , ont au contraire les tentacules parfaitement distincts des tubercules oculifères.

DANS LES MALACOZO AIRES. 7):^[7

La famille des nérites csl dans le même cas.

Celle des janlhines a ses tentacules fort singuliers ; ils sont profondément divisés en deux parties, ce qui forme de chaque côté deux tentacules , dont l’externe est le plus long.

Dans la famille des lymnacées, les tentacules bien distincts des yeux sont extrêmement contractiles dans tous leurs points : du reste ils sont aplatis, triangulaires dans les lymnées proprement dites, et au contraire sétacés dans les planorbes et les physes.

Les auriculacées les ont beaucoup plus gros, un peu renflés à l’extrémité et annulairement contractiles.

Dans les vertiges , qui sont de véritables hélices sous tous les autres rapports, les tentacules sont si excessivement petits qu’on en nie l’existence.

Ils sont un peu plus évidens dans les maillots, et le deviennent de plus en plus dans les bulimes et les hélices , où ils sont obtus , renflés à l’extrémité et rétractiles; c’est-àdire qu’ils peuvent être entièrement rentrés à l’intérieur, et retournés comme un doigt de gant, par une disposition musculaire tout-à-fait semblable à ce qui existe pour les pédoncules oculaires de cette famille.

Toutes les véritables limaces avec un rudiment de coquille, ou tout-à-fait nues, sont dans le même cas.

Les limaces de l’Amérique méridionale et de l’Inde, que l’on désigne sous les noms d’onchidie ou de véronicelle, les ont comme palmés à l’extrémité , et ils sont seulement contractiles.

Les tentacules de la famille des sigarets sont gros, sub.coniques, assez obtus et peu contractiles.

Ils sont à peu près semblables dans les pleurobranches qui font le passage de cette famille à la suivante.

Dans celle des monopleurobranches, qui comprend les laplysics et genres analogues, les tentacules sont quelquefois presque tout-à-fait nuis, comme dans les acérés, où il y a

Dans les M. G herniaphrocU' tes.

DE LAPPAIIEIL DE l’odOP. AT

cependant souvent une petite crête longitudinale qui les remplace . mais dans la plupart des especes ^ ils sont en forme de membrane disposée en une sorte de cavité fendue au côté interne, et dont l’intérieur est plissé , un j)eu , comme dans l’organe de l’olfaction des poissons; mais il est à remarquer qu’il y en a une paire en arriére des yeux, et une autre paire en avant.

Le groupe des ptéropodes offre une forme particulière de tentacules presque dans chaque genre.

Dans les clios, ils sont fort petits , grêles, cylindriques, et situés sur les côtés de l’espèce de prépuce pouvant recouvrir les appendices buccaux qui entourent la bouche, un peu, comme dans les poulpes.

Dans les pneumodermes, je n’ai pu apercevoir de véritables tentacules olfactifs ; car il est probable que les espèces d’appendices aplatis, ovales, dont la face interne est couverte d’un grand nombre de petites cupules comme cornées et pédiculées , sont des appendices buccaux. J’ai cependant vu à la marge de la ti'ompe un petit appendice cylindrique qui pourrait être tentaculaire.

Les hyales ont d’assez petits tentacules, cylindriques, creux, et situés à la partie dorsale de la tête.

Je n’ai pu les voir dans les cléodores , ni dans le phylliroë ; car je ne pense pas que les espèces d’appendices contournés un peu en corne de belier, et qu’on a désignés comme des tentacules dans ce genre, en soient réellement ; nous verrons que ce sont des organes de locomotion.

Les premiers groupes de l’ordre des polybranches ont les tentacules coniques, et formant deux paires distinctes; trèscourts dans les glaucu^ , les laniogères , ils sont au contraire fort longs dans les cavolines et les éolides.

Ceux de la seconde famille du même ordre , comme les scyllées, les tritonies, u’oni plus qu’une paire de tentacules; mais ils sont beaucoup plus gros.

Les cyclobranches sont dans le même cas; mais dans les péronics (i) ils sont gros, assez plats, peu contractiles, et situés sous le bord antérieur du manteau; tandis que dans les onchidores et dans les doris, ils sont à la partie supérieure et antérieure de ce manteau. Dans ces dernières, ils offrent souvent cette singularité de pouvoir être complètement rentrés dans une cavité creusée à leur base, et pourvue quelquefois sur ses bords de plusieurs laciuiures dermoïdes en forme de calyce. Ces tentacules sont aussi souvent remarquables par leur structure : en effet, ils sont quelquefois, composés de lames enfilées par un axe; d’autres fois ce sont des tubercules nombreux qui les forment (2).

Les mollusques céphalés de l’ordre des inférobranches , comme les phyllidies, ressemblent beaucoup aux doris pour la forme des tentacules.

Les nucléobranches, au contraire, paraissent avoir souvent de longs tentacules coniques et filiformes, comme les carioaires , tandis que les firoles les ont très-petits.

Les cervicobranches , c’est-à-dire toutes les patelles symétriques de Linné, comme les patelles proprement dites, les parmaphores , les émargirîules, les fissurelles ont toujours leurs tentacules coniques, allongés et à demi contractiles.

Les sculibrancbes sont le plus souvent dans le même cas ; tels sont les ancyles, les cabochons, les crépidules et même les hipponices et les haliotides, avec quelques légères différences.

Chez les crépidules, par exemple, ils sont assez coniques, et portent les yeux au quart de leur longueur.

Dans les M. C, monoïques.

(1) Je nomme péronics les onchidics marines de M. Cuvier.

(2) Comme je n’ai jamais eu l’occasion de voir de doris vivantes, je n’oserais prononcer sur la nature de ces organes.

Dans les IVT.

acepltalophores.

546 DE l’odorat dans LES MALACOZOAIRES.

Les hipponices les ont gros, coniques et renOés dans la moitié inl'érieure de leur longueur.

Les tentacules des haliotides sont au contraire complètement indépendans des yeux ; ils sont triangulaires et un peu aplatis.

Dans la classe des mollusques acéphales, les appendices que nous venons de décrire dans la classe précédente , comme le siège probable de la membrane olfactive, n’existent plus, ou , s’ils existent , ils ne sont réellement plus que des organes de préhension buccale.

Dans les palliobranches , cela est évident, comme nous le verrons plus tard en décrivant les organes qui leur ont valu le nom de brachiopodes.

Dans les lamellibranches, la bouche est ordinairement pourvue de deux paires d’appendices foliacés -dont on ignore l’usage ; nous croyons devoir les regarder comme buccaux. Nous en parlerons donc à l’article des appendices de la préhension buccale.

Dans les hétérobranches , où il existe encore moins de tête proprement dite que dans les deux ordres précédons, l’ouverture de la bouche est au fond du sac formé par le manteau , et elle n’est accompagnée d’aucune trace d’appendices.

Ainsi l’on peut dire que dans la dernière classe des malaeozoaires, l’appareil spécial de l’olfaction manque tout-àfait, encore plus peut-être que celui de la gustation , et probablement pour les mêmes raisons physiologiques.

A plus forte raison ne devons-nous plus espérer de trouver cet appareil dans le type des actinozoaires , et encore moins dans celui des amorphozoaires \i).

(1) Dans notre cours à la Faculté des sciences, nous avons l’habitude de traiter ici sous le nom d’appareil naso-palatin de cet organe singulier, dont nous devons la découverte à notre savant ami M. Jacobson,

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