CHAPITRE V
De V organe et de l’appareil de la vue.
Quoique cet organe des sens soit peut-être encore plus spécialisé, d’une construétion plus délicate, et nous fasse apercevoir des mouvemens moins grossiers, ou un corps plus subtil que l’organe de l’audition, cependant sa place immédiate après celui que nous venons d’étudier dans tous les animaux qui en sont pourvus, sa plus grande généralité, et
peut-être aussi sa plus grande importance, font que nous en traiterons avant l’organe de l’ouïe.
Nous déGuissons l’organe de la vue, celle modiGcalion du ïsens général par lequel l’animal qui en est pourvu aperçoit les objets extérieurs à lui, et même certaines parties de son corps au moyen de la lumière et des couleurs qu’ils lui renvoient.
Il n’est donc plus immédiat comme les précédons; il n’aperçoit plus le corps lui-même, mais seulement une image plus ou moins complète; aussi est-il beaucoup moins important, et par conséquent moins général qu’eux. Il est encore .plus borné à une place déterminée, et quoique quelques pby- «siologistes aient paru penser que certains animaux pou valent apercevoir la lumière par toutes les parties de leur corps, ccomme les hydres, par exemple, qui évidemment la refcherchent , il me paraît certain qu’ils ont confondu l’ac- ;tion de la lumière avec celle de la forme qui nous arrive rpar elle. En effet, toutes les parties du corps d’un animal et imême d’un végétal, éprouvent une sorte d’action chimique éde la part de la lumière plus ou moins vive, directe ou réfûéchie : mais il est évident qu’il n’y a qu’un organe modifié s suivant les lois générales de l’optique qui puisse faire sentir |da lumière, ses différentes parties, son absence, et parconsé- Ijquent la forme apparente des corps.
j Le geUre d’action de cet organe des sens est évidemment noaécanique, c’est-à-dire qu’il nous fait percevoir un choc qui s i’est transmis par ondulation dans un fluide , jusqu’à la mem- )orane sentante.
Ses usages principaux sont de faire apercevoir à l’aniiimal :
1° L’existence des objets extérieurs à lui, et les différentes parties de son corps, comme tous les autres organes [lies sens;
2“ Leur forme par la manière très-variée dont ils agissent
Dermition.
Nature el mode d’acliou.
Usages.
55o r>E l’appaiieil de la vue
sur la lumière, et surtout par la différence de couleur du milieu qui les limite dans l’espace;
3“ Leur mobilité ou leur immobilité relative , par le changement ou la fixité de cette limite dans l’espace, par rapport à d’autres objets;
4° Leur direction, à l’aide de celle de l’organe, rapportée à l’axe du corps de l’animal quand il veut apercevoir quelque objet extérieur;
5“ La distance des objets, les uns par rapport aux autres et par rapport au corps de l’animal; cela est encore jugé au moins jusqu’à un certain point par la quantité plus ou moins considérable de rayons lumineux qu’ils lui renvoient dans les mêmes circonstances ;
6" Enfin, on conçoit encore qu’à l’aide de l’organe de la vision l’animal puisse déterminer la grandeur relative des corps, lorsque toutefois il connaît leur distance et celle où ils sont de lui ; mais alors ce n’est plus une sensation immédiate , puisqu’elle a besoin de préliminaires, et surtout d’actes de l’intelligence.
Mais s’il est vrai que l’animal aperçoive réellement ces différentes manières d’êlre des corps au moyen de l’organe de la vision, il ne l’est pas moins que les connaissances qu’il lui donne ont presque toujours un besoin plus ou moins nécessaire d’être rectifiées par le toucher.
Siège. Le siège de la vision est évidemment la rétine, et son ap-
pareil est l’organe qui se place au-devant, et qui sert à le
ne la modinca- rendre plus actif et plus étendu. Cet organe n’est autre chose
tion d’un pha- -i i u i '
nère pour for- qu’un phanere , compose, comme il devait lêtre, d’enve-
mer un organe * i x
de vision. loppes et de fluides vivans et morts, mais qui a été considérablement modifié : c’est ce qui ne permet pas d’admettre a priori aucune partie musculaire dans sa composition. Les enveloppes sont toujours une première membrane fibreuse donnant la forme à l’organe, pei’cée en arrière pour l’arrivée des nerfs, des vaisseaux, et en avant pour la communication
avec le monde extérieur; mais cet orifice est ferme par une I partie modifiée , transparente , qui existe constamment sous la peau ou le derme aminci.
La seconde enveloppe est vasculaire , mais elle diffère de celle d’un bulbe de poil, en ce qu’elle est beaucoup mieux formée en membrane quelquefois d’un tissu dense et serré; qu’elle fournit une plus ou moins grande abondance d’un . pigmentum qui se dépose dans ses mailles, et surtout à sa face interne , et que par une disposition particulière elle forme ce que nous connaîtrons sous le nom de procès ciliaires, d’iris, etc. Comme la première, cetXe enveloppe est encore j percée en arrière pour l’entrée des nerfs, en avant pour ( communiquer avec le monde extérieur, mais l’orifice anté- 'rieur est toujours ouvert et souvent variable.
La troisième enveloppe est la partie rierveuse ; elle forme (encore une membrane plus interne qui tapisse toute la cavité ide la seconde, en se prolongeant plus ou moins à sa partie antérieure.
Cette espèce de bulbe est remplie par une espèce de pulpe jplus ou moins fluide, dont une partie produit le plus sou- I vent dans un endroit particulier, un corps m.ort, plus ou imoins concret, composé de calottes qui s’enveloppent.
Enfin ce bulbe est mû par des muscles nombreux; il est {placé sous la peau qui s’est considérablement amincie au- I devant de lui, et qui peut quelquefois le clore raomenlanéiment, le défendre contre les corps étrangers, le nettoyer, etc.
D’après cela il est évident que l’organe de la vision est •susceptible de beaucoup de degrés de perfectionnement ou ide modifications diverses. Pour être bien en état de les (Comprendre même a priori, et surtout quand le fil de l’ana- :logie vient à nous échapper, il nous faut encore commencer ipar rappeler quelques notions sur la lumière, et surtout sur lia manière dont elle se comporte à la surface et même dans i l’intérieur des corps.
Des diffërens degrés de periectionnement, dunt i] est susceptible ; pour cela ,
Do la lumière
et de SOS pt'incijialcs prolirioles.
OJÜ