‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 58 sur 68 · LAPPAREIL DE LA VUE · texte numérisé non relu

LAPPAREIL DE LA VUE

Quoique je n’aie pas disséqué l’œil de lous les genres d’ophidiens , l’analogie ne permet guère de douter qu’ils ne doivent offrir de dilïérences que dans la grandeur proporlionnelle.

Il est un petit groupe, le ihyphlops, qui n’a aucune trace d’œil à l’extérieur.

Les bimanes et les amphisbénes ont en général l’œil plus petit que les autres serpens, et le bourrelet palpébral beaucoup moins marqué.

Il l’est déjà bien davantage dans les boas et même dans les couleuvres : l’œil est aussi plus grand.

Les vipères l’ont peut-être plus petit, et surtout plus enfoncé , par la grande saillie du rebord orbitaire supérieur. Cela est encore plus marqué chez les trigonocéphales et les crotales.

Je parlerai ici, ne sachant trop où le faire plus convenablement, d’une sorte de larmier, jusqu’à un certain point analogue à ce que nous avons nommé ainsi dans plusieurs ruminans, et qui se ï-emarque au-devant de l’œil, en arrière de la véritable narine, dans les trigonocéphales et dans les crotales, c’est-à-dire dans les serpens les plus venimeux : c’est un enfoncement assez profond de l’os maxillaire, dans lequel pénètre la peau amincie, mais cependant pourvue d’épiderme. Cet enfoncement extérieur communique avec un sac plus intérieur qui se loge aussi dans ce même enfoncement osseux, par une espèce de sillon extérieur qui se porte vers le bord antérieur de l’orbite. En cet endroit ce sillon pénètre dans un canal à moitié osseux et à moitié membraneux, qui conduit à la poche interne. La membrane qui la tapisse est fine, assez molle, mais ne paraît pas crypteuse : l’épiderme en effet y pénètre comme dans l’externe.

DANS LES AMPlIiniENS.

D. Dans les amphibiens.

On trouve encore dans cette classe des différences assez considérables dans chaque groupe qui la compose; mais en général l’œil a déjà quelque chose de celui des poissons.

Les pipas ont l’œil excessivement petit; il n’y a pas de trace de paupière, et la peau se dispose au-devant de l’organe comme dans les geckos et les serpens. Je n’ai pu apercevoir de muscles de l’œil, peut-être à cause de leur petitesse. La sclérotique est très-molle , le crystallin sphérique et la pupille ronde.

Les grenouilles ont au contraire l’œil fort gros et trèssaillant. Le globe est sphérique, la sclérotique est assez dure, comme cartilagineuse, surtout en avant, comme dans les poissons, et par conséquent sans distinction d’écailles. Elle a une certaine transparence qui permet d’apercevoir, à travers , la couleur nacrée ou noire de la choroïde. La cornée , est grande et très-bombée. La choroïde, qui est d’un beau noir à sa face interne, est argentée ou nacrée dans la partie antérieure de sa face externe , à peu près comme dans les 1 poissons. Je n’ai pas vu de procès ciliaires complets; cependant la face interne du ligament ciliaire offre un cercle de petits tubercules qui se prolongent en plis tout autour de l’uvée, et cette espèce de cercle ciliaire adhère fortement à la capsule du crystallin. L’iris, très-noir en arrière, est d’un blanc doré en avant. La pupille est sub-rhomboïdale, La rétine est fort épaisse, elle naît d’un espace ovalaire assez resserré, que forme le nerf optique dans le bulbe, et elle se prolonge bien évidemment, sans diminuer d’épaisseur, jusqu’à la capsule du crystallin. L’humeur vitrée est assez i abondante. Le crystallin est presque sphérique et petit.

Les muscles de cet œil sont deux obliques antérieurs, qui du côté interne de l’orbite se portent l’un au-dessus et l’autre

Considôralions

générales.

Diffërcncfis dans les pipas

Grenouilles et rainettes.

DE L A P ]' A R E 1 L D Jî L A V U E

au-dessous du globe, et deux postérieurs qui se disposent à peu près de mêine, si ce n’est qu’ils viennent de l’orbite à l’entrée du nerf optique. On trouve en outre un muscle choanoïde assez épais qui enveloppe celui-ci.

Quant aux paupières, les grenouilles offrent encore une disposition nouvelle; elles ne sont réellement qu’au nombre de deux; mais l’inférieure sert de paupière nyctitante. La supérieure, formée par une partie de la peau qui termine l’orbite en dessus, est immobile; mais elle suit le mouvement de l’œil quand il s’abaisse. C’est la paupière inférieure qui se meut le plus dans la fermeture de l’œil. Elle est trèsgrande , sigmoïde, fort mince et translucide, si ce n’est sur son bord : quand elle se ferme , son bord supérieur passe sous la paupière de dessus. Il entre réellement un muscle abaisseur dans sa composition ; mais elle est relevée par un mécanisme singulier. De chacune de ses cornes naît un tendon commun qui glisse dans un petit anneau à chaque angle de l’orbite, et passe derrière le globe de l’œil, en s’enfonçant entre les parties supérieure et inférieure du muscle choanoïde. Ce tendon, à peu près dans son milieu, donne insertion à un assez petit muscle carré obliquement dirigé de dehors en dedans , et qui vient de la sclérotique.

Cette paupière peut être considérée comme formée à la fois de la paupière inférieure et de la troisième. On trouve cependant à sa face interne un autre repli sigmoïde fort mince et assez large.

On remarque en outre dans ces animaux une sorte de membrane musculaire qui tapisse l’orbite dans toute sa partie inférieure, en s’insérant en arrière, au-dessous du muscle choanoïde, et en avant à tout le bord orbitaire : nous en verrons l’usage.

Je n’ai pas trouvé de glandes ni de canal lacrymal dans ces aninaaux.

Les crapauds ne diffèrent des grenouilles et des rainettes

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