‹ De l'organisation des animaux, ou, Principes d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 60 sur 68 · DANS LES ENTOMOZÜ AIRES · texte numérisé non relu

DANS LES ENTOMOZÜ AIRES

la famille des squilles ; dans celle des branchiopodes, ils sont presque toujours sessiles. C’est dans plusieurs espèces de cette dernière que les deux masses oculaires sont quelquefois si rapprochées l’une de l’autre , qu’elles se confondent et n’en forment qu’une, alors médiane et symétrique : c’est ce qui a lieu dans les monocles et plusieurs genres voisins.

Un groupe anomal que nous plaçons à la fin de cette classe, manque totalement d’yeux; mais, à ce qu’il paraît, par avortement; ce sont les lernées et genres voisins. On voit cependant de véritables stemmates , au nombre de trois , dans qu\elques espèces de lernées que je distingue des autres sous le nom de lernéocères, et parmi lesquelles est la lernée branchiale.

Les tétradécapodes ont constamment les yeux sessiles et composés ; mais les grains composans sont beaucoup moins nombreux et plus distincts que dans les hexapodes.

Les myriapodes ont aussi , comme les tétradécapodes , des yeux réunis en masse et sessiles : mais le nombre en diminue toujours, et ils semblent tendre à sê séparer.

Les chétopodes n’offrent plus que de petits points noirs disposés d’une manière symétrique et régulière sur les pre- "Iniers anneaux du corps, et encore tous n’en ont-ils pas. Ces petits points noirs que les zoologistes décrivent comme des yeux, en sont- ils réellement? c’est ce qui n’est rien moins qu’évident. Mais dans le cas où cela serait, ils ne seraient que rudimentaires; car il est évident qu’ils ne servent nullement à la vision.

Enfin la très-grande partie dçs véritables apodes n’ont plus du tout d’organes que l’on pourrait regarder même comme des rudimens d’yeux; ceux qui, vivent à l’extérieur, comme les sangsues et quelques genres voisins, ont encore quelques points noirs symétriquement rangés, sur la partie antérieure du corps, et qu’on décrit comme des yeux : mais tout

Télradécapo-

des.

Myriapodes.

Chétopodes.

Apodes.

44o l’ArrAlUilL DE I. A VÜE

les autres , c’est-à-dirc les vers intestinaux, n’ont plus rien de semblable. Peut-être, il est vrai, cela tient-il aussi bien aux lieux dans lesquels ils sont obligés de vivre , qu’à la dégradation animale.

Les mollusques articulés, quoique quelquefois libres dans 1 intérieur des eaux qu’ils habitent, et pourvus d’organes de locomotion générale , comme les polyplaxiphores , n’ont aucune trace d organe de vision; encore moins les nématopodes qui vivent fixés et renfermés dans une enveloppe calcaire.

Article III. De Vorgane et de l'appareil de la vue dans les

malacozoaires.

Considcrations et différences générales.

Diffe'rences

spéciales.

La Structure de l’organe de la vue dans ce type d’animaux, a évidemment plus de rapports avec ce qui existe dans les ostéozoaires , que celle de l’œil des entomozoaires, puisqu’on y trouve à peu près les mêmes parties, disposées semblablement, et qu’il n’y a qu’un organe simple de chaque coté. Mais le peu d’activité et d’étendue de la fonction , si ce n’est dans les espèces les plus favorisées sous ce rapport, et surtout la disparition rapide de cet appareil dans le plus grand nombre des animaux mollusques nous ont forcé de renvoyer l’examen de l’œil de ces animaux après celui des insectes.

Ce que cet organe offre de commun dans les espèces qui en sont pourvues, c’est d’être formé départies essentielles ou d’enveloppes, comme dans les ostéozoaires; savoir, une sclérotique, une membrane vasculaire et une membrane nerveuse; de parties de perfectionnement dioptrique, ou d’humeurs de différentes densités, et même de parties de perfectionnement accessoire. Quelquefois l’organe est sessile, et même tout-à-fait immobile; d’autres fois il est porté sur une sorte d’appendice qui peut le diriger dans différens sens.

Gomme l’œil des mollusques est le plus souvent rudimeu-

DANS LES mal ACOZOAIRES.

tlaire, ou ne lé connaît réellement bien que dans le groupe ‘.les sèches et des poulpes. Nous allons donc le décrire dans cîes animaux.

L’œil des sèches est proportionnellement fort grand; il l’orme la plus grande partie de la tête, de chaque côté de 1 aquelle il se trouve. Le globe oculaire ne m’a pas paru réj>5ulièrement sphérique ; il est un peu déprimé par en haut, ,tît assez aplati en avant. Quoique plus petit que la cavité qui jt.e contient, il ne me semble pas pouvoir s’y mouvoir. En i iiledans, il paraît beaucoup plus gros qu’il ne l’est réelle- ?pment, et terminé un peu en pointe, parce qu’il est appuyé ?jur une masse considérable qui semble en faire partie, et qjui est formée d’un énorme ganglion nerveux, enveloppé de toutes parts par une substance blanche, d’aspect glanduteux. Les membranes de cet œil sont en allant de dehors pen dedans, une première couche assez molle, d’un tissu iusqu’ù un certain point comparable à celui de la face ^ intérieure de l’iris dans les oiseaux : elle commence en ar- [iri'ière, au point de jonction de la masse postérieure et du jlobe, comme si elle continuait l’enveloppe fibreuse de îbelle-là. En avant elle se recourbe, et elle est percée par m grand trou rond, dont le bord est complètement libre et tranchant : c’est une véritable pupille. En dedans de cette iremière membrane , dont on peut faire l’analogue de l’iris )U celui de la choroïde proprement dite, S’en trouve une lutre qui lui est assez intimement unie; elle est blanche, l’un tissu plus ferme. Parvenue à la partie antérieure dœ ;lobe, elle se bifurque ou se divise en deux lames; l’une, intérieure, se continue derrière l’iris, jusqu’au bord de la )upille; l’autre,' postérieure, se porte vers l’axe, perd de ion épaisseur, devient très-fine, transparente, ets’aWache à a circonférence du crystallin, en pénétrant entre ses deux >arlies. C’est à la face postérieure de la partie épaisse de j l'îetle lame que se remarque une zone de procès ciliàires

Dans les sèches.

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bien Ibrmés, mais qui n’alleignent réellement pas le crjrstallin par leur extrémité libre; leur bord tranchant s’applique cependant sur la partie renflée de cet organe. A l’endroit où les deux lames de cette seconde enveloppe se produisent, il existe un canal ou sinus circulaire fort grand, dans lequel communiquent autant de petits canaux qu’il y a de procès ciliaires. En dedans de cette espèce de ruyschiennne , se remarque un pigmentum coloré , déposé dans les mailles d’un tissu cellulaire fort lâche et très-mince. Mais en arrière, dans la'moitié postérieure du globe seulement, se trouve une partie épaisse, blanche, assez tendre à son bord libre, mais dure et presque cartilagineuse en arrière, à l’endroit où les nerfs optiques pénètrent pour former la rétine. Ce n’est véritablement pas une glande, et cela ne me paraît avoir aucun rapport avec le ganglion vasculaire de la choroïde des poisèons. Il semblerait presque une sclérotique intérieure. Quoi qu’il en soit, c’est en dedans que se trouve la rétine. Cette membrane est plus épaisse que dans aucun animal que je connaisse. En dehors, elle est évidemment formée par une couche de filamens nerveux parallèles, provenans de ceux du ganglion; mais en dedans, c’est une couche d’un tissu plus serré et comme fibreux. Ces deux couches de la rétine se continuent évidemment jusqu’au delà do ligament ciliaire. Enfin, on trouve encore une autre membrane concentrique, mais plus mince, d’un tissu assez sec, et qui paraît l’hyaloïde. Elle est cependant infiniment plus épaisse que dans les animaux vertébrés.

Les humeurs de cet œil sont, 1° une humeur vitrée ou même aqueuse, tant elle est fluide, qui remplit toute la cavité formée par la membrane rétine , ou mieux par Thyaloïde. Dans les animaux les plus frais que j’aie disséqués, j’ai toujours trouvé que cette humeur, quoique très -transparente, était cependant vivement colorée en noir par une matière tout-à-fait analogue à celle de l’encre de la sèche. Etait-

DANS LES MALACOZO AIRES

•; tille déposée en couche? c’est ce qui n’est pas probable.

I L’humeur cryslallisée ou le crystallin est beaucoup pli^ rhvident; il est très-gros , très-convexe, et ce qu’il offre de » plus remarquable, c’est qu’il est composé de deux portions Me sphères de diamètre très-différent, et placées l’une au- • iMevant de l’autre, la plus petite en avant et la plus grosse en j i^rrière. Elles me paraissent réellement séparées par la conp :inuation de la membrane du diaphragme des procès ciliaires ï ](ui passe au-devant de la postérieure. Alors celle de devant j 'le pourrait-elle pas être regardée comme l’analogue de la ic r:ornée transparente ? Quoi qu’il en soit , ce crystallin est 5 îftomposé de couches concentriques , encore bien plus disft iinctes que dans les animaux supérieurs, i Je ne suis pas certain qu’il y ait d’humeur aqueuse; mais :cela est fort probable.

J’ai déjà annoncé plus haut que cet œil est contenu dans me cavité beaucoup plus grande que lui. Cette orbite est formée en partie par une avance du cartilage qui protège le r-ierveau , et qui sert de point d’appui aux appendices buccaux, t;t en partie par une membrane fibreuse qui la tapisse dans toute son étendue , en se réfléchissant sur la masse postérrieure.

Quoique nous ayons déjà fait observer que l’œil des sèches aaraît être fort peu mobile, cependant on remarque deux petits muscles, l’un antérieur, et l’autre inférieur.

Je ne pense pas qu’on doive regarder comme une glande I lacrymale la masse blanche considérable qui envelopipe le ^ganglion optique, ou du moins je n’en ai jamais pu voir •sortir de canal excréteur. Elle est d’ailleurs comprise dans lia membrane fibreuse qui s’est réfléchie de l’orbite sur la [partie postérieure de la masse oculaire.

L’œil des sèches n’a pas non plus de paupières véritables; lia peau , parvenue au-devant de la cavité orbitaire, s’amincit ia peine, et reste même colorée ju*squ’à la conjonctive pro-

Dans les autres brachiocéplialcs.

Dans les M.

céphalopliores.

Dioïques.

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