‹ De l'organisation des bibliothèques dans ParisChapitre 27 sur 54 · CVSTODE DE LA REYNE · texte numérisé non relu

CVSTODE DE LA REYNE

QVI DIT TOVT.

Peuple n'en doutez plus, il est vray qu'il la Et que c'est par ce trou que Julie nous canarde, l,es grands et les petits en vont à la moutarde , Respect bas, il est temps qu'on le sçache. partout.

Son crime est bien plus noir que l'on ne pen.se pas, Elle consent Pinfàme au vice d'Italie, Et croirois sa desbauche estre moins accomplie Si son cl n'auoit part à ses salles esbats.

Pour nous vanger des maux que l'ingratte nous fait, Je youdrois qu'on la vit dans la mesme posture, Qui parut à mes yeux, lorsque par aduenturc Je deuins le tesmoin de son lascbe forfait.

Mes yeux, dequeleffroy ne fusses vous surpris, Voyant que la nature affrontant la nature, For toit contre elle-mesme l'image de l'injure, Exécrable attentat d'un si msie mespns.

Mais pour comble d'horreur qui les rend odieux, Et quel esbloûiss-ment frappèrent mon oreille, Quand ce cœur enflammé d'une playe mortelle Exalloit en soupirs vn amour furieux.

Ses objects effroyable estonna tous mes sens, Ma raison suspendue, et ma veuë esgarée, Ne me peur eut seruir de conduitleasseurée, Je fus contraint d'oùir ces funestes accens,

Julie que i'ayme plus que le Roy ny PEstat,

Je te veux t'esmuigner ma passion extresme

En perdant le Royaume, en me perdant moy-mesme,

Atm que lu profite en ce Noble attentat.

Je ne pardonneray à mon sceptre pour toi Que PVniuers entier me blasme et me déteste, En Je donnant ma Foy, cher espoux, je proteste : Je t'ay pris pour mon Dieu, pour ma Loy, pour mon Roy.

Que tout autre deuoir te cedde à mon Amour, luis qu'à ton interest i'expose vneCouronne, Pour qui l'ambition tout le reste i'abandonue , Je te conserueray ou ie perdray le tout.

Toy seul, par qui le ciel acheua mes grandeurs, Et qui me fit bien mieux que ton pere estre Reyne; Cher fils ie te confesse avec vn peu de peine Je te couste beaucoup pour nourrir mes ardeurs.

Mais le feu qui me brusle est a clair el si beau ue ton respect, honneur ne le scauroit esteinure, t sans toyiedirols, afin de ne rieu feindre, Que je voudrois qu'il eust eschauffé mon berceau.

Souffre dans ces excez vn traict de liberté, Il m'est bien glorieux qu'on me nomme ta mere, 11 faudroit neanlmoius que Julie fut ton pere Pour esleuer un comble a ma félicité.

Peuple aueugle et brutal, sacrilège censeur, Pousse iusques au ciel ton insolent murmure, Mal-gré les vains efforts dont on me fait injure, De tout ce que ie suis il sera possesseur.

Ta hayne a redoublé mon amour à son brnict, Comme un vent ne sert rien que pour croistre ma flàme, Tes menaces en Pair ne troublent point mon a me, Et lu verras enfin quel en sera le fruict.

Je prépare vn exemple à la postérité Digue de ton chastiment d'éternelle mémoire, Paris ie te perdray : car ie veux pour ma gloire. Qu'on cherche quelque iour où tu auras e*té.

Ville par trop rebelle escoute mon project, Un cheual autrefois perdit la belle Troye : Mais ie sens en mou cœur vne secretle ioye, Que c'est as^ez d'un asne pour vn si grand effect.

Julie, que ce discours flattoit en Passetlrant Montra bien que son a s me estoit d'aise rauie, Et se croyant desia le maistre de ma nie, J'entendis que ces mots, il alloii proférant :

Généreux sentiment, que cest ardeur me plaist, Et que i'ayme de voir le soucy qui vous presse, Ceste haute colère est in s te, ma princesse, Le premier des loix est le propre interest.

Quittez, sans plus larder, ce séjour odieux,

Où le respect des princes passe pour vn grand crime,

Où la subnn'ssion a perdu son estime,

Où les plus gens de bien sont les plus factieux.

Les c peurs sont tous portés à la rébellion,

Ceux n'aguere qui deuroient, d'vne ame plus loyalte,

Maintenir hautement la puissance royalle,

Pour la, destruire mieux font tramer l'Ynicm.

Cest auguste sénat, dont, les diuins arresls Le rendirent iadis célèbre dans l'Europe, Avec un peuple vil lâchement sVnueloppe, El souffre auec luy de communs imerests.

Qui uit désormais le désordre ou l'orgueil d,es mutins, Ay-ie o^e paroistre avec autant de parade Deuant ces murs sacrez i'ay veu le* barricade Qu'vn de vos seruiteurs planta de ses mains.

Grande reyne, il est temps d'agir seuerement ; Ces rebelle sujects seront bien tost vo* rrçaislre, Puis qu'elle ne voit se seruir desormaisque d'extraire Dessus les fleurs de lys de vostre parlement.

Mes Conseils nécessaire à vostre majesié, Pour les execuier vous auez deux grands prîncçs, Qui donnenmt les mains au sac de vos province, E'vn par Pimpiéle, et l'autre par lâcheté..

Ils se lurent ainsi, moy par ma passion Je pensay sur le champ offiir ces deux victimes Au salut du public : mais ie creut que leurs crimes Demandoit plus d'estat en leur punition.

François, de qui l'empire est sainct et glorieux, Ne souffrez point chez vous le triomphe du vice, Prépaie à Louys un trosue de justice Afin que dignement il suiue ses ayeuls.

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